‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 24 sur 326 · SÉNÉGAL · texte numérisé non relu

SÉNÉGAL

Cette Œuvre modeste poursuit deux buts :

1° Secourir et évangéliser les esclaves qui, maltraités à l'intérieur, se réfugient au Sénégal pour échapper au traitement barbare de leurs possesseurs; 2° choisir parmi ces fugitifs les jeunes gens les mieux disposés et les plus intelligents pour les élever en France, et en faire des artisans habiles, des instituteurs, et si Dieu les appelle, des missionnaires, afin qu'un jour le Sénégal, cette terre si inhospitalière pour les Européens, puisse être évangélisée par ses propres enfants. Ce sont les missionnaires de la Société des Missions évangéliques de Paris à Saint-Louis qui se chargent de recueillir les fugitifs. Ces derniers arrivent ou blessés ou meurtris, manquant de tout, démoralisés et frappés de terreur à la pensée qu'ils pourraient retomber dans les mains de leurs maîtres cruels. Lorsqu'ils ont passé un temps pinson moins longdans l'Asile, des instruments aratoires, des outils ou un filet de pêche leur sont confiés, car il faut que les libérés se suffisent par

leur travail. Pour Jes rendre plus indépendants, on les installe dans une case dans un village construit pour eux, à la mode indigène, à une petite distance de Saint-Louis.

Béthesda — c'est le nom de ce village — n'est habité que par d'anciens esclaves, libérés de la Mission. Dans une case centrale, plus spacieuse que les" autres, le culte public se tient une fois par semaine.

Quant aux enfants, ils suivent les écoles de la Mission. Plus de 200 esclaves ont ainsi recouvré la liberté et entendu parler du Seigneur Jésus. Un bon

1 SI I A VF. s LIBEREES

SOCIETES DE MISSIONS

nombre se sont tournés vers l'Évangile; ils constituent le noyau de l'Eglise de Saint-Louis. Ce résultat a été atteinl avec un budget annuel de '2,000 à 2,500 IV. La moitié de cette somme est absorbée par les Irais d'entretien et d'éducation en France de six jeunes gens.

L'un d'eux est maintenant établi comme horloger à Saint-Louis; deux autres, avant obtenu leur brevet de capacité français, instruisent leurs compatriotes dans les écoles du Sénégal. Si les ressources venaient à s'accroître, cette branche de l'œuvre serait particulièrement développée, car les instituteurs protestants, recherchés par les autorités, peuvent exercer une influence décisive sur la jeunesse de la colonie. I ne particularité à signaler. La caisse de cette œuvre est en partie' alimentée par le produit de La vente des vieux timbresposte. Les chrétiens du monde entier peuvent donc, sans bourse délier, s'intéresser effectivement à celte œuvre si digne de progresser. Ils n'ont qu'à fournir leurs timbres et ceux de leurs amis.

Siège de la Société, 00. rue Barrcvre, Bordeaux.

Th. Escaxde.

Page 1