MISSION POPULAIRE ÉVANGÉL1QUE (MISSION MAC ALL
Ce fut le 17 janvier 1872 que M. Mac Ail ouvrit la première salle de réunions populaires, rue Julien-Lacroix, 103, Belleville-Paris. Pasteur de
l'Eglise indépendante de Hadleigh (Suffolk, Angleterre), Anglais de naissance et de goûts, très attaché à son troupeau et estimé parmi ses collègues tant pour ses connaissances scientifiques que pour son ardeur religieuse, M. Mac Ail fit sa première visite à Paris dans l'automne de 1871. Il vint en simple touriste, obéissant à l'impulsion qui attirait à ce moment les yeux de toute l'Europe sur Paris se relevant en lutteur invincible des coups réitérés du siège et de la Commune, mais l'appel, peut-être irréfléchi, d'un ouvrier changea le touriste en apôtre. « Si quelqu'un venait nous prêcher cette religion, » lui disait un homme à qui M. Mac Ail offrait un traité, « pas un de nous qui ne voulût l'écouter. » Et cinq mois plus tard, laissant derrière eux Eglise, patrie, famille, sans le secours d'aucune Société, d'aucun Comité, consacrant à l'évangélisation de la France
ŒUVRES SOCIALES
la petite fortune personnelle dont ils pouvaient disposer, M. et Mme Mac Ail ouvrirent parmi les ouvriers de Belleville la première salle de réunions populaires.
Le but de ces réunions a toujours été le même : porter l'Evangile à la connaissance du peuple. Les premières salles étaient d'une installation plus cjue simple; les allocutions étaient courtes, nombreuses, directes. L'absence de tout apparat désarma les préventions de ceux qui étaient habitués au faste du culte catholique; la sympathie évidente du « bon Anglais » gagna les cœurs, et tout obstacle ainsi enlevé, l'Evangile de la grâce de Dieu pénétra dans ces âmes