SOCIÉTÉ COLIGNY (SOCIÉTÉ PROTESTANTE DE COLONISATION
C'e^t à un cri de détresse venu des âpres vallées des Hautes-Alpes où la lamine est depuis longtemps à l'état endémique qu'est due la fondation de cette Société. Nous avions là de pauvres coreligionnaires descendants des
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ASSISTANCE PAR LE TRAVAIL
Vauclois. Les secours prodigués par le Comité protestant de Lyon ne suffisaient pas à leur rendre la prospérité et à écarter les malheurs que la rigueur du froid et la stérilité croissante du sol accumulait sur eux. Leur situation aux yeux de leurs meilleurs amis n'offrait d'autre issue que l'émigration. Dans une série d'articles publiés l'hiver de 1887-88, le Signal ayant lancé L'idée d'une Société protestante de Colonisation qui transplanterait dans l'Algérie fertile ces familles pauvres et éprouvées, cette idée trouva un accueil favorable dans notre public protestant et, le 15 mars 1888, une assemblée préparatoire avait lieu où étaient jetées les bases de la constitution de cette Société. Feu le Dr G. Monod, de vénérée mémoire, qui avait été le premier à appuyer la proposition de M. Réveillaud dans le Signal, fut nommé président du Comité provisoire, et, plus tard, président de la Société, quand celle-ci se fut définitivement constituée. La Société protestante de Colonisation a pris le nom de « Société Coligny » pour honorer la mémoire du plus grand des huguenots, qui fut en même temps, comme on sait, le premier à pousser les Français dans les voies de la colonisation. Ses statuts ont été, conformément à la loi, soumis à l'examen du gouvernement et, par arrêté ministériel du 12 juillet 1890, elle a été autorisée comme Société civile ou association de bienfaisance. La Société Coligny est présentement en instance pour obtenir en outre d'être reconnue comme établissement d'utilité publique, ce qui lui permettrait de recevoir valablement des legs et donations testamentaires.
La première œuvre qui s'imposait à la sollicitude de la Société par les circonstances mêmes qui avaient provoqué le mouvement d'opinion qui lui avait donné naissance, c'était l'émigration des pauvres familles vaudoises du val Fraissinière, dans les Hautes- Alpes . Un premier essaim d'une douzaine de familles de cette vallée avait été, par les soins du Comité protestant de Lyon, conduit en Algérie et établi au village des Trois-Marabouts, près de la petite ville d'Aïn-Témouchen, province d'Oran. (Voir la carte à la page 410.) Désirant grouper autant que possible dans une même région des familles protestantes de même origine, le Comité de la Société Coligny chercha, pour les émigrants qui s'offraient à partir pour l'Algérie, un village qui ne fût pas trop éloigné du premier et fut assez heureux pour le trouver à Guiard ou Aïn-Tolba, nouveau centre de peuplement situé sur la route d'Aïn-Témouchen à Beni-Saf et à peu près à distance égale (15 kilomètres environ) de ces deux localités.
Le chiffre des concessions agricoles accordées par le gouvernement général de l'Algérie dans ce nouveau centre de Guiard était de quarante-cinq, chaque
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