‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 278 sur 326 · REGION OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

REGION OCCIDENTALE

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( Algérie )

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concession comprenant un lot à bâtir dans le village, un loi de jardin, un lot de vigne et un lot de grande culture, le tout d'une contenance d'environ 25 hectares en moyenne par famille. Sur ce nombre vingt-deux concessions étaient mises à la disposition d'autant de familles pauvres du val Fraissinière, patronnées

par la Société Coligny, et douze autres concessions étaient accordées, sur sa recommandation, à d'autres familles protestantes d'origines diverses, ayant des ressources suffisantes pour faire valoir elles-mêmes leurs concessions. Guiard doit à ces circonstances d'être le premier village d'Algérie où il y ait une majorité de population protestante, et grâce à ce fait, l'église qui avait été bâtie par les soins de l'administration a été affectée à notre culte, et une institutrice protestante a été préposée à la direction de l'école mixte.

Les familles amenées du val Fraissinière (1) étant presque toutes sans aucune ressource, la Société Coligny a dû faire à ces familles, avec les fonds qu'elle a demandés â la charité protestante et qui lui ont été libéralement fournis, des avances dont le chiffre total a atteint ou même dépassé 100,000 fr., ce qui fait une moyenne de 4 à 5,000 fr. par famille. On ne trouvera

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(1) On trouvera des renseignements détaillés sur l'exode de ces familles dans l'ouvrage de M. Eug. Réveillaud : V Établissement d'une colonie de Vaudois français en Algérie. Paris, 1 vol. in-lG, 1893. Librairie Fischbacher.

ASSISTANCE PAU LE TRAVAIL

pas ce chiffre trop élevé si l'on songe à toutes les dépenses qui s'imposaient pour mettre ces pauvres gens en état de faire valoir les terrains nus et en friche qui leur étaient alloués : construction de maisons tout d'abord, puis achat de charrues, de herses, de charrettes, de hétes de somme; avances pour le défrichement, pour la plantation de la vigne, etc. Les prêts consentis aux colons par la Société ont été d'ailleurs faits sous la condition du remboursement du capital en dix annuités échelonnées à partir de la cinquième année, remise des intérêts étant promise à ceux des colons qui rembourseront régulièrement ces avances. Avec les fonds qui rentreront ainsi dans sa caisse, lorsque les colons seront en mesure de s'acquitter, le Comité se propose d'aider d'autres familles protestantes, mises également par leur indigence dans la nécessité d'émigrer, à fonder d'autres villages en Algérie ou aux colonies.

La Société Coligny offre également son concours, ses renseignements et ses directions aux protestants munis de ressources personnelles qui désirent aller se fixer en Algérie ou dans d'autres pays d'outre-mer. Son but est de grouper les familles protestantes décidées à émigrer et d'empêcher , en les groupant le plus possible sur un même point, qu'elles ne se fondent et ne se perdent, par la dissémination, au milieu des masses catholiques. Elle a réussi, de cette manière, à doubler, par l'accroît de quinze familles, un petit groupe d'une quinzaine déjà de familles protestantes, la plupart originaires du Gard, qui se trouvaient établies au village de Hammam-bou-Hadjar (Fontaine de la Pierre), ainsi nommé de sources thermales qui ont une propriété pétrifiante et une vertu curative pour les rhumatismes , sis à une vingtaine de kilomètres à l'est d'Aïn-Témouchen. Ce village de Hammam-bou-Hadjar, au centre d'une contrée viticole importante, est déjà en pleine prospérité et promet de devenir plus prospère encore, grâce aux éléments sains et honnêtes que la Société Coligny y a introduits.

La Société Coligny n'a pas moins à cœur les intérêts religieux et moraux de ses colons que leurs intérêts matériels. L'excellent et vénéré M. Benjamin Tournier, ancien pasteur dans les Hautes-Alpes, qui a bien voulu donner ses secours spirituels et le concours de sa vieille expérience à ces colons qu'il connaît et qu'il aime, s'est établi à Guiard et, de là, visite et dessert les groupes protestants des Trois-.Marabouts, d'Aïn-Témouchen, de Béni-Saf, de Hammam-bou-H^djar, etc.

Tant pour la conservation que pour l'extension du protestantisme, et au point de vue social comme au point de vue religieux, la Société Coligny a commencé une œuvre des plus utiles et qui, si elle est suffisamment développée et soutenue,

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pourra, sous La bénédiction de Dieu, porter et propager au loin l'influence de la Réformation et la race avec l'esprit des Vaudois et des Huguenots d'autrefois.

Le président de la Société est M. Ch. Thierry-Mieg, le secrétaire général M. Réveillaud.

PATRONAGE

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