PARIS — COMITÉ DE PATRONAGE DES APPRENTIS DE L'ÉGLISE RÉFORMÉE
Fondée en 1853, par MM. François Delessert et Henri de Triqueti, l'œuvre du Patronage des apprentis de l'Eglise réformée de Paris a maintenant quarante ans d'existence. Dès son origine elle a été placée sous la direction du Conseil presbytéral de l'Eglise réformée de Paris, qui nommait les membres de son Comité.
Lorsque le décret du 25 mars 1882 eut fait disparaître le Conseil presbytéral
unique de Paris et divisé cette grande Eglise en huit paroisses distinctes et autonomes, le Comité de Patronage devint indépendant, et prit, lui aussi, une autonomie complète. A la même époque, et par une conséquence naturelle de ce même décret, le Diaconat général de Paris disparaissait à son tour et faisait place à la Délégation générale des Diaconats des huit paroisses de Paris. Les liens très étroits, qui avaient existé entre le Comité de Patronage et le Diaconat général se continuèrent tout naturellement entre lui et la Délégation générale. La manifestation très bienveillante et non moins effective de ces liens consiste en une allocation annuelle (actuellement de 3,500 fr.) que le Comité de Patronage reçoit de la Délégation générale depuis son origine et qu'il avait précédemment reçue pendant longtemps du Conseil presbytéral ou du Diaconat général.
L'œuvre du Patronage consiste à aider les familles ouvrières dans le choix des patrons pour leurs enfants, à surveiller les conditions d'apprentissage, à
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ŒUVRES SOCIALES
concourir aux dépenses d'entretien clos apprentis et de secours médicaux en cas de maladie, à surveiller les apprentis sous les rapports religieux et moral; en un mot le Patronage a pour l>ui essentiel de contribuer au bien-être des apprentis et à leur progrès chrétien.
Le Comité les convie le second dimanche de chaque mois à des conférences instructives et morales qui ont lieu dans la grande salle de la Maison consistorialc. Une leçon de chant, dirigée par un maître expérimenté, a lieu le premier dimanche de chaque mois; tous les apprentis sont invités à y assister. Comme encouragement à l'assiduité, le Comité fait distribuer à ceux qui sont présents à ces réunions les numéros mensuels de l Ami de la Jeunesse et des Familles. 11 leur donne aussi Y Almanach des Bons Conseils et met gratuitement à leur disposition les livres de sa trop modeste bibliothèque. Il accorde gratuitement aux apprentis qui en ont besoin, et que ses agents en jugent dignes, des vêtements de travail, des chaussures, des objets de literie, mais jamais de dons en argent. Il distribue chaque année, à son assemblée générale, des livrets de la Caisse d'épargne à ceux qui sont le mieux notés pour leur conduite chez leurs patrons et leur assiduité aux réunions du Patronage. Le montant de ces livrets ne peut être touché par les titulaires qu'à leur majorité.
En outre, le Comité encourage et facilite de tout son pouvoir l'entrée de ses patronnés comme membres participants dans la Société protestante de prévoyance et de secours mutuels de Paris, qui a bien voulu modifier ses statuts, pour faciliter l'admission de ces jeunes sociétaires.
En 1861, le Comité avait sous son patronage environ 100 apprentis, dont 2/3 de garçons et 1/3 de fdles. Le total de ses dépenses s'élevait à 2,400 fr. par an; les récompenses consistaient en 5 livrets de la Caisse d'épargne.
En 1874, le Comité patronnait 180 apprentis des deux sexes; les dépenses de cet exercice s'élevaient à 3,700 fr, et se clôturaient par un déficit de 1,200 fr.
En 1878, après une épuration soigneuse de la liste des apprentis, celle-ci comprenait 120 garçons et 80 fdles, en tout 200 apprentis sur lesquels s'exerçait le patronage du Comité et pour lesquels il dépensait 5,000 fr. par an environ; à celte époque les comptes se soldaient, en fin d'exercice, par un encaisse qui s'est toujours maintenu depuis lors.
A la fin de 1892, le Comité avait 316 patronés, dont 166 garçons et 150 filles. Le total de ses dépenses dépasse 7,000 fr. A l'assemblée générale annuelle de 18U2, il a distribué comme récompense aux mieux notés de ses apprentis 21 livrets de la Caisse d'épargne de 30 fr. chacun et il rappels de livrets
PATRON A fi E
de 10 fr. A la même époque 1 1 apprentis garçons sans famille, et que leurs patrons ne pouvaient héberger, étaient logés à la Maison ouvrière de la rue de Charonne, par les soins de l'agent du Comité.
Quelques anciens patronnés, filles et garçons, qui ont terminé leur apprentissage et sont devenus ouvriers, continuent à suivre régulièrement les réunions du Patronage, où ils reçoivent très bon accueil et donnent le bon exemple. Cette façon de témoigner leur gratitude pour les services qu'ils reconnaissent euxmêmes en avoir reçus n'est pas un des moindres encouragements qu'éprouve le Comité.
Le président du Comité est M. le pasteur Charles Frossard, et le secrétaire M. Emile Soulié, ingénieur; M. et Mmc G. Lindenlaub sont les agents du Comité qui a son siège, 4, rue de l'Oratoire du Louvre.