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SOCIÉTÉ DE TEMPÉRANCE DE LA CROIX-BLEUE

La Croix-Bleue a son siège à Genève. Elle étend son action à la Suisse, la France, la Belgique, l'Allemagne. Les sections françaises tendent à former une Société autonome, qui resterait unie à la Fédération. On connaît les principes de la Croix-Bleue. Elle demande à ses membres l'abstinence totale de toute boisson alcoolique, seul moyen de relever les buveurs et de gagner leur confiance, seul moyen d'engager efficacement la lutte contre l'alcoolisme. La Croix-Bleue est une Société résolument chrétienne. Elle professe et pratique l'alliance évangélique. Elle admet cependant des sections rattachées à une Eglise particulière.

C'est dans le Pays de Montbéliard que la première section de la Croix- Bleue a été fondée en France. « L'abstinence est due, dans notre région, dit M. le pasteur P. Dieterlen, à une sorte de génération spontanée, ou en langage chrétien à une intervention créatrice de Dieu. En 1872, quatre hommes, buveurs, habitant le village de Montécheroux, situé sur la chaîne du Lomont, prirent ensemble, et sans aucune suggestion venue du dehors, rengagement de

RELÈVEM ENT M OR A L

s'abstenir de toute boisson enivrante. De ces quatre, un est mort, deux ont abandonné l'abstinence, un a tenu bon. En 1874, le 18 septembre, dans un champ, près de Valentigney, un homme, qui avait eu déjà sept attaques de delirium tremens et que l'on avait évangélisé vainement depuis dix ans, disait à Dieu, désespéré : « Pardonne-moi encore pour cette fois, et donne-moi la force de ne plus jamais toucher à la boisson. » Il fut aussitôt délivré et tint ferme dans l'abstinence. Un café de tempérance fut organisé à Valentigney en 1879. Le groupe montbéliardais de la Croix-Bleue fut fondé en 1883. »

La section de Paris date des derniers jours de 188/i. Un buveur relevé, vrai tison arraché du feu, M. D. Ludwig, se trouvait à Paris, le cœur serré en voyant les progrès de l'intempérance, et désirant ardemment travailler à la cause de la Croix-Bleue, il s'associa à M. le pasteur Wood. Appuyés par M. le pasteur Fuzier, par M. le pasteur Th. Monod, ils se mirent à l'œuvre. La première conférence compta quatre orateurs et trois auditeurs. Mais promptement la Croix- Bleue fut comprise, appréciée. Avec M. D. Ludwig pour agent elle ne cessa de progresser. M. le pasteur Mac Ail prêta les salles de sa Mission pour les conférences. La section se subdivisa en branches nombreuses, bien organisées. Au 31 décembre 1892 elle comptait 562 adhérents, dont 133 buveurs relevés. Beaucoup de ces relèvements sont de véritables miracles de la grâce de Dieu. Des sections furent successivement fondées à Digoin (1888), poste de la Société Centrale protestante d'évangélisation ; à Lyon (1889); Lyon a un agent spécial pour la ville et la région; à Marseille (1891); Vienne (1891); Calais (1891); Valenciennes (1891); Villefranche (1891); Rouen (1892); Ronfleur (1892); Saint- Quentin (1892).

Il y a un commencement d'organisation générale. Trois groupes sont constitués : Paris, Montbéliard (Valentigney, Mandcure, Seloncourt, Roches, Audincourt, La Chapelle). Sud-Est (Lyon, Digoin, Roanne, Saint-Etienne, Saint-Fortunat, La Vernarède, Saint-Jean-du-Gard, Nimes, Marseille). 14 sections sont encore isolées (Bordeaux, Moncoutant, Brest, Rouen, Sotteville, Dives, Ronfleur, Calais, Lille, Croix et Roubaix, Valenciennes, Reims, Saint-Quentin). Le nombre des adhérents pour toute la France ne dépasse guère 1,500.

La France est un des pays où, dans ces derniers temps, l'alcoolisme a fait le plus de progrès. 440,000 débits de boissons sont ouverts, et environ 2,000,000 d'hectolitres d'alcool consommés par an. Les ruines matérielles et morales s'amoncellent de plus en plus.

ŒUVRES SOCI A LES

Dieu veuille mettre au cœur des chrétiens de s'enrôler dans la sainte lutte enrayée contre ce fléau !

JEAN M ON Mi: H, I'astcur, Président de la section de Paris.

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