ŒUVRES DU DÉPARTEMENT DE L'AIN
D'un autre côté, si nous en jugeons par le nombre de ceux qui nous demandent d'exercer dans leur famille le ministère pastoral, il nous serait facile de former une Eglise avec ceux qu'on appelle dans le langage ordinaire « nos convertis ». Mais nous sommes et voulons rester en dehors de la sphère ecclésiastique, et nous engageons ceux qui ont été amenés à l'Evangile par notre moyen à se rattacher à l'Eglise ou à l'une des Eglises évangéliques de leur voisinage.
L'Œuvre des Affligés a eu la douleur de perdre successivement M. le pasteur Bersier, son président honoraire ; M. le pasteur Armand-Dclille, son fondateur ; et M. Sébastien de Neufville, son vice-président. Des hommes de bonne volonté ont accepté d'occuper les places laissées vides, et aujourd'hui notre Comité a pour président M. le pasteur Théodore Monod et M. le pasteur Eugène de Faye pour secrétaire. Nos dépenses s'élèvent en ce moment à environ 13,000 fr. et nos recettes à environ I 1 ,000 fr. Un tiers seulement nous est fourni par la France. Il n'est que juste d'ajouter que les affligés auxquels nous avons affaire n'appartiennent pas tous à notre pays.
En serons-nous réduits à diminuer nos dépenses? II y aurait lieu plutôt de les augmenter. 11 nous faudrait une chapelle à Pantin. Autant les Parisiens, dans Paris même, se sentent peu attirés vers les églises et entrent plus volontiers dans des salles de conférences, autant, aux abords des cimetières, ils préfèrent un édifice religieux. A Saint-Ouen, où nous avons une chapelle, nos auditoires sont triples de ce qu'ils sont à Pantin, où nous n'avons qu'une salle. II nous faudrait, surtout, étendre notre activité aux autres cimetières parisiens, en particulier au cimetière dit « de Ragneux ». D'où nous viendront les ressources nécessaires? Nous ne savons; mais nous sommes sans inquiétude pour l'avenir de notre Œuvre : elle doit son origine, elle devra son développement à la plus pure charité évangélique, et « la charité, dit le grand Apôtre, ne périt jamais ».
M. IRrsch.