MISSION ÉVANGÉLIQUE BRETONNE
La Bretagne, unie à la France en 1491, est divisée en deux parties. Dans la Haute-Bretagne, on parle le gallos, mélange de breton et de français; dans la Basse-Bretagne, habitée par une population d'environ un million et demi d'âmes, on parle encore aujourd'hui la langue des Celtes, une des plus anciennes langues d'Europe. Ce pays, par sa langue et ses coutumes et surtout par les milliers de prêtres et de nonnes qui le couvrent de toutes parts, est encore aujourd'hui ce qu'il était il y a des siècles. Les symboles du culte druidique se trouvent presque dans chaque village : des bouts d'ongles envoyés à certains carrefours, du beurre à certains vieux têtards de chêne, du sang versé sur certaine pierre des maisons neuves, etc., en sont la preuve. Le gui et la verveine y sont encore en grande vénération, et des oblations à Pan, à Bel et à Flore peuvent facilement être reconnues dans leurs fêtes patronales.
Avant la révocation de l'Édit de Nantes, la Basse-Bretagne comptait un grand nombre de lieux de culte, où l'on prêchait l'Evangile dans la langue du pays. Hélas! depuis ces temps de persécution quelques chrétiens anglais ont été les seuls jusqu'à ces derniers temps à faire quelque sacrifice pour évangéliser les Bretons. C'est ainsi qu'il y a à Quimper une station évangélique dirigée par un Gallois et à Morlaix une autre station baptiste dirigée par un Anglais. L'un et l'autre de ces missionnaires comprennent et parlent un peu le breton.
La Mission évangélique bretonne est née de la Mission baptiste de Morlaix qui, en 1867, fonda, sous la direction du pasteur Jenkins père, un lieu de culte à Trémel. En octobre 1868 cette station de Trémel fut confiée à un jeune
É VAN GÉ LIS ATI ON
missionnaire indigène qui reçut l'imposition de mains de tous les pasteurs de Bretagne. Le pasteur Jenkins mourut en 1872, et en LS7.'$ le Comité baptiste de Londres plaça dès lors la station de Trémie sous la responsabilité et La direction entière de M. Lecoat. Celui-ci y fonda, au milieu de grandes difficultés, un cours d'adultes et une école évangélique de garçons, organisa des leçons à domicile, composa un livre de cantiques bretons, traduisit dans cette langue plusieurs traités français et obtint de la Société biblique britannique et étrangère deux colporteurs bretons. Une autre école* de garçons fut fondée par ses soins à Pont-Menou, et par les âmes qui se donnaient à Dieu une petite Eglise baptiste se forma à Trémel. C'est alors que M",e Lecoat sentit le besoin de bâtir un modeste home pour nos protestants malades et mourants. Le décès de plusieurs mères de famille dans ce home demandait la création d'un orphelinat, comme le colportage réclamait La traduction de la Bible en breton. Ceci nous amène â 1883, année où la Société des Missions baptistes de Londres décida d'abandonner ses petites Missions en Europe pour agrandir ses stations missionnaires au Congo, aux Indes, etc. — Ce fut alors qu'un nombre d'amis appartenant à diverses dénominations chrétiennes, et qui avaient visité Trémel, s'entendirent pour former un Comité et aider M. Lecoat à continuer l'évangélisation de ses compatriotes. Ce Comité prit le nom de « Mission évangélique bretonne », et ses travaux et ceux de ses agents en Bretagne ont été visiblement et grandement bénis depuis. — La Bible, traduite en breton par M. Lecoat et imprimée par les soins et aux frais de la Société trinitairc de Londres, a été répandue au nombre de 5,000 exemplaires. L>,000 Nouveaux Testaments bretons y ont été vendus, et par le moyen de deux voitures bibliques 100,000 copies des Evangiles offertes gratuitement aux Bretons ont été acceptées avec reconnaissance par ces derniers. Le Voyage du Chrétien, de Bunyan, traduit en breton et un Recueil de Cantiques avec les vieux airs celtiques ont été publiés aux Irais de la Rcligious Tract Society de Londres. La Société évangélique de Genève y fait publier tous les ans un Almanach et d'autres traités. — Le colportage y a été organisé sur une large échelle par 4 colporteurs, et deux voitures bibliques. Un orphelinat de filles y a été bâti, un orphelinat de garçons est en construction. Une chapelle a été bâtie â Brest, (extra muros), une autre â Gonval, des lieux de culte ouverts â Carhaix, Huelgoat, Leleya, Pluzunet, Bégard, et des œuvres bretonnes indépendantes ont été fondées au Havre, à Jersey et â Plymouth.
L'œuvre est sous le patronage de : I" la Société biblique trinitaire, 2° la
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Société évangélique de Genève, 3° la Société des traités religieux de Londres, 4° Mme A. Bail, et soutenue par elles, et 5° par un Comité dont le président est : Dr. Underhill, Hampstead, Londres; le secrétaire, rev. Dr. Bullinger, 7, St. Paul's Churchyard, Londres.
Dépenses annuelles 24,000 fr.
Directeur de la Mission : G. Lecoat, pasteur à Trémel (Côtes-du-Nord) (1).
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