‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 8 sur 326 · SOCIÉTÉ BIBLIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BIBLIQUE DE FRANCE

La Société biblique de France a été fondée en 1864 par quelques membres éminents des Églises réformée et de la Confession d'Augsbourg, MM. François Delessert, le baron Léon de Bussierre, le pasteur Berger, le comte Pelet de la Lozère, le baron F. Bartholdi, qui se retirèrent du Comité de la Société biblique protestante de Paris, à l'occasion de l'introduction de certaines versions dans les distributions de cette Société, mesure qu'ils estimaient contraire au 1" article de son Règlement, et périlleuse à plusieurs égards pour les Églises non moins (pic pour l'œuvre biblique elle-même.

SOCIÉTÉS BIBLIQUES

Préoccupés de sauvegarder la diffusion de versions faites dans un esprit franchement évangélique, ils donnèrent pour fondement à la Société nouvelle la foi en l'inspiration divine des saintes Ecritures et en leur autorité souveraine en matière religieuse, et en consignèrent l'expression dans l'article 1er de ses Statuts.

Article 1er. La Société biblique de France est fondée sur la foi en l'inspiration divine des Ecritures saintes et en leur autorité souveraine en matière religieuse.

Le but que la Société se propose est, par suite, de travailler à multiplier la Parole de Dieu dans les versions reconnues fidèles, à la répandre toujours plus au sein des Eglises protestantes, et par elles dans notre patrie.

Pour cela, et avant tout, elle publie les saints Livres — Bible, Nouveau Testament ou portions détachées — dans des éditions variées, et les vend à bas prix, sans bénéfice et presque toujours à perte, donnant ainsi à tous la faculté de se les procurer ou de les procurer à d'autres au moins de frais possible.

Elle s'efforce ensuite de placer la Bible à tous les foyers protestants, en livrant aux Eglises des Bibles de famille destinées à être offertes gratuitement à tous les couples qui font bénir leur union par un de nos pasteurs. De plus, elle met à leur disposition des Nouveaux Testaments pour être donnés aux catéchumènes en souvenir de leur admission à la sainte Gène; et enfin, à titre également gratuit, des Livres saints pour leurs indigents, leurs vieillards, les enfants de leurs Orphelinats et Asiles, les malades des hôpitaux, les prisonniers et, d'une manière générale, pour tous ceux qui sont l'objet de la sollicitude et des soins de la charité chrétienne parmi nous.

A ces branches maîtresses de l'activité biblique dans nos Églises s'en sont ajoutées, au cours de ces vingt-neuf années, plusieurs autres. En particulier, depuis l'organisation nouvelle du service militaire, c'est-à-dire depuis 1874 environ, la Société cède gratuitement des Nouveaux Testaments portatifs, de petit format, pourvus d'une dédicace spéciale, qu'elle destine aux jeunes soldats protestants appelés sous les drapeaux.

Elle offre aussi un exemplaire de son beau Nouveau Testament in-4°, gros caractères, pour toute bibliothèque publique, communale ou autre, en faveur de laquelle ce volume lui est demandé avec engagement de l'y faire admettre.

Elle ne cesse enfin de livrer ses exemplaires de l'Ecriture, par milliers chaque année, à titre de vente, aux Comités d'évangélisation, de Mission intérieure, aux colporteurs, évangélistes, libraires, etc., qui s'adressent à elle.

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D'autre pari. le soin do répandre le saint Livre et d'en activer la diffusion n'a pas fait perdre de vue à La Société biblique de France l'importante question de la fidélité des traductions répandues. Convaincue qu'il y a pour le protestantisme français un intérêt primordial à ne point abandonner sa traditionnelle version de la Bible, devenue si populaire sous le nom de version d'Ostervald, mais à l'améliorer progressivement à l'exemple de ce qu'ont fait nos pères, la Soc iété décida, dès 1866, d'en encourager et d'en provoquer, au besoin, le perfectionnement. En 1870, forte de l'assentiment de nombreux Consistoires et sur la demande expresse des Conférences générales évangéliques de Paris, la Société publie une première Revision du Nouveau Testament d'Ostervald, due à une initiative individuelle. Puis en 1881, après plus de dix ans de travaux, elle édite la Revision de l'Ancien Testament accomplie sous les auspices et la direction de son Comité. Elle rouvre ainsi la voie où le Synode général officieux des Eglises réformées (Nantes 188/i) s'empresse d'entrer à son tour, faisant sienne l'œuvre ainsi commencée. Actuellement cette Bevision, dite « de 1881 », plusieurs fois réimprimée, s'est fait accepter non seulement en Fiance, mais en Suisse, en Belgique, en Hollande, etc.

La Société biblique a pris part avec succès aux trois grandes Expositions universelles de Paris, 1867, 1878 et 1889, et en a profité pour répandre 7, OS.') exemplaires en 1867, 21,367 en 1878, et 40,746 à l'Exposition de 1889. Pendant la guerre néfaste de 1870, la Société s'est employée de même à répandre le saint Livre (environ 22,000 volumes), notamment dans Paris assiégé, où vingt et une ambulances ont reçu d'elle des dépôts permanents de Nouveaux Testaments et de Bibles.

Dans les années qui ont suivi ces épreuves nationales, elle a pris à tâche de seconder le réveil de l'esprit d'évangélisation et de mission intérieure par des dons abondants et des facilités offertes aux œuvres nouvellement créées (Mission intérieure évangélique, Œuvre Mac-Ail, Œuvre de la rue Royale, etc.). En 1878, la nécessité de déplacer et de réorganiser son agence lui fournit l'occasion désirée d'y adjoindre un magasin de vente, rue d'Astorg, 22, où sont exposées et mises en évidence les principales éditions des Ecritures.

Pendant ces vingt-neuf années la Société a été successivement présidée par MM. François Delessert (1864-1868), général de Chabaud La Tour (1868-1885), et, depuis lors, par M. E. Dhombres, pasteur de l'Eglise réformée de Paris. Elle a pour Agent général M. le pasteur F. Vermeil.

Depuis sa fondation en 1864 jusqu'au 3d décembre 1892 elle a placé

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750,857 exemplaires. La moyenne de ses distributions, pour les dix dernières années, est de 26,650 volumes (l).

Les dépenses annuelles, dans cette même période, ont été d'environ 50,000 fr. Les recettes, dont les collectes, dons, cotisations et legs des amis de la Bible constituent la majeure partie, s'élèvent généralement au même chiffre.

La Société publie un Rapport annuel et, depuis 1870, un Bulletin trimestriel.

Le siège de la Société est, 22, rue d'Astorg, Paris.

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