‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 9 sur 326 · SOCIÉTÉ BIBLIQUE BRITANNIQUE ET ÉTRANGÈRE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BIBLIQUE BRITANNIQUE ET ÉTRANGÈRE

Bien que la Société biblique britannique et étrangère soit une Société anglaise, elle mérite à juste titre, à cause de l'importante Agence qu'elle possède en France depuis soixante-treize ans, de figurer parmi les œuvres d'évangélisation les plus actives de ce pays.

Dégagée de toute attache particulière à telle ou telle ramification du protestantisme et se réclamant de tous les chrétiens qui ont à cœur le relèvement religieux de la France, la Société biblique britannique et étrangère, loin d'empiéter sur le champ d'activité des Sociétés françaises, poursuit une œuvre spéciale, nécessaire, et qu'elle seule est en mesure de soutenir.

Les Sociétés bibliques françaises, en effet, s'occupent, presque exclusivement, de répondre aux besoins des Eglises protestantes, tandis que la Société biblique britannique et étrangère s'est donné pour tâche de faire pénétrer les saintes Écritures dans les milieux les plus reculés et les plus fermés du catholicisme et de la libre pensée.

Fondée en 1804, la Société biblique britannique et étrangère a, dès 1820, créé une Agence en France ; celle-ci a été confiée d'abord au professeur Kieffèr (1820 à 1832), puis à M. Victor de Pressensé (1833 à 1870). C'est à M. de Pressensé que revient l'honneur d'avoir organisé le colportage en France et d'avoir donné une extension sans précédent à la diffusion des saintes Ecritures.

(1) Défalcation faite des sorties de l'Exposition universelle en 1889. — Moyenne des livraisons des dix premières années (1864-1873) : 13,000 volumes.

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Depuis le décès de M. de Pressensé (1871), l'Agence française est dirigée par M. Gustave Monod. Au siège de l'Agence se trouvent les magasins et les bureaux; la Société dirige en outre en France une trentaine de dépôts et 50 à GO colporteurs, tous Français, répartis sur tout le territoire, chargés de porter la Bonne Nouvelle jusque dans les hameaux les plus isolés.

Sauf des cas déterminés et exceptionnels, la Société a pour principe de vendre, bien au-dessous des prix de revient, sans doute, mais de vendre et non de donner gratuitement.

L'expérience a, en effet, démontré que, surtout en France, un volume acquis moyennant un léger sacrifice est plus apprécié et a plus de chance d'être lu que s'il a été reçu gratuitement et parfois donné sans discernement.

Aujourd'hui, tout Français peut se procurer les saintes Ecritures, soit en français, soit en l'un des dialectes encore usités en Bretagne, dans les Flandres, en Provence ou dans le pays basque.

Depuis 1820, l'Œuvre a passé en France par des phases bien diverses auxquelles ni les changements de gouvernement, ni l'orientation des esprits n'ont été étrangers.

Au début, une réelle sympathie se manifeste de la part des catholiques pour l'œuvre entreprise. En 1831 et 1832, nous voyons même le ministre de l'instruction publique recevoir 40,000 Nouveaux Testaments destinés aux écoles primaires. Puis, viennent les années difficiles de l'Empire et des débuts de la Bépublique, où de mesquines tracasseries, telles que l'estampillage obligatoire des volumes, l'autorisation préalable, etc., créaient des obstacles considérables à une large diffusion des saintes Ecritures. Aujourd'hui, la Société jouit d une liberté absolue; mais l'œuvre du colportage devient de plus en plus difficile à cause de la haine pour tout ce qui porte un cachet religieux et, aussi, de l'indifférence, plus difficile encore à vaincre que le fanatisme le plus intolérant. Il est juste de dire, cependant, qu'en face des tendances matérialistes un mouvement semble se dessiner en faveur de l'Evangile dans des milieux qui n'ont pas trouvé dans le catholicisme la satisfaction de leurs aspirations religieuses, ou encore parmi les catholiques qui commencent à comprendre que l'Église a fait fausse route en négligeant la Parole de Dieu.

Malgré tout, l'œuvre se poursuit sans trêve ni repos; la semence est jetée à pleines mains; la moisson viendra à son heure. 8,723,903 exemplaires ont été répandus en France depuis la fondation de l'Agence française jusqu'à la fin

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de 1891, soit en moyenne 122,871 par an. Dans la seule année 1891 ce chiffre a atteint 187,692 exemplaires.

Les dépenses de la Société biblique britannique et étrangère en faveur de la France peuvent être évaluées entre 100,000 et 150,000 fr. par an.

L'Agence française a son siège, 38, avenue de Clichy, Paris.

G. MoNOD, Agent général.

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