CAISSE DE 1\ ET HAÏTES
casucl proprement dit n'existe pas, les presbytères sont en très petit nombre (55 environ dans tonte la France) et les indemnités de logement fournies par les communes « en cas d'insuffisance des ressources propres de la paroisse », très peu élevées (350 fr. en moyenne).
Dans ces conditions les pasteurs, pour la plupart mariés et chargés de famille, étaient hors d'état de s'assurer par eux-mêmes des ressources suffisantes pour le jour où l'âge et les infirmités les mettaient dans l'impossibilité de continuer à exercer le saint ministère.
Les suffragances, trop souvent, loin d'améliorer les situations, n'en étaient, au contraire, qu'une aggravation, étant donnée l'obligation, pour les pasteurs suppléés, de partager avec leurs jeunes collègues les faibles émoluments de l'Etat.
Ils pouvaient être ainsi amenés, par la force même des choses, à prolonger l'exercice de leur ministère alors que les forces physiques, trahissant leur zèle et leur volonté, ne se trouvaient plus en rapport avec les exigences de l'accomplissement de leurs devoirs.
Donnaient-ils leur démission, ils devenaient, en quelque sorte, tributaires de leurs anciens paroissiens dans des Eglises souvent trop pauvres pour assurer convenablement le repos de leur vieillesse. Le double avantage des Eglises à accueillir et à fortifier par leurs souscriptions une Caisse de retraites était, on le voit, corrélatif.
11 en résultait, en effet, pour elles, un allégement pécuniaire dans l'avenir et une plus grande facilité de se ménager le concours, à un moment donné, de pasteurs plus jeunes et d'une activité physique plus directement en rapport avec les besoins de la paroisse, sans se priver, pour cela, de l'appui moral et de l'expérience du pasteur retraité.
Pour répondre à son but, ainsi défini, et aux services qu'on était en droit d'en attendre, la Caisse devait être organisée sur des bases en assurant la durée et le fonctionnement régulier.
Les statuts, approuvés par le Conseil d'État, donnaient, à cet égard, des garanties dont trente années d'exercice ont justifié toute l'efficacité.
La Caisse est administrée par un Conseil de douze membres nommés pour neuf ans et renouvelés par tiers tous les trois ans.
Le Conseil élit dans son sein le président, dont l'élection est soumise à l'agrément du ministre des cultes.
Le général de division baron de Chabaud-La-Tour n'a eessé. depuis
ŒUVRES PASTORALES
l'origine jusqu'à sa mort ( 1885) de veiller avec le plus grand dévouement, comme président, aux progrès de l'institution à laquelle il apportait toute l'autorité de son caractère et de sa haute personnalité.
Le président actuel est M. Vei nes d'Arlandes, un des fondateurs et, depuis l'origine, le secrétaire de la (laisse, le secrétaire M. Henri Mallet et le trésorier M. le -baron R. Hottinguer.
Le Conseil a successivement compris dans son sein, à part les membres fondateurs cités plus haut, MM. F. Delessert, L. Faure, R. de Monbrison, Barafort, les pasteurs Viguié et Bersier.
La (laisse de retraites est gérée par un agent général à la nomination du Conseil. Ses ressources propres se composent : 1° des intérêts des fonds placés; 2° du produit des collectes et des souscriptions annuelles des Eglises et des particuliers.
Le capital inaliénable, placé en rentes sur l'Etat et en obligations de chemins de fer français, a été successivement formé, depuis le legs de 100,000 fr. de M. Dassier, par des dons et legs dont les principaux sont les suivants : don de 50,000 fr. de M. Edouard André, en mémoire de son père, M. Ernest André; dons des membres fondateurs du Conseil d'administration s'élevant h une somme totale de 46,900 fr. ; legs de 10,000 fr. de Mmu Th. Vernes d'Arlandes, née Fauquet-Lemaître ; collectes et souscriptions capitalisées 240,000 fr. ; don de 15,000 fr. de M. le pasteur Goulden, en mémoire de M™8 Goulden, née Heidsieck; legs de 20,000 fr. de M. Jules Grand; don de 1,000 fr. de sir Richard Wallace, Bart., M. P.; legs de 100,000 fr. de Mme V. Heidsieck; dons d'un ami étranger des pasteurs de France, 35, .500 fr.
En 1885, le capital s'est accru d'une somme de 411,000 fr. représentant la succession totale de M 1,6 Diane de Brou, qui avait institué la Caisse légataire universelle de tous ses biens (fondation Torras-de-Brou).
Le capital est aujourd'hui de 1,027,644 fr., dont les intérêts s'élèvent à la somme de 42,000 fr.
En ajoutant à ce chiffre d'intérêts 15,000 fr. environ provenant des collectes annuelles à Paris et dans les départements et de dons divers réguliers, on arrive à un budget total de 57,200 fr. en recettes. Les subventions aux pasteurs retraités et aux veuves de pasteurs représentent, en dépenses, une somme de 56,500 fr. L'affiliation est admise jusqu'à Page de quarante ans; elle est volontaire. Tout pasteur affilié s'engage à verser, de trente à soixante ans, une retenue sur son traitement de 2,60 0/0, savoir, 48 fr. pour la troisième classe;