‹ Les œuvres libertines. Précédées d'une notice biographique (volume 2)Chapitre 102 sur 162 · LE CAMPAGNARD · texte numérisé non relu

LE CAMPAGNARD

Nous ne reproduisons pas en entier cette lettre descriptive très longue et qui présente dans le manuscrit d'importantes variantes avec le texte des Œuvres diverses de 16bk ; nous nous contentons d'en donner le début, seul intéressant à notre point de vue, d'autant que la suite a été intercalée par Cyrano dans Les Estais et Empires de la Lune (Voir t. I, p. 21).

« J'ay trouvé le Paradis d'Edem, j'ay trouvé l'âge d'or, j'ay trouvé la jeunesse perpétuelle, enfin j'ay trouvé la Nature au maillot; on rit icy de tout son cœur. Nous sommes grands cousins le Porcher du village et moy ; et toute la Paroisse m'assure que j'ay de grands avantages pour h bien chanter un jour au lutrin. 0 ! Dieux, Monsieur, pouvez-vous demeurer enfermé ; moy d'icy, j'incague les grimaces que vous faites à la Cour. Un c gentilhomme champestre est un Prince inconnu. Ild entend parler du Roy une fois l'année et ne le reconnoit, sinon e que par quelque vieux cousinage, qui le rend au moins petit-neveu de Louis d' Outre-mer. Si vous aviez veu le garçon' qui garde mes6 co-dindes, le ventre couché sur l'herbe, ronfler

a) 1654 : qui, créé par la main de Dieu, devoit estre le plus accomply des hommes. — b) la mine, avec un peu de travail de. — e) un Philosophe comme vous peut-il préférer au repos d'une si agréable retraite, la vanité, les chagrins et les embarras de la Cour : Ha ! Monsieur si vous sçaviez qu'un. — d) qui n'. — e) connoist. — /) et si de la Cour où vous estes, vous aviez des yeux assez bons pour appercevoir jusques icy ce gros garçon. — g) vos.

(1) Ms. f. 167*. — Dans les Œuvra diverses, i654 : D'une maison de campagne. Lettre XI, p. 59.

paisiblement un somme de dix heures tout d'une pièce, se guérir de la /lèvre quarte avec' un quartier de lard jaune, dont il fait une doublure à son estomac/i, vous troqueriez sans doute vostre manteau d'hermine à son casaquin. Nous sommes, luy et moy, aussi grands maistres l'un que l'autre ; quand Je luy donne des soufflets, il me rend des nazardes ; encore suis-fe souvent contraint de demander la paix, car le coquin est plus puissant que moy et mes horions ne payent point ses taloches. Je me tiens pourtant le moins que je peux en proie à ses /nignardiscs. Le beau temps et mon humeur m entraisnent à la solitude : aussi, certes, il faut que ce lieu soit un chefd'œuvre miraculeux de quelque agréable mélancolique b. On rencontre à la porte de la maison une estoile de cinq avenues... »

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