‹ Les œuvres libertines. Précédées d'une notice biographique (volume 2)Chapitre 49 sur 162 · TRAGÉDIE · texte numérisé non relu

TRAGÉDIE

La tragédie La Mort d'Agrippine a été représentée dans les derniers mois de 1653 ou au commencement de Tannée 1654, probablement à l'Hôtel de Bourgogne ; elle n'a dû avoir que quelques représentations. Le public s'est ému, non des passages vraiment osés qu'elle renferme, mais en entendant certains mots qu'il a mal interprétés, tel que celui àliostie dans la réplique : « Frappons, voilà l'hostie » (1). Cette pièce a-t-elle été interdite, comme l'a écrit l'avocat Gabriel Guéret ? (2) C'est probable ; aucune preuve cependant n'en existe à notre connaissance. En tout cas, à défaut de succès à la scène, elle en aurait eu en librairie (3).

Nous ne donnerons pas ici l'analyse de cette tragédie qui s'apparente à celles de : Horace, Cinna, La Mort de Pompée de Corneille, La Mort de Séné que de Tristan L'Hermite, etc., etc. ; elle a pour sujet la conspiration de Séjanus, favori de Tibère, contre cet empereur avec la complicité d'Agrippine. On trouvera cette analyse, avec force commentaires, dans l'ouvrage de M. P. Brun : Savinien Cyrano de Bergerac, sa vie et ses œuvres. 1893. Cyrano a pris de grandes libertés avec l'histoire ; il serait absurde de l'en blâmer.

MM. Monval et P. Brun ont tenté de rétablir la distribution primitive des rôles à la première de l'Hôtel de Bourgogne. Voici le résultat auquel ils sont arrivés :

Tibère MM. Baron père.

Séjanus Floridor.

Nerva de Villiers.

Térentius Beauchasteau.

Agrippine M™" Valliot.

Livilla Beauchasteau de Villiers.

(1) Voir la notice biographique, T. I, p. XC.

(2) La Guerre des Auteurs anciens et modernes; Paris 1671, Yoir la notice, p. CI.

(3) Voir notice biographique, p. XC, note 1.

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