CONTRE SCARRON, POËTE BURLESQUE
Monsieur. Vous me demandez ce que je pense de ce poète Renard, qui trouve les mûres trop vertes où il ne sçauroit atteindre, je vous réponds h que je n'ay jamais veu de ridicule plus sérieux, ny de sérieux plus ridicule que le sien. Le peuple l'approuve ; après cela, concluez ! Ce n'est pas [toutefois] que je n'estime son jugement d'avoir choisi pour escrire un style mocqueur, puisqu'on vérité escrire comme il fait, c'est se mocquer du monde, car de m'objecter ' qu'il travaille d'une façon où il n'a personne pour guide, je vous Vadvoue, mais aussi, par vostre foy ' , n'est-il pas plus aysé de faire « L'Enéide » de Virgile comme Scarron , que de faire « L'Enéide » de Scarron comme Virgile ? A la vérité, je n'ay jamais entendu grenouille mieux coasser dans les Marais. Je sçay bien que k vous me repro-
a) 1654 : après la mort, on inventorie le Cabinet de ses Livres, c'est-à-dire de ceux qui sont sortis de son génie, tous ses ouvrages ensemble, ostant ce qui n'est pas de luy, composeront. — b) Il ne laisse pas de vouloir s'attribuer les dépouilles des morts, et de croire inventer ce dont il se souvient ; mais de cette façon il prouve mal la noble extraction. — c) celuy-cy sans doute en doit estre le Dieu, car de mesme qu'elle,. — d) jamais. — e) il eut toutes les peines du monde à s'empeseber. — /) Beaulieu. — g) avoit. — h) quel jugement je fais, de ce Renard, à qui semblent trop vertes les mûres où il ne peut atteindre; je pense que, comme on arrive à la connoissance d'une cause par ses effets, qu'ainsi pour connoistre la force ou la foiblesse de l'esprit de ce personnage, il ne faut que jelter la veuë sur ses productions : Mais je parle fort mal de dire ses productions, il n'a jamais sceu que détruire, tesmoin le Dieu des Poëtes de Rome qu'il fait encore aujourd'buy radoter. Je vous advoùeray donc, au sujet sur lequel vous désirez avoir mon sentiment. — i) Ses Partisans ont beau crier pour eslever sa gloire. — j) leur confesse; mais qu'ils mettent la main sur leur conscience! En vérité. — k) Pour moy, je m'imagine, quand il se mesle de profaner le sainct art d'Apollon, entendre une grenouille fasebée coasser au pied du Parnasse.
(1) Ms., f. 191. — Œuvres diverses, 165k. Lettres satyriques, X (pour XI), p. 160. Dans les éditions postérieures : Contre Ronscar.
cherez [peut-estre] que je traite un peu mal ce Monsieur * de le réduire à l'insecte, mais sçac/iez que je ne le dessine que sur le rapport de ses familiers, qui protestent que ce n'est pas un vray homme, que ce n'est que façon, et b, en effet, à quoy le reconnoistrions-nous ? Il marche à rebours du sens commun et il en est venu à ce point de bestialité que de banir les pointes [et les pensées] de la composition quand il en trouve quelque part % on diroit à le voir* qu'il soit tombé des yeux sur un basilic, ou du pied e sur un aspic. O que je suis fasc/ié que toutes celles des beaux esprits ne soient en cliardons, peut-estre ne luy desplairoient-elles pas à jeun f, car entre vous et moy, lors qu'il fait semblant [de sentir] qu'une pointe le pique, je ne me puis empescher de croire que c'est pour se justifier de ladrerie, et il se pourroit bien faire, mais enfin g ladre ou non, je le lairois en patience s'il ne se mesloit point d'ériger h des trophées à la stupidité, en l'appuyant de son exemple. Comment ! ce bon Seigneur veut qu'on n'escrive que ce qu'on a leu, comme si nous ne parlions aujourd'huy françois qu'à cause que jadis on a parlé latin, et comme si on n'estoit raisonnable que quand on est moulé. Nous devons donc bien remercier Dieu de ce qu'il ne l'a ' pas fait naistre le premier homme, car asseurémenti il n'eut jamais parlé s'il eust entendu braire auparavant. Il est vray qu'il se sert d'un tiercelet k d'idiome qui donne tousjours à admirer ' comment les vingt-quatre lettres de l'alphabet se peuvent assembler en tant de façons sans rien dire ! Après cela, vous me demanderez le jugement que je fais de ce grand causeur m. Hélas ! Monsieur, aucun, sinon qu'il faut que sa vérole" soit bien enracinée de n'en estre pas encore guéry depuis plus de huit ° ans qu'il a le flus de bouche ! Mais à propos de sa vérole, on dit p qu'il n'a de l'esprit que depuis qu'il en est malade, que sans qu'elle a désordonné * l'ceconomie de son tempérament, Nature l'avoit r taillé pour estre un grand sot, et que rien n'est capable d'effacer l'encre dont il a barbouillé son nom au front de V Immortalité qu'une once de mercure. On adjoAle s à cela qu'il ne vit qu'à force de mourir, parce que cette mesclerie que le bordel ne luy a pas donnée pour rien ', il la revend tous les jours à Quinet \ Mais ce sont des mocqueurs, car je
a) 1654 : cet Àutheur. — b) ne l'ayant jamais veu, puisque vous m'obligez à faire son Tableau, je ne sçaurois, pour le peindre, agir d'autre façon, que de suivre l'idée que j'en ay receue de tous ses amis. Il n'y en a pas un qui ne tombe d'accord que, sans mourir, il a cessé d'estre homme, et n'est plus que façon. Mais. — c) des ouvrages. Quand par malheur en lisant, il tombe sur quelqu'une. — d) lhorreur dont il est surpris. — e) qu'il a marché. — /) Si la terre n'avoit jamais connu d'autres pointes que celles des chardons, la Nature l'a formé de sorte qu'il ne les auroil pas trouvées mauvaises. — g) afin de nous persuader qu'il n'est pas ladre, mais. — A) n'érigeoit point. — t) nous sommes donc beaucoup obligez à la Nature de ne l'avoir. — y) indubitablement. — h) que pour faire entendre ses pensées, il employé une espèce. — l) force tout le monde à s'eslonner. — m) cet homme qui, sans rien dire, parle sans cesse? — n) son mal. — o) quinze. — p) son infirmité, on croit, comme un miracle de ce sainct homme. — y) la maladie a troublé. — r) il estoit. — s) la Mémoire, puisque le Mercure et l'Archet n'en ont pu venir à bt>ut. Les railleurs adjoùtent. — t) drogue de Naples (2) qui lui a cousté bonne, et qui l'a fait monter au nombre des Autheurs.
(1) Toussainct Quinet, libr , 1625-1650. — (2) Le mal de Naples, la syphilis.
sçay bien que', pourveu que rien ne manque à sa chaire, qu'il roulera tousjours le beau Sire, avec ce pot pourri de proverbes qu'il a pour tout potage, il doit supplier Dieu dévotement qu'il ne prenne jamais envie à Denise au grand chaperon d' introduire de nouvelles sentences à la place des vieilles : car on ne sçauroit plus dans b quatre mois en quelle langue il auroit escrit. Mais, hélas, en ce terrestre séjour, qui peut répondre de son immortalité' quand elle dépend de la colère des harangères. Cette réflexion me d fait juger nonobstant des oppositions qu'il auroit besoin de pointes pour haster sa Renommée, autrement si elle marche quand et luy, elle n'ira pas loin6. Comment, les Grecs ont moins esté1 de temps au siège de Troye qu'il n'y en a6 qu'il est sur le sien ! A le voir sans bras et sans jambes, on le prendroit (si sa bouche b estoit immobile) pour un Terme attaché au portail ' du Temple de la Mort ! Mais toutefois je trouve qu"\\ fait bien de parler, on ne croyroit pas1, sans cela, qu'il fust en vie. N'apréhende-t-il point de faire penser aux rieurs que, veu le temps qu'il y a qu'il dure k sous l'Archet*, il doit estre ' un bon violon. Ne vous imaginez pas, Monsieur, que je dise cecy m pour m'escrimer de l'équivoque, point du tout. Violon ou autre, à [curieusement] considérer le cadavre sec et coroié" de cette momie, je vous puis asseurer que si jamais la mort fait" Sarabande, elle prendra à chaque main une couple de Scarrons au lieu de Castagnèles ; ou tout au moins elle se passera leurs langues entre les doigts pour en faire p des cliquettes de ladre3. Ma foy, puisque nous y q sommes [arrivez jusques-là], il vaut autant achever son portraict. Je m'imagine donc (car je ne Vay jamais veu r) que si ses pensées sonts au moule de sa teste, il a la teste fort plate ; que ses yeux sont des plus grands, s'ils bouchent les coups de hache dont
a) 1654 : aux Libraires. Mais quoy qu'ils disent, il ne mourra jamais de faim, car. — b) je suis fort asseuré qu'il roulera jusqu'à la mort : S'il avoit mis ses Poesmes autant à couvert de la fureur de l'oubly, ils ne seroient pas en danger, comme ils sont, d'estre bientost inhumez en papier bleu (1). Aussi n'y a-t-il guères d'apparence que ce pot-pourri de Peaux d'asnes et de contes de ma Mère-L'oye, fasse vivre Scarron autant de Siècles que l'Histoire d'Enée a fait durer Virgile. Il me semble, au contraire, qu'il feroit mieux d'obtenir un Arrest de la Cour qui portant commandement aux Harangères de parler tousjours un mesme jargon, de peur qu'introduisant de nouveaux rébus à la place des vieux, on ne doute avant. — c) éternité dans la mémoire des hommes. — d) vicissitude de leurs proverbes. Je vous asseure que cette pensée m'a. — e) plusieurs fois, que les chevaux qui traisnent le char de la Renommée auroient besoin qu'il se servit de pointes pour la faire avancer; autrement elle porte la mine, si elle marche aussi lentement que luy, de ne pas faire un long voyage. — /) demeuré moins. — g) ne s'en est passé depuis. — h) langue. — ï) planté au Parvis. — j) pourroit pas croire. — k) et je me trompe fort, si tout le monde ne disoit de luy, après l'avoir oùy tant crier. — t) que c'est — m) le boure ainsi. — n) squelette. — ■ o) il prenoit envie à la Parque de danser une. — p) s'en servir, comme on se sert.
— q) en. — /•) il faut bien se figurer les animaux que l'on ne montre pas pour de l'argent. — s) se forment.
(1) Les livres se vendaient alors reliés, et les brochures couvertes de papier bleu.
— (2) On appelait archet un appareil sudorifique dans lequel on enfermait le malade condamné au grand remède. — (3) Les ladres, pour obéir aux ordonnances de police, annonçaient leur approche, en agitant des cliquettes entre leurs doigs, afin que tout le monde eût le temps de s'éloigner d'eux, de leur contact, de leur haleine et même de leur regard, qu'on croyait contagieux (P. L.).
Nature * a feslé son b cerveau. On dit c qu'il y a plus d'un an d que la Parque luy a tordu le Col sans le pouvoir estrangler, et que personne aujourd'hui/ ne le regarde, courbé comme il est, qui ne croye qu'il se penche petit à petit pour tomber doucement en V Autre Monde, et ces jours passez un de mes e amis m'asseura qu'après avoir contemplé ses bras tortus et pétrifiez sur ses hanches, il avoit pris ce f corps pour un gibet où le Diable avoit pendu une âme, ou qu'animant ce cadavre infect et pourri/, le Ciel avoit voulu Jetter unes âme à la voirie. Il ne doit pas s'offenser de ces saillies d'imagination, car quand je le ferois passer pour un monstre, depuis le temps que les apothicaires h sont occupez à ratisser le dedans de ' sa carcasse, ce doit estre un homme bien vuidé. Et puis*, que sçait-on si Dieu ne le punit point de la haine qu'il porte aux pensées, veu que sa maladie n'est incurable que de ce qu'il n'a jamais pu souffrir personne qui sceut bien panser. Je me figure que c'est aussi pour cela qu'il me hait avec si peu de raison : car on a remarqué qu'il ne se donna pas le loisir de lire une page de mes œuvres, qu'il conclud qu'elles puoient le portefeuille. Mais k comment les eut-il regardées ' de bon œil, luy qui ne sçauroit mesme regarder le Ciel que de travers ' ? Adjoutez à cela qu'estant poivré comme il est, il n'avoit garde qu'il ne me trouvast fade, et pour vous parler franchement, je croy que c'estoit une nourriture trop forte pour son estomach indigeste. Ce n'est pas que je ne fusse bien aise quelque jour de m' abaisser jusqu'à luy, mais j'aurois peur, si le pied me manquoit, de tomber de trop haut ou qu'il fallut me servir du langage d' Esope pour luy expliquer le françois. Voilà tout ce que j'avois à vous mander. Il ne me reste qu'à sinerm le « Je suis » en le faisant tomber mal
a) 1654 : si la Nature les lui a fendus de la longueur, dont le coup de hache qui lui. — b) le. — c) adjoùte à sa description. — d) dix ans. — e) ses. — /) son. — g) et se persuada mesme qu'il pouvoit estre arrivé que le Ciel, animant ce cadavre infecté et pourry, avoit voulu pour le» punir des crimes qu'il n'avoit pas commis encore, jetter par avance son — /;) Au reste, Monsieur, vous l'exhorterez de ma part, s'il vous plaist, de ne se point emporter pour toutes ses galanteries, par lesquelles je tasche de dérober sa pensée aux cruelles douleurs qui le tourmentent; ce n'est point à dessein d'augmenter son affliction ! Mais quoy ! il n'est pas facile de contraindre en son cœur toutes les véritez qui se pressent, et puis pour avoir peint le tableau de .son visage mal basty, n'est-il pas manifeste à chacun que depuis le temps que les médecins. — i) curer. — j ) Outre cela. — A) à ceux qui sçavent bien penser quand nous voyons sa maladie devenue incurable pour avoir différé trop longtemps de se mettre entre les mains d'une personne qui sçeut bien penser? Je me persuade que c'est aussi en conséquence de cela que ce Cerbère enragé vomit son venin sur tout le monde : car j'ay appris que quelqu'un luy dépliant un Sonnet qu'il disoit (n'en estant pas bien informé) estre de moy, il tourna sur lui des yeux qui l'obligèrent de le replier sans le lire : mais son caprice ne m'estonne guères, car. — /) eut-il pu voir cet ouvrage. — m) Vous jugez donc bien à présent que son mespris m'importe comme rien, et que ç/auroit esté un petit miracle si mon Sonnet qui passe pour assez doux, n'avoit pas semblé fade à un homme poivré. Mais je m'apperçoy que je vous traite un peu familièrement, de vous entretenir d'un sujet si bas. Au reste, je vous conseille de vous passer de l'aymable Comédie que vous vous donneriez en luy montrant uia lettre, ou bien faites-vous instruire de la langue qu'cntendoit Esope pour luy expliquer le François. Voilà une partie de ce que j'avois à vous mander; l'autre consiste à signer.
(1) Ici Cyrano a introduit dans l'imprimé un éloge enthousiaste du cardinal Mazarin. On le trouvera à la suite de cette lettre.
à propos, car il est * tellement ennemy des pensées que s'il attrape ma lettre, il dirah que je l'auray mal conclue lorsqu'il trouvera0 que je n'auray pas mis [à la fin] sans y bien penser, [je suis] Monsieur, vostre serviteur.
Voici le paragraphe sur Mazarin ajouté dans l'imprimé de 1654, c'est un éloge dithyrambique du Cardinal. Cet éloge, postérieur à 1651 ou tout au moins aux derniers mois de 1650, étant donné la date du manuscrit de la Bibliothèque nationale, est en contradiction absolue avec les mazarinades écrites par Cyrano au début de 1648, et confirme notre hypothèse, appuyée sur sa Lettre contre les Frondeurs, que notre libertin est passé dans le courant de 1651 (ou en 1652) aux gages de Mazarin :
« Luy (Scarron) qui, persécuté de trois fléaux, ne reste sur la terre que pour estre aux hommes un spectacle continuel de la vengeance de Dieu ; luy dont la calomnie et la rage ont osé répandre leur escume sur la pourpre d'un Prince de l'Eglise (Mazarin) et tasché d'en faire rejaillir la honte sur la face d'un Héros qui conduit heureusement sous les auspices de Louys le premier Estât de la Ghrestienté ! Enfin tout ce qui est noble, auguste, grand, et sacré, irrite à tel point ce monstre que, semblable ou Godinde aussi bien en sa difformité qu'en son courroux, il ne peut supporter la vue d'un Chapeau d'escarlate sans entrer en fureur, quoy que sous ce Chapeau la France glorieuse repose à couvert de ses ennemis. »
A UN COMTE DE BAS ALOY(l) (Charles Griveau, sieur de Luroy)
Monsieur, je ne sçay quelle bonne humeur de la Fortune ait voulu qu'au mesme temps que vous lisiez mes informations, on me faisoit voir les vostres, où il est avéré, par tesmoins irréprochables, que Charles Griveau, sieur de Luroy d, Comte depuis trois jours, Comte fait à plaisir, Comte pour rire, enfin si petit Comte qu'il ne l'est point du tout, vouloit s'ériger en brave, malgré les salutaires conseils de son tempérament pacifique ; qu'il s'estoit si fort aguerry à la bataille des manchettes que, s'estant imaginé qu'un duel n'aboutissoit au plus qu'à la consommation d'une demie-aulne de toile, il croyoit avoir trouvé dans le linge de sa femme la matière de mille combats ; qu'il n'avoit jamais esté sur le pré que pour paistre ; [et enfin] qu'il n'avoit reçu le baptesme qu'en conséquence de celuy que l'on donne aux cloches. Et à fin d'exprimer en deux mots les conclusions du procès-verbal de Charles Griveau, qu'il estoit un faquin, un sot et un lasche. Sus donc, efforcez-vous, mon pauvre petit monsieur c, grincez les
o) 1654 : parce qu'il est. — b) si quelque jour cette lettre totuboit entre ses mains, il prescheroit partout — c) si après qu'il auroit trouvé. — d) qu'un. — e) Sus donc, etïorcez-vons, beau Damoisel, aux armes fées.
(1) Ms., f. 198' Œuvres diverses, Ï654. Lettres satyriques, XV (pour XVI), p. 191.
dents, mordez vos doigts, tapez du pied, jurez un « par la mort » et taschez de devenir courageux ! Je ne vous conseille pas, toutefois, de rien hasarder que vous ne soyez asseuré qu'il vous soit venu du cœur ; tastezvous bien auparavant, afin que, selon qu'il vous en dira, vous présentiez la poitrine à l'espée ou le dos au baston ; mais vous vous soumettrez au dernier, je le voy bien \ Il ne tuë que fort rarement, et puis il n'est pas vraysemblable que madame de Pont-Courlay b, qui vous a fait l'honneur d'ériger vostre fief en Comté et qui dit tant de bien de vous, ait fait de vous un méchant Comte. Je suis fasché que vous n'entendiez mieux le françois : vous jugeriez à ce compliment qu'on vous coupe du bois ; et, par ma foy I vous auriez deviné, car je vous proleste, si les coups de baston pouvoient s'envoyer par escrit, que vous liriez ma Lettre des espaules et que vous y verriez un homme, armé d'un tricot, sortir visiblement de la place où j'ay accoustumé de mettre, [Monsieur], vostre [serviteur], S. D. B.