‹ Les œuvres libertines. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 24 sur 155 · XXX L\ VIE DE CIRÂNO DE BERGERAC · texte numérisé non relu

XXX L\ VIE DE CIRÂNO DE BERGERAC

sur l'Hôtel de Ville de Paris. Entiii quelques mois après (juillet 1636), ayant vendu la terre et seigneurie de Mauvières et de Bergerac, à Antoine Balestrier, sieur de l'Arbalestrière, moyennant dix-sept mille deux cents livres, il rentrait de nouveau à Paris.

m. — SAVINIEN ADOLESCENT. — COMMENT IL VIT A PARIS. — IL S'ENGAGE DANS L ARMÉE ROYALE. — SON FRÈRE AÎNÉ DENYS SE DESTINE A LA PRÊTRISE (2 mars 1639). — CYRANO BLESSÉ AU SIÈGE DE MOUZON (juin 1639) ET A CELUI DARRAS (août 1640).

Notre Savinien, libre de toute- sujétion, dut être assez mortifié de voir l'installation appelée à l'abriter en compagnie de ses parents, de son frère Abel II, et de sa sœur Catherine. Ce n'était plus le château de Mauvières et le joli paysage de Chevreuse, mais un modeste logis au bout de la grande rue du faubourg Saint-Jacques, près la Traverse, loué à M. de Saint-Jean, notaire au Châtelet, pour la somme annuelle de six cents livres. Ses réflexions moroses durèrent peu ; son parti fut vite pris. Ce que la cage paternelle ne représentait plus, notre parisien se l'octroya de lui-même ; il se décida, pour commencer, à allonger son nom : Savinien de Cyrano était un peu court aux yeux d'un jeune adolescent qui entendait frayer avec la jeunesse joyeuse et dorée de la capitale ; il y ajouta celui de la terre de Bergerac (1), dont la vraie désignation était Sous-Forest. Le fief de Sous-Forest, comme celui de Mauvières, avait appartenu, dans le milieu du xvi" siècle, aune famille de Bergerac (2) fort ancienne par ses attaches et par ses propriétés fort puissante. L'adjonction n'était pas sans valeur,

(1) Chose curieuse : ni son grand-père ni son père n'avaient pris ce titre de Bergerac ; ils s'étaient contentés de celui de Mauvières (voir note 2, p. XVIII).

(2) Dès 1466, on trouve un Nicolas de Bergerac vendant des biens à Jean Le Clerc, seigneur du Tremblay ; Guillaume de Bergerac, son fils, possédait par sa femme, Jeanne de Grande-Ruo, le fief de Launay-Roguerin, et en faisait aveu en 1492 et 1507. Plus tard, un Jouin de Bergerac prit pour femme Jeanne Chauderon, fille du seigneur de Vaugien et de Bruyère le Clu\tcl. Les noms d'autres membres de la famille de Bergerac : Loys, Philipjie, Antoine, qui fut curé de Saint-Remyl'Honoré, Fleur de lis, qui fut marit'c à Gabriel de Lailly, témoignent combien nombreuse elle était et quelle» r;i mi (ira lions elle étendait dans le pays. Le 15 septembre 1561, noble homme Gallois de Bergerac, écuyer, sieur de Bergerac, en qualité de fils oiné et de principal hi'-ritier d'Antoine de Bergerac, rendait foi et hommage à cause des terres de Mauvières et de Bergerac. Ce fut Dauphin de Bergerac qui aliéna Mauvières en 1576, en le vendant à Thomas de Forbois. (F. de C.)

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