‹ Les œuvres libertines. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 31 sur 155 · LA. VIE DE CYRANO DE BERGERAC XXXVII · texte numérisé non relu

LA. VIE DE CYRANO DE BERGERAC XXXVII

de reconnaître en lui sans l'adorer la vertu dont il est le trône... Il est tout esprit, il est tout cœur et il a toutes les qualités dont jadis une serviroit à marquer un héros. Enfin, je ne puis rien ajouter, sinon que c'est le seul poète, le seul philosophe et le seul homme libre que la France ait » (1). Ce panégyrique, sous la plume de l'auteur de L'Autre Monde, nous découvre un Tristan que ses contemporains (et, depuis, les érudits (2) (jui se sont occupés de ce dramaturge) ont ignore'; ; il ferait, en effet, de l'auteur applaudi do Mariane un inspirateur des utopies cyranesques ; mais la réalité est peut-être tout autre. Ne serait-ce pas plutôt à une table de jeu que s'étaient rencontrés Cyrano et Tristan, aussi friands l'un que l'autre des cartes et des dés ?

Cyrano de Bergerac, en la docte société des apprentis philosophes, renonce à Satan, à ses pompes et à ses œuvres, et sa sœur l'encourage dans cette voie par son exemple : elle fait profession au couvent de Notre-Dame de la Croix de la rue de Charonne, où elle était entrée dès 1637. Son père signe, le 15 avril 1641, avec la mère Marguerite de Jésus, prieure, un acte qui réglait définitivement le sort de son enfant (3).

Quelle mouche pique Cyrano ! Le 8 octobre 1641, six mois après avoir connu Gassendi, il s'adresse à un maître d'armes de la rue Saint-Jacques, à seule fin de se perfectionner encore dans l'art, où il était cependant passé maître, d'embrocher son semblable ! '

« Fut présent Savinien de Cyrano, écuyer, demeurant à Paris, au collège de Lisieux, fondé vue Saint-Etienne des Grez, lequel a promis par ces présentes à Pierre Moussard, dit La Perche, maître en fait d'armes à Paris, y demeurant rue Saint-Jacques, à ce présent, de lui bailler et payer en cette ville dans deux ans [d'aujourjd'hui prochain lu somme de deux

(1) Histoire Comique ou Voyage dans la Lune, p. 51.

(2) Dans la remarquable monographie : Tristan L'Hermite, sieur de Soliers, M. N. Bernardin a fort peu insisté sur les rapports de Tristan et de Cyrano, et il ne semble pas que le gentilhomme de Gaston d'Orléans ait été un impie et surtout un impie militant.

(3) Nous donnons aux Pièces Justificatives (T. I des Œuvres libertines de Cyrano de Bergerac) le texte du contrat passé le 15 avril 1641 entre M. et M"'° de Mauvièrcs, la mère Marguerite de Jésus, jjrieure, et la mère Elisabeth de la Visitation, sousprieure, pour la profession au couvent de N.-D. de La Croix, de Catherine de Cyrano, contrat qui remplaçait celui du 23 juin 1637, conclu avec la mère Elisabeth, prieure, et la mère Marguerite de Jésus, sous-prieure. Cette maison des Filles de La Croix avait été fondée, ou du moins largement établie, par M"" Charlotte-Marie Ruzé d'Effiat, sœur de Cinq-Mars, qui mourut le 15 août 1692, âgée de soixante-dix-huit ans.

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