‹ Les œuvres libertines. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 32 sur 155 · XXXVIII LA VIE DE CYRANO DE BERGERAC · texte numérisé non relu

XXXVIII LA VIE DE CYRANO DE BERGERAC

cent-quarante livres, moyennant que ledit La Perche sera tenu et obligé de montrer et enseigner à son pouvoir audit sieur de Cyrano à faire des armes en sa salle aux jours ordinaires pendant ledit temps de deux ans à compter de ce jourd'hui ainsi et comme il fait à ses autres écoliers, icelle somme de deux cent-quarante livres ayant été convenue à raison de dix livres par mois que lui paient ses autres écoliers. »

Ces velléités belliqueuses se tempèrent rapidement. Quinze jours se passent et le 23 octobre, il conclut un autre marché, mais celui-là avec un maître à danser de la même rue !

« Fut présent en sa personne David Dupron, maître à danser, demeurant à Paris, rue Saint-Jacques, paroisse Saint-Séverin, lequel a promis et promet par ces présentes à Savinien de Cyrano, demeurant au collège de Lisieux, à ce présent et acceptant, de lui montrer et enseigner à danser ainsi et comme il fait à ses autres écoliers pendant deux ans prochains à compter du vingt-et-unième jour du présent mois d'octobre et, à cette fin, ledit sieur de Cyrano sera tenu de se rendre en la salle dudit Dupron aux jours et heures ordinaii'es pour le fait de ladite danse, et ce moyennant la somme de deux cent-quarante livres que ledit sieur de Cyrano sera tenu et s'oblige bailler et payer audit Dupron en cette ville d'aujourd'hui en deux ans prochains. »

Les deux actes ci-dessus nous laissent perplexes sur la portée des leçons de Gassendi. En tout cas les travaux de l'esprit — si tant est qu'il s'y soit livré alors — marchaient de pair, chez Cyrano, avec les exercices du corps !

V. — CYRANO PROTEGE LIGNIERES CONTRE SES ENNEMIS. — AUTRES EXPLOITS, PEUT-ÊTRE IMAGINAIRES : IL EMBROCHE LE SINGE DE BRIOCHÉ ET INTERDIT LA SCÈNE PENDANT UN MOIS AU COMÉDIEN MONTFLEURY (1642-1644).

Ayant grande confiance dans la solidité de son poignet et la souplesse de ses jarrets, devenu une des plus fines lames de son temps, notre libertin se posera désormais en véritable matamore. Le Bret est coupable d'exagération en racontant que, sur cent hommes attroupés pour insulter en plein jour un de ses amis sur les fossés près de la porte de Nesle, Cyrano en tut deux et en blessa sept.

Si l'on en croit les Ménagiana (1), il s'agirait de Lignières.

(1) Edition de 1715.

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