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LA VIE DE CYRANO DE BERGERAC XLV

Les poux se sauvent dans le dos ;

Quoi que ce ne soit que des os.

Cette racaille me ravaude (1), •

Je m'en frappe tout rechigné.

Et fais un minois refrongné

Gomme un cuisinier qui s'échaude.

Seigneurs Etats « à la pareille »

Tenez vos assises plus loin, Ainsi Amour qui vous réveille Vous laisse dormir au besoin ; Ainsi tousjours sur les goutières La chatte douce à vos prières Se laisse flairer les gigots, Et méprisant la jalousie Vous accorde la courtoisie Sans se cacher sous les fagots.

VII. — CYRANO DANS LA MISERE. — SES IDEES SUR L'AUTORITÉ PATER- NELLE. — SES PROJETS LITTÉRAIRES. — « LE GRAND SELIM », DE LE VAYER DE BOUTIGNY. — SON « PÉDANT JOUÉ ». — SES « LETTRES ».

La misère ayant pour cause sa passion pour le jeu, aggravée par la maladie, s'était abattue sur Cyrano. Son malheureux père, victime indirecte des débauches de son fils, assistait, impuissant à réagir, à l'émiettement de sa fortune. Il est hors de doute que Savinien ou Alexandre de Bergerac puisait si largement dans la caisse paternelle que celle-ci s'était en partie vidée. Les dix-sept mille deux cents livres de la vente de Mauvières menaçaient de passer bientôt à l'état de souvenir. Abel de Cyrano n'avait pu même s'acquitter des trois mille livres de la dot de sa fille Catherine, dame de chœur au Couvent de N.-D. de la Croix, et il n'était pas au bout de son calvaire. Comment résister à un fils incapable de supporter une observation et qui professait à l'égard de l'autorité paternelle une doctrine lui permettant d'escompter sans l'ombre d'un scrupule, de gré ou de force, l'héritage familial. Laissons parler Cyrano :

« — Mais, direz-vous, toutes les lois de notre monde font retentir avec soin ce respect qu'on doit aux vieillards ?

(1) Var. du Rec. de Sercy : Les poux se sauvent sur mon dos, [Dessus cette carcasse 4'os [Cettç c&naille ige ravaude...

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