‹ Les œuvres libertines. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 76 sur 155 · LA VIE DE CYRANO DE BERGERAC LXXXVII · texte numérisé non relu

LA VIE DE CYRANO DE BERGERAC LXXXVII

pénitence ? Admirez, endurcis, admirez les secrets jugemens du Très-Haut; escoutez d'une oreille de contrition cette parlante momie. Elle se plaint qu'elle n'est pas assez d'une, pour suffire à l'espace de toutes les peines qu'elle endure. Il n'est pas jusqu'aux Bienheureux qui, en punition de son impiété et de son Sacrilège, n'enseignent à la Nature de nouvelles infirmités pour l'accabler. Déjà, par leur ministère, il est accablé du mal de S. Roch, de S. Fiacre, de S. Clou, de Sainte Renne, et afin que nous comprissions par un seul mot tous les ennemis qu'il a dans le Ciel, le Ciel luy-mesme a ordonné qu'il seroit malade de Saint. »

Scarron n'était pas méchant ; pour toute vengeance il se borna dans sa comédie : Dom Japhet (T Arménie (1) à railler les variations que Cyrano faisait subir à son nom :

...Don Zapata Pascal Ou Pascal Zapata ; car il n'importe guère Que Pascal soit devant ou Pascal soit derrière.

XV. — CYRANO ENTRE AU SERVICE DU DUC DARPAJON. — « LA MORT D'AGRIPPINE », « LES ŒUVRES DIVERSES », « LE PÉDANT JOUÉ ». — SA MALADIE, SA MORT.

Le secours de Mazarin fut vite épuisé ; mais, cette fois, Cyrano n'avait plus les mains vides pour chercher un Mécène; elles étaient chargées d'une comédie : Le Pédant Joué; d'une tragédie : La Mort d'Agrippine ; d'une œuvre d'imagination philosophique et scientifique : L'Autre Monde, en deux parties : Le Voyage dans la Lune et Les Estais et Empires du Soleil; des Lettres écrites dans ses moments perdus pour rivaliser avec Balzac et d'autres petites pièces comme ses Entretiens Pointus, etc., etc.

Le bagage littéraire considérable de Cyrano de Bergerac n'apparaissait pas d'une présentation facile, à moins de s'adresser à un Mécène libertin et qui avouait l'être ; autrement, l'hommage de V Agrippine et de L'Autre Monde était plutôt compromettant pour celui qui l'acceptait.

Les grands seigneurs vraiment libertins avaient tout autre chose en tête que d'étaler leur générosité. Cyrano dut donc se

(1) Dom Japhet d'Arménie, comédie, par M. Scarjon. A Paris, chez Augustin Courbé. M. DC. LUI {1653), in-i" de 4 ff. et 136 pp. Le privilège est du 20 février 1653 et l'achevé d'imprimer du 2 mai suivant. D'après M. Morillot (Scarron et le Genre Burlesque), cette comédie aurait été représentée en 1652 avant son impression, mais ce n'est là qu'une hypothèse.

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