XCVI LA. VIE DE CYRANO DE BERGERAC
rompre ai'ec nioy, si Je ne luy eusse accordé qu'il y avoit un Monde dans la Lune. L'autre (Chapelle) estoit un esprit très délié, et des plus galans de nostre Siècle. Il avoit succé l'erreur avec le lait auprès d'un grand philosophe, Athée parfait et accomply (Gassendi), mais qui en avoit fait un mauvais disciple. Celui-cy ne reconnaissoit rien au-dessus de la Nature, attribuoit tout au hazard, et avoit des pensées admirables, qu'il disoit estre plus claires que le jour, mais il falloit alors que je fusse bien aimé de Dieu, puisqu'il m'a toujours fait la grâce de n'y rien comprendre. Il m'asseuroit que le Monde estoit fait d'atomes, et pour le prouver, il m'apportoit des raisons si bouruës et si extravagantes, que si Epicure n'en avait point de meilleures, il falloit que ce fut un esprit bien extravagant et bien bouru... » (1)
Quelque opinion qu'on ait du caractère et des mœurs de Dassoucy, on doit reconnaître qu'il s y connaissait en libertins et en libertinage !
(1) Les Pensées de M. Dassoucy dans le S. Office de Rome, dédiées à la lieyne. Paris, de l'Imprimerie d'Ant. de Hafflé, rue du Petit-Pont, proche le Chastelet, au Chaudron. M.DC.LXXII (1612), iii-12