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LE CHANT DE LA TROVPE DES FILLES D'ESTHER

Or, est-il temps d'oublier, mes compagnes.

Les biens du temps heureux, Or, est-il temps de remplir les campagnes De regrets douloureus, Ma vie cesse, La mort me presse , L'heure est voisine Demaruïne, Nous sommes près du destin mal-heureux.

Il faut quitter ces afiquets de teste ,

Ces chesnes et carquans, Ores il faut que chacune deueste Ces riches yestemens, La gentillesse Et la tristesse Mal s'accompagnent , Et se dédaignent :

Les tristes pleurs fuyent les ornemens.

Ayans perdu la tres*douce espérance

De maris vertueux , Il faut quiter le plaisir de la dance, Les festins et les ieus.

La mignardise Est mal requise, Ou telle angoisse S'est fait maistresse Qu'elle enveloppe et le cœur et les yeux.

Las! faudra-t-il par l'ennemie rage

Voir nos frères mourir, Et à nous mesmes au plus vert de nostre aage La dure mort souffrir !

mort cruelle Triste bourrelle De nostre viel faulse enuie Qui fais les bons et innocens périr.

Seigneur, tu vois la barbare iniustice Qui oppresse les tiens.

TRAGEDIE SA1NGTE. T5

Et abolit quand et eux ton seruice Si tu ne les maintiens;

Ouure Toreille

Et nous reueille.

Seigneur, encore

Vue Débore Pour destoumer les maux Agagiens.

Fay ceste grâce à la saincte emperiere

Qu'elle puisse renger Ce Ger Grégeois, qui d'vne main meurdriere Veut ton peuple outrager; Ores desserre Ton grand tonnerre , Brise la teste De ceste beste, Car tu es seul qui nous saches venger.

VPŒ AVTRE DE LA TROVPE.

Seigneur, fay branler Soudain parmi Tair L'Ange glorieux Qui deffeit l'armée ladis animée Contre nos ayeux.

Nous sçauons , Seigneur, Que soubs ta faneur Les plus impuissans Forcent la puissance Et la violence Des plus forts tyrans.

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