A ELLE MESME
Deux omt part en ton cœur, et tous les deux si seure Que tu n'oses iurer qui en a la meilleure : Ton cœur est diuisé , mais non ta sainte foy Qu'inuiolablement tu veux garder pour moy.
Quoy? veux-tu pas garder, diuine Cœsaree, Soubs les yeux du grand Dieu ta promesse iurée?
D'ANDRE DE RIVAYDEAV. ttt
Certes ie croy que ouy, de peur qu'vn grand meschef Le Vengeur des forfaits verse dessus ton chef. La foy se tient à vn, tu vis pourtant douteuse Duquel de deux amans tu es plus amoureuse.
inconstante doute en vn cœur asseuré , tu n'as pas ton cœur encor' bien mesuré.
Non, tu n'as pas sondé ton ame plus profonde, Car tu te trouuerois la moins double du monde. Toutesfois si tu Tes, ie passe en amitié, le ne t'ay point donné de mon cœur la moitié , le te Tay donné tout, et voicy la foy mienne Surpasse, et ie t'en croy, de bien fort loin la tienne. Il n'est rien soubs le Ciel de si perfait que toy, Mais il n'est rien aussi de si loyal que moy. Si tu auois ma foy tu serois bien heureuse ; Si i'auoy, comme toy, vne ame vertueuse le seroy bien heureux; et nul couple accompli Seroit comme le nostre estant ainsi rempli.
EPISTRE A REMY BELLEAV