‹ Les œuvres poétiquesChapitre 40 sur 47 · SM SECOND LIVRE D'ANDRE DE RIVAYDEAV · texte numérisé non relu

SM SECOND LIVRE D'ANDRE DE RIVAYDEAV

le ne yeux toutesfois escrire, audacieux, Ed grœc pour espérer ataindre rvn des deux; Mais recueillant le fruit de Ronsard et sa muse , Âi&eurs ie Temployray^'Sans qu'en vain ie m'amuse  prendre les outils en voulant l'imiter > Et singe imitateur la besoigne gaster.

De mesmes, mon Belleau , de tes vers ie veux faire, Car ie sçais mes larcins finement contrefaire : Vous n'en serez marris : Que veulent mériter Les escriuains, sinon qu'ils puissent profiter? Or, comme Ronsard a sur nous cet auantage En l'art qui luy est propre et au françois langage, En ma profession ie veux m'aproprier Ce qui n'est point de luy et m'est peculier.

Et que tant de labeurs et de nuits et veilles M'ont donné pour fournir les chrétiennes oreilles, Quand ie descouuriray les merveilles des Grœcs, Et des liures sacrés les plus rares secrets Encor peu entendus , ma phime outrecuidee Ne veut pincer pourtant la gloire de Budœe , Ni du grand Hollandois, ni de ce qu'en ce temjps Du sauant Tournebœuf , ô France , tu atens :

Si c'est ce que i'espère en ma basse ieunesse Suyure les pas heureux de leur docte vieillesse; Et auec la faueur de la Diuinilé, Donner vne grand' œuure à la postérité.

A C. D'AVNIS

SEIGNEVR DE PONDEVIE

Presque mesme malheur et mesme destinée Nous ont fait aprocber de Theure infortunée

' De reffroyable mort; mesme bonheur aussi Nous a fait , mon d'Aunis , libres de ce souci. Vivons donc iusqu'à temps que de ses mains plus fortes La mort vienne heurter le marteau de nos portes. Et viuons toutesfois de sorte cependant Qtfeir ne nous trouue point vn visage tremblant, Âins vn front résolu, lequel point ne palisse Au tardif souuenir du triste maléfice.

Mais amy, ta vertu , et ta grande bonté Cet auertissement n'auoyent pas mérité.

Ta vertu, que ma rime , éternisant ta gloire , Empreindra sur le front de la belle mémoire.

Puis nos arrière fils quelque iour l'entendront, Et l'ayans entendu meilleurs en deuiendront.

Non, tu ne mourras point, car vne fin mortelle Ne te peut qu'auancer vne vie éternelle.

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