‹ Les œuvres poétiques d'André de RivaudeauChapitre 16 sur 35 · LE CHANT DE LA TROVPE · texte numérisé non relu

LE CHANT DE LA TROVPE

rhomme misérable

Qui aimant pour longtemps

Geste vie passable ,

Veut viure beaucoup d'ans ,

Et ne craint rien si fort

Que l'heure de la mort !

En quelconque part monstre Fortune sa faueur, Le fortuné rencontre Tousiours quelque malheur.

Nul a de son viuant Perfait contentement.

Hesther, nostre maistresse,

D'vne'bannie gent,

Est la plus grand Princesse

Qui commande au Leuant ;

Toutes fois sa grandeur

Ne luy crois t point son heur.

Quand nos pères la terre Aux Roys eurent osté, Ils n'eurent moindre guerre Qu'en leur captiuité, Esprouuans en Sion La persécution.

TRAGEDIE SAINGTE. lii

Celuy qui sa houlette

En vn sceptre changea , •

Sa vie en mal suiette

A rien mieux ne rengea :

Son sceptre le feit grand,

Mais non pas plus content.

Les fieres Destinées Heurtent esgalement Les testes ordonnées D'vn marteau violent; Et sont soubs mesme loy Le belistre et le Roy.

Mais l'homme iuste estonne Tous les maux et la mort , Et reçoit la couronne; Car inuincible et fort, Plus de maux souffrir veut Que faire on ne luy peut.

Si le grand ciel se casse En pièces sur son chef, Sa résolue audace Mesprise ce meschef :

Car il veut en mourant Reuivre heureusement.

Le grand fol qui demande D'estre long temps viuant , Garde qu'il ne se rende

Mal heureux longuement, Ne iugeant pas la mort Des misères le port.

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