A UT9NE DE FOIX
Et très-mal-aisement maints se peuuent sauuer, De qui ce monstre laid fait les vertus couuer. Car de ce temps les mains des Princes sont fermées , Aux sçauans, et sont peu les lettres estimées : Barbare chicheté I les finances des Roys Seruent aux carneuaux, aux lices, aux tournois. Les mignons d'Apollon , accroupis aux estudes , Façonnent les leçons de leurs escholiers rudes : Qu'on pourroit employer aux affaires d' estât, Ou celles qu'aux palais, en iustice on débat , Ou grans Ambassadeurs d'vne graue éloquence Discourir sur la guerre ou sur la patience ; Mais on auance là ceux qui sçauent vn peu , Gens qui ont bonne mine et souuent mauuais ieu.
le ne parle pour moy, qui , par la prouidence De Dieu , me trouue hors de toute cette dance. le ne suis souffreteux de ma condition , Et n'ay besoin de mieux ; puis , franc d'ambition , . le mesprise la gloire et Thonorable peine De monter aux honneurs d'vne atendante aleine. l'ay aprins les faneurs des Roys et de la Cour, Pratiquées longtemps, se passer en vn iour.
Quand elles dureroyent, qu'il est mal-aisé suiure Tout ensemble la Cour et ensemble bien viure. Que les conseils des bons n'y sont si tost receus Que des meschans par qui les Princes sont deceus; Et quand Tame i'auroy haute et ambitieuse.
Et quand i'auroy la main très poure et disetteuse, Neantmoins si i'estois vn petit vertueux, I'auroy bien rencontré remède pour les deux