‹ Les œuvres poétiques en patois percheron de Pierre Genty, maréchal-ferrantChapitre 12 sur 44 · Chapitre II. — Formation des langues sémitiques · texte numérisé non relu

Chapitre II. — Formation des langues sémitiques

Une langue disparaît, lorsqu'elle a fait son temps. Telle est l'histoire de l'homme ; telle est l'histoire de toute chose terrestre. Ainsi Ta voulu Dieu. — Pour disparaître, une langue se décompose; ses mots perdent leur sens, leur énergie, leur précision, leur couleur et leurs lignes ; sa grammaire n'a plus de règles , ou du moins , chacun se croit en droit de n'eu tenir compte et de s'y soustraire. Quand une langue en est là, c'est une langue morte. C'est un cadavre qui attend le vautour. Le vautour est proche. Voici les patois. Les patois s'emparent des lambeaux de cette langue qu'ils ont formée^ s'augmentent de ce qu'ils lui dérobent, et, à leur tour, ils deviennent (l'un d'eux seulement parfois) de véritables langues.

On a vu que les patois, représentés aujourd'hui par l'himyarite, le mahri, l'hébreu, etc., avaient formé le couschite. C'est l'hypothèse que, par analogie, nous avons formulée plus haut. Le couschite, tombé en dissolution, tous les patois qui l'avaient formé, s'enrichirent de ses dépouilles, et à leur tour passèrent langues.

Ces langues, si longtemps simples patois, rentrent, qui plus, qui moins, dans la famille des langues dites sémitiques, syroarabes, ou mieux, dans notre hypothèse, couschito-sémitiques.

Chapitre III. — Formation des langues africaines. Les prétendus indigènes de l'Afrique, comme ceux de l'Eu-

rope, de l'Océanie et des deux Amériques, sont d'origine asiatique, on le répète. Par conséquent, les langues qu'ils parlent se rattachent à celles de l'Asie ; là est leur point de départ.

Les Berbères ou Berbers sont une peuplade asiatique qui a gagné l'Afrique, après avoir séjourné dans la Gaule méridionale et l'Espagne. Les Berbères sont un débris de cette nation Basque ou Ibère, que les Celtes expulsèrent de la péninsale hispanique, et dont une partie se réfugia dans les Pyrénées, tandis qu'une autre partie, franchissant le détroit de Gadir, Caditanum fretum, (Gibraltar], cherchait un asyle sur le sol africain (4). La langue des Berbers est le patois basque, tour à tour modifié par le celte, le couschito-sénûtique, et, après ces modifications, passé à l'état de langue (H).

Les nègres de l'Afrique occidentale sont, à notre avis, les derniers représentants de cette race couschite, de qui Jérémie a dit : « Si un Ethiopien peut changer sa peau» ou un léo> pard la variété de ses couleurs, vous pouvez aussi, etc. » (Xin, 23). Cette race, étrangement dégénérée, qu'il est mal-

(0 Les Basques d'Europe sont au nombre de 660,000, ou environ. Hs sont braves, ardents. Les Berbères ne le sont pas moins. — La chanson de Rolland a immortalisé la bravoure des premiers; nos rapports officiels sur l'Algérie ont immortalisé celle des seconds (Kabyles), etc. — Une expulsion violente de leur pays peut seule expliquer toutes ces fractions ou fragments de peuples qu'on rencontre partout.

(2) Tant qu'un idiome n'est qu'un patois, il est susceptible de toute espèce de modifications. Lorsqu'il est devenu langue, tout est dit pour lui; il ne progresse plus ; il reste stationnaire, jusqu'à ce qu'il se dissolve, c'est-à-dire retombe, en quelque sorte, à l'état de patois. Alors, se combinant avec d'autres patois, il concourt à la formation d'une langue nouvelle. (Il ne se perd ici bas ni un atome du monde matériel, ni un atome du monde intellectuel).

heureusement impossible de relever, quoi qu'on fasse (4), mais qui^ à raison môme de son épouvantable affaissement, n*a que plus de droits aux pleines sympathies des races non déchues encore (elles aussi décherront un jour], cette race offre à la fois un miroir trop fidèle de l'avenir et du passé. Elle occupa le haut bout de la civilisation; sa langue sans doute fut admirée ; aujourd'hui cette langue est défigurée, et ceux qui la parlaient relégués dans la classe des brutes {%). Le fond de cette langue, aujourd'hui, n'est ni couschite, ni sémitique, ni arien, ni tarf-are ; car il est tout cela.

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