‹ Les œuvres poétiques en patois percheron de Pierre Genty, maréchal-ferrantChapitre 4 sur 44 · Chapitre III. — D'une classificatùm des langues · texte numérisé non relu

Chapitre III. — D'une classificatùm des langues

D'après ce qui vient d'être dit, il semblerait qu'une classification des langues fût chose facile et qu'il n'y eût qu'à les répartir en trois classes : 4» langues où le substantif est suivi de l'article; S» langues où il est précédé de l'article; 3» langues où il rCa pas d'article, ni avant ni après lui.

Au début , il est hautement probable que les langues ne possédaient pas l'article; peut-être même n'eurent-elles pas tout d'abord le pronom démonstratif, point de départ de l'article. L'analogie seule, — mirage souvent trompeur, disait Bacon, — est notre guide dans une telle question. Les langues primitives ont disparu, sans laisser de monuments. On a, dans le chapitre précédent, essayé de s'en passer et l'on a demandé à Tanalogie tous les secours qu'elle pouvait fournir, — secours très -insuffisants. La question demeure donc pendante.

Est-ce à dire que les langues, actuellement parlées, ou dont il reste des monuments, puissent se répartir en deux classes? Cette simplification serait désirable, mais elle ne peut avoir lieu. Si, en effet, parmi les langues connues, il n'en est pas où l'article soit absolument absent, il y en a où cet article est, pour ainsi dire, à l'état latent. On le devine,

on le sent; on ne le voit ni ne le touche; il est à la fois imperceptible et insaisissable. Ici, l'article est représenté par une lettre; là, par une transposition de syllabes; ailleurs, par la soustraction d'une voyelle ou d'une consonne; ailleurs, par l'addition au mot-racine d'une particule dont le sens n'est pas certain, etc., etc. Ce sont autant de faits révélant le travail immense qui s'est opéré dans les langues (et ce spectacle a parfois tout le grandiose d'une belle scène alpestre), mais ils enveloppent les questions d'une obscurité souvent Insondable. Chère lie pour le poëte, diète pour le grammairien.

Cependant, pour ne pas nous-môme ajouter à l'obscurité de la situation, nous établirons de suite quelques grandes divisions, sauf à indiquer, chemin faisant, les exceptions qui empêcheront telle langue de rentrer complètement dans la catégorie où on l'aura placée.

g 1 . Langues où le substantif ne parait ni suivi ni précédé de Varticle, — Le malais semble remplir les conditions voulues par cet intitulé. Le malais n'a pas de cas; le rapport d'un objet avec un autre s'y exprime à l'aide de prépositions simples. Dans une phrase, ce rapport est indiqué le plus souvent par la position des mots.

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