DÉCLINAISON MALAISE
SINGULIER. PLURIEX.
Nom. Radja, roi. Radja-^adja y roi-roi.
Gén. Radja pounia, roi de. Radja^adja pounia, roi-roi de.
Pat, Kapada radja, à roi. Etc., etc.
Ace. Àkanradja, (le) roi.
Voc. Yû oa kei radja, à roi.
Abl. Jkiri pada radja, de de roi.
Tantôt, comme on voit, la préposition précède, et tantôt suit le substantif; mais Tarticle parait manquer. Cependant, n'est-il pas possible que les Malais , perdant de vue la corn* plexité de leurs substantifs, aient considéré l'article joint au substantif comme ne faisant qu'un avec lui, et que dès lors ils n'aient pas cru devoir tenir compte du premier? Dans le mot radja, par exemple, Va final ne serait-il pas un débris d'article, sinon un article entier? Et même la dernière syllabe ja ne serait-elle pas tout cet article (4 ) ?
Quoi qu'il en soit, le malais est la seule langue que nous puissions placer dans cette catégorie, à titre de spécimen. L'esquimau, pourtant, y rentre par certains points; mais, après examen, on a cru devoir le transporter dans la troisième catégorie, quoiqu'il n'y rentre encore qu'imparfaitement (S).
g 2. Langues où le substantif est précédé d'une préposition
(1) Le principe, énoncé précédemment, et en vertu duquel : « toute langue qui a le pronom démonstratif a l'article » est-il en défaut dans l'espèce? Les pronoms démonstratifs itou, tnt, itaula, inila, ini-djouga, itou-djouga, etc., sont-ils bien difficiles à découvrir dans le mot radja ? Ce mot ne peut-il pas se décomposer ainsi : rct-d-ja (ra, mot-racine; d, préposition abrégée ;ja, article Tenant de ini ou itou-djouga)7
(2) Cet embarras qu'on éprouve dans le classement des langues montre assez combien elles ont de points de contact, et combien il est difficile de distinguer ce qui réellement les différencie.
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(d'une particule quelconque), et suivi d*un article, ^- et vice versa, — En léle de cette catégorie, on placera le Chinois vulgaire ou Kouan-hoa, Ce n'est pas qu'il remplisse toutes les conditions du programme. Par exemple, est-ce un article qui, dans sa déclinaison, précède le substantif? Est-ce une préposition ? Est-ce un article aussi qui suit le substantif, ou bien est-ce une préposition? U serait téméraire d'affirmer l'un, il ne le serait pas moins d'affirmer l'autre. Ici, l'étude du pronom démonstratif chinois (tche-ho, celui-ci; na-ko, celui-là), n'élucide rien. Entre ces pronoms et les particules casuelles ti, ki, pa, pi (4), le rapport, s'il existe, est certainement imperceptible (S). — Cependant, le chinois a dû être placé en ce lieu, parce qu'on voit, dans cette langue, que l'article a été créé après le pronom démonstratif (celui-ci existe dans le chinois, et celui-là pas encore), et que, d'un autre côté, le chinois est comme une transition entre les langues antérieures, aujourd'hui perdues, et quelques-unes des langues dont on va parler.
20 Le Persan se rapproche du chinois par son ablatif où la particule az précède le substantif (3) ; mais il s'en éloigne et
(I) Pi, ki sont des prépositions. Mais pa et ti?
(S) Néanmoins, comme il s'agit ici d'ane langue faite pour et par le peuple, il est douteux que les parUcules n'aient pas eu primitivement une signification 4/éiiera/em0nl admise, et, par conséquent, basée sur quelque pronom ou quelque autre partie du discours, bien connue de tous (Les Chinois ne sont pas, ii nous semble, une nation aussi excentrique qu'on se platt à le répéter). — Nous demandons humblement à nos savants sinologues, MM. Julien et Basin, la permission de leur soumettre cet intéressant problème.
(3) Cette particule az est F un des pronoms démonstratifs du hongrois et se
se rapproche du sanscrit par ses désinences casuelles, qu'il emprunte aux pronoms démonstratifs (persans) in, celui-ci, et dn, celui-là.
DECUNAISON PERSANE.
SINGDUER.
PLORIEL.
Nom.
Gui,
rose.
Gul-hâ, roses-ies.
Gén.
Gui,
rose (de).
Gul'hâ, roses (de) les.
Dat.
Gul-ra,
rose (à) la.
Gul-hâ-ra, roses les à.
Ace.
Gttl-ra,
rose la.
Gul^hâ-ra, roses les (à ?)
Voc.
ai Gui,
ô rose.
aï Gul'hâ, 6 roses-les.
Abl.
az Gui,
de rose.
as Gul-kâ, de roses-ies.
Voici, maintenant, les pronoms démonstratifs persans.
Sing. Nom. [a) in; Oh\. {a) inrà; — Piur. Nom (a) inàn ou (a) (nhà; Obi. (a) inanra ou (a) (nhârâ,
Sing. Nom. an; Obi. ân-râ. — Plur. Nom. ânân ou ânhâ; Obi. dnân-râ ou ànhâ-râ.
Il est aisé de voir que les désinences des substantifs persans sont ces pronoms mêmes, et doivent être dès lors considérés comme de vrais articles.
30 U Arménien. — Hormis son nominatif (cas direct ou primitif), ses cas indirects ou obliques, au nombre de neuf, se forment, ici par Taddition de quelques lettres après le nominatif, là par l'emploi d'un article qu'on place avant le no-
place, en cette langue, devant tous les substantifs, à tous leurs cas, au singulier coinme au pluriel, avec les mots durs comme avec les mots doux.
mioatif, ailleurs par les deux moyens simultanément. L'article ne varie ni au singulier ni au pluriel; c'est une particule analogue à celles du chinois et du hongrois.
4<> le Hongrois. — Un seul article : az, le, la, les. C'est aussi le pronom démonstratif az, ce. — Ce pronom démonstratif az et Tautre pronom, em$z, ceci, constituent, — pour ainsi dire, en se démembrant, — les divers cas des substantifs.
Ainsi :
SINGOUER. PLURIEL.
Nom. Àx ora, Phorloge. Àx oraky les horioges.
Géo. Àxora-nak, rhorloge(de)la. Àxorak'nak, les horloges (de) les Dat. Àxora'nak(^)y — Àxorak-nak, —
Ace. Âx ortt-ty Vhoiloge {sutJ), Ax orak-at, les horloges (sur?). Abl. Àx orth-tol, rhorioge(de]la. Àxorak'tolj les horloges (de) les
Voir la déclinaison du pronom az :
SIN6UUER.
PLURIEL
Nonp.
ÀX, ce.
Àxok,
ces.
Gén.
Ànnak, ce de.
ces de.
Dat
Ànnak, —
Àxoknakj
Ace.
Àxt, ce (sur?).
Àxokaty
ces (sur?)
Abl.
Àttoly ce de.
Àxoktol,
ces de.
On emploie les désinences du pronom emez pour la décli-
(1) En persan, le datif et l'accusatif sont semblables; en hongrois, c^est le génitif et le datif. — Toos les o doiTent porter un accent aigu, dans ora, ainsi que les a, sauf an nominatif singulier. L'o de la terminaison toi de l'ablatif pluriel, en doit aussi recoToir un.
naison des mots doux, et les terminaisons nak et at sont, par suite, transformés en nek et et.
Ainsi, en hongrois comme en persan, etc., le pronom démonstratif est surpris en flagrant délit d'immixtion dans les fonctions de l'article.... Mais n'est-ce point un reproche qu'il pourrait plus justement faire à celui-ci? L'article, en effet, n'est autre chose qu'un usurpateur ; s'il s'appuie sur le droit populaire, l'autre a pour base le droit divin. Lequel des deux compétiteurs demeurera finalement maître de la place?... Ni l'un ni l'autre peut-être. Depuis des siècles, ils vivent côte-àcôte, non sans froissements à la vérité, mais sans grand dommage pour eux ni pour autrui. Qu'ils persévèrent ! Que mettrait-on à leur place? (<).
50 le Valaque. — On sera surpris de rencontrer le valaque (langue latine] dans cette catégorie. Il est de fait qu'il n'y rentre guère que par sa préposition pré-nominale, préposition séparée de Particle par le substantif, ce qui n'a pas lieu dans les autres langues latines. — La position occupée par la préposition, en valaque, soulève une question délicate : le valaque n'aurait-il pas subi, dans sa déclinaison, quelque influence
(4) ÂYani de quitter le paragraphe relatif à la langue hongroise, on doit dire qu'entre cette langue, celle des Lapons et celle des Esquimaux, il y a de nombreux rapports La langue hongroise semble être la langue des Esquimaux perfectionnée. Aussi ne doit- on pas mettre en doute que les Hongrois soient originaires du nord de l'Asie — La parenté des Hongrois avec les Chinois serait plus difficile à établir, mais non impossible. Les Chinois ont en aussi leurs migratious; les Othomi du Mexique parlent une langue analogue, remarquable par son monosyllabisme, ses flexions paW^e«, etc.
hongroise? Ou bien serait-ce Tindice d'un retour spontané du valaque vers la langue anté-îatine dont il serait descendu parallèlement au latin, son auteur direct apparent ? Il en est des langues comme des hommes. Â un moment donné, elles remontent vers leur source, se décomposent, se recomposent, et redeviennent plus ou moins jeunes. L'homme de 45 ans qui tombe malade, reprend toujours, avec la santé recouvrée, quelques-tms des goûts de sa première jeunesse ; an contraire, il en perd quelques-uns de son âge mûr.
6« Le Wolof. — Cette langue africaine compte autant de déclinaisons que d'articles ; elle en a sept. Us suivent le substantif et sont formés, comme dans la grande majorité des langues, (sinon dans toutes) , par les pronoms démonstratifs.
DÉCLINAISON VS^OLOFE.