IV. — LE COMPTOIR GÉNÉRAL DU LOGEMENT ÉCONOMIQUE
Le Comptoir général du Logement économique a été fondé le 26 décembre 1919, au capital de 500 000 francs pour aider, au point de vue de la construction, l'action de
1, Voir tableau des prêts effectués par la Caisse foncière de crédit.
la Caisse foncière de Crédit pour l'amélioration du Logement dans l'industrie.
La Caisse foncière de Crédit fournit les fonds, le Comptoir du Logement contribue à leur faire donner l'utilisation la meilleure possible pour ceux-là seuls des emprunteurs, qui désirent s'adresser à lui. Aucun lien n'existe entre la Caisse foncière et le Comptoir.
Le Conseil d'Administration du Comptoir est composé d'industriels particulièrement qualifiés.
Le Comptoir avait pour objet lors de sa fondation :
1^ d'obtenir la stabilisation du cours des matériaux;
2° d'obtenir des délais de livraison minima;
3^ d'obtenir les matériaux aux prix de revient les plus bas;
En ce qui concerne le premier point, en effet, le Comptoir a vu le jour à l'époque la plus agitée de la vie commerciale et industrielle du pays. A cette époque et pour une foule de raisons qu'il est inutile de rappeler ici le prix des produits industriels n'avait cessé de monter dans des proportions chaque jour plus grandes.
A l'immensité des besoins engendrés par les ravages de la guerre ne répondait qu'une production insuffisante.
La fatigue morale et physique, la nervosité collective, le passage des fabrications de guerre aux fabrications normales de la paix, la dépréciation rapide de la monnaie, la rareté des matières premières indispensables telles que le charbon, tout concourait à aggraver la crise économique et à imprimer à la hausse sur tous les produits des allures désordonnées. La construction des logements, elle aussi, quoique des plus urgentes, se heurtait à des difficultés rebutantes.
A deux mois, un mois, quinze jours même d'intervalle, les cours des matériaux avaient changé. Aucune commande n'étant enregistrée à des prix fermes et les matériaux étaient
LES ŒUVRES SOCIALES
facturés à la livraison avec 50 p. 100 d'écart et plus sur les prix originaires prévus à la commande.
En ce qui concerne les délais de livraison, aucun engagement non plus n'était pris par les fabricants ou commerçants. Les exemples abondent de commandes de matériaux dont la livraison n'était acceptée par les fournisseurs que pour des délais minimum de six mois et un an.
Dès le début de l'année 1920, le Comptoir se mit à l'œuvre. Il établit sur les données pratiques résultant d'une enquête minutieuse, les types standardisés qu'il convenait de faire fabriquer. Il ouvrit ensuite une consultation parmi les différents fabricants français, placés à la tête du marché, chacun dans leur spécialité, et en retint un certain nombre offrant les plus solides garanties industrielles et morales. A ceux-ci, qui avaient consenti à organiser une fabrication spéciale à des prix suffisamment réduits, le Comptoir fit des ouvertures de crédit, pour leur permettre l'achat de matières premières par très grosses quantités. Il passa des marchés importants destinés à assurer une fabrication régulière et continue.
Le Comptoir, par son système de groupement de commandes et d'achats rationnels, est arrivé à fournir des matériaux à des prix qui, pour la région parisienne, sont inférieurs d'environ 10 p. 100 aux prix normaux, mais qui, dans certaines régions de province où la concurrence et la standardisation sont inconnues, arrivent à être bien inférieurs à ceux pratiqués dans la région.
Le Comptoir a ainsi pu participer à l'édification, depuis l'année 1920, de plus de 10 000 logements. Il a fourni plus de 100 000 portes ou croisées pour les logements populaires. Les économies réalisées, grâce à son intervention, par les constructeurs peuvent être évaluées à plusieurs millions.
Depuis 1921, le Comptoir, se réglant sur les nécessités économiques, a modifié la nature de son activité. En effet.
la vie économique a repris quelque équilibre, et la loi de l'offre et de la demande a de nouveau réglé les transactions commerciales.
Le Comptoir a pu, dès lors, réduire à une activité de plus en plus restreinte ses services de vente de matériaux tout en conservant un rouage tout prêt à fonctionner à nouveau à plein rendement si les circonstances le nécessitaient.
Il s'est, par contre, attaqué au problème de la construction économique en faisant l'entreprise générale des cités ouvrières.
Spécialisé depuis plusieurs années dans l'étude des questions du logement populaire, armé d'une documentation précise et abondante, doté d'un outillage très moderne, secondé par un personnel technique excellent, le Comptoir dirige l'entreprise des constructions aux prix les plus bas possibles et en se conformant aux progrès de l'urbanisme.
Il exécute, en outre, tous les travaux généraux des cités qui lui sont confiés : viabilité, canalisation d'égouts, distribution d'eau, de gaz, d'électricité, etc.
Il étudie tous les projets qui lui sont soumis, et la liste des travaux qu'il a traité en qualité d'entrepreneur général (travaux effectués ou en cours) comprenait notamment, à la fin de 1923 :
Pour la Société des Mines de la Grand'- ) Édification d'une cité ouvrière semi- Combe (Gard). ) provisoire de 50 logements.
Pour la Société des Établissements ^
J.-J. Carnaud et Forges de Basse- > Cité ouvrière des Mines de la Brutz. Indre — 37, rue de Surène, Paris. )
f Cité ouvrière de 100 logements à Sous- Pour la Société métallurgique de \ le-Bois, avec voirie, canalisations Senelle-Maubeuge. y d'eau, égouts, installation de gaz,
( etc.
Pour la Société des Établissements ) Cité ouvrière à Velizy avec voirie, Louis Bréguet. ) canalisations, etc.
Pour la Société des Ciments français ^ Cité ouvrière comportant l'application (Usine de Couvrot — Haute-Marne). ^ du procédé du Béton monolithe.
LES ŒUVRES SOCIALES
Pour la Compagnie du Chemin de fer de Paris-Orléans.
Logements ouvriers avec route en montagne pour les travaux du barrage du Chavanon.
Pour rOffice public d'Habitations à bon marché de Seine-et-Oise.
Cité de 55 logements à Versailles.
Enfin, étant donné son origine syndicale, le Comptoir tient à la disposition de tous un service gratuit de renseignements et sa documentation.
On peut donc s'adresser à lui pour toutes indications sur le fonctionnement de la législation sur les habitations à bon marché, les constitutions de sociétés immobilières, les réalisations de programmes industriels de logements, etc.
La collection de plans-types qu'il a constituée est communiquée sur simple demande, et un prix forfaitaire indicatif est établi suivant la région à laquelle sont destinées les constructions.