‹ Les officiers du roiChapitre 8 sur 16 · IU2 LK5 OFFICIKHS DU J'.OI · texte numérisé non relu

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malheur est grand. Vous ignorez les causes...

— Je n'ignore rien , monsieur, dit Montaran.

— Comment! vous connaissez les coupables, # ou le coupable?... demanda Prier, le regard toujours fixé au foyer.

- — Je le soupçonne , je le devine presque depuis quelque temps , répondit le capitaine.

— Ah ! vraiment , dit Prior en se levant et marchant dans le salon, vous avez un calme héroïque; vous parlez de cette perte immense , de ce malheur irréparable comme d'un petit accident...

— C'est que je méprise l'argent, dit le capitaine, je méprise la plupart de ceux qui en ont et ceux qui n'en ayant pas, le regardent comme l'unique but|de la vie. Quant à ceux qui le volent...

— Eh bien ! monsieur? dit Prior en se promenant toujours.

— Eh bien ! monsieur, quand je les rencontre je leur crache au visage.

M. Prior, qui se trouvait' en ce moment en face du capitaine Montaran , faillit recevoir en plein

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visage le plus sanglant outrage qui puisse atteindre un homme. Immobile, pétrifié, il croyait être sous la puissance d'un rêve. Mais en voyant les mains du capitaine armées de deux pistolets, il s'éveilla. 1! allait crier, appeler du secours; Montaran marcha vivement sur lui et le mettant en joue des deux canons :

— Un mot, un seul , dit-il , et vous êtes mort.

Se dirigeant alors vers la porte du salon , le capitaine poussa le crochet dore de cette porte; puis il remit ses pistolets dans ses poches , avança un fauteuil , et, l'indiquant à Prior :

— Mettez-vous là , monsieur, dil-il , en face de moi, afin que je vous raconte votic histoire-, elle vous éclairera sur celle de ma vie... Et du calme, du silence , je vous le répète , ou je fais de vous un homme très sérieux et 1res silencieux.

— M. Prior s'assit mécaniquement, comme si ses arliculations étaient devenues des ressorts. II était pale ; il avait perdu toute l'énergie de son ralactèie, toute raudace de son âme, toute l;i lu-

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