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LA HUPPE

(UPUPA EPOPS)

Ordre des Ténuirostres. Famille des üpupidés. Genre Huppe. - Longueur : 2o,3 centimètres. La huppe a tout le hau P

d’un blond vineux, plus roux à la tête et à la huppe, l’œil est brun foncé, les ailes et la queue d’un beau nom, tache de blanc moire. Elle n a qu’une nichée en mai de quatre à six œufs allongés, variant entre le blanc verdâtre, tous les gris et le brun. La huppe n est pas raie

Europe. On la rencontre aussi en Asie et en Afrique.

OM juste et parlant ! La huppe est le plus huppé des oiseaux. Et cependant il ne faut pas croire qu’elle ait été ainsi baptisée à cause de l’ornement qu’elle porte sur la tête. Son nom, comme celui du coucou, vient de son cri: hup ! hup ! hup ! hup ! — Upupa, disaient les Latins. — Et de l’oiseau ce nom a été transporté à la riche aigrette qui lui tient lieu de couronne. Ce n’est donc pas un nom commun devenu un nom propre, mais un nom propre devenu un nom commun, et ce nom propre, lui-même, n’est autre chose qu’une onomatopée, l’imitation d’un cri. C’est ainsi que , par une association d'idées tout à fait naturelle, un mot s’éloigne de son origine, et en quelques pas fait un long-

chemin.

Pour donner à cet oiseau le grand air qui le distingue, la nature n’a pas eu besoin d’assembler sur son plumage les couleurs étincelantes quelle a prodiguées aux perruches et à tant d’espèces du Midi. Elle n est point soi ie ( e la gamme qui convient à nos climats tempérés ; elle semble même avoir mis à s’y renfermer un soin particulier, comme pour démontrer par un exemple éclatant combien aux vrais artistes il faut peu de ressources pour produire de grands effets. Il n’y a pas le moindre fil d’or, d’azur ni de pourpre dans le tissu dont elle a fait sa îo't, le blanc est la seule couleur vive qui y brille par places, encore y est-il répandu avec parcimonie Elle a compose une toilette de princesse avec une palette sur laquelle elle n a voulu biom que delencie ie n . sépia. Une mantille claire, d’un gris fauve, tombe sur les épaules. Les ailes, séparées pai une tache ce nei*t, soi marbrées de noir et de blanc. Les plumes de la queue, longues et lisses, sont d’un noir brillant re ev . i une ao ie blanche à la naissance. Et ce simple costume, au dessin large et pur, est porté par un grand corps, t ont es formes, sveltes et riches, font ressortir une tête charmante, fière, haute, mobile, digne de porter couionnt. e e tête est d’un grand style : un œil, un bec, une huppe, rien de plus. Le bec est long, presque aussi long que a huppe est haute ; il est effilé, fragile, légèrement recourbé, et moins destiné à blesser un ennemi qu a piquei une proie dans la boue ou dans la poussière; deux yeux brillants et bien ouverts l’accompagnent comme feux ampes pour l’éclairer. La huppe, faite de belles plumes, larges, hautes, d’un roux doré et coquettement teiminees par

une pointe noire et blanche, est le plus souvent rejetée en arrière, mais toujours prête a se ne ussu e a se ce une, r:che aigrette, qui tressaille,

ployer en éventail. La moindre émotion de colere ou d amour se marque par cette

frissonne, s’agite et s’étale ou se replie tour à tour. Les plumes en sont vivantes ; elles ont un langage, comme le geste, comme le regard, et chacune de leurs crépitations trahit un mouvement de l’âme.

Dame huppe est une princesse. En a-t-elle toutes les qualités? On dit que non, ou plutôt, si l’on en croit sa réputation, ce serait une de ces princesses de théâtre meilleures à voir de loin que de près. Elle passe pour un bel oiseau malpropre. La vérité est que les insectes dont elle vit et dont elle fait une grande consommation ne sont pas toujours d’espèce nohle. Il en est qui vivent dans les immondices, et ce long bec a pour fonction principale de de les y piquer délicatement. Il est encore vrai que la huppe est mauvaise ouvrière, et que, soit paresse, soit manque d’art, elle ne sait ni se construire, ni se creuser un nid. Il lui faut des nids tout faits. Elle choisit dans ce but les cavités des troncs. Si le fond, comme il arrive souvent, en est recouvert de terre et de feuilles sèches, elle y dépose ses œufs sans autre formalité. Si les aspérités du bois s’y présentent à nu, elle y transporte quelques débris plus tendres, les premiers qu’elle trouve, et s’y fait ainsi, sans art ni peine, un lit toujours grossier. Tout va bien aussi longtemps qu’il ne s’agit que de couver ; mais lorsque les petits sont éclos, au nombre de quatre, de cinq ou de six, cette cachette profonde, dont ils ne peuvent gravir les parois, ne tarde pas à se transformer en un cloaque. Gela dure quelques jours, après quoi toute la nichée s’envole, et l’air et le soleil ont bientôt fait disparaître jusqu’aux moindres traces des souillures de ce berceau, dont un prodige d’industrie pourrait seul entretenir la propreté. Pauvre princesse, il lui manque des gens de service !

La huppe n’a pas, non plus, l’instinct de la société. Avec qui vivrait-elle ? Il y a trop de différence entre elle et les autres oiseaux pour qu’elle puisse se plaire en leur compagnie, et quant à ses semblables, elle les fuit parce qu’ils lui ressemblent trop. Plutôt que de s’entourer de rivales, elle traîne solitairement sa grandeur. On ne voit jamais les huppes en troupes. Elles voyagent seules, et quand elles nous arrivent, au printemps, elles se fixent par couples sur quelque lisière de bois, à portée des champs et des terres remuées. C’est alors qu’elles font admirer leur plumage. Le mâle a des roucoulements magnifiques. C’est toute une pantomime, faite de salutations et de révérences. Le frémissement des ailes et les tressaillements de cette tête huppée deviennent irrésistibles. La passion est ingénieuse à se créer des langages, et celui-ci n’est pas le moins éloquent. Malheureusement, il est rare qu’on puisse l’observer à loisir, car la huppe est un oiseau timide et qu’un rien met en fuite. Elle n’a pour se défendre que sa seule beauté, et cette arme ne lui inspire pas une entière confiance. Quand elle aperçoit un épervier dans les airs, elle se couche sur le ventre, s’enveloppe de ses ailes, rejette la tête en arrière, et n’en laisse voir que le bec, ouvert contre l’agresseur. Dans cette posture, elle est méconnaissable, et c’est ce qui la sauve le plus souvent de son farouche ennemi. Quand elle voit un homme, elle s’enfuit et se cache dans l’épaisseur des bois. Si toutefois on réussit à la prendre, et si on la soigne avec intelligence, elle se laisse gagner le cœur et s’apprivoise. Elle reste craintive néanmoins, et ne se rend qu’à la bonté. Chaque visage nouveau l’inquiète ; mais elle a mille grâces charmantes pour témoigner sa reconnaissance à la main qui la nourrit. Ainsi réduite en esclavage, la huppe est encore une princesse ; le maître paraît le serviteur, et elle paye en faveurs, en familiarités précieuses, les services qui lui sont rendus.

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