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LE MARTINET NOIR

(GYPSELUS MURARIUS)

eentimèt deSTInsedivores- Camille des Cypsélidés. Genre Martinet. — Longueur : de 16,5 à 18,5 centimètres; envergure : 40,5 à 41,5

allongés T’" °Ut eri,'ei d LU1 no*1 c^e v*e*^e so'e fanée, sauf la gorge qui est blanche. La ponte annuelle est de deux ou trois œufs blancs, très

j pnnfL , lnr;u])aüon dure 16 à 17 jours. Le martinet noir habite l’ancien monde, depuis le cap de Bonne-Espérance à la mer Blanche, et depuis 1 Irlande au lac Baïkal.

UÜS n avez qu un défaut, aimables hirondelles : vous êtes trop confiantes. \ous craignez le faucon. Et l’homme, pourquoi ne le craignez-vous pas? Parce que vous êtes bonnes, vous pensez que la bonté règne dans le monde. Si 1 homme avait des ailes, il n’aurait pas cette illusion.

^ °**re seu' m°tif pour adosser vos nids à nos demeures, c’est qu'ils sont maçonnés, de même que nos murailles. Le mortier s’appuie au mortier. C’est un avantage ; mais à quel prix le payez-vous ?

J ai connu de 1 autre côté des monts, sur les versants italiens des Alpes, un curé, brave homme, excellent chrétien, replet, jovial, à double et triple menton. En voyant son vaste presbytère et ce grand développement d’avanttoits, les hirondelles s’étaient dit : « Voici notre affaire ! » Peut-être la bonne mine du vénérable doyen les avait-elle engagées plus encore à se mettre sous sa protection. Or, savez-vous ce qu’avait fait maître curé? Il avait pratiqué des eitures, habilement dissimulées, correspondant à chaque nid, et, pendant la saison, il faisait deux tournées jl Aid i en nés, guettant 1 absence des parents, pour aller tâter de la main les petits. Quand ils étaient à point,

'eillc du jour où la jeune famille aurait pris son essor, il empochait la nichée, et c’était la délicatesse de son repas du soir.

faut diie, à la louange de l’humanité, qu’il y a des peuples entiers qui frémiraient d’horreur à l’ouïe de ce simple î écit, mais il y a d autres peuples également unanimes à louer et à imiter l’industrie du bon curé. Etranges contiastes de la conscience humaine! Ce qui révolte l’homme du Nord fait les délices de l’homme du Midi. Comment donc faut-il s’y prendre pour faire entrer dans la religion de tous quelque chose de cette pitié que l’art et la nature, a défaut du christianisme, devraient suffire à inspirer?

La moins imprudente des hirondelles est le martinet ou la grande hirondelle d’église; mais ce n’est point par défiance qu elle est plus sage, c’est par une simple nécessité naturelle.

Plus hirondelle encore que les autres hirondelles, ainsi parle Ruffon, elle n’a, pour ainsi dire, plus de pied. Le

peu qu’elle en a se dérobe parmi les plumes. En revanche, elle a l’aile très grande, sj grande qu’elle souffre des mêmes embarras que la frégate. Quand elle est posée sur un sol plat, elle ne peut plus prendre sa volée. Il lui faut un perchoir pour se laisser couler dans les airs. Si elle n’en avait point, si la terre était unie comme un parquet ciré, le plus rapide des oiseaux — c’est encore Buffon qui le remarque — ne serait qu’un reptile, et le plus triste des reptiles, un reptile inhabile à ramper.

L’excès de cette infirmité glorieuse a une autre conséquence : le martinet est incapable de ramasser à terre les matériaux dont il aurait besoin pour faire son nid, tels que la terre elle-même pour le maçonner et 1 edredon pmir le matelasser. Il se tire de cette difficulté en faisant élection de domicile dans quelque nid déjà tout maçonné, c’est-à-dire dans un trou de mur, et en meublant sa couche pierreuse de tous les débris pailles, crins

et chiffons — qu’il peut saisir au passage dans les nids des moineaux.

Il lui faut donc des trous et des trous élevés, et c’est ce qui détermine sa préférence pour les vieilles tours et

les clochers gothiques. A ces hauteurs, les curés eux-mêmes 11e vont pas le cherchai.

Chacun se rappelle la réponse de Bernardin de Saint-Pierre, qui regardait les hirondelles pendant que son nère voulait lui faire admirer les flèches de la cathédrale de Rouen : « Bon Dieu! qu’elles volent haut! » Cette exclamation d’un enfant résume ce qu’on peut dire du martinet. Le vol est son existence naturelle. A part le repos de la nuit et de courtes visites au trou qui leur tient lieu de nid, à paît 1 épreuve de la cornée, les martinets ne font que voler. Ils volent dès l’aube, ils volent tout le jour, ils volent longtemps encore après le coucher du soleil, lorsque partout dans la campagne se sont retirés les oiseaux . ils volent toujours. Souvent ils volent pour chasser. Comme les autres hirondelles, ils détruisent une multitude d’insectes. Ils n’apportent à mano-er à leurs petits qu’à de longs intervalles, mais chaque fois une pleine becquée, tout un repas. Ils s’épargnent ainsi la peine d’entrer souvent au nid, et surtout - car c’est le difficile - de s’y tourner laborieusement pour en ressortir. Ce sont autant de moments qu’ils dérobent à la vie de reptile à laquelle les condamne la natuic quand ils ne reposent pas sur les ondes aériennes. Ils ne cessent de voler pour chasser qu afin de voler pour jouer. Oh! le noble jeu! Offrir au vent une large poitrine, à laquelle jamais le souffle n’a fait défaut: se laisser bercer dans l’espace ou battre l’air à coups redoublés; se donner l’ivresse du mouvement; monter, descendre, décrire des courbes dans les solitudes du haut azur, et tout cela sans vertige, sans effort, comme on marche, comme on respire!... Eh quoi! ne nous sera-t-il jamais donné de connaître cette volupté! Des ailes, des ailes! disait le poète. C’est le cri de l’humanité. De toutes les servitudes, celle de la pesanteur est la plus dure. En vain

la pensée v échappe. Ce n’est point assez de se figurer qu’on vole; au lieu d être une satisfaction, c est un

* 1 ‘ , ... TT„ . „11Q 0: fa vpin- lui était accordée, il s’en lasserait, comme

aiguillon pour le désir. Hélas! l liomme est ainsi fait que si cette laveur lui 5 >

<lrâ autres 11 épuiserait cette joie, comme il épuise toutes celles que la bonté du ciel fl mises à sa portée;

néanmoins, il ne se résigne pas à cette coupe refusée » ses lèvres. Voir l'espace et n’en point jouir, est-ce bien

être le roi de la création?... Des ailes, des ailes!

D. I.EIIET, É fl I T E i: ri

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