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LE CHAT-HUANT

(ULULA ALUCO)

Ordre de. Rapace, noelurne,. Famille de. S, rigide,. Genre Hulotte. - Longueur : 39,5 centimètres; c,ir,e,tre—

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l’Europe tempérée.

OICI les nocturnes : le chat-luiant, l’effraie, le hibou.

11 en est d’aussi petits que le merle, il en est qui atteignent presque a la taille de l’aigle; mais tous, petits ou grands, vivent de chair et de sang. Quelques-uns, d’entre les plus faibles, se nourrissent principalement de gros insectes. La plupart font la chasse aux souris, aux mulots, aux orvets, aux serpents, aux levrauts et même aux petits oiseaux. S’ils ne s’attaquent ni a nos poules ni à nos pigeons, c’est qu’ils n’en ont pas l’occasion, pigeonniers et basses-cours étant fermés à l’heure tardive où la nécessité les contraint de renvoyer leurs expéditions. La plupart de leurs méfaits ne sont point préjudiciables à l’homme. Les petits oiseaux qu’ils détruisent comptent a peine en regard des mulots et des souris qu’ils exterminent par milliers. Aussi, malgré l’espèce d’effroi qu’inspire leur figure étrange, a-t-on depuis

longtemps reconnu l’utilité de ces rapaces. Pour la plupart d’entre eux, elle

n’est ni contestable, ni contestée. Ils n’en sont pas moins rapaces. L’instinct du carnassier existe chez toutes les espèces de la famille et se trahit, chez les plus grandes, par de bizarres méprises : on a tu des grands eues s’abattre, comme l’aigle, sur des agneaux, même sur de gros moutons, et s’embarrasser dans la toison laineuse jusqu’à se faire prendre rivants sur le dos de leur trop pesante victime. Tous aussi rejettent, sous tonne < e

Belotes, les parties impropres à la digestion.

Ce sont donc des oiseaux de proie, mais des oiseaux de proie qui ont l’aile courte et lourde, le vol bas et lent.

Jamais chouette ni hibou ne prendrait au vol le moindre moineau.

ce sont des oiseaux de proie, mais qui ont une iniirmité de la vue : ils l’ont trop sensible; ils ne supportent pas cette lumière du soleil que l’aigle affronte de son œil sans paupière. C’est pourquoi ils passent la journée dans quelque cachette obscure, propice aux longues somnolences. La vie ne commence pour eux qu a 1 heure du crépuscule, lorsque l’astre trop brillant n’a plus, pour notre monde, que (les clartés incertaines.

Comment, avec cette double infirmité, peuvent-ils remplir leur destination ? La nature y a pourvu en renonçant pour eux à cette chasse grandiose qui est celle du faucon, pour rentrer dans les conditions de la chasse vu ga.re,

propre à tous les rôdeurs, tant de jour que de nuit. Ne pouvant avoir l’aile foudroyante, ils ont reçu une aile silencieuse. Dans la plus grande immobilité de la nature, quand tout s’entend, ils volent sans être entendus. Ils se posent sans plus de bruit, et surprennent les donneurs au nid ou au gîte.

Faut-il les plaindre ? Je ne sais. Cette chasse furtive est de beaucoup la plus profitable. Le chat-huant s’engraisse pendant que la crécerelle crie famine et que la buse mélancolique considère son gésier toujours plat. Tous ces nocturnes ont l’air bien nourris. Cela peut tenir en partie à leur plumage, une sorte de duvet, léger et boursouflé, qui arrondit les formes ; mais cela tient aussi à une abondance réelle et aux douces somnolences d’une digestion bien faite. Ils mènent une vie de moines désœuvrés, dormant le jour dans leurs cellules et faisant le soir bombance au réfectoire. Ils seraient complètement heureux si le monde consentait à les oublier, comme ils paraissent l’oublier eux-mêmes pendant les délices du farniente. Mais les petits oiseaux ont de la mémoire; ils se rappellent leurs frères enlevés, et si le hasard leur fait découvrir le trou de la chouette, ils s’appellent les uns les autres, et viennent la harceler de leurs cris et de leur bec. La vue de cette face plate, de cet œil rond, de ce bec crochu soulève des tempêtes parmi les tribus emplumées. La pauvre victime proteste par des grimaces, des haussements d’épaule, des torsions de tête, des roulements d’yeux et des mouvements si gauches qu’ils achèvent d’enhardir et d’exaspérer la meute impitoyable. Les plus petits sont les plus ardents, à moins que le soir n’approche et que le rapace ne commence à s’éveiller. Alors diminue l’audace des insulteurs, et la cohue se dissipe peu à peu. On voit par là que les petits oiseaux des bois sont très bien renseignés sur les mœurs de ce gros oiseau, qu'ils harcellent tant qu'il est engourdi et qu’ils respectent dès qu’il devient dangereux. En faut-il conclure que le souvenir de ses déprédations soit le seul motif de leurs huées vengeresses? Il y est pour beaucoup, sans nul doute, mais peut-être s’y ajoute-t-il une répulsion instinctive qui tient à la figure du monstre. L’oiseau de nuit n’est pas fait comme les autres. Est-il bien possible d’avoir ces veux et ce bec? Quel mystère se cache sous cette face écrasée? Et que signifie cette prétention de n’y pas voir quand évidemment il fait jour, et cette audace d’y voir quand il fait nuit pour tout le monde ? Il ne se conduit pas comme le grand nombre; il faut donc qu’il ne pense pas non plus comme le grand nombre; peut-être a-t-il sa politique, sa morale, sa religion,... une religion qui condamne celle d’autrui. Ilaro! haro! Ces choses-là ne furent jamais permises. Il n’y a, aux yeux de la foule, qu’un crime irrémissible : c’est de ne pas lui ressembler.

I). LE LtE T, ÉDITE UH

LA HULOTTE (Chat-Huant)

1 il H. LALOl'X ET GU1LLOT

P. ROBERT PINX

UTH. PAR THUR'/VANCER.

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