‹ Les oiseaux dans les harmonies de la natureChapitre 51 sur 54 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Généralités.

g 1. — QUELQUES OBJECTIONS FAITES AU SUJET DE l’utilité des OISEAUX.

De l’étude que nous avons faite résultent les conclusions suivantes :

Nous devons, par les moyens qui sont à notre disposition, favoriser la multiplication des oiseaux de telle sorte : 1” que tous les bienfaits de l’élimination, et par cela même de la production, nous soient assurés; 2° et que partout et toujours les mystérieux enseignements de la nature puissent se refléter dans la grâce, la beauté et le chant de ces êtres merveilleux.

Il ne faut considérer comme gibier que le plus petit nombre des oiseaux.

Quelques espèces seulement doivent être surveillées et traitées comme nuisibles.

Ce sont là autant de vérités qui nous semblent incontestables.

Et cependant elles sont quelquefois contestées.

Nous croyons avoir fourni soit implicitement, soit explicitement, dans ce présent ouvrage et dans d’autres , la réfutation des objections dont elles sont l’objet; nous voulons seulement ajouter ici quelques mots.

LES OISEA.UX

Que des gourmets entraînés par leur estomac aient soutenu que les oiseaux sont avant tout un gibier ; que, pour satisfaire leur petite passion de bouche, ils soient allés jusqu’à vouloir le faire considérer et traiter comme indifférent et même nuisible à l’agriculture; que pendant des élections, un candidat ait voulu capter le vote d’un électeur, en lui promettant de combattre certaines restrictions du droit de chasse, tout cela s’est vu trèssouvent.

Cependant des hommes honorables, consciencieux et savants ont aussi contesté l’importance des oiseaux : il est vrai qu'ils sont très-peu nombreux.

Or, après mes recherches et mes observations personnelles, je me demande comment ils se sont fait cette opinion et je raisonne ainsi :

Nous avons vu, pages 60 et 61, que, dans notre vallée de la Marne, les éliminateurs donnent lieu à environ 20,000 éliminations distinctes et que chacune de nos 287 espèces d’oiseaux a reçu dans ses attributions la mission de surveiller et de régulariser l’élimination dans des circonstances trèsnombreuses, quoique bien déterminées. De plus, la plupart vont en hiver porter leurs services dans le Midi. Plusieurs dépassent même l’équateur.

Or, quel homme serait assez savant dans toutes les sciences naturelles et particulièrement en entomologie, en ornithologie et en agriculture, et assez renseigné, pour dire quel a été seulement dans notre département pendant une année et à chaque heure du temps , le travail de chaque espèce et des milliards d’individus par lesquels elle est représentée, comme aussi quelle a été la nature de ses

travaux et quelles en ont été toutes les conséquences immédiates et médiates ?

Pas plus, et moins que d’autres, nous avons la prétention de savoir et d’enseigner tous ces détails; mais notre théorie de l’élimination montre que tous les éliminateurs, et surtout les oiseaux, sont utiles ou très-utiles; que, si parfois, mais naturellement, c’est-à-dire en dehors de l’action dePhomme, ils deviennent nuisibles, parce qu’ils sont surabondants ou que la matière à éliminer est trop rare, l’équilibre se rétablit bientôt.

Les faits particuliers que l’on a observés, la détermination exacte que l’on a déjà faite de quelques espèces, confirment ce principe et je suis persuadé que plus la science fera de progrès, plus cette confirmation s’affirmera. Les objections ne seront qu’un bien^ en ce sens qu’elles provoqueront de plus savantes réfutations et aussi un progrès plus accentué.

C’est ainsi qu’une brochure d’un entomologiste, M. Perris, vient de donner lieu au rapport suivant :

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