SES
Habitat. Les deux côtés du nord de l'Atlantique nichant au Canada seulement sur le Bird Rock au large des îles de la Madeleine et sur l'île Bonaventure, comté de Gaspé (Québec), deux endroits situés dans le golfe du St-Laurent.
Le fou de Bassan avait autrefois un habitat beaucoup plus étendu ct plus ordinaire qu'aujourd'hui: il nichait sur plusieurs flots rocheux des deux rives du nord de l'Atlantique. N'ayant que peu de valeur comme aliment ou autrement, sauf dans les plus pauvres populations, il a été refoulé d'une station de couvaison à l’autre, si bien que dans le nouveau monde il ne reste que deux de ces stations et, à moins que des mesures ne soient bientôt prises, celles-là aussi auront le sort des autres.
Valeur économique. —Bien que les fous de Bassan aient été accusés de faire beaucoup de tort aux pêcheries, leurs dégâts ont été fort exagérés. La majeure partie de la vie des fous de Bassan se passe sur la haute mer ou tout près. Quand ils viennent sur le rivage pour nicher, ils ne peuvent faire que peu d'impression sur les immenses bancs de harengs et d’autres poissons qu’ils poursuivent.
FAMILLE—PHALACROCORACIDÆ. CORMORANS,
Description générale. Grands oiseaux de coloration noire ou très foncée, avec un bec se terminant par un véritable crochet, et avec une petite poche à la gorge ou au gosier,
Traits distinctifs. Bec et petite poche au gosier.
Indications sur le terrain. En vie les cormorans ressemblent un peu aux plongeons mais l'action de leurs ailes est assez carsctéristique et peut être plus facilement reconnue que décrite. Quand il vole le cormoran porte son cou tendu et ses pieds cachés sous la longue queue, au lieu de les traîner derrière comme fait le plongeon. Sur l'eau on le reconnaît facilement à sa queue très visible et de coloration uniforme.
C’est une famille cosmopolite dont deux espèces seules se trouvent dans l’est du Canada.
119. Le Cormoran ordinaire. (COMMON CORMORANT). Rhalacrocorax carbo. L, 36. Voir la description de la famille, précédemment donnée.
Traits distinctifs. Si la description de la famille est présente à l'esprit, cette espèce peut facilement être distinguée de toutes les autres sauf de la suivante. L'individu adulte de cette espèce a un jet de blanc à la base de la poche du gosier et un autre sur le côté. Quant au reste du plumage sa taille plus grande et quatorze au lieu de douze plumes de la queue sont une indication très claire, L'absence d'aigrette même chez l'adulte n'est pas un témoignage auquel on puisse se fier pour la détermination de l'espèce (voir l'espèce suivante).
Indications sur le terrcin. À moins que la taille ou les marques blanches ne soient très visibles ii est À peine possible de distinguer les deux cormorans à l’état vivant.
Nid. Semblable à celui de l'espèce suivante.
Habitat. Dans l'hémisphère nord des trois continents. Au Canada, il est étroitement limité à la côte de l'Est et n’est aperçu que rarement à l'intérieur.
Lors même qu’on l'appelle «ordinaire» ce cormoran est le plus rare des cormorans dans l’est du Canada. L'espèce se rencontre sur la côte européenne et y fut appelé ordinaire à cause de la quantité qu'il y en a autour des îles britanniques.
Valeur économique. —À cause de sa rareté il est de peu d'importance économique au Canada.
120. Le Cormoran à aigrettes. (DOUBLE-CRESTED CORMORANT). Phalacrocorax auritus. L, 30. (Voir la description de cette famille à la page précédente.)
Trait: distinctifs. Cette espèce peut facilement se confondre avec la précédente seulement. Dans le plumage de l'adulte l'absence d'un blanc quelconque à la base de la poche du gosier et «ur les côtes est un signe indicateur, Pour les autres plumages, ia taille et la présence de douze au
lieu de quatorze plumes à la queue est un trait distinctif sûr. Au commencement du printemps les aigrettes filamenteuses sur les côtés de la téte, au lieu d'une fraise déformée comme dans les espèces précédentes, sont caractéristiques; mais ces traits se perdent de bonne heure dans la saison, avant la couvaison, et Par conséquent, sont d'un médiocre secours pour déterminer l'espèce.
{ndications sur le terrain. Bien que les cormorans se reconnaissent aisément aux caractères donnés dans le titre de la famille, la taille et la présence ou l'absence des taches blanches sont à peu près les seuls traits qui servent à distinguer les deux espèces à l'état vivant.
Nid. Sur le sol dans les rochers ou sur le bord des falaises: quelquefois dans les buissons ou dans les arbres plutôt bas; dans les assemblages massifs de branches ou de plantes.
Habitat. Le cormoran à aigrettes se rencontre dans le golfe du Saint-Laurent et sur les lacs des provinces de la Prairie. Il est plutôt rare quoique peut-être migrateur régulier sur les grands lacs.
SOUS-ESPÈCES. Ceux de l'Amérique du Nord se divisent en quatre sous-espèces dont une seule appartient au champ que couvre cet ouvrage, le cormoran à aigrette de l'Est, le type de cette race.
C’est le cormoran le plus ordinaire dans l’est du Canada. Contrairement aux espèces précédentes il n’est pas strictement marin et se rencontre sur les eaux douces aussi bien que sur les eaux salées, Il s'empare de sa proie en plongeant et en la poursuivant sous l'eau. Contrairement au fou de Bassan il ne plonge pas en volant mais se pose sur la surface et puis pénètre sous l’eau d’un mouvement serpentin, en glissant comme le pigeon. Il ne reste pas sous l’eau plus de quarante secondes en règle générale.
Valeur économique. —Le danger qu'il y a à généraliser hâtivement sur la foi d'observations superficielles a été bien illustré par une étude des aliments que prennent ces oiseaux dans le voisinage des rivières à saumon de la Gaspésie. !
Quoique communément accusés de faire tort aux pêcheries de saumon en dévorant les petits poissons, le menu fretin, un examen très soigneux d'environ trente spécimens a démontré que les centaines d'oiseaux présents mangeaient un poisson qui n'avait aucune valeur économique, et aucun reste de salmonidés ne fut trouvé dans leurs corps. Il est probable que les anguilles, les chabots et autres poissons que prend le cormoran rendent cette espèce plutôt utile que nuisible au saumon et compensent pleinerient les quelques saumons qu’il peut prendre à l'occasion. C’est là ux bon exemple de la prudence qui est nécessaire avant de condamner aucune espèce d'oiseaux.
FAMILLE—PELECANIDAE. PÉLICANS
Description générale. Gros oiseau avec un bec très long, aplati, une énorme poche de gorge ou de gosier
Traits distinctifs. Cette énorme poche ae la gorge, qui tient un gallon et davantage, et le long bec aplati sont des traits éminemment distinctifs.
Ces oiseaux extraordinaires sont trop rares dans l’est du Canada pour qu'il en soit parlé spécialement . Il y a deux espèces qui ont été prises quelquefois, le pélican blanc, Pelecanus erythrorhynchos, forme qui se rencontre dans l'Ouest, qu’on peut trouver vers la frontière du Manitoba puis dans l'Ouest, mais dans l'Est seulement comme vagabonds; le pélican brun, Pelecanus occidentalis, un oiseau méridional de présence purement fortuite au Canada. Les noms descriptifs sont suffisamment explicatifs
1. Le cormoran à aigrette, T'halacrocorar aurilus, et ses rapports avec les industries du saumon dans le golfe St-Laurent.” Min. des Mines, Com géol., Canada, Bull. ne 13, Série biologique n° 5, 1915
pour les différencier. Le pélican blanc est de fait absolument blanc avec une pointe noire à l'aile dans tous les plumages; toute autre couleur prononcée est l'indice d’une autre espèce.
Ordre.—Anseres. Palmipèdes avec bec en crible. Palmipèdes lamellirostres.
Description générale. Oiseaux nageurs avec quatre doigts et deux membranes, ayant un bec
plus large vers l'extrémité et bordé de petites projections pareilles à des dents ou à de fines lamelles (figures 7, 8, 9, 10, p. 21) au moyen desquelles ils filtrent l'eau de leurs aliments.
Traits distinctifs. Tels que ci-dessus.
Indications sur le terrain. Le cou tendu, la queue en évidence, les rapides battements d'ailes des canards et des oies nous sont bien connus. Dans l'eau quelques espèces ont une ressemblance superficielle avec les plongeurs, mais le bec droit, étroit diffère de celui du canard, la queue tout à fait comme celle des canards, et leur disposition à s'envoler plutôt qu'à plonger quand on les dérange, facilite la différenciation.
Nid. Habituellement sur le sol, quelquefois dans des arbres creux, et quelquefois dans les nids abandonnés de corbeaux ou d'autres grands nids; mais rarement loin de l’eau. Les petits sont capables de courir ça et là et de se lancer à l'eau aussitôt après être sortis de l'œuf; mais quant À savoir comment ils sont portés à terre de la hauteur d'un arbre de 20 à 30 pieds, où est le nid, c'est là un sujet sur lequel il y a des opinions divergentes.
Habitat. Les anséridés ont un habitat répandu sur toute la terre. En Amérique la majeure partie de l'espèce couve au nord de la frontière internationale. Ils peuvent, par conséquent, être regardés comme des oiseaux d'habitat borérl. En hiver quelques-uns restent au ('anada aussi longtemps que les cours d'eau sont ouverts, les autres gagnent le sud, même les eaux plus chaudes des Carolines, le golfe du Mexique et au delà.
L'ordre des anséridés re renferme qu’une famille—les anatidés composés des harles, canards, oies et cygnes, et comprend, par conséquent, la grande masse des gros volatiles sauvages auxquels les chasseurs font la gucrre. Une des plus grandes sources de confusion, quand il s’agit de distinguer ces diverses espèces c’est le cas qu’on appelle l’éclipse du plumage. Contrairement à la règle qui gouverne les changements dans le plumage, plusieurs de ces espèces jettent à la fois toutes les plumes de leurs ailes, et ne peuvent donc pas voler avant de s'être remplumées. Pendant cette période de relative impuissance beaucoup de mâles revêtent un plumage particulier d’un caractère moins voyant que le plumage normal, et qui se rapproche ordinairement de celui de la femelle. Dans l’entre-temps les oiseaux se retirent dans les parties les plus reculées de leur habitat de façon à n'être vus que rarement par le passant. Lorsque s'ouvre le temps de la chasse la plupart de ces oiseaux sont sortis du plumage de l’éclipse, mais le petit nombre de ceux qui en gardent encore les traces est cependant assez grand pour augmenter le chiffre des plumages qu’on peut reconnaître et pour en compliquer la différenciation.!
Valeur économique.—L'ordre des anséridés est, au point de vue économique, un des plus importants parmi les oiseaux; non pas comme pour d’autres oiseaux, à cause de leurs habitudes alimentaires, car celles-ci n'ont qu’une influence négative dans les affaires humaines, mais pour d’autres raisons. En effet, aux premiers temps de la colonisation du pays ces oiseaux fournirent des aliments très importants aux habitants dans leur lutte pour la vie; et même aujourd’hui le nombre annuel des oiseaux tués par les chasseurs, constitue un appoint considérable à nos ressources alimentaires.
1Une autre source assez commune de confusion, c'est l'existence trop fréquente d'une coloration rouge rouillé
du se montre souvent sur diverses parties de la tête ou du corps et qui est commune à beaucoup d'espèces
’andéridés. Cette couleur est due À un dépôt ferrugineux dans l'eau où habitent les oiseaux en question, et ne doit pas être regardée comme la coloration normale du plumage.