‹ Les oiseaux de l'est du Canada [microforme]Chapitre 69 sur 102 · FAMILLE—CORVIDÆ. GEAIS ET CORNEILLES · texte numérisé non relu

FAMILLE—CORVIDÆ. GEAIS ET CORNEILLES

La famille des Corneilles est très grande et très variée: elle comprent| beaucoup d'oiseaux magnifiques et aux couleurs très vives; de fait le fameux oiseau de paradis lui est étroitement allié. Le bec (figure 45, p. 28) en est |: partie la plus facile à reconnaître. I] est passablement long et fort avec un culmen bien arqué. À la base, sont d’épaisses touffes de soies longues et raides qui recouvrent les narines. Les pics et les mésanges ont quelque chose de semblable mais celles-ci sont toutes petites et ceux-là possèdent d’autres caractères distinctifs. Ce ne sont pas, À proprement parler, des oiseaux chanteurs; leur voix est enrouée ct rauque, mais leurs organes Vocaux sont extrêmement compliqués et il en est quelques-uns à qui l'on peut faire articuler certains mots. Ils comptent parmi nos espèces les plus intelligentes et certains auteurs les ont classées en tête de la liste de tous les oiseaux.

Sous-famille—Garrulinæ. Pies et Gears.

Oiseaux de taille moyenne; un bon nombre sont vivement colorés et sont garnis de houppes et de queues flottantes. On peut très facilement les reconnaître d’après la description de chaque espèce.

475. La Pie d'Amérique. (MAGPIE) Pica Pica. L, 15-20, (Queue, 10). légèrement plus gros que celui d’un geai, huppé, mais beaucou sa queue qui atteint environ 10 pouces. Coloration frappante à cause des contrastes de blanc et de noir. La tête, le cou jusqu’au haut de la poitrine sont noirs: le dos, la queue et une bonne partie des ailes sont noirs et à reflets verdâties sur les ailes et la queue. Une barre blanche très apparente sur le dos au-dessus des ailes. Barbes internes des primaires, bas de la poitrine et parties inférieures toutes blanches.

Traits distinctifs. Facile À reconnaître à sa longue

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Habitat. Comme espèce, la pie fréquente les régions tempérées de l'ancien et du nouveau monde. Le type américain est plutôt un oiseau de l'Ouest; il fréquente régulièrement les provinces

centrales de lu Prairie et apparaît parfois plus à l'Est,

SOUS-ESPÈCES. La pie d'Amérique est une sous-espèce connue sous le nom P p. hudsonia d'une espèce commune tant À l'ancien qu'au nouveau monde, et ne diffère de lu pie d'Europe que par des détails sans importance, C'est une question à discuter pour les experts.

Ce n’est pas sans quelque hésitation que nous ineluons la pie parmi les oiseaux indigènes du Canada. L'espèce est commune dans le Nord-Ouest et plusieurs de ces oiseaux nous ont été signalés dans les Provinces maritimes et la région des grands lacs inférieurs, qui nous semblent aussi authentique que possible sans les spécimens. En 1879, un certain nombre furent importés d'Angleterre et mis en liberté à Lévis en face de Québec. Quelquesuns des signalements se rapportent peut-être à la progéniture de ces oiseaux introduits dans le pays et non à desindigènes, Nous serions très désireux de posséder des spécimens de ces oiseaux de l'Est. L'espèce est trop rare pour l'étudier au point de vue économique.

#77. Le Geai huppé. (BLUE Jay). Cyanocitta cristata. L, 11:74. Planche XXIVA.

Traits distinctifs. La huppe et la coloration sont très caractéristiques,

Indications sur le terrain, La prédominance du bleu dans la coloration d'e nsemble, les bordures bleues de la queue, et la huppe. Le vol du gai huppé est facile À reconnaître. Ses nombreux cris sont distinctils et varient entre le cri rauque de djé-djé, son grincement comme celui d'une porte de Krange et divers gloussements doux et familiers.

Nid. Composé de branchettes et de racines, de 10 à 20 pieds du sol.

Habitat. L'est de l'Amérique depuis les confins des régions habitées jusqu'au golfe du Mexique. C'ouve partout où il se trouve au Canada.

Le geai huppé est alerte, curieux et malfaillant. Ilest facilement attiré par un bruit étranger dans les bois ou par un être en mouvement et il s'en approche sournoisement ; s'il reconnaît un ennemi, il se sauve plein de terreur en poussant des cris perçants. C'est ainsi que des geais ont bien gêné des expéditions de chasse et causé toute sorte d'ennuis aux chasseurs. À l'automne, il est prévoyant et amasse des glands qu'il a la précaution de mettre de côté dans des crevasses d'arbres et autres cachettes. On ne sait pas très bien si jamais il revient chercher ses provisions.

Valeur économique, Au point de vue économique le geai occupe plutôt une place douteuse. Quant à sa nourriture il est carnivore et mange tour À tour insectes, fruits, glands, grain, œufs où oisillons. Il n'y a pas de doute que, pendant la saison des glands, c'est de ce fruit qu'il se nourrit régulièrement. C’est un oiseau dont il ne faut pas encourager la présence autour des vergers quand les autres oiseaux plus utiles font leur nids.

484. Le Geai du Canada. (caxapa JAY, WHISKEY JACK). Perisoreus canadensis. Planche XXIVB.

, Traits distinctifs. Taille: coloration gris neutre avec calotte noire et front blanc. Les jeunes be l'on aperçoit rarement avec leur plumage primitif ont la tête et le cou uniformément noirs. Tous ont un plumage lâche, duveteux et inégal (ragged).

Indications sur le terrain. Taille, coloration d'un gris uniforme, face et front blancs,

Nid. Construit de petites branchette, de plantes fibreuses, soigneusement garni de fourrure et de plumes de façon à former une construction compacte et profonde servant à protéger les œufs qui sont quelquefois éclos À une température de 30 degrés au-dessous de zéro Fahrenheit.

Habitat. Les bois de conifères du Nord à travers tout le continent.

x SOUS-ESPÈCES. Il y a plusieurs sous-espèces de cet oiseau, lesquelles présentent de très légères différences. Dans l'est du Canada, le geai de l'Est du Canada qui est l'oiseau type, est : ps répandu avec le geai du Labrador, P. c. nigricapillus, qui habite Terreneuve et la péninsule d'Ungava.

Le geai du t anada, connu sous le nom vulgaire de pic façon exagéréc à peu près toutes les

les villégiateurs dans les forêts du Dès que l'on allume un feu de e en quête de déchets de table, peine s'il a entendu le Coup de carabine qu'il est déjà sur les licux pour attraper quelque lambeau de chair. Son chant présente toute sorte de surprises Pour ceux qui ne le connaissent pas bien, De fait, dans son propre habitat tout chant d'oiseau que l'on ne saurait attribuer à une autre espèce peut être provisoirement assigné au geai du Canada.

possède d'une caractéristiques du ges huppé. Tous nord connaissent le Wiskey Jack” aMpement, on est sûr de le voir apparaîtr I est très friand des restes de gibier et, à

Valeur économique. C'est essentielle ment un oiseau des forêts sans limites et il ne se rencontre que rarement dans les régions peuplées, Sa valeur économique est très semblable à celle du geai huppé mais il se tient trop À l'écart pour être nuisible au cultivateur.

Sous-famille—Corvinae Corneilles.

Les corneilles forment une famille bien caractérisée, d'apparence remarquablement semblable, Elles sont répandues à peu près partout et pour

eur description il n’y a qu’à se reporter à la planche XXV A. Le freux d'Europe appartient à cette division.

486. Le Corbeau, (RAvEN). Corvus corax. L, 22, Sernblable à la corneille (planche XXV A) mais plus gros.

Traits distinctifs, Le corbeau dans son apparence extérieure est une très grosse corneille Le caractère le plus saillant est la forme allongée

et pointue des plumes de la gorge: elles sont posées distinctement l'une sur l'autre sans être fondues ensemble comme chez la corneille,

Indications sur le terrain. Outre la taille, qui constitue toujours un signe incertain dans une vaste étendue de plein air, la marque la plus certaine est le cri de l'oiseau. Son croassement est rauque et strident et non pas clair et distinet comme le cri de la corneille, 11 Y à cependant de jeunes corneilles qui croassent presque absolument comme le corbeau et, quand on est en présence des deux espèces, il faut quelquefois avoir recours à d'autres indications. Quand on aperçoit un corbeau on peut facilement s'imaginer ses caractères saillants quant à la forme et au vol, mais nous devons avouer qu'ils sont rarement perceptibles à l'observateur ordinaire avant que l'on ait identifié l'oiseau.

Nid. Ordinairement sur des saillies de rochers, quelquefois sur de grands arbres: le nid se compose de buchettes.

Habitat. Cette espèce se rencontre tant dans l'ancien que dans le nouveau continent jusque dans les régions polaires où sa livrée noire Contrastant avec la blancheur de ce milieu semble com-

battre la tendance trop facile à étendre la théorie de la coloration protectrice À tous les animaux de la création, Il fréquentait autrefois tout le Canada mais il se cantonne maintenant dans les parties les moins habitées au nord et au sud

|, le long des chaînes de montagnes sur les deux littoraux et pénètre assez loin Jusque dans les Etats-U

nis.

SOUS-ESPÈCES. Cette espèce se divise en plusieurs races géo, européen est l'oiseau type. Nous avons au Canada le corbeau du Nor divers types présentent en somme peu de différences,

graphiques. Le corbeau d, C. ce. principalis. Les

La tradition veut que le corbeau soit un oiseau de mauvais augure.

Avec sa couleur sombre, son cri lugubre, ses habitudes sauvages et solitaires, il remplit le même rôle dans le Nord que le vautour dans le Sud. Il se tient à l'écart des endroits fréquentés par l’homme. Au fur et à mesure que la civilisation a Progressé dans les vastes contrées primitives, le corbeau, contrairement à son congénère la corneille, s'est éloigné, et il est devenu aujourd'hui ce qu’il était au début, un oiseau des lieux déserts. Si l'on en juge seulement par les nécessités physiques et le régime d'alimentation des deux espèces, on est naturellement porté à croire que le corbeau peut vivre dans

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les régions habitées aussi | s'adapter À presque toute sorte de nourriture, sous des climats et dans des condit congénêre, et cependant, augmentent et les corbeaux colonise.

en que la corncille, Il est omhivore et peut

est robuste et peut vivr lons qui seraient fatals à co! plus faible pour certaines raisons inexpliquées, les corneilles

diminuent en nombre à mesure que le pas - <e

Valeur économique. Le corbeau prend une nourriture tant végét qu'animale, mais préfère de beaucoup cette dernière. Il convoite les ri de gibier laissés par le chasseur où le gibier lui-même, quand il peut se l'approprier. Il rôde autour des nids des autres oiseaux et s'empare des œufs et des Gisillons. Au bord de la mer, il fouille les rivages à la marée baxie Pour ÿ trouver des crabes et autres crustacés ou t: ce que la mer peut Jui apporter de mangeable. Comme il évite plutôt | fions cultivées, ii n'a que peu d'influence directe sur les récoltes.

488. La Corneille d'Amérique. (amemcaAx chow 19.30. Planche XXV A.

Trasts distinctifs. Peut être confondue avec le contour Mais l'oiseau est plus petit et n'a Pas sur fa gorge les plumes lancéolées, longues et point le celui-ci

Indications sur Le terrain Son aspect général qu

Nid. Sur les arbres: construits avec de petites br

Habitat. Toute la zone tempérée de l'Amérique du

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Alors que le corbeau disparaît en présence die. pi la corneille augmente en nombre. Elle est omtuivore tiers de n'importe quoi depuis la chair corrompue Jusqu'au mais germant, I n'y a pas de doute que la corneille s'est énormément r« pandue dans le pays depuis la disparition des forêts et il est probable que son avènement dans l'est du Canada date de l’arrivée de l’homme blane. C'est un oiseau partiellement migrateur. La plupart des corneilles s'en vont dans le Sud en hiver, mais un bon nombre, attirées par les abattoirs et les tas d’ordures ménagères au voisinage des villes, demeurent en permanence au pays.

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Valeur économique. La valeur économique de la corneille ne peut pas se résumer en quelques mots. Elle est certainement très bienfaisante mais elle fait aussi beaucoup de dégâts. Seulement, le mal qu'elle fait est concentré et facile à apprécier, tandis que le bien est réparti à et là, est plutôt difficile à établir. Les résultats détaillés d'environ un millier d'examens d’estomacs et des témoignages provenant de toutes les parties de l'Amérique du Nord ont été publiés dans le Bulletin n° 6 du département de l'Agriculture des Etats-Unis. par W.-A. Barrowset E.-A. Schwarz. Le plus grand reproche qu'on lui fait est de manger les jeunes pousses de céréales, surtout du maïs. On a constaté que le maïs constitue le 29 pour cent de sa nourriture annuelle et, chose assez curieuse, depuis le mois de mai jusqu'au mois d’août, il n’en composait que du 8.4 au 17.7 pour cent et augmentait en décembre jusqu'au 48.2 pour cent, alors que ces grains ne peuvent être que des glanures des champs moissonnés. La corneille mange aussi beaucoup d'insectes et si l’on compare les espèces nuisibles avec les utiles qu'elle détruit, la balance penche évidemment en faveur de l'oiseau. Elle se nourrit aussi considérablement de souris et autres rongeurs et de reptiles: c'est même la nourriture qu’elle préfère à toute autre. Elle recherche avidement

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à l'automne les fruits d'arbres forestiers (glands, faînes, etc). Si alors on en juge seulement Par son régime alimentaire, la corneille est un oiseau précieux. Il faut cependant envisager la question autrement, car on ne peut pas ignorer qu’elle fait tout de même des degâts; il importe peu au cultivateur qu’elle détruise toutes les chenilles dans son champ si elle emporte également tout le grain. D'une façon générale, il ne paraît guère y avoir de bonne raison pour prendre à son égard de nouvelles mesures de précautions: iln'y a d'ailleurs aucun danger qu’elle disparaisse et elle a probablement besoin d'être surveillée.

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