‹ Les oiseaux de l'est du CanadaChapitre 25 sur 47 · SOUS-ORDRE— COLYMBI. GRÈBES · texte numérisé non relu

SOUS-ORDRE— COLYMBI. GRÈBES

FAMILLE COLYMBID^. GRÈBES.

Description générale. Les grèbes et les plongeurs ont des pattes lobées et non tout à fait palmées, et sont sans queue très visible. Au lieu des membranes allant d'un orteil à l'autre, comme dans la plupart des oiseaux nageurs, les doigts sont pourvus d'un rebord dentelé de bouts plats semîslables à des lobes, ou d'appendices attachés à l'orteil. Ces doigts constituent d'excellentes palettes pendant la nage, et en se repliant ils offrent un minimum de résistance à l'eau, au retour. Leur extraordinaire habileté à plonger a fait donner à ces oiseaux les sobriquets communs de «diable plongeurs », «sorciers de l'eau » etc.

Traits distinctifs. Membranes des orteils dentelées (figure 13 p. 21), queue courte, bec pointu, et l'éclat argenté très singuUer des plumes des parties de dessous.

Indications sur le terrain. Bec pointu et queue peu visible. Pattes re jetées droites derrière en volant.

Nid. Dans les roseaux et les joncs qui bordent les mares ou les étangs, sur les tas de végétaux ou flottants ou stationnaires.

Habitat. Les grèbes sont répandus sur tout le Canada et jusqu'à la zone arctique. A l'époque de la couvaison on les trouve plutôt sur l'eau douce que sur l'eau salée. Il y a trois espèces de cette famille qui se présentent régulièrement dans l'est du Canada, une quatrième espèce, le grèbe occidental, mentionné incidemment ici, a été signalé plusieurs fois par erreur, car on ne peut certifier qu'un seul cas où on l'ait vu.

Les grèbes sont les habitants par excellence des étangs d'eau douce et des lacs, bien qu'en certaines occasions ils fréquentent la mer en nombre. La couleur de ceux d'âge adulte se présente en larges taches; les plus jeunes font voir des raies bien tranchées, surtout autour de la tête, indiquant par là que la famille descend d'un ancêtre commun rayé. Les sternum du grèbe, si utilisés comme garnitures pour les modistes, proviennent d'oiseaux de cette famille. La grande quantité de ces oiseaux qu'on sacrifie pour cet usage, et la façon dont on les enlève de leurs endroits préféré^ de couvaison en réduisent naturellement le nombre.

Valeur économique. Comme ces oiseaux se nourrissent presque exclusivement de chair aquatique, ils n'ont presque aucune valeur économique immédiate. On trouve souvent de grande quantités de plumes dans l'estomac des grèbes, mais la raison d'être de leur présence n'est pas encore comprise. Rien ne prouve que ce soient les restes d'oiseaux saisis comme proie.

Genre — Colymbus. Grèbes cornus.

2. Le Grèbe à cou rouge, (holbœll's grèbe), Colymbus holbœlli. L, 19. C'est le plus grand de nos grèbes. Les grèbes devenus adultes en été ont les joues et la gorge blanche et un cou d'un rouge châtaigne fort riche.

Traits distinctifs. La taille suffit d'habitude à reconnaître le grèbe. Les oiseaux encore jeunes n'ont généralement qu'un semblant de cou bnm rougeâtre.

Indications sur le terrain. Sur le terrain la taille servira aussi à distinguer ce grèbe-là de tous les autres; et la présence d'une plaque blanche sur l'aile, ainsi qu'un dos non tacheté, le distinguera du plongeon avec lequel on risquerait de le confondre. La plaque blanche de la joue est très visible par contraste avec la couronne noire et le cou rouge.

Nid. Sur des compostes de matières végétales, flottantes ou stationnaires, ou sur des tlots marécageux près des rives de lacs d'eau douce.

Habitat. A travers le continent; couvaison à l'est, au nord de la colonie actuelle. Dans les provinces des prairies et à l'ouest ils nichent au sud et au delà de la limite des Etats-Unis.

Cet oiseau, sauf dans l'Ouest, dans la saison de la couvaison, est plus communément vu sur de grandes étendues d'eau que sur de plus petites. Il est relativement rare dans l'est du Canada.

3. Le Grèbe cornu, (horned grèbe). Colymhus aurUus. L. 13-50. Le grèbe cornu est à peu près de la même taille que le grèbe à bec bigarré mentionné ci-après, mais avec un bec plus aiguisé et plus eflBlé. L'adulte de l'été a un cou rouge (tout à fait comme celui à cou rouge), des touffes à l'oreille d'un jaune brunâtre et proéminentes, et une fraise en forte saillie sur les joues depuis le derrière de la tête jusqu'au cou. En automne et en hiver une tête d'un noir blanc brillant forme constraste avec la coloration plus matte du grèbe à bec bigarré.

Traits distinctifs. Le jeune sujet, oiseau ordinaire d'im noir grisâtre et blanc peut être confondu avec le jeune grèbe à bec bigarré, mais peut être distingué par son front et sa poitrine d'un blanc brillant, son bec eSdé et la tache blanche sur l'aile.

Indications sur le terrain. Bec mince, aiguisé, avant-cou blanc et plaque planche sur l'aile. ,

Nid. Comme le précédent.

Habitat. A travers le continent, couvant par endroits en dedans des limites de la colonisation actuelle, et au nord, mais plus ordinairement à l'ouest qu'à l'est.

Le grèbe cornu qui est migrateur habite les plus larges étendues d'eau et se rencontre moins souvent dans les bourbiers où le grèbe à bec bigarré se rencontre fréquemment.

6. Le Grèbe à bec bigarré, (pied-billed grèbe). Podilymlms podiceps. L, 13-60. Planche I A.

Traits distinctifs. Le grèbe à bec bigarré peut être mis à part de tous les autres grèbes canadiens à cause de son bec relativement plus lourd et gros avec sa tache et son culmen plus fortement arqué; on le distingue aussi, du je»me gtèhe cornu, de tout plumage, à cause de la couleur foncée, moins brillante de son avant-cou, de sa poitrine et de ses dessous, et aussi de l'absence de la plaque blanche de l'aile.

Indications sur le terrain. Taille et forme du bec, moucheture sur le bec, pas de plaque blanche sur l'aile, et plaque noire sur le cou au printemps.

Nid. Le long des bords marécageux d'étangs et de lacs sur des supports ou stationnaires ou flottants.

Habitat. A travers le continent, la couvaison se faisant depuis nos frontières sud vers le nord; il est probable qu'im grèbe trouvé couvant au sud d'une ligne tirée d'Ottawa à Saultr^te-Marie appartiendra à cette espèce.

Nous avons ici le grèbe commun de l'est du Canada où on le trouve dans la saison de la couvaison, ou pendant la migration, sur presque chaque étang ou bourbier. Il fréquente moins que les espèces parentes les eaux claires et dégagées. La virtuosité des grèbes comme plongeurs est bien connue et fort développée dans la présente espèce. Plongeant à l'éclair du coup de feu, le grèbe est souvent en sûreté sous l'eau au moment où le plomb meurtrier touche l'endroit qu'il venait d'occuper. Même les fusils se chargeant par la culasse n'ont pas toujours assez de rapidité pour l'atteindre, bien que la poudre sans fumée ait enlevé au grèbe presque toute sa supériorité. Les grèbes ont la faculté de nager ou très bas ou très haut dans l'eau. En expulsant l'air du plumage épais et dotox et en le comprimant dans les cavités de son corps le grèbe peut augmenter son poids spécifique, et s'enfoncer peu à peu dans l'eau jusqu'à ce que le bec seul soit au-dessus de la surface, position dans laquelle il se cachera, et, sauf quelque accident, défiera les yeux les plus perçants.

Valeur économique. Nous n'avons que peu de renseignements précis au sujet de la composition exacte des aliments des grèbes. Le grèbe à bec bigarré, toutefois, se nourrit de petits poissons et d'insectes aquatiques, en y ajoutant plus ou moins de matières végétales. Le poisson, eu égard à l'habitat de l'oiseau, appartient principalement à l'espèce qui hante les eaux

bourbeuses et sans importance économique. Quant aux insectes que mange le grèbe, ce sont surtout les espèces de proie telles que les escargots d'eau qui, parfois, causent quelque dommage au frai de poisson. La matière végétale est sans importance. En somme, nous pouvons considérer le grèbe à bec bigarré comme tout à fait inoffensif sauf dans les cas rares où il fait une visite passagère aux mares et aux étangs où s'élèvent des truites ou d'autres poissons de prix.

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