‹ Les oiseaux de l'est du CanadaChapitre 27 sur 47 · FAMILLE — STERCORARIID^. LABBES ET STERCORAIRES · texte numérisé non relu

FAMILLE — STERCORARIID^. LABBES ET STERCORAIRES

Description générale. Les labbes sont des oiseaux de proie siu* mer. Comme couleur ils sont bnm foncé, et blancs. La famiUe fait voir im singulier dichromatisme et toutes les espèces du Canada apparaissent avec l'ime ou l'autre coloration, soit un brun également foncé, soit un brun foncé ou ardoisé avec la tête, le cou et les dessous blancs ou clairs et un bonnet presque noir.

Traits distinctifs. Les becs des labbes (voir figure 3, p. 20) sont caractéristiques, car il y a un ongle bien indiqué à la pointe qui forme un crochet très marqué, clairement séparable du reste de la cire à la base du bec. Ce caractère les distingue facilement des mouettes, tandis que la présence des narines et de deux au lieu de trois membranes aux doigts (figure 6, p. 20) les distingue des cormorans dont les becs sont semblables quant au profil. Le fait que les narines ne sont pas tubulaires (figure 11, p. 21) les différencie d'avec les pétrels auxquels ik ressemblent par ailleurs.

Indications sur le terrain. Les labbes ont une coloration noire sur le dessus, une bande claire très visible à travers le dessous de l'aile près de la pointe, et ressemblent au faucon quand ils volent. Des trois espèces, deux, à l'état adulte, montrent des plumes de la queue si allongées qu'elles les font bien reconnaître.

Nid. Sur le sol, dans l'herbe.

Le fait des deux phases de coloration et celui des plumages intermédiaires si nombreux rendent l'identification de quelques-uns des labbes assez difficile. Les labbes sont les pirates de l'air; ils font la chasse aux oiseaux pêcheurs qui tiennent une proie et les forcent à rendre gorge s'ils l'ont avalée; les œufs et les oisillons dans le nid ne sont jamais en sûreté.

Trois labbes se rencontrent dans l'est du Canada, ainsi qu'un stercoraire— ce dernier trop rarement et accidentellement, sauf au large de la côte extérieure de Terreneuve, pour qu'il en soit fait mention autrement.

Valeur économique. Les labbes ne sont pas très nombreux, et sauf dans les localités très éloignées et sauvages, où leur nombre leur donne une importance locale, leur influence économique est peu de chose.

Genre — Stercorarius. Labbes.

36. Le Labbe pomarln. (pomamne jaegeb). Stercorarius pomarinus. L, 22. (Queue, 9-25, les plumes du centre se projetant au delà des extérieures de 4-25). C'est là le plus grand des labbes. Il ressemble tellement aux deux autres espèces par la coloration qu'il est difficile de les en distinguer excepté par la taille et à l'état adulte. L'espèce se présente en deux phases de coloration et dans tous les états intermédiaires.

Traits distinctifs. Les plumes allongées du milieu de la queue de l'oiseau adulte sont larges et tordues à la pointe de façon à se trouver dans un plan vertical au Ueu d'horizontal.

Indications sur le terrain. Les plumes larges, allongées et tordues de la queue sont probablement les meilleures de ces indications.

Nid. Sur le sol, dans l'herbe.

Habitat. Couve dans les îles et dans l'intérieur des terres au pôle arctique à travers le continent. Se rencontre sur les côtes maritimes plus au sud, seulement en qualité d'éraigrant.

37. Le Labbe parasite, (pabasitic jaegee). Stercorarius parasiticits. L, 17. (Queue, 8 • 25, les plumes médianes dépassent les plumes extérieures de 3 • 25). Cette espèce se présente avec deux phases de coloration, une claire et une foncée. Dans la phase foncée, la couleur générale est brun foncé un peu plus claire au-dessous avec bonnet noir. Dans la phase claire les parties de dessous, la poitrine, le cou et la face sont blancs, avec boimet noir. Des phases intermédiaires de coloration se rencontrent également.

Traits distinctifs. La taille plus petite de cet oiseau devrait le distinguer du précédent dans tous les plumages. A l'état adulte les plumes médianes de la queue dépassent seulement les autres de 3 pouces au lieu de 7 comme dans l'espèce suivante et sont minces au heu de larges et tordues comme dans la dernière espèce. Les oiseaux non développés de l'espèce à longue-queue, n'ayant pas les longues plumes de la queue sont presque tout à fait semblables à cette espèce-ci et peuvent se bien distinguer par la couleur des tuyaux des plumes primaires. Dans le labbe parasite les tuyaux des trois premières plumes sont blancs et les autres de plus en plus foncés à mesure qu'ils se succèdent l'un à l'autre dans l'aile. Dans le labbe à longue queue la couleur des tuyaux devient subitement plus foncée après la troisième primaire. Cependant cette marque de distinction n'est pas infailhble et il se rencontre quelquefois des sujets très difficile à identifier.

Indications sur le terrain. Faible projection des plumes médianes de la queue, comme plus haut, et n'étant pas tordues elles offrent une indication très sûre pour les oiseaux adultes.

Nid. Sur le sol, dans les bruyères et les marécages du nord.

Habitat. Couve vers le pôle à travers le continent; est beaucoup plus commun sur la côte, dans ses migrations, que dans l'intérieur des terres où on le trouve très rarement quoique peut-être comme un oiseau vagabond.

Ce labbe est le seul de son espèce qu'on puisse rencontrer dans l'intérieur sur les grands lacs. D'autres espèces ont été signalées, mais à l'examen, sauf dans un seul cas, il s'est trouvé que c'étaient de jeunes oiseaux faussement identifiés, généralement à cause de l'absence de la queue allongée.

38. Le Labbe à longue queue, (long-tailed jaeqer). Stercorariuslongicaudus. L, 21. (Queue 13-25, la plume du centre dépasse les plumes extérieures de 8). Très semblable au précédent par la coloration, mais les plumes longues et fines du miUeu de la queue dépassent les autres de 7 à 8 pouces au heu de 3.

Traits distinctifs. Le labbe à longue queue, quoique ayant presque les dimensions du labbe pomarin, parce que la très longue queue y est comprise, est cependant un bien plus petit oiseau que l'une ou l'autre des deux autres espèces. C'est sa taille qui devrait le faire reconnaître. Les jeunes individus sont souvent confondus avec le labbe parasite, mais les caractères de l'aile indiqués pour cette espèce servent à les faire reconnaître.

Indications sur le terrain. On ne peut bien reconnaître que le labbe adulte, à l'état vif, les longues plumes du miheu de la queue étant le meilleur guide.

Nid. Semblable à celui des autres labbes.

Habitat. Couve dans les régions polaires de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique. Ne se voit que rarement sur la côte de l'Est.

Bien que le labbe à longue queue ait été signalé sur les grands lacs, dans la plupart des cas on a pris pour des labbes les jeunes individus de l'espèce précédente.

FAMILLE — LARIDiE. GOÉLANDS ET STERNES.

Description générale. Les goélands et les sternes sont des palmipèdes à longues ailes, faciles à distinguer des labbes par la forme et la construction du bec qui montre une seule surface continue sans parties distinctes ni jointures (figures 4 et 5, p. 20). Les couleurs de l'adulte sont ordinairement im blanc pur, avec hvrées blanches, gris-perle ou noires, souvent avec des bouts d'ailes noirs et des taches au collet ou à la joue.

Traits distinctifs. Le bec à surface continue avec un angle aigu projeté sur la mandibule inférieure suffit à reconnaître cette famille sous tous les plumages. Les couleurs sont très caractéristiques, quoique certaines espèces pendant leur jeunesse sont complètement foncée?, se rapprochant ainsi des phases foncées des labbes.

Indications sur le terrain. La coloration et le vol très caractéristiques sont les meilleures indications.

Nid. Les mouettes nichent généralement sur le sol, sur les bords rocheux ou les rivages plats, dans des Ueux sablonneux, herbeux ou marécageux; rarement sur les arbres.

Habitat. Les mouettes et les sternes sont répandues partout, ordinairement près de vastes étendues d'eau, mais quelquefois au loin dans l'intérieur des terres, comme par exemple dans nos régions des prairies.

Sous-famille — Larinae. Goélands et Mouettes.

Description générale. Muni de cette description de leur famiUe on ne pourra confondre les mouettes qu'avec les sternes (voir p. 57).

Traits distinctifs. Elles peuvent être distinguées, soit des labbes par les caractères du bec et de la coloration; (voir la description de la famille à la page précédente) soit des sternes par leur charpente plus robuste et leur façon de voler. L«8 becs sont plus gros et plus forts (comparez figures 4 et 5, p. 20). Règle générale, les queues sont carrées sans être fourchues visiblement. Quoique aussi bons voiliers que les sternes, ils ont moins d'agiUté et accomplissent moins d'évolutions aériennes. Les jeunes mouettes sont souvent tout à fait brunes et de couleurs foncées, en contraste frappant avec l'individu adulte. Les jeunes sternes sont ordinairement de coloration claire.

Indications sur le terrain. Ce sont de gros oiseaux d'un vol plus lourd que celui des sternes. Queue carrée; ont l'habitude de prendre leur nourriture à la surface de l'eau; ne plongent pas avec les ailes, et portent leur bec horizontalement quand elles volent (voir sternes, p. 57). Ce sont là des indications qui serviront à distinguer les mouettes des sternes leurs proches parents.

Nid. Sur les bords rocheux ou les falaises près de l'eau en diverses locaUtés; cela dépend de l'espèce et de l'endroit.

Habitat. Elles sont presque cosmopolites et il y a peu de contrées sans des individus de cette sous-famille. Au Canada on rencontre envu-on vingt-cinq espèces, mais quelquesunes ne viennent que par hasard en dedans des limit«3 des régions colonisées, et il n'en est pas question ici.

Quoique les mouettes soient essentiellement des oiseaux de mer on les trouve quelquefois à de grandes distances des vastes étendues d'eau, et des compagnies entières suivent fréquemment le laboureur pour chercher des insectes, dans les sillons fraîchement ouverts. Elles trouvent leur nourriture à la surface de l'eau, ne plongent jamais, ou glanent sur les plages, dans les baies ou dans les champs.

Valeur économique. Les mouettes mangent de tout en fait de matières animales, du poisson, des crustacés, des mollusques, des insectes, des déchets, et, quand l'occasion s'en présente, des petits oiseaux et des souris.

La quantité de poissons qu'elles consomment est relativement peu importante, car d'habitude c'est seulement les petites espèces très abondantes se rencontrant en grandes compagnies, qui attirent leur attention; elles ne sont pas de patients pêcheurs comme les hérons. Elles recherchent les plages de marée basse pour les mollusques, faisant preuve de beaucoup de savoir-faire pour casser les dures coquilles et en extraire le contenu. La nourriture que fournissent ces ressources n'a presque aucune valeur marchande. Les mouettes débarrassent la contrée chaque année d'une immense quantité de déchets et d'immondices jetés dans les ports et les cours d'eau; elle fréquentent les terres cultivées pour attraper les insectes et quelques espèces ont servi à arrêter le fléau d'une invasion de souris ou d'autres petits mammifères et de sauterelles. Les mouettes, par conséquent, ont leur utilité et doivent être protégées, lors même que quelquefois elles détruisent des œufs et de jeunes oiseaux.

Genre — Rissa. Mouettes à trois doigts. 40. La Mouette à trois doigts. (KmrwAKE). Rissa tridactyla. L, 16. C'est une mouette petite ou de taille moyenne, de la même coloration que le goéland argenté (Voir p. 55).

Traits diatincHfs. La condition rudimentaire ou l'absence presque totale du pouce est toujours une façon de reconnaître cet oiseau.

Indications sur le terrain. Elle ressemble à tant d'autres mouettes par la coloration générale qu'on ne peut l'en distinguer à l'état vivant que par une observation attentive des plus petite caractères et cela dans les conditions les plus favorables. La taille est plus petite que celle du goéland de Delaware, et plus grande que celle du goéland Bonaparte.

Elle diffère du goéland argenté et du goéland de Delaware en ce qu'elle a des pattes noires, au lieu de couleur chair ou jaunâtre, et qu'elle manque de petites taches terminales blanches sur les extrémités noires des primaires. Le bec est d'un jaune toujours égal chez l'adulte, sans la tache rouge du goéland argenté ou la bande noire transversale du goéland de Delaware. Les jeunes individus ressemblent beaucoup au goéland de Bona^ parte par le fait qu'ils ont un bec noir et le même modèle de coloration, mais le bord de devant de l'aile étendue est surtout noir au lieu d'être d'un blanc très marqué. Les jeunes de cette espèce ne passent pas par une phase brune, comme font les goélands argentés, mais ils ressemblent à l'individu adulte par une coloration modifiée quoique semblable.

Nid. Elles font un nid solide et bien construit d'algues marines sur les saillies des falaises à pic.

Habitat. Une espèce marine qui est la mouette à trois doigts de l'Atlantique, ne se rencontre que par hasard sur les eaux douces ou à l'intérieur des terres. Elle habite les deux côtés de l'Atlantique; niche, en Amérique, depuis le golfe Saint-Laurent jusqu'au nord, dans les régions polaires. On ne la signalera sur les grands lacs que sur des preuves absolument indéniables.

SOUS-ESPÈCES. Cette mouette se rencontre sous forme de sous-espèce dans le nord des deux océans Atlantique et Pacifique. Notre spécimen de l'Est, la mouette à trois doigts de l'Atlantique, est le type et se rencontre en Europe et en Amérique.

Valeur économique. La nourriture de cette mouette est probablement semblable à celle des autres mouettes marines, mais sa taille moindre fait qu'on lui est moins hostile qu'à quelques autres membres de sa famille.

Genre — Larus. Goélands.

42. Le Goéland à manteau glauque, (glaucous oull). Lartis hyperboreus. L, 28. Ce goéland est une des plus grosses mouettes. Chez l'individu adulte, la livrée n'est que légèrement teintée de gris; les plus jeunes spécimens sont presque absolument blancs. C'est le plus grand des goélands aux ailes blanches (ceux qui n'ont pas de noir sur la pointe des ailes). Les oiseaux de l'année n'ont que de légères barres d'un gris cendré ou brunâtre.

Traits distinctifs. Sa coloration presque blanche le distingue du goéland à manteau noir auquel il ressemble quant à la taille.

Indications sur le terrain. La taille, la coloration presque blanche, et l'absence de la pointe noire de l'aile constituent les meilleurs signes pour les reconnaître à l'état vivant.

Nid. Sur le sol, dans l'extrême nord.

Habitat. Couve le long des côtes circompolaires et des îles des deux hémisphères. Se voit sur nos côtes de l'Atlantique en automne et en hiver alors que quelques individus errent dans l'intérieur jusqu'au lac Ontario et peut-être jusqu'au lac Erié.

Valeur économique. Comme il n'est qu'un hôte d'hiver sur nos côtes maritimes et un hôte d'occasion sur les grands lacs, cet oiseau n'a aucune importance économique.

43. Le Goéland à ailes blanches, (iceland gull). Larus leucopterus. L, 24. Ce goéland est environ de la même taille que le goéland argenté, mais avec un manteau gris très clair ou blanc, et les extrémités de l'aile blanches — forme plus petite du goéland à manteau glauque.

Traits distinctifs. La taille et les extrémités des ailes blanches au lieu de noires.

Indications sur les terrain. Taille; extrémités des ailes; coloration blanche en général.

Nid. Sur le sol.

Habitat. Il couve dans les régions polaires de l'Amérique orientale et de l'Europe occidentale. Visite notre côte de l'Atlantique en hiver seulement; vagabonde rarement à l'intérieur jusqu'au lac Ontario.

Valeur économique. Comme ce n'est qu'un hôte de l'hiver sur nos rivages maritimes et qui ne parait que par occasion sur les grands lacs, il n'a que peu ou peut-être même point du tout d'importance économique.

47. Le Goéland à manteau noir, le gros ooéland. (great black-backed gull). Larus marinus. L, 29. Un très gros goéland, l'individu adulte avec une livrée tout à fait noire.

Traits distinctifs. Forte taille et dos noir sont les traita caractéristiques de l'individu adulte. Les jeunes sont bruns au lieu de cendrés ou blancs, comme dans le cas du goéland à manteau glauque, avec plus de raies sur le dos et coloration moins égale que celle du goéland argenté.

IndicatioTia sur le terrain. Une forte taille et un dos noir sont de bonnes indications dans le cas de l'adulte. La taille est la seule indication qu'on puisse signaler pour les jeunes à l'état vivant.

Nid. Sur le sol, nid fait d'algues marines ou de fragments végétatix.

Habitat. Couve sur la côte de l'Atlantique depuis Ta Nouvelle-Ecosse jusqu'au pôle nord. Par suite des progrès de la colonisation, les endroits favorables à la couvaison sont restreints aux localités plus isolées. C'est un hôte d'hiver plus ou moins régulier quoique plutôt rare, du lac Ontario, mais qui ne s'avance que rarement dans l'intérieur le long des grands lacs.

Valeur économique. Avec les mêmes habitudes dans son régime alimentaire que les autres goélands, la plus grande taille, la force et le nombre des goélands à manteau noir, augmentent sa puissance à faire du bien ou du mal. On ne peut certes pas se fier à cette espèce dans le voisinage des nids sans défense ou de jeunes oiseaux d'autres espèces, car les œufs et les oisillons sont avidement dévorés quand l'occasion s'en présente. Par contre, l'occasion pour ce goéland de devenir un fléau important n'est pas grande, sauf dans quelques localités, car sur cette côte du Labrador où le goéland à manteau noir couve, il se trouve une grande quantité d'eiders et d'autres oiseaux de mer. Le dommage qu'il cause sur la côte du Labrador est petit comparé aux dégâts occasionnés par le gaspillage considérable des pêcheurs.

51. Le Goéland argenté, (herrinq Ginx). Larus argentatua. L, 24. Planche II A.

Traits distinctifs. Sa taille et sa coloration générale suffisent en général à distinguer le goéland argenté de toutes les autres espèces canadiennes, mais comme la taille seule n'est que rarement un critère assez digne de foi quand les espèces que l'on contraste ne s'offrent pas ensemble pour être comparées, les points suivants aideront à une détermination précise.

Le goéland argenté tout jeune est le plus foncé de la famille car il se rapproche de très près des labbes de phase sombre à cet égard, mais la forme du bec et les habitudes du goéland préviendront toute confusion avec le labbe. Chez l'individu adulte les pointes noires de l'aile servent à le distinguer de l'un quelconque des goélands à ailes blanches, et les petites taches blanches terminales le distinguent de la mouette à trois doigts. Mais l'absence d'une raie transversale sur le bec le distingue du goéland de Delaware. A l'état adulte, toutefois, le jeune goéland argenté, à un de ses stages de développement, quand la couleur du bec tourne du noir au jaune de la maturité, fait voir une marque très semblable et la comparaison des tailles est la seule qui les fasse distinguer l'un de l'autre.

Indications sur le terrain. La taille et les marques de coloration susdites sont les meilleurs guides sur le terrain. Il est souvent très difficile, parfois impossible, de distinguer le goéland argenté du goéland de Delaware, à l'état vivant, quand des oiseaux encore jeunes de l'une ou l'autre espèce sont vus séparément.

Nid. Sur le sol, ou sur les saillies rocheuses, ou encore sur le sommet plat de grands rochers isolés, dans les nids faits d'algues marines ou de matières végétales de rebut.

Habitat. Se rencontre à peu près partout au Canada; il est surtout commun dans le voisina^ immédiat des grandes étendues d'eaux douces ou salées. Couve soit en tous lieux soit dans certaines îocahtés, sauf dans les régions plus méridionales du Canada.

Le goéland argenté est le plus commun de nos goélands. C'est un oiseau migrateur qu'on voit souvent sur le plus petit de nos lacs, même à

de longues distances de son lieu de couvaison. Les goélands qui séjournent pendant l'été sur les grands lacs inférieurs sont des oiseaux non reproducteurs. En hiver l'espèce demeure sur les eaux plus étendues jusqu'à ce qu'elles soient gelées d'un bout à l'autre et quelquefois, y séjourne tout l'hiver, volant sur les eaux libres ou perchés sur la glace flottante. Les goélands fréquentent les ports et se réunissent en grand nombre vers l'entrée des égouts pour recueillir les déchets. Ils ont aussi appris que les vaisseaux fournissent des résidus de bon goût. Les stations de pêche ont beaucoup d'attraits pour eux et on est presque sûr de voir une grande multitude de ces oiseaux autour des tables qu'on nettoie sur le rivage. Sur la plage les mollusques sont avidement recherchés à la marée basse et les goélands ont appris le truc de porter leur proie à carapace dans l'air pour la laisser retomber sur les rochers, après quoi ils redescendent et retirent la savoureuse matière de sa boîte brisée en morceaux. Par le très mauvais temps ils se réunissent en grand nombre autour des vagues écumantes qui se brisent aux places tempétueuses pour y saisir la nourriture qui est rejetée à la surface de l'eau. Quelquefois ils suivent les immenses compagnies de petits poissons qui visitent périodiquement nos rivages et prélèvement un impôt sur cette inépuisable provision.

Valeur économique. — On verra d'après le résumé qui précède touchant les habitudes des goélands argentés, que comme mangeurs de déchets ils ont leur importance et doivent être protégés.

54. Le Goéland de Delaware. la mauve, (ring-billed qull). Larus delawarensis. L, 18-50. Comme le goéland argenté {voir p. 55) mais plus petit; l'individu adulte a le bec traversé, près de la pointe, d'une barre ou d'un cercle.

Traits distinctifs. Sauf quand il est adulte et que le cercle sur le bec est visible, la taille est le meilleur guide pour distinguer cette espèce de celle du goéland argenté, mais le jeune goéland de Delaware n'est jamais aussi foncé que cette espèce dans sa première année. Sur le bord de la mer cette espèce peut être confondue avec la mouette à trois doigts ordinaire qui est plus petite. La présence de taches blanches terminales sur les pointes noires de l'aile sert à distinguer le goéland de Delaware. Dans la jeunesse, la coloration brune du goéland de Delaware contraste avec la coloration plus claire de la jeune mouette à trois doigts. Ce goéland manque de la bande terminale de la queue si caractéristique de ces oiseaux et a les pattes et les jambes couleur chair au lieu de noires. L'absence de la bande effilée, étroite et noire de la queue, de la tache foncée de la joue, et la grande différence dans la taille devraient suffire à distinguer cet oiseau du goéland de Bonaparte dans le plumage jeune ou d'hiver.

Indications sur le terrain. Une étude attentive des caractères susmentionnés fera connaître les seules indications connues de l'auteur.

Nid. Sur le sol, dans un nid fait d'herbes ou de matières végétales.

Habitat. Se trouve presque partout au Canada. Couve par endroits dans les régions qu'il fréquente au Canada, sauf dans les parties les plus méridionales du Dominion, dans la région inférieure des grands lacs.

Valeur économique. — Le régime d'alimentation du goéland de Delaware est le même, d'une façon générale, que celui du goéland argenté, mais il a moins d'influence à cause de sa plus petite taille.

60. Le Goéland de Bonaparte, (bonaparte's qull). Larus philadelphia, L, 14. C'est le plus petit de nos goélands de l'Est. Sa coloration générale ressemble à celle du goéland argenté ou du goéland de Delaware, mais l'individu adulte a un capuchon noir sur la tète et le cou. Les oiseaux jeunes et d'hiver n'ont pas le capuchon, mais ont à l'oreille une tache foncée ou voilée ou peu distincte.

Traits distinctifs. Le capuchon noir sert à distinguer ce goéland-là de toutes les espèces de l'est dans leur plumage d'été. Dans l'ouest de l'Ontario on rencontre parfois le goéland de FrankUn. C'est un oiseau légèrement plus grand avec un bec rouge prononcé, et ses pattes presque noires au heu d'avoir le bec noir, des pattes d'un rouge corail, et les pointes des primaires en vue sont presque toutes noires au lieu de blanches avec de

petites pointes noires. Les jeunes oiseaux peuvent se reconnaître à leur tache noire à l'oreille. Ils se distinguent de la mouette à trois doigts, à laquelle ils ressemblent im peu à cause de la partie antérieure de son aile étendue, soit par la bordure noire postérieure de son aile — comme une bordure de deuU — soit par la bande terminale foncée de la queue. Le goéland de Bonaparte peut quelquefois être confondu avec d'autres sternes, mais sa charpente et son action plus lourdes, et l'absence de la moindre apparence d'une queue fourchue devraient rendre la différenciation relativement facile.

La mouette rieuse qui se rencontre parfois sur nos côtes maritimes du sud ressemble beaucoup à cette espèce, mais les plumes extérieures des ailes sont noires au lieu d'être presque toutes blanches, et elle élève des petits et n'émigre pas en hiver. Mais elle est si rare qu'il faut beaucoup de précautions avant de garantir son identité.

Indications sur le terrain. La taille, le capuchon noir chez les adultes d'été, le blanc sur le bord antérieur des ailes, la couleur du bec et des pattes constituent les meilleurs caractères pour reconnaître cet oiseau à l'état vivant.

Nid. Sur des troncs d'arbre, des buissons ou des arbres, quelquefois à 20 pieds audessus du sol.

Habitat. Les endroits où il couve ne sont pas très bien connus, mais il a été trouvé qu'il nichait dans l'Alaska et le Nord-Ouest. Cet oiseau se rencontre en hiver ou pendant leur migration partout au Canada.

Ce petit goéland est plus souvent aperçu comme troupe de passage ou de visite que les autres espèces. Il fréquente aussi plus que ces espèces, les marécages et les terrains inondés, et se voit rarement comme un oiseau solitaire. Il manifeste des goûts de sociabilité et les troupes semblent être maintenues ensemble plus par leurs dispositions sociables que par cette communauté d'intérêts qui prédomine chez les autres espèces de goéland.

Sous-famille — Steminse. Sternes.

Description générale. Les sternes ou hirondelles de mer, comme on les appelle quelquefois, sont petites de charpente et de tenue plus légères et plus gracieuses que les goélands.

Traits distinctifs. Le bec plus léger et plus efiilé que celui des goélands (voir le bec, fig. 5, p. 20), et la queue fourchue sont caractéristiques des sternes et les distingueront habituellement sans difficulté. Toutes les espèces canadieimes ont une queue plus ou moins fourchue et toutes, à une exception près (la sterne noire), ont dans leur plumage adulte d'été, un capuchon noir très nettement défini. La forme fourchue de la queue chez les jeunes oiseaux, bien que commençant à se montrer de bonne heure dans leur développement, n'atteint son maximum qu'au moment du départ pour la saison d'hiver; de là vient que pendant l'été et l'automne beaucoup d'individus auront des fourches beaucoup plus i>etites que ne l'indiquent les mesurages.

Indications sur le terrain. La plus grande légèreté dans l'action de l'aile et ime évolution aérienne constante et rapide; le fait que les sternes plongent du haut de l'air, et l'habitude de tourner le bec droit en bas du côté de l'eau au heu de le tenir parallèlement au corps sont des faits caractéristiques. Les queues fourchues et les capuchons noirs sont aussi de bons signes pwur reconnaître les individus adultes.

Nid. Tandis que les goélands semblent préférer les rivages rocheux pour y nicher, les sternes, sauf celle de Forster et la sterne noire, préfèrent les plages sablonneuses, déposant leurs œufs dans un cercle de cailloux sans autre préparation quelconque.

Habitat. Comme formant une sous-famille, les sternes fréquentent le sud plus que ne le font les goélands, bien qu'une espèce, au moins, la sterne arctique, ait été trouvée aussi loin, au nord, que se soit aventuré l'homme. "Toutes nos espèces émigrent, aucune ne restant dans l'est du Canada pendant l'hiver.

Il suffit d'observer une troupe de sternes en train de se nourrir pour reconnaître la justesse du surnom que le populaire leur a donné d'hirondelles de mer. La grâce de leurs mouvements, leurs couleurs délicates comme celles des perles, font la joie de qui aime la nature. Les sternes ont, à tout prendre, moins d'habitudes marines que les goélands et ne s'éloignent pas autant qu'eux de la terre. Elles fréquentent les ports, les rivages, les plages et se nourrissent surtout du fretin qu'elles attrapent près de la surface, par des plongeons rapides et subits du haut de l'air.

mais elles ne ramassent pas les déchets. Dans ces plongeons les oiseaux piquent une tête et font jaillir une écume blanche dans laquelle ils disparaissent un instant, mais ils ne vont jamais loin sous l'eau comme font les fous de Bassan et les cormorans.

Genre — Sterna. Sternes.

64. La Sterne Caspienne, le grand esterlette. (caspian tbrn). Sterna caspia. L, 21. (Fourchure de la queue, 1-5).' La plus grande de nos sternes canadiennes. Très semblable, quant à la couleur, à la sterne commune (voir p. 59).

Traits dislinctifs. La forte taille de cette sterne est caractéristique. Il y a deux autres espèces de même taille, mais elles sont trop rares pour qu'on fasse plus que de les mentionner en passant. La sterne Caspienne est aussi grande que quelques-uns des plus petits goélands; mais son bec quoique relativement gros pour une sterne est trop gracieux et pointu pour ressembler à celui du goéland.

Indications sur le terrain. Coloration caractéristique de la sterne, sa tenue et sa taille sont les meilleures indications de ce genre. C'est une grande sterne commune avec une queue moins profondement fourchée. Sa voix est tout à fait différente de celle des espèces plus petites, étant plus forte et moins rauque.

Nid. Sur les plages sablonneuses, sur les îles rocheuses ou à gravier.

Habitat. C'est une espèce presque cosmopolite. Trouvée dans l'ancien comme dans le nouveau monde. Se rencontre assez irrégulièrement dans tout le Canada, mais les localités où elle couve sont rares et disséminées à travers le continent depuis le lac Winnipeg jusqu'au Labrador.

L'habitat singulièrement disséminé et irrégulier de cette magnifique sterne fait croire que c'est une espèce qui disparaît peu à peu. C'est là un fait tout à fait regrettable puisque c'est un des plus beaux de nos oiseaux de mer, et il faut espérer qu'une surveillance attentive des localités où couve cette sterne sera entreprise de façon que l'oiseau continue à orner nos cours d'eau.

Valeur économique. Bien qu'elle se nourrisse surtout de poisson c'est surtout du fretin qu'elle fait sa proie. La rareté de cette espèce l'empêche de causer un dommage de quelque valeur.

69. La Sterne de Forster. (forster's tern). Sterna Jorsteti. L, 15. (Fourchure de la queue 4)'. Cette sterne ressemble de très près à la sterne conmiune par sa taille et sa coloration. (Voir l'espèce suivante).

Traits distinctifs. La sterne de Forster n'a pas de ces teintes grises si déUcates sur les flancs et les parties de dessous, qui caractérisent la sterne commune et les plumes extérieures de la queue ont les barbes foncées à l'intérieur et non à l'extérieur du tuyau.

Indications sur le terrain. Les parties de dessous, d'une blancheur parfaite, sont les indications les plus sûres sur le terrain. La voix est plus rauque et plus profonde que celle de la sterne commune et peut toujours se reconnaître quand on l'a une fois entendue. L'espèce est si rare à l'est du lac Huron qu'il ne faudrait l'identifier à l'état vivant qu'avec des oiseaux qu'on aurait dans la main.

Nid. Sur de petits monticules, dans les marécages herbeux; le nid est fait de fragments de végétation de rebut.

Habitat. Oiseau de l'ouest ou de l'intérieur. Autrefois il nichait sur la rivière Détroit, mais il semble avoir déserté cette station, et aujourd'hui il couve plus loin à l'ouest.

Ces sternes fréquentent les marécages plutôt que les plages et ne se rassemblent pas en troupes comme la sterne commune. Il faudra les chercher comme individus à part dans des troupes d'oiseaux d'autres espèces.

Valeur économique. Bien que mangeurs de poissons, leur taille et leur habitat les empêchent de faire du mal.

• Ce mcsurage montre la différence de longueur entre les plumes médianes et extérieures de la queue. Une grande partie de la longueur totale de ces oiseaux consiste en ce que les plumes extérieures de la queue sont extrêmement allongées, et ces plumes là n'atteignent pas leur maximum chez les jeunes oiseaux. De là vient que nous donnons ce chiffre pour corriger le mesurage ordinaire qui est très souvent extrêmement trompeur.

70. La Sterne commune, (common tbrn). Stema hirundo. L, 15. (Fourchure de la queue, 3-0).' Planche II B.

TTaits distinctifs. Les barbes foncées extérieures au lieu d'intérieures sur les plumes externes et longues de la queue, et la poitrine d'un gris délicat au lieu d'un blanc très pur, ainsi que le sont aussi les parties de dessous, distinguent la sterne commune de la sterne de Forster. Son cri très particulier est aussi facile à reconnaître (voir l'espèce précédente). Le gris de la poitrine et des dessous est plutôt moins prononcé que dans la sterne arctique; les pattes et les pieds sont certainement plus forts et plus lourds. Le bec est d'habitude de couleur foncée vers la pointe, tandis que celui de la sterne arctique est uniformément rouge. Les jeunes ont ime demi-teinte brune en dessus et un bec noirâtre. Chez les individus adultes en hiver le capuchon noir est remplacé par un collet plus ou moins rompu sur le derrière de la tête et la partie supérieure du cou. Avec ce plumage la sterne de Forster a une large raie noire en travers de l'œil.

Indications sur le terrain. Sauf en quelques localités où l'on sait que d'autres sternes se rencontrent, il est toujours bon d'en conclure que c'est là l'espèce qu'on a vue. Les parties de dessous, couleur gris-perle, peuvent quelquefois la distinguer de la sterne de Forster, mais son cri plus aigu la fera toujours reconnaître; cependant il est di£Bcile de la distinguer de la sterne arctique laquelle, du reste, ne doit pas être cherchée ailleurs que sur la côte extrême de notre mer de l'Est.

Nid. Dans les creux des plages sablonneuses.

Habitat. Une espèce circompolaire qui voyage jusque dans l'Amérique du Sud et l'Afrique. Plus ou moins commune dans tout le Canada, et niche dans les localités favorables dans tout son habitat canadien.

C'est cette sterne qui abonde le plus dans tout l'est du Canada. Commune autour des rivages sablonneux, moins abondante sur les rivages rocheux, on peut la voir sur n'importe laquelle des grandes étendues d'eau salée ou douce, pendant l'été. La merveilleuse légèreté des ailes, les cercles gracieux qu'elle trace, un moment planant de ses ailes qui battent rapidement, et stationnaire dans l'air en fixant ses yeux sur la proie qu'elle convoite tout au-dessous d'elle, le moment d'après, fondant comme un poids lourd dans une eau écumante, tout cela charme constamment le spectateur qui recherche le beau. Son cri perçant, un peu dur, s'harmonise admirablement avec la houle des vagues et avec tout l'encadrement des effets maritimes.

Valeur économique. Quoique assez nombreuse dans les localités favorables, cette espèce l'est trop peu pour être sérieusement destructrice.

71. La Sterne arctique, (arctic tern). Stema paradisœa. L, 15-50. (Fourchure de la queue 4-50).' Ressemble de très près à la sterne commune (voir plus haut) par la taille et la couleur.

Traita distinctifs. La sterne arctique a, plus que la sterne commune, la couleur grise un peu plus foncée répandue sur la poitrine et les parties de dessous. Le bec est rouge à la pointe, les pieds et les pattes sont très petits et faibles. L'étendue de son domaine la distingue de la sterne de Forster, et il n'y a que la sterne commune et la sterne rosée avec lesquelles on puisse la confondre, mais cette dernière est trop rare dans les eaux canadiennes pour qu'il en soit question.

Indications sur le terrain. Il n'y a pas d'indication sur le terrain qu'on puisse donner au moyen de laquelle cette espèce puisse être reconnue avec certitude, mais la couleur uniformément rouge du bec est un signe reeommandable. Dans l'est du Canada c'est une espèce de la côte maritime et il ne faudrait la mentionner comme vue réellement que là où l'on sait qu'elle se rencontre habituellement.

Nid. Dans les creux des plages sablonneuses.

Habitat. Presque cosmopolite, mais plutôt dans l'Est et les régions polaires du Canada; rarement, peut-être jamais dans la région des grands lacs. Elle est remarquable en ce qu'elle dispose d'un champ de migration de la plus grande étendue parmi toutes les espèces d'oiseaux. Bien qu'elle vole en été jusque vers le pôle nord, elle hiverne au sud jusqu'au continent antarctique.

> Voir la Dote, page 58.

Les remarques faites à propos de la sterne commune s'appliquent également dans le cas de la sterne arctique, si l'on se rappelle que l'habitat de cette espèce n'est exactement que dans l'Est et au pôle nord.

Valeur économique. La petite taille du fretin dont elle se nourrit, et l'abondance de ce poisson dans la mer fait de cette sterne, une espèce aussi inoffensive que toute autre sterne.

Genre — Hydrochelidon. Sternes noires.

77. La Sterne noire, (black tebn). Hydrochelidon nigra. L. 10, (Fourchure de la queue 0-8)'. C'est la plus petite de nos sternes communes, le gris ardoisé foncé devenant un noir mat sur la tête, le cou et les parties de dessous.

Traits distinctifs. La description qui précède suffit à distinguer les adultes d'été. Les oiseaux d'hiver et ceux non développés ont une face d'un blanc sale, comme la gorge, le tour du cou et les parties de dessous, et le gris au-dessus est teinté plus ou moins de brun. Cet oiseau est cependant toujours beaucoup plus foncé que les plumages correspondants d'autres espèces. Ce fait et la petite taille de l'oiseau suffiraient à le différencier toujours des autres espèces.

Indications sur le terrain. La taille et la coloration font que cette espèce est facile à reconnaître à l'état vivant.

Nid. Sur de petits monticules tels que de vieux nids de rats musqués, ou les débris flottants dans les marécages; le nid est fait de matières végétales.

Habitat. La sterne noire américaine est un oiseau de l'intérieur qui niche depuis les grands lacs jusque vers les régions de l'Ouest.

SOUS-ESPÈCES. La sterne noire se rencontre à la fois en Europe et en Amérique sous des formes sous-spécifiques aUiées desquelles celle d'Europe est le type. La sterne noire d'Amérique Chlidonias nigra surinamensis est la seule sous-espèce qui nous intéresse

C'est un oiseau des marécages de l'intérieur. On le voit rarement sur les grandes étendues d'eau, mais dans l'intérieur de son domaine ordinaire aucune étendue d'eau marécageuse n'est sans cet oiseau. Ses habitudes générales ressemblent beaucoup à celles des autres sternes.

Valeur économique. La quantité d'insectes qui entrent dans la nourriture de cet oiseau est probablement plus grande que celle des autres sternes. Dans le Sud on sait qu'il mange les larves des charançons du cotonnier et suit le laboureur de l'ouest pour happer les vers retournés avec la terre. C'est pourquoi nous pouvons hasarder l'opinion que cette sterne est réellement utile. En tout cas le poisson qu'elle prend vit dans la fange et a peu d'importance économique.

Ordre — Tubinares. Palmipèdes à narines tubulaires.

Description générale. Infatigables voiliers sur les mers profondes, de tailles diverses depuis le grand albatros jusqu'au petit pétrel. Coloration ordinairement terne et uniforme.

Traits distinctifs. Les narines sont encaissées dans des tubes placés au sommert du bec même (figure 11, p. 21).

Indications sur le terrain. Habitudes générales quant au vol et coloration uniforme. Il est nécessaire de se familiariser avec les diverses espèces afin de pouvoir reconnaître les membres de cet ordre.

Nid. Sur le sol ou dans les terriers de localités isolées; souvent sur des îlots rocheux au loin dans la mer vers lesquels ils trouvent leur route de quelque façon mystérieuse et inexplicable.

Habitat. Comme famille, ce sont des oiseaux de l'hémisphère sud, car c'est là qu'ils atteignent leur plus complet développement comme quantités d'individus et d'espèces. Toutefois quelques-uns habitent le nord jusqu'aux confins du pôle.

Les palmipèdes à narines tubulaires sont essentiellement des oiseaux marins, ne touchant la terre ferme que pour la couvaison. L'océan est

iVoir la note au bas de la page 5S.

leur habitation et les déchets qu'il ballotte suflBsent à tous leurs besoins sauf ceux de l'élève des petits. Ces oiseaux, par conséquent, considérés comme classe ne fréquentent pas les eaux basses et ne sont vus communément que par les marins des eaux profondes, les pêcheurs du large et les voyageurs transatlantiques. Il y a deux familles de cet ordre: les albatros, Diomedeidœ, et les fuknars, les puffins et les pétrels, Procellariidœ, qui sont appelés ici, pour la commodité, les Petits nageurs à narines tubulaires à cause de leur moindre taille. Comme il n'y a pas d'ailleurs d'albatros sur notre côte de l'Est nous n'avons affaire ici qu'aux Procellariidœ.

Valeur économique. Eu égard à leur habitat pélagique ils n'offrent que peu ou point du tout d'intérêt économique.

FAMILLE PBOCKLLARIID^. PLUS PETITS PALMIPÈDES X NARINES TUBU- LAIRES, FULMARS, PUFFINS ET PÉTRELS.

Sous-famille — Fulmarinse. Fultnara.

Description générale. Voir la description de l'ordre qui précède.

Traits distinctifs. Les petits nageurs à narines tubulaires sont plus petits que les albatros et sont les seuls membres de cet ordre qu'on trouve ordinairement sur notre eôte de l'Est.

Indications sur le terrain. Coloration générale et façons de voler. Ailes étendues avec roideur depuis le corps, puis de longs glissements tranquilles sur des ailes immobiles (fulmars et puffins) ou de petits coups d'ailes à leur surface d'un côté de la vague à l'autre. cAté, les pieds quelquefois servant de rames comme si l'oiseau courait sur la surface (pétrels).

Habitat. Cette famille est distribuée sur les océans du globe d'un pâle à l'autre. Bien que plusieurs espèces soient régulièrement limitées à l'hémisphère sud ce sont de grands voyageurs et la liste de ceux qui vagabondent sur nos côtes septentrionales est relativement grande. Il y a beaucoup d'espèces sur le compte desquelles on sait peu de chose et nos connaissances touchant plusieurs d'entre elles se bornent à des spécimens ou uniques ou très peu nombreux qui sont tombés sous la main d'un collectionneur. D'autres espèces que celles indiquées ici peuvent se rencontrer siir nos côtes ou même par occasion sur les grands lacs, mais on ne peut les identifier qu'avec beaucoup de précaution.

Valeur économique. Bien que se nourrissant presque exclusivement de poisson et de déchets leur habitat sur les mers profondes leur enlève toute importance économique.

Genre — Fulmarus. Fulmars.

86. Le Fulmar. (rcLMA»). Fulmarus glacialis. L, 19. Grand oiseau de la coloration du goéland (phase claire) ou uniformément foncée, gris ardoisé (phase noire) et narines tubulaires.

Traita distinctifs. C'est l'un des plus grands parmi les petits à narines tubulaires, uniformément gris ou blancs et coloration gnse comme celle des goélands.

Indications sur le terrain. Façons de voler, ailes étendues avec roideur, longs gMssements, en outre la coloration claire ou grise au lieu de brun foncé comme chez les puffins qui se rapprochent des fulmars par la taille, devraient rendre ordinairement cette espèce reconnaissable à l'état vivant.

Le fulmar se rencontre sous la forme sous-spécifique apparentée sur les deux océans Atlantique et Pacifique. Le fulmar de l'Atlantique présente la forme type.

Nid. Niche en nombreuses troupes sur les bords des falaises rocheuses.

Habitat. Le fulmar est un oiseau du nord de l'Atlantique nichant sous les hautes latitudes et qui voyage vers nos côtes méridionales.

Plus fréquemment aperçu par les chasseurs de phoques et de baleines, dont le métier abandonne des déchets qui attirent beaucoup de fulmars. Ils sont aussi aperçus par les voyageurs transatlantiques en plein océan ou près des côtes.

Valeur économique. Sans importance économique.

Sous-famille— Puffininse. Puffins et Pétrels.

Genre — Puffinus. Puffins.

Description générale. Nageurs à narines tubulaires longs de 17 à 20 pouces. Les tubes des narines sont apparents, mais bien moins prononcés que chez le fulmar ou le pétrel.

Trotte distinctifs. Les deux seules espèces de l'Est canadien que l'observateur ordinaire rencontrera probablement sont ou très foncées ou paraissent de loin presque d'un noir de corbeau.

Indications sur le terrain. Les ailes longues et étroites tenues très raides et normalement au corps; les longs glissements d'un demi-mille ou davantage sur des ailes immobiles, sont des indications caractéristiques. Leur couleur dans les tons bruns devraient les distinguer du fulmar qui est gris mais qui a passablement les mêmes façons de voler.

Nid. On sait très peu de choses des habitudes de couvaison des puffins. Il y en a beaucoup qui nichent dans l'hémisphère sud et qui émigrent vers le nord en été.

Habitat. Sont répandus ou errants sur la plupart des océans du globe. Les endroits où ils nichent sont de petites îles solitaires presque toutes inconnues.

Les puffins sont d'admirables voiliers, affrontant les tempêtes et les bourrasques avec l'aisance et la grâce des hirondelles. L'observateur ordinaire ne les voit que rarement, à moins que ce ne soit du pont d'un transatlantique.

Valeur économique. Glanant à la surface de la haute mer, prenant le menu fretin ou les déchets que jettent les bateaux pêcheurs, les baleiniers surtout, l'influence économique de ces oiseaux est trop minime pour s'apprécier.

89. Le Grand Puffin. (greateb shearwater). Puffinus gravis. L, 20. Le plus grand de nos puffins ordinaires, plus clair en dessous, avec les plumes sous la queue gris cendré.

Traits distinctifs. La couleur claire des dessous devrait distinguer cet oiseau-ci du puffin f uUgineux et sa couleur brune du dos au lieu de la couleur grise, sa coloration panachée le différencient du fulmar.

Indications sur le terrain. Ses façons de voler, ainsi qu'elles ont été décrites plus haut en même temps que sa coloration brune et les dessous blancs le distingueraient, à l'état vivant, soit du fulmar soit de l'espèce suivante.

Nid. On sait très peu, peut-être même rien, des habitudes de couvaison de cette espèce. Elle niche probablement dans l'hémisphère sud sur des tlots déserts qui ne sont pas connus au point de vue ornithologique.

Valeur économique. Sans importance économique.

95. Le Puffin fuligineux, (sooty shearwater). Puffinus griseus. L, 17. Le plus petit de nos deux puffins les plus communs. Brun très foncé, presque noir, un peu plus clair en dessous.

Traits distinctifs. La taille, quand il est possible de l'estimer ou de la mesurer, et coloration générale foncée.

Indications sur le terrain. Les habitudes de son vol comme elles sont décrites au mot puffin et son aspect à l'état vivant, noir très foncé, presque noir de corbeau — telles sont probablement les meilleures indications.

Nid. Dans des creux du sol.

HabitcU. Sur les océans de l'hémisphère sud, ne voyage que rarement vers nos rivages en été.

Les deux puffins et le pétrel de Wilson sont les seules espèces d'oiseaux canadiens dont on sait qu'elles nichent à l'extrémité australe et non boréale de leur champ de migration. Les spécimens qu'on voit ici en été sont des oiseaux migrateurs non de couvage.

Valeur économique. Sans importance économique.

Genres — Oceanodroma et Oceanites. Pétrels.

Deaeription générale. L'espèce canadienne de pétrels comprend de petits oiseaux, à peine aussi gros que les rouges-gorges et d'une coloration uniforme d'un brun foncé.

Traits disiinctifa. Petite taille; coloration généralement d'un brun fuligineux, le croupion blanc.

Indications sur le terrain. Taille, couleur comme ci-dessous et l'habitude de courir de haut en bas des vagues comme s'il marchait sur l'eau sont les indicateurs du pétrel.

L'origine du nom de pétrel vient de Pierre qui marcha sur les eaux de la mer de Galilée. Ces oiseaux sont aussi connus des marins et des voyageurs sous le nom de «Poulets de la mère Carey» et leur présence est un présage de tempête, à ce qu'on dit. Malgré leur taille très petite on les rencontre très loin sur la mer et ils ne sont aperçus que rarement par le débardeur sauf dans le voisinage de leurs nids.

Valeur économique. Les pétrels, quoique se nourrissant de pois6on« sont très petits et leur habitat est trop éloigné de la civilisation pour avoir une importance économique appréciable.

106. Le Pétrel de Leach. (leach's pétrel). Oceanodroma leticorhoa. L, 8. Petit oiseau d'im brun fuligineux, un peu plus clair en dessous, avec un croupion blanc. Queue fourchue d'un demi-pouce de profondeur.

Traits distinctifs. Sa queue fourchue, sa coloration un peu plus claire, et ses pieds noirs le distingueront du pétrel de Wilson, le seul qu'on pourrait confondre avec lui.

Indications sur le terrain. La petite dimension de la fourche caudale est peut-être le signe spécifique le plus sûr à l'état vivant.

Nid. Dans les creux du sol ou sous les pierres.

Habitat. Il habite les deux océans, le Pacifique et l'Atlantique du Nord, couvant sur le côté est du continent depuis le Groenland jusqu'à l'État du Maine.

C'est là le seul pétrel qui couve sur nos côtes. Il peut être très abondant par endroits dans la saison de couvaison et le sol peut être criblé de ses trous sans que l'on puisse même soupçonner sa présence. Il reste dans son trou pendant le jour, mais de nuit il en sort en grande quantité tournoyant dans le voisinage désert, faisant entendre un petit chant sourd, étrange, souvent répété et d'un effet surnaturel.

Valeur économique. Sans importance.

109. Le Pétrel de Wilson. (wilson's pétrel). Oceanites oceanicus. h, 7. Oiseau un peu plus petit que le pétrel de Leach, de la même couleur générale, mais avec une queue un peu plus foncée, moins fourchue, et avec les palmures des doigts presque toujours jaunes au lieu de tout à fait noires.

Traits distinctifs. De plus petite taille; coloration un peu plus foncée; queue carrée au lieu de fourchue, et les palmures jaunes des doigts distingueront ce pétrel de celui de Leach. Le pétrel pélagique se rencontre aussi, dit-on, au large de la côte de l'Atlantique, mais il est trop rare pour être décrit ici. Il faudrait une preuve irrécusable de sa présence. On le reconnaît parce que les plumes blanches du croupion ont les bouts noirs.

Indications sur le terrain. La queue carrée au lieu de légèrement fourchue est le signe probablement le plus digne de confiance, pour identifier ce pétrel à l'état vivant; mais encore faut-il un examen très exact pour faire la distinction.

Nid. Dans des trous du sol ou des crevasses de rochers.

Habitat. Du pôle antarctique au Labrador, et jusqu'aux îles britanniques à travers l'Atlantique.

Le pétrel de Wilson est remarquable parce que c'est une des très rares espèces de l'Amérique du Nord que l'on sait nichant à l'extrémité sud de leur champ de migration. Aussi les individus que nous voyons ici en été sont migrateurs et ne nichent pas.

Ordre — Steganopodes. Palmipèdes totipalmés.

Description générale. Oiseaux avec membranes entre les quatre doigts, faisant trois membranes au lieu des deux ordinaires comme dans d'autres (fig. 6, p. 20).

Traits distinctifs. Les caractères des pieds sont toujours des éléments servant à distinguer ces oiseaux.

Les totipalmés canadiens se divisent en trois familles: Sulidœ, les fous ^de Bassan; Phalacrocoraddœ, les cormorans; et Pelecanidœ, les pélicans. Il y a d'autres familles qu'on a rencontrées ou qu'on peut rencontrer par occasion au Canada, mais qui sont trop rares pour être mentionnées ici.

Valeur économique. Cet ordre — composé de gros oiseaux, se nourrissant tous de poissons et plusieurs fréquentant en grand nombre des eaux soit près des côtes soit à l'intérieur des terres — n'est pas à l'abri de quelque soupçon quant à ses effets économiques. Toutefois il ne faudrait prendre aucune mesure contre aucune espèce avant d'avoir trouvé, par une recherche soigneuse, que la chose fût néc^saire.

FAMILLE — SULID.œ. FOUS OU FOUS DE BASSAN.

Detcription générale. Gros oiseaux, la plupart blancs à l'âge adulte; bec sùgu et droit sans crochet ni poche prononcée de la gorge ou du gosier.

Traits distinctifs. Les caractères du bec dans cette famille servent à la distinguer de tous les oiseaux saiiJf de ceux des tropiques, dont une espèce a été importée de Terreneuve. Mais comme les oiseaux des tropiques ont les plumes médianes de la queue énormément allongées il y a peu de chances de confusion, alors même qu'ils ne seraient pas trop rares dans nos eaux pour mériter une description détaillée.

Les fous de Bassan sont essentiellement des oiseaux de mer qu'on ne voit jamais loin de la mer sauf comme vagabonds. La famille, â tout prendre, est tropicale, et il n'y en a qu'une seule espèce au Canada.

117. Le Fou de Bassan. le marqot. (gannet). Sula bassana. L, 35. C'est un palmipède à membranes complètes avec un bec droit sans crochet prononcé ni poche remarquable de la gorge ou du gosier.

Traits distinctifs. Les caractères du bec sont distinctifs. L'individu adulte est tout à fait blanc à l'exception des primaires noires et d'une riche couleur crème répandue sur la couronne et le derrière du cou. Le jeune oiseau de l'année est brun grisâtre, plus clair en dessous, et chaque plume a un petit V blanc à la pointe qui répand une bigarrure sur le tout. Diverses phases intermédiaires tachetées se présentent parmi ces plumages

Indications sur le terrain. Un corps d'un blanc éblouissant et des bouts d'ailes toutes noires chez l'adulte sont des indications sûres. L'habitude de plonger au vol et de tomber dans l'eau la tête la première comme une flèche pour rester sous l'eau pendant un certain temps est également caractéristique. Les sternes plongent aussi au vol mais elles s'élèvent de l'eau presque immédiatement et rarement elles disparaissent de la vue comme les fous de Bassan. De plus, la grande différence de taille est un témoignage suffisant.

Nid. Niche en bandes nombreuses sur les étages rocheux des falaises maritimes; nids faits d'algues marines.

Habitat. Les deux côtés du nord de l'Atlantique nichant au Canada seulement sur le Bird Rock au large des îles de la Madeleine et sur l'île Bonaventure, comté de Gaspé (Québec), deux endroits situés dans le golfe du Saint-Laurent.

Le fou de Bassan avait autrefois un habitat beaucoup plus étendu et plus ordinaire qu'aujourd'hui; il nichait sur plusieurs îlots rocheux des deux rives du nord de l'Atlantique. N'ayant que peu de valeur comme aliment ou autrement, sauf dans les plus pauvres populations, il a été refoulé d'une station de couvaison à l'autre, si bien que dans le nouveau

monde il ne reste que deux de ces stations et, à moins que des mesures ne soient bientôt prises, celles-là aussi auront le sort des autres.'

Valeur économique. Bien que les fous de Bassan aient été accusés de faire beaucoup de tort aux pêcheries, leurs dégâts ont été fort exagérés. La majeure partie de la vie des fous de Bassan se passe sur la haute mer ou tout près. Quand ils viennent sur le rivage pour nicher, ils ne peuvent faire que peu d'impression sur les immenses bancs de harengs et d'autres poissons qu'ils poursuivent.

FAMILLE — PHALACKOCORACIDiE. CORMORANS.

Description générale. Grands oiseaux de coloration noire ou très foncée, avec un bec se terminant par un véritable crochet, et avec une petite poche à la gorge ou au gosier.

Traits dislinctifs. Bec et petite poche au gosier.

Indications sur le terrain. En vie les cormorans ressemblent un peu aux plongeons mais l'action de leurs ailes est assez caractéristique et peut être plus facilement reconnue que décrite. Quand il vole le cormoran porte son cou tendu et ses pieds cachés sous la longue queue, au lieu de les traîner derrière comme fait le plongeon. Sur l'eau on le reconnaît facilement à sa queue très visible et de coloration uniforme.

C'est une famille cosmopolite dont deux espèces seules se trouvent dans l'est du Canada.

Genre — Phalacrocorax. Cormorans.

119. Le Ck>nnoran ordinaire, (commun cormorant). Phalacrocorax carbo. L, 36. Voir la description de la famille, précédemment donnée.

Traits distinctifs. Si la description de la famille est présente à l'esprit, cette esf)èce peut facilement être distinguée de toutes les autres sauf de la suivante. L'individu adulte de cette espèce a un jet de blanc à la base de la poche du gosier et un autre sur le côté. Quant au reste du plumage sa taille plus grande et quatorze au lieu de douze plumes de la queue sont une indication très claire. L absence d'aigrette même chez l'adulte n'est pas un témoignage auquel on puisse se fier pour la détermination de l'espèce (voir l'espèce suivante).

Indications sur le lerrrain. Â moins que la taille ou les marques blanches ne soient très visibles il est à peine possible de distinguer les deux cormorans à l'état vivant.

Nid. Semblable à celui de l'espèce suivante.

Habitat. Dans les parties nord des trois continents. Au Canada, il est étroitement limité à la côte de l'Est et n'est aperçu que rarement à l'intérieur.

Lors même qu'on l'appelle «ordinaire » ce cormoran est le plus rare des cormorans dans l'est du Canada. L'espèce se rencontre sur la côte européenne et y fut appelé «ordinaire » à cause de la quantité qu'il y en a autour des îles britaimiques.

Valeur économique. A cause de sa rareté il est de peu d'importance économique au Canada.

120. Le Cormoran à aigrettes, (double-crested cormorant). Phalacrocorax auritus. L, 30. Voir la description de cette famille, précédemment donnée.

Traits distinctifs. Cette espèce peut facilement se confondre avec la précédente seulement. Dans le plumage de l'adulte l'absence d'un blanc quelconque à la base de la poche du gosier et sur les côtes est un signe indicateur. Pour les autres plumages, la taille et la présence de douze au lieu de quatorze plumes à la queue est un trait distinctif sûr. Au commencement du printemps les aigrettes filamenteuses sur les côtés de la tête, au lieu d'une fraise déformée comme dans les espèces précédentes, sont caractéristiques; mais ces traits se perdent de bonne heure dans la saison, avant la couvaison, et par conséquent, sont d'un médiocre secours pour déterminer l'espèce.

^ Depnia que ce paragraphe a été écrit, cee lieux ont été érigés en parages consacrés aux oiseaux et une station jusqu'ici inconnue a été signalée au delà de la cÂte du sud-est de Terreneuve.

Indications sur h terrain. Bien que les cormorans se reconnaissent aisément aux caractères donnés dans le titre de la famille, la taille et la présence ou l'absence des taches blanches sont à peu près les seuls traits qui servent à distinguer les deux espèces à l'état vivant.

Nid. Sur le sol, dans les rochers ou sur le bord des falaises; quelquefois dans les buissons ou dans les arbres plutôt bas; dans les assemblages massifs de branches ou de plantes.

Habitat. Le cormoran à aigrettes se rencontre dans le golfe du Saint-Laurent et sur les lacs des provinces des prairies. Il est plutôt rare quoique peut-être migrateur régulier sur les grands lacs.

SOUS-ESPÈCES. Ceux de l'Amérique du Nord se divisent en quatre sous-espèces dont une seule appartient au champ que couvre cet ouvrage, le cormoran à aigrette de l'Est, le type de cette race.

C'est le cormoran le plus ordinaire dans l'est du Canada. Â Rencontre des espèces précédentes il n'est pas strictement marin et se rencontre sur les eaux douces aussi bien que sur les eaux salées. Il s'empare de sa proie en plongeant et en la poursuivant sous l'eau. Au contraire du fou de Bassan il ne plonge pas eïi volant mais se pose sur la surface et puis pénètre sous l'eau d'un mouvement serpentin, en glissant comme le plongeon. Il ne reste pas sous l'eau plus de quarante secondes en règle générale.

Valeur économique. Le danger qu'il y a à généraliser hâtivement sur la foi d'observations superficielles a été bien illustré par une étude des aliments que prennent ces oiseaux dans le voisinage des rivières à saumon de la Gaspésie*. Quoique communément accusés de faire tort aux pêcheries de saumon en dévorant les petits poissons, le menu fretin, un examen très soigneux d'environ trente spécimens a démontré que les centaines d'oiseaux présents mangeaient un poisson qui n'avait aucune valeur économique, et aucun reste de salmonidés ne fut trouvé dans leurs corps. Il est probable que les anguilles, les chabots et autres poissons que prend le cormoran rendent cette espèce plutôt utile que nuisible au saumon et compensent pleinement les quelques saumons qu'il peut prendre à l'occasion. C'est là un bon exemple de la prudence qui est nécessaire avant de condamner aucune espèce d'oiseaux.

FAMILLE — PELECANID.*;. PÉLICANS.

Genre — Pelicanus. Pélicans.

Description générale. Gros oiseau avec un bec très long, aplati, une énorme poche de gorge ou de gosier.

Traits distinctifs. Cette énorme poche de la gorge, qui tient un gallon et davantage, et le long bec aplati sont des traits éminemment distinctifs.

Ces oiseaux extraordinaires sont trop rares dans l'est du Canada pour qu'il en soit parlé spécialement. Il y a deux espèces qui ont été prises quelquefois : le pélican blanc, Pelicanus erythrorhynchos, forme qui se rencontre dans l'Ouest, qu'on peut trouver vers la frontière du Manitoba puis dans l'Ouest, mais dans l'Est seulement comme vagabonds; le pélican brun, Pelicanus occidentalis, un oiseau méridional de présence purement fortuite au Canada. Les noms descriptifs sont suffisamment explicatifs pour les différencier. Le pélican blanc est de fait absolument blanc avec une pointe noire à l'aile dans tous les plumages; toute autre couleur prononcée est l'indice d'une autre espèce.

^ 1" Le cormoran à aigrette, Phalacrocarar auritus, et Bes rapports avec les industries du saumon dans le golfe Saint-Laurent." Min. des Mines, Com. géol., Canada, Bull. n° 13, Série biologique n* 5, 1915.

Ordre — Anseres. Palmipèdes au bec en crible. Palmipèdes

lamellirostres.

Description générale. Oiseaux nageurs avec quatre doigts mais seulement deux membranes, ayant un bec plus large vers l'extrémité et bordé de petites projections pareilles à des dents ou à de fines lamelles (figures 7, 8, 9, 10, p. 20) au moyen desquelles ils filtrent l'eau de leurs aliments.

Traits distinctifs. Tels que ci-dessus.

Indications sur le terrain. Le cou tendu, la queue en évidence, les rapides battements d'ailes des canards et des oies nous sont bien connus. Dans l'eau quelques espèces ont une ressemblace superficielle avec les plongeurs, mais le bec droit, étroit diffère de celui-ci, la queue tout à fait comme celle des canards, et leur disposition à s'envoler plutôt qu'à plonger quand on les dérange, facilite la différenciation.

Nid. Habituellement sur le sol, quelquefois dans des arbres creux, et quelquefois dans les nids abandonnés de corbeaux ou d'autres grands nids; mais rarement loin de l'eau. Les petits sont capables de courir çà et là et de se lancer à l'eau aussitôt après être sortis de l'œuf; mais quant à savoir comment ils sont portés à terre de la hauteur d'im arbre de 20 à 30 pieds, où est le nid, c'est là un sujet sur lequel il y a des opinions divergentes.

Habitat. Les anséridés ont un habitat répandu sur toute la terre. En Amérique la majeure partie de l'espèce couve au nord de la frontière internationale. Ils peuvent, par conséquent, être regardés comme des oiseaux d'habitat boréal. En hiver quelques-uns restent au Canada aussi longtemps que les cours d'eau sont ouverts, les autres gagnent le sud, même les eaux plus chaudes des Carolines, le golfe du Mexique et au delà.

L'Ordre des anséridés ne renferme qu'une famille — les anatidés composés des harles, canards, oies et cygnes, et comprend, par conséquent, la grande masse des gros volatiles sauvages auxquels les chasseurs font la guerre. Une des plus grandes sources de confusion, quand il s'aj^it de distinguer ces diverses espèces c'est le cas qu'on appelle l'éclipsé du plumage. Contrairement à la règle qui gouverne les changements dans le plumage, plusieurs de ces espèces jettent à la fois toutes les plumes de leurs ailes, et ne peuvent donc pas voler avant de s'être remplumées. Pendant cette période de relative impuissance causée par la mue des ailes durant la mi-été, beaucoup de mâles revêtent un plumage particulier d'un caractère moins voyant que le plumage normal, qui se rapproche ordinairement de celui de la femelle, et ce qu'on appelle l'éclipsé du plumage. Dans l'entre-temps les oiseaux se retirent dans les parties les plus reculées de leur habitat de façon à n'être vus que rarement par le passant. Lorsque s'ouvre le temps de la chasse la plupart de ces oiseaux sont sortis du plumage de l'éclipsé, mais le petit nombre de ceux qui en gardent encore les traces est cependant assez grand pour augmenter le chiffre des plvunages qu'on peut reconnaître et pour en compliquer la différenciation.'

Vakur économique. L'ordre des anséridés est, au point de vue économique, im des plus importants parmi les oiseaux; non pas comme pour d'autres oiseaux, à cause de leurs habitudes alimentaires, car celles-ci n'ont qu'une influence négative dans les affaires humaines, mais pour d'autres raisons. En effet, aux premiers temps de la colonisation du pays ces oiseaux fournirent des aliments très importants aux habitants dans leur lutte "pour la vie; et même aujourd'hui le nombre annuel des oiseaux tués par les chasseurs, constitue un appoint considérable à nos ressources alimentaires.

1 Une autre source asses commune de confusion, c'est l'existence trop fréquente d'une coloration rouge rouille qui se montre souvent sur diverses parties de la t^te ou du corps et qui est commune à beaucoup d'espèces d'anaéridés. Cette couleur est due à un dépôt ferrugineux dans l'eau où habitent les oiseaux en question, et ne doit pas Ctre regardée comme la coloration normale du plumage.

FAMILLE — ANATIDiE. CANARDS, OIES ET CYGNES.

Description générale. Comme cette famille est la seule comprise dans l'ordre dee anséridés la deBcription sous le titre antérieur s'applique ici également et ne demande pas à être répétée.

La famille est divisée en cinq sous-espèces: les merginés ou harles; les anatidés ou canards de rivière; les fuligulinés ou canards de mer; les ansérinés ou oies; et les cygninés ou cygnes. Pour les caractères de ces oiseaux, voir sous les titres qui les concernent et qui suivent.

Sous-famille — Merginae. Harles, Canards pêcheurs, Becs-scie.

Description générale. Des canards mangeurs de poissons, avec un bec plus cylindrique, en pointe, spatule ou aplati, moins spatule ou aplati cjue chez les autres canards (fig. 7, p. 20). Les bords tranchants des mandibules ont une série de dentelures d'où est venu le nom populaire de «bec-scie». L'ongle à la pointe du bec forme un crochet petit mais bien visible. Le doigt postérieur est développé pareil à celui des canards de mer, mais très différent du doigt postérieur des canards de rivière dont il va être question. Les mâles ont des couleurs brillantes et frappantes, presque toujours blanches et noires. Les femelles ont des couleurs sombres avec la tête et le cou rouges. La plupart des plumages ont des aigrettes. Chez les femelles et les jeunes oiseaux les aigrettes sont ébréchées et sans formes bien distinctes.

Traits distinctifs. Le bec est toujours im signe caractéristique qui distingue facilement les harles des canards de mer qui leur ressemblent par la forme du doigt postérieur.

Indications sur le terrain. Forme de canard très évidente combinée avec le bec long, mince, cylindrique, et légèrement crochu.

Nid. Les harles sont pour la plupart des hôtes de rivières à l'époque de la couvaison, nichant soit sur le sol, entre les roches, soit dans les arbres creux.

Habitat. C'est ime petite famille dont les membres habitent l'hémisphère nord.

Les harles se nourrissent de poissons et de mollusques saisis sous l'eau et en plongeant; pour cette méthode de s'alimenter leur bec crochu et dentelé est merveilleusement fait et utile. Ces oiseaux fréquentent pendant la période de la couvaison, surtout les eaux douces, bien qu'ils se voient en grand nombre près de la mer. Leur chair n'est pas recherchée quoique de jeunes oiseaux d'automne bien accommodés ne soient pas à dédaigner.

Valeur économique. Les harles mangent le poisson et, dans certaines eaux, comme vers la source des saumons de rivières, ils font des dégâts appréciables. Les cours d'eau à truites sont trop petits pour ces espèces, et comme on n'a point examiné avec soin le contenu des estomacs il ne faudrait pas condamner ces harles sans une connaissance plus exacte du sujet.

Genre — Mergus. Hf,rles.

129. Le Harle d'Amérique, (american merqanser, saw-bill, ooobander,) Mergus americanus. L, 25. De la même apparence générale que l'espèce suivante (planche III A) mais les mâles sans aigrettes ni la bande rouge de la poitrine.

Traits distinctifs. Voir l'espèce suivante.

Indications sur le terrain. La coloration générale et l'absence des aigrettes ou de la bande pectorale chez le mâle sont distinctives. Quand ils volent, la tête longue, tendue avec le cou, et le dos généralement gris distingueront les femelles de ces deux merginés, d'avec les autres canards qui ont des plaques blanches aux ailes.

Nid. Dans les arbres creux ou dans les cavités des rochers près de l'eau; le nid est fait avec des herbes.

Habitat. Il se trouve partout sur le continent; il niche dans tout l'est du Canada sauf dans les parties méridionales.

Le harle d'Amérique est un oiseau des étendues d'eau plutôt petites que grandes, de là vient qu'il est moins commun sur les plus grands lacs

ou sur la mer que son semblable à poitrine rousse. A cela près les remarques faites sur cette dernière espèce s'appliquent au harle d'Amérique car leurs habitudes sont pareilles.

130. Le Harle à poitrine rousse, le bec-scie, le hable huppé, (red-bkeasted UEHQAiiSER) . M ergiis serrator. L, 22. (Planche III A).

Traits distinctifs. L'aigrette hérissée et la bande pectorale rougeâtre séparée de la tête par un col blanc très en vue, sont suffisantes pour reconnaître le mâle. La femelle et les jeunes de cette espèce et de la dernière sont très semblables. Le bec est cependant de charpente plus légère et les narines sont un peu plus rapprochées de la base que chez le harle d'Amérique. La tête n'est pas d'habitude d'un bnm aussi riche et la gorge supérieure est d'une teinte un peu plus claire de la même couleur et non pas blanche conune dans cette dernière esi>èce.

Indications sur le terrain. L'aigrette et la bande pectorale du mâle adulte et l'absence du blanc de la gorge supérieure chez les femelles et les jeunes oiseaux distingueront le harle à poitrine rousse, du harle d'Amérique. L'apparence grise du dos et la longueur de la tête et du cou tendus en avant feront connaître les becs-scie des autres canards qui ont des plaques blanches aux ailes.

Nid. Sur le sol près de l'eau, quelquefois sur les arbres.

Habitai. Se rencontre plus ou moins dans tout le Canada, nichant partout où on le trouve sauf dans les parties méridionales.

C'est un oiseau des eaux libres de glace, aussi est-il plus souvent aperçu sur les lacs ouverts et sur mer, que ne l'est l'espèce précédente. Valeur économique. Voir au titre de la sous-famille.

Genre — Lophodytes. Petit Harle.

131. Le Petit Harle. (hooded mebganbeb). Lophodytes cuctdlatus. L, 17-50.' C'est le plus petit de nos harles. Le mâle est un oiseau de couleurs blanche et noire très frappantes avec des côtés d'un brun châtaigne. Son ornement distinctif, le capuchon, est une aigrette plate, pareille à un disque, partant de la base du bec, en forme d'arche sur la couronne, rencontrant le cou à la base de la tête et d'une coloration blanche généralement très pure avec un rebord noir étroit. La femelle est un oiseau de couleur presque sans éclat avec \m corps brun sombre, plus clair en dessous, et avec une aigrette hérissée un peu rougeâtre, de forme semblable à celle représentée (planche III A).

Traits distinctifs. Le capuchon du mâle ne ressemble à rien de ce que portent les oiseaux américains. La femelle peut toujours être distinguée des autres harles par sa petite taille.

Indications sur le terrain. Le capuchon du mâle, aigrette rougeâtre et la taille de la femelle.

Nid. Dans les arbres creux.

Habitat. A travers tout le continent, mais plus rare dans l'Est que dans l'intérieiu-. Niche en des endroits choisis partout où on le trouve au Canada.

Le petit harle est un oiseau de l'intérieur, des étangs paisibles et des cours d'eau en pays boisé. C'est le plus comestible des harles; ce fait, ajouté à la déforestation continue et au peu d'empêchements mis à la chasse du gibier, expliquent que cet oiseau disparaît de plus en plus.

Valeur économique. Il est douteux qu'on puisse porter de sérieuses accusations contre le petit harle, comme se repaissant d'animaux utiles.

Sous-famille — Anatinse. Canards de rivières et d'étangs.

Description générale. Canards typiques avec le bec aplati et en spatule, terminé par un ongle plat, avec des lamelles filtres, le long des rebords intérieurs (fig. 8, p. 20) au lieu de petites projections en forme de dents. Les pieds avec un doigt postérieur petit quoique bien formé, non modifié en un lobe plat ou appendice semblable à une nageoire.

Traits distinctifs. Le bec distinguera les canards de rivière des harles et le doigt postérieur comme c'est dit plus haut, des canards de mer.

Indications sur le terrain. Quand la vue sera des plus favorables, le bec fera distinguer les anatinés des harles. La plus grande longueur du cou et le corps plus mince sont des indications faibles et plutôt incertaines pour distinguer ces canards-là des canards de mer ou de baie. Les membres de la sous-famille sont plus facilement reconnaissables à l'état vivant comme espèce que comme une classe.

Nid. Sur le sol, à l'exception du canard huppé.

Habitat. Comme formant une classe les canards d'étang et de rivière sont plus abondants dans l'intérieur que sur l'un ou l'autre littoral.

Ainsi que leur nom l'implique les canards de rivière et d'étang fréquentent nos petites étendues d'eau de préférence aux plus grandes. Ils prennent leur nourriture à la surface en enfonçant la moitié antérieure de leur corps et l'atteignant sous l'eau. L'aliment est massé dans le bec et l'eau en est sortie par pression, les lamelles du bec retenant la matière solide.

Valeur économique. Vu que ce sont absolument des oiseaux vivant, sur l'eau, de végétaux et d'insectes, leurs habitudes alimentaires ne constituent aucune menace. On a démontré récemment que les canards se nourrissent beaucoup de larves de moustiques et que le bien qu'ils font ainsi est de surprenante importance. Grâce à une expérience concluante on a vu qu'une paire de canards dans un petit étang a fait plus pour diminuer ce fléau qu'une grande bande de dorades. Comme gibier ils sont très importants, voir p. 13.

Genre — Anas. Canards ordinaires.

132. Le Canard ordinaire, le canard de France, (mallard, green-head). Anas platyrhynchos. L, 23. (Planche III B).

Traits distinctifs. Le mâle ne peut être confondu avec aucun autre canard sauvage quoique plusieurs espèces domestiques s'en rapprochent de très près. La femelle est souvent regardée comme appartenant à une autre espèce et est quelquefois appelée Canard gris (Grey duck). Il y a plusieurs autres canards qui s'en rapprochent par la coloration maia le miroir violet avec la raie blanche devant et derrière le miroir servira toujours à la distinguer.

Indications sur le terrain. Tête verte et anneau blanc autour du cou sont des maraues très visibles pour le mâle. Le miroir avec ses raies blanches fera reconnaitre la femelle à l'état vivant. Sa queue a aussi ime blancheur générale au vol, laquelle est tout à fait caractéristique.

Nid. Sur le sol, habituellement sous les hautes herbes ou roseaux, non loin de l'eau, quoique parfois à une grande distance dans l'intérieur.

Habitat. Il est de fait répandu d'un bout à l'autre du Canada, mais moins commun dans l'extrémité orientale. Niche partout au Canada, sauf là où il est dérangé par la colonisation.

C'est le «canard sauvage» par excellence, et il est connu sous ce nom du chasseur de l'ancien monde aussi bien que du nouveau. Il est l'ancêtre duquel sont issues nos variétés domestiques, et presque chaque espèce de canards de basse-cour un peu mélangée montrera les têtes vert-noir, le col blanc, ou les couvertures supérieures et recourbées de la queue, indiquant le retour à la forme primitive. Tout en étant un des meilleurs oiseaux pour la table c'est un des canards les plus sauvages, fait qui explique que cet oiseau ne se reproduise qu'en petit nombre dans les localités qui confinent à la civilisation.

133. Le Canard noir, (black duck). Anas rubripes. L, 22. Planche IV A. Traits distinctifs. La coloration généralement sombre ajoutée à la taille rend cette

espèce absolument reconnaissable parmi les canards de rivière.

Indications sur le terrain. La taille, la coloration sombre, et l'éclat argenté des ailes de dessous qu'on voit quand il vole. L'absence de la raie blanche qui déUmite le miroir le fera distinguer du canard ordinaire.

Nid. Sur le sol, dans l'herbe près de l'eau.

Habitat. Le canard noir est une espèce plus propre aux régions de l'Est que le canard ordinaire et n'est pas trouvé communément à l'ouest des grands lacs. Il niche dans l'est du Canada où on le rencontre.

Aujourd'hui que le canard huppé devient de plus en plus rare, le canard noir est celui qui niche le plus ordinairement dans les parties méridionales du Canada, et le seul qui puisse être appelé un canard nicheur ordinaire dans le voisinage des grands lacs inférieurs. Autrefois presque chaque petit lac ou étang avait sa nichée de canards noirs, mais, par suite du dessèchement des marais et des obstacles apportés par l'homme à la couvaison, celle-ci est désormais restreinte aux plus grands marais ou aux endroits les moins accessibles.

C'est un point discuté que celui de savoir s'il y a une ou deux formes du canard noir. Vers la fin de l'automne on prend un bon nombre de très gros oiseaux à pattes rouges. Quant à savoir si c'est une sous-«spèce distincte, cela n'est pas décidé de façon concluante.

Valeur économique. Quoique le canard noir fréquente souvent, surtout dans la saison de la couvaison, la lisière des champs cultivés où il glane la nourriture qu'il y peut trouver, il ne fait que peu ou même point de mal. En cette saison il n'y a pas de grandes récoltes à endommager et, alors, comme en tout temps, il fait plus attention à ce qui vit dans l'eau, aussi ne peut-on imputer aucun dégât à cette espèce.

Genre — Chaulelasmus. Canard chipeau.

135. Le Canard chipeau. (gadwall.) Chaulelasmus strepenu. L, 19 • 50. C'est un canard gris finement moucheté ou vermiculé des mêmes tons que la femelle du canard ordinaire, mais avec les épaules d'un rouge marron et un miroir blanc.

Traits distinctifs. Le miroir blanc est toujours indicatif. Les femelles peuvent, à cela près, être facilement prises pour de petits canards ordinaires ou des canards d'Amérique.

Indications sur le terrain. Miroir blanc et apparence générale grisâtre.

Nid. Sur le sol, dans l'herbe ou sous les buissons.

Habitat. Presque cosmopoUte. C'est un des plus rares canards sur les grands lacs inférieurs; presque absent sur la côte de l'est, plus commun à l'ouest où il couve.

Genre — Mareca. Canards siffleurs.

137. Le Canard d'Amérique, (baldpate, american widgeon). Mareca americana. L, 19. Canard grisâtre de taille moyenne. Le mâle a les épaules et le bonnet blancs, une raie verte large en travers de l'oeil, un miroir noir avec reflets verts, et une légère teinte rose siu- la poitrine et le dos.

Traits distinctifs. Le mâle se distingue facilement; la femelle pourrait aisément se

E rendre pour la femelle du canard ordinaire ou du canard chipeau, n'était-ce le miroir et îs dessous d'un blanc très pur.

Indications sur le terrain. La couronne blanche et la raie verte de l'œil sont caractéristiques chez le mâle; les dessous blancs et la terminaison brusque de la poitrine brune contre les dessous distinguent la femelle à l'état vivant. Nid. Sur le sol, dans l'herbe ou sous les buissons.

Habitat. Presque tout le Canada; rare sur la côte de l'Atlantique; plus commun à l'ouest.

Etroitement apparenté au canard siffleur d'Europe qu'on a quelquefois sur nos côtes et auquel il ressemble beaucoup.

Genre — Nettion. Sarcelle.

139. La Sarcelle à ailes vertes, (green-winoed teal). Nettion carolinense. L, 14-5. C'est le plus petit de nos canards. Le mâle a une tête couleur marron, une raie derrière l'œil et le miroir vert irisé; dos finement vermiculeux, poitrine mouchetée; presque blanc en dessous. La femelle est im oiseau d'un brun terne beaucoup plus clair en dessous. Elle a le miroir vert caractéristique de l'espèce.

Traits distinctifs. La taille différenciera toujours ce petit canard de tous les autres, sauf de l'espèce suivante et du petit bucéphale; présence du miroir vert et brillant le distinguera de ce dernier et la complète absence d'un bleu crayeux sur les épaules le distinguera du premier.

Indications sur le terrain. La petite taille en même temps que le miroir vert et l'absence de bleu crayeux sur les épaules sont des signes pour reconnaître un plumage quelconque.

Nid. Sur le sol près de l'eau.

Habitat. D'un bout à l'autre du continent, mais rare dans l'extrême Est. La race dans l'est du Canada nichait parfois et probablement à l'origine, communément dans la région inférieure des grands lacs.

C'est un des canards de la qualité la plus recherchée. Son habitude de voler en grandes bandes et à toute vitesse le fait bien connaître des chasseurs. La sarcelle d'Europe vient quelquefois se fourvoyer jusqu'au Canada, mais c'est très rare.

Genre — Querquedula. Sarcelle à ailes bleues et Sarcelle cannelle.

140. La Sarcelle à ailes bleues, (blue-winqed teal). Querquedula discors. L, 16. Planche IV B.

Traita distinctifs. La taiUe distinguera la sarcelle à ailes bleues de tout autre canard saiif de la sarcelle à ailes vertes et du petit bucéphale, et le bleu clair sur les ailes servira dans ces derniers cas. Le canard souchet a aussi un bleu identique sur les ailes, mais la petite taille de la sarcelle à ailes bleues et l'absence du large bec à spatule différencient ces deux espèces.

Indications sur le terrain. Petite taille en même temps que la marque blanche sur la face, les dessous sombres et le bleu crayeux sur les ailes.

Nid. Sur le sol, au milieu des herbes.

Habitat. D'un bout à l'autre du continent; aujourd'hui plutôt rare dans l'extrême Est. C'est une des rares espèces qui couvent encore régulièrement, quoique de façon éparse dans la région inférieure des grands lacs.

Une sarcelle de l'Ouest, la sarcelle cannelle, est quelquefois signalée dans l'est du Canada, mais la plupart du temps il s'agit de la sarcelle à ailes bleues fortement imprégnée en dessous du fer* qui provient de l'eau.

Genre — Spatula. Canard souchet.

142. Le Canard souchet. (shovelleb). Spatula clypeata. L, 20. Le mâle a des marques frappantes; la tête d'un noir vert, poitrine blanche et ligne blanche sur les ailes, dessus d'un riche marron ressortant en une ligne effilée contre la poitrine. Les épaules sont d'un bleu crayeux et le miroir vert. Le bec s'élargit à la pointe en une spatule large en forme de cuillère. La femelle ressemble beaucoup à la femelle du canard ordinaire quoique sensiblement plus petite.

Traits distinctifs. Le bec spatule distingue cette espèce de toutes les autres de quelque plumage que ce soit.

Indications sur le terrain. Poitrine blanche, ventre d'un riche marron, du bleu sur les aUes, et la taille; c'est tout cela qui distingue le mâle. Le bec fera distinguer cet oiseau sous n'importe quel plumage, et quand on peut le voir, il constitue peut-être le meilleur moyen de distinguer la femelle de celle plus grande du canard ordinaire à laquelle elle ressemble.

Nid. Sur le sol, dans l'herbe, pas toujours dans le voisinage immédiat de l'eau.

Habitat. C'est un oiseau de l'Ouest. Il ne se rencontre que rarement sur les grands lacs inférieurs, et ne se voit plus dans l'Est que comme un vagabond.

Genre — Dafila. Canard pilet.

143. Le Canard pllet. (pinTAih) .Dafila acuta. L, 28. C'est un canard très long et de forme amincie. La tête d'un brun de phoque, l'avant-cou blanc et les parties de dessus de même, le dos finement venniculeux de ton gris, miroir vert bronze terminé par une Ugne d'un marron clair en avant et par une ligne blanche derrière. La queue est graduée par deux plumes médianes très allongées. La femelle ressemble beaucoup à celle du canard ordinaire.

*Voir la note; page 67,

Traits distinciifs. La longue queue fait reconnaître le mâle, le canard à longue queue étant le seul canard américain ayant un ornement pareil, à part cela le canard à longue queue est tout à fait différent, étant un canard de mer, non de rivière. Le miroir vert bronze et ses lignes limites d'un brun rougeâtre et blanches sont caractéristiques d'un plumage quelconque. Les jeimes sarcelles à ailes vertes ont presque les mêmes caractères du miroir, mais la différence de taille fera éviter tout confusion.

Indications sur le terrain. Tête et cou longs et minces, queue à longue pointe; ce sont de bons signes sur le terrain. La tête sombre et l'avant-cou et les dessous blancs font reconnaître le mâle.

Nid. Sur le sol, quelquefois très loin de l'eau.

HabUat. Rare sur la côte de l'Atlantique; devient plus commun vers l'Est. Il niche à partir des provinces des prairies au nord vers le pôle, et jadis à l'est du lac Erié.

Genre — Aix. Canard huppé.

144. Le Canard huppé, le canard branchu. (wood dttck). Aix sponsa. L, 18-60. Planche VA.

Traits distinctifs. En se guidant sur les illustrations, il ne devrait y avoir auctme difficulté à reconnaître cette espèce. Le mâle, même dans son plumage sans éclat, conserve toujours une indication des marques de la joue.

Indications sur le terrain. C'est le seul canard d'été commun dans nos contrées méridionales qui ait les parties de dessous absolument blanches. L'anneau oculaire tout blanc de la femelle est très visible.

Nid. Dans les creux des arbres ou des branches près des eaux tranquiUes.

Habitat. C'est la partie tempérée de l'Amérique du Nord jusqu'au Canada méridional, et d'un océan à 1 autre sur ce continent; plus commun dans la région inférieure des grands lacs que sur l'un ou l'autre de nos rivages ou dans les provinces des prairies.

Nous avons là le canard d'Amérique le plus riche en couleur et le plus beau d'Amérique, peut-être bien du monde. La seule espèce qui s'en rapproche c'est le canard mandarin de Chine qu'on trouve souvent enfermé avec lui. Le canard huppé était originairement le «canard d'été» de nos frontières méridionales, presque tous les cours d'eau et les étangs endigués en possédaient au moins une paire; mais, depuis qu'on a déboisé le pays, la canardière du fils de fermier en a fait façon. Ses brillantes couleurs, son nid trop en vue et la facilité avec laquelle on peut le surprendre dans ses retraites plus ou moins boisées en ont fait une proie facile même pour le chasseur encore novice, et le canard court le risque d'être bientôt exterminé. Un canard qui se pose sur des arbres paraît paradoxal à la plupart des chasseurs européens, et cependant c'est l'habitude de cette espèce. Ce canard fait son nid sur un arbre creux, à quelque hauteur au-dessus du sol, et du haut duquel il voit les tournants de la mare ou quelque autre eau stagnante. On ji'a pas encore résolu la question de savoir comment les petits sont descendus à terre, et il circule à cet égard beaucoup d'opinions divergentes: celle qui veut que les vieux portent les jeunes sur leur dos ou dans leur bec, celle qui pense que les parents poussent leur progéniture hors du nid pour qu'elle arrive de ses ailes rudimentaires jusqu'à terre; toujours est-il que les petits touchent terre de bonne heure et suivent leur mère vers les approches de la rivière ou des eaux dormantes, le mâle restant tout près pour porter secours à sa famille, en cas de danger. Plus tard, ils rechercheront les marécages où ils séjourneront jusqu'à la fin de l'automne, et d'où ils partiront pour le Sud quand l'eau sera devenue froide comme le temps.

Le canard huppé se rend volontiers dans les boîtes qu'on lui prépare pour nicher, et de cette façon on pourrait probablement l'aider à se multiplier passablement.

Sous-famille — FuUgulinae. Canards de baie, de mer, ou plongeurs.

Description générale. Ce sont des canards d'une charpente lourde ou compacte avec un bec aplati ou en forme de spatule, comme celui du canard, quelquefois enflé ou plus haut à la base (fig. 9, p. 20) mais toujours avec un ongle aplati à la pointe (figures 8 et 9, p. 20). Le doigt postérieur est changé en une palette plate ou un lobe finement découpé.

Traits distinctifs. Le bec fera distinguer les canards de mer des harles, et le doigt postérieur les différenciera des canards de rivière et d'étang.

Indications sur le terrain. Le bec bien observé, distinguera ces canards des harles, bien qu'ils soient plus facilement reconnus à l'état vivant comme espèce que comme une sous-famille.

Nid. Ordinairement sur le sol, quoique quelquefois sur des arbres.

Habitat. Lors même que certains individus de cette sous-famille se trouvent communément sur tous les cours d'eau navigables du Canada, les espèces et les individus sont plus nombreux sur la côte que dans l'intérieur.

Les canards de baie et de mer, quoique se sentant plus chez eux sur les grandes étendues d'eau, fréquentent souvent les marécages et les eaux peu profondes pour y trouver leur nourriture. Ce sont de bons plongeurs, allant parfois à de surprenantes profondeurs pour y saisir les mollusques ou des matières végétales. Ils comprennent des individus d'une chair exquise pour la table.

Valeur économique. L'importance économique immédiate de leur régime alimentaire se réduit à moins encore que pour les autres canards.

Genre — Marila. Milouins à tête rousse, Milouins aux yeux rouges, et

Morillons.

146. Le Milouin à tète rousse, (kbdhead). Marila americana. L, 19. C'est un canard plutôt gros avec la tête et le haut du cou de couleur uniforme, rouge brique; poitrine noire; le dos gris finement vermiculé avec du noir; blanc en dessous. La tête de la femelle est de couleur plus sombre, même d'un gris brun foncé, et le dos couleur de toile remplacé par une teinte uniformément brune, quelquefois sans même un soupçon de vermiculure.

Traits distinctifs. Le mâle ressemble au milouin aux yeux rouges, mais le dos est beaucoup plus sombre et le rouge de la tête ne descend pas aux épaules comme dans cette espèce. Les femelles de ces deux espèces sont même plus semblables, mais la forme du bec est toujours un trait distinctif {voir milouin aux yeux rouges). Les femelles sont aussi un peu comme celles du morillon à tête noire et du bucéphale d'Amérique, mais elles se distinguent par un miroir gris au heu de noir, ou par la tache à l'aile et par l'absence d'une marque blanche sur la face. Le morillon à coUier a un miroir semblable, mais c'est un oiseau beacuoup plus petit et qui a la marque blanche de la face.

Indications sur le terrain. Couleur de la tête et profil de la tête et du bec.

Nid. Ordinairement sur le sol ou peu élevé au-dessus de l'eau, nid fait de roseaux avec plus ou moins de duvet.

Habitat. N'est ordinairement que de passage à l'est des provinces des prairies, bien que dans le passé quelques-uns aient niché par endroits dans la région des grands lacs; rare sur la côte de l'Est.

C'est un de nos plus beaux canards, et lorsqu'on l'a nourri de céleri sauvage sa chair a un goût aussi délicat que celle du milouin aux yeux rouges. Il est moins l'oiseau des vastes étendues d'eau que beaucoup de canards de mer, car on le trouve souvent dans les marais et les étangs.

147. Le Milouin aux yeux rouges, (canvas-back). Marila valisineria. L, 21. C'est un gros canard; le mâle a la tête et le cou d'un rouge brique sombre; poitrine noire; les dessous sont blancs, le dos est blanc avec de très fines vermiculures foncées qui ressemblent beaucoup à de la toile à laquelle l'espèce doit son nom anglais. Chez la femelle le rouge de la tête et du cou devient du gris brunâtre, et le dos est brunâtre.

Traits distinctifs. Les couleurs sont très semblables à celles des plumages du milouin à tête rousse qu'on peut lui comparer; il se distingue du milouin à tête rousse par la forme

du bec lequel che» le milouin aux yeux rouges eet plus long et plus lourd, naissant au sommet du front et offrant la ligne du culmen presque droite plutôt que concave comme dans le milouin axix yeux rouges. Le mâle est beaucoup plus blanc sur le dos, et le rouge descend jusqu'aux épaules au lieu de s'arrêter à mi-chemin le long du cou. Les jeunes et les femelles peuvent quelquefois être confondus avec les morillons à tête noire, ou à collier, ou avec le bucéphale d'Amérique, mais en être distingués par la taille plus grande ou par l'absence de blanc ou de gris sur l'aile ou de blanc sur la face.

Indications sur le terrain. Tête rouge ou rougeâtre ou gris-rougeâtre, absence de blanc sur la face ou sur l'aile; en outre forme et profil de la tête et du bec.

Nid. Fait de roseaux, garni de duvet et bâti au-dessus de l'eau.

Habitat. Se rencontre régulièrement quoique peu fréquemment sur la partie inférieure des grands lacs à l'est du lac Erié; rare sur la côte de l'Atlantique, mais plus commun dans l'ouest du Canada où il niche.

C'est un des canards les mieux connus et les plus appréciés. Ce milouin évoque dans l'imagination populaire l'idée de la tortue d'eau douce et de la bonne chère. Cette réputation gastronomique est surtout due au céleri sauvage Vallisneria spiralis dont il se nourrit fréquemment et d'où lui est venu son nom spécifique. Toutefois, bien d'autres canards mangent de ce céleri et sont tout aussi bons au goût. Sur les grands lacs l'introduction de la carpe allemande a occasionné de grands ravages dans les vastes champs de céleri sauvage, et de riz sauvage, deux plantes extrêmement appréciées pour allécher les canards de toute espèce. Une des premières mesures à prendre pour attirer les canards dans les enclos et les étangs réservés devrait être de supprimer toutes les carpes et de planter du céleri sauvage et du riz sauvage Zizania aquatica.

148. Le Morillon à tête noire, (greater scaup oncK, american scattp, broad- BiLL, OREATER OR LAKE bluebill). Morila morila. L, 18'60. C'est un canard de taille mo5'enne, le mâle, blanc en dessous; la tête, le cou, et la poitrine supérieure sont noirs: le dos blanc et noir, vermiculé et pareil à de la toile. Les femelles n'ont pas ce dos pareil à la toile; les tons noirs sont changés en des bruns rougeâtres de diverses teintes; la marque blanche de la face se trouve à la naissance du bec.

Traits distinctifs. Le morillon à tête noire et le morillon à collier ont presque tout à fait la même coloration, mais ils peuvent en général être distingués par la taille ou par la forme et la dimension de l'ongle terminal sur le bec. Cet ongle est, toute proportion gardée, plus large et assez près d'être circulaire chez le morillon à tête noire. La tête de ce dernier à l'état adulte, a un lustre verdâtre au heu de passer au violet clair sur la couronne. Une teinte rougeâtre sur la tête des jeunes et des femelles est quelquefois très distincte, et on peut les prendre pour un milouin aux yeux rouges, ou pour un milouin à tête rousse, ou quelquefois pour un bucéphale d'Amérique, mais une tache blanche à la base du bec et en travers du front, ou des plaques blanches aux ailes sont toujours caractéristiques chez les morillons. Le morillon à collier, qui leur ressemble aussi, a un miroir gris au lieu d'un blanc.

Indications sur le terrain. Il est presque impossible de voir ime différence entre les deux morillons à l'état vivant. Les rnâles des deux espèces paraissent noirs sur le tiers antérieur de leur corps, et blancs sur tout le reste excepté la queue, mais y compris les plumes secondaires de l'aile. Une marque blanche sur la face à la base du bec, comme ci-dessus, est la meilleure indication pour la femelle.

Nid. Sur le sol, dans l'herbe près des étangs herbeux.

Habitat. Rarement de passage ou pour nicher sur la côte de l'Atlantique; commun sur les grands lacs.

Le morillon à tête noire est plus que le petit morillon un oiseau des eaux ouvertes, ainsi que cela est indiqué par l'un de ses noms vulgaires, mais il arrive souvent avec d'autres espèces dans les marécages pour y trouver du céleri sauvage et du riz sauvage.

149. Le Petit Morillon, (lesser scaxtp duck). Morila affinis. L, 16.5. Presque tout à fait semblable au précédent, mais un peu plus petit. La couronne du mâle adulte a un lustre violacé au lieu de verdâtre de même que sur d'autres parties de la tête.

Traits distinctifs. Voir les espèces précédentes.

Indications sur le terrain. Voir les espèces précédentes, les morillons à l'état vivant ne se distinguent l'un de l'autre que par la taille.

Nid. Sur le sol, près des étangs herbeux.

Habitat. Un peu moins commun que le précédent dans l'est du Canada. Il niche ordinairement dans l'ouest du Canada et, à l'occasion à l'est vers les grands lacs.

Ce canard est l'un des plus communs qu'on rencontre loin de la côte maritime; c'est plus un oiseau de marais et de petits étangs que les précédents.

150. Le Morillon à collier, (ring-neckbd duck). Marila coUaris. L, 16-50. Très semblable par la coloration aux deux espèces précédentes, mais sans le dos couleur de toile; avec un petit collier autour de son bec près du bout et un coUier d'un brun pâle ou couleur de cuivre autour du cou.

Traits distinctijs. Les jeunes morillons à collier et les femelles peuvent être pris soit pour des morillons à tête noire, des bucéphales d'Amérique, soit pour des milouins à tête rousse ou des milouins aux yeux rouges', mais ils peuvent être distingués des morillons par le miroir gris au lieu de blanc; la femelle, par le délicat anneau blanc autour de l'œil, et de tous les autres canards par des marques blanches sur la face, généralement reUées en travers du menton.

Indications sur le terrain. Le mâle peut être distingué des morillons par son dos noir et la femelle par son menton blanc et le délicat anneau blanc autour de l'œil; tous deux, dans le plumage de l'adulte, par un petit anneau sur le bec.

Nid. Sur le sol, près des étangs herbeux.

Habitat. Oiseau rarement de paasage dans l'Est où il nichait autrefois à l'occasion; rare sur les grands lacs.

Genre — Clangula. Bucêphale d'Amérique.

151. Le Bucépbale d'Amérique, le plongeur, (qolden-eye). Clangula clangula. L, 20. C'est un canard plutôt gros, charpente lourde, coloration frappante de blanc et de noir. Le dos et la tête sont noirs; le reste du plumage, y compris une tache circulaire très en vue entrel'œil et le bec, et la plaque sur l'aile sont blancs. La femelle et le jeune mâle sont marqués de taches gris clair et blanches sur le doSj de larges plaques blanches aux ailes, et une tête brun de phoque, le haut du cou est ordinairement en fort contraste avec le cou et la poitrine qui sont ou blancs ou gris.

Traits distinctifs. Dans les plumages des jeunes et des femelles on peut quelquefois confondre le bucêphale d'Amérique avec le milouin à tête rousse ou avec le milomn aux yeux rouges' ou avec les morillons. Dans ces plumages l'absence de la marque blanche sur la face ou sa présence limitée aux côtés de la face, le distinguera des morillons; les plaques blanches aux ailes le différencieront du milouin à tête rousse et du milouin aux yeux rouges.

Indications sur le terrain. La coloration frappante en blanc et noir du mâle; la tête brime et l'absence de marques faciales chez la plupart des jeunes et des femelles. La grosse tête, le cou fort court, le sifflement des ailes pendant le vol sont caractéristiques.

Nid. Sur des branches ou dans le creux des arbres.

Habitat. Les bucéphales habitent la plupart des régions du nord de l'hémisphère boréal. Le bucêphale d'Amérique, qui seul représente cette espèce dans le nouveau monde, est généralement répandu dans presque tout le Canada. C'est ordinairement un oiseau de passage, qui s'établit en hiver dans l'est du Canada, nichant peu dans les provinces de l'Est, mais plus communément dans le Nord-Ouest.

SOUS-ESPÈCES. Le bucêphale est divisé en deux sous-espèces; celle de l'ancien monde et celle du nouveau monde. Cette dernière, dite bucêphale d'Amérique, Clangula clangula americarM, est la seule qui se rencontre en Amérique.

C'est un des canards les mieux connus, un oiseau très hardi qui reste sur nos eaux, jusqu'à ce que la glace les ferme.

152. Le Bucêphale d'Islande, (barrow's golden-eye). Glaucionetta islandica. L, 20. Ressemble au bucêphale d'Amérique, mais le mâle a une tache faciale en forme de croissant au heu d'être circulaire. La tête a un lustre violet au lieu de vert et le bec est relativement plus élevé à la base.

1 Voir 'a note à Ift pajse 67.

Traits dUtinctifs. Les mâles sont facQement distingués des bucéphales d'Amérique, comme c'est dit. plus haut, mais les jeunes oiseaux et les femelles des deux espèces sont plus difficiles à reconnaître, et la forme du bec est peut-être le seul trait distinctif auquel on puisse se fier. Les jeunes mâles peuvent être reconnus à une légère excroissance au front, à la base même du bec, qu'on ne peut voir à cause du plumage; mais qu'on sent très bien avec le doigt.

Indications sur le terrain. Des circonstances exceptionnelles peuvent permettre à quelque-uns des faits susdits d'être constatés chez l'oiseau à l'état vivant.

Nid. Sur des branches ou des arbres creux quand c'est possible, sinon, probablement dans des cavités rocheuses ou sur le sol.

Habitat. Très inégal; l'oiseau est commim sur des côtes de l'Est et de l'Ouest, mais absent de presque tout le vaste intérieur; les oiseaux de l'Est nichent probablement dans le nord de Québec.

C'est une espèce qui est du nord plus que la précédente à laquelle elle ressemble par ses mœurs autant que par son apparence.

Genre — Charitonetta. Petit Bucéphale.

153. Le Petit Bucéphale. (bupfle-head). Charitonetta albeola. L, 14-75. C'est un très petit canard, presoue aussi petit que la sarcelle mais dont la coloration présente des contrastes frappants entre le noir et le blanc. Le mâle est blanc en dessous et autour de la base du cou, noir en dessus avec une tête noire irisée rompue par une large tache blanche triangulaire dont le sommet au-dessous de l'oeil rencontre l'autre partie olanche le long de la nuque. Les plumes des joues sont allongées faisant des houppes sur les côtés de la face, d'où son nom anglais. La femelle: blanc en dessous et un gris bnmâtre foncé ailleurs à part une tache blanche indécise sur chaque joue.

Traits distinctif s. Le mâle ne peut être confondu avec aucun autre oiseau; la femelle ressemble plutôt au morillon, mais peut en être distinguée par sa petite taille et un trait de couleur claire qui s'étend de derrière l'oeil vers l'arrière de la couronne au lieu de la plaque blanche à la base du bec. Une tache faciale au lieu de deux et les dessous uniformément clairs la feront distinguer de la femelle du canard histrion à laquelle elle ressemble aussi.

Indications sur h terrain. Taille petite et tache blanche à la tête chez le mAle; la taille, la tache à la joue et la plaque blanche à l'aile chez la femelle.

Nid. Sur une branche ou dans le creux d'un arbre.

Habitat. Il est de passage ordinairement depuis la côte de l'Atlantique jusque vers l'ouest; niche au nord et au nord-ouest.

Le nom de «Spirit Duck» fait allusion à sa force comme plongeur et à l extraordinaire facilité qu'il a de disparaître quand il est blessé.

Genre — Harelda. Canard à longue queue.

154. Le Canard à longue queue, le kakawi. (old-squaw) Harelda hyemalis. L, 21. (Projection de la plume médiane de la queue au delà des autres, 4-50-5.) Un canard de taille moyenne dont le plumage change remarquablement avec les saisons. Le mâle, au printemps, a la poitrine d'un bnm de phoque, comme le cou, la tête et le dos; un masque facial presque blanc; des raies couleur d'ocre sur les ailes et à la base postérieure du cou. Le plumage d'hiver est blanc, avec la poitrine et le dos noirs ou brun foncé, une ligne en travers des épaules. Dans l'une et l'autre saison le mâle a deux plumes médianes caudales, très allongées, d'environ 8 pouces de la base à la pointe et dépassant de 4 à 5 pouces les autres plumes caudales. Le plumage de la femelle est intermédiaire entre les deux plumages susdits, montrant surtout du blanc sans ligne bien tranchée entre la couleur foncée de la poitrine et les dessous blancs comme chez les mâles.

Traits distinctifs. Les mâles sont caractéristiques; les femelles ne peuvent être confondues qu'avec celles de l'espèce suivante, mais elles sont beaucoup plus claires en dessous et la tête est presque entièrement blanche au lieu d'être noire.

Indications sur le terrain. La longue queue du mâle, la tête presque entièrement blanche avec une marque foncée aux joues dans le plumage des jeunes et des femelles.

Nid. Sur le sol, près de l'eau et caché sous les buissons ou dans l'herbe.

Habitat. Niche d'un bout à l'autre du continent dans l'extrême nord. Plus commun sur la côte ou les grands lacs que sur de plus petites étendues d'eau.

Ce canard est chez nous un oiseau d'hiver. Il fréquente nos ports et se trouve souvent avec beaucoup d'autres de son espèce à la bouche des égouts ; il reste aussi longtemps que les eaux sont Ubres, et même durant tout l'hiver. C'est un fort plongeur et mangeur de poissons, mais n'a que très peu de valeur comme chair pour la table. Il plonge à de grandes profondeurs pour sa nourriture et se trouve parfois pris dans les filets de pêcheurs loin de la terre et à des profondeurs étonnantes ; on cite un cas où il fut trouvé à 90 pieds.

Genre — Histrionicus. Canards histrions.

155. Le Canard histrion, la canne de roche, (hablequin duck). Histrionicus histrionicus. L, 17. C'est un petit canard bien nommé d'après Arlequin au costume multicolore. La coloration générale du mâle va d'un bleu ardoise à bleu noir, mais sur ce fond il y a une série frappante de croissants, de raies, de taches circulaires, de triangles, et un collier du blanc le plus pur, chacun de ces dessins étant bordé de noir ce qui en relève le contraste frappant; une moucheture brillante d'un riche brun marron décore les flancs et borde les côtés de la couronne. La femelle est très sombre et terne, toute brunâtre avec taches blanches sur le ventre, réunies dans une place qui ne se continue pas, qui même est médiane. Une tache blanche peu visible devant l'œil et au-dessous et une autre plus caractérisée au-dessus de l'oreille.

Traits distinctijs. Le mâle ne peut pas être confondu avec celui d'aucune autre espèce. La femelle ressemble à celle du petit bucéphale par la taille et la coloration, mais son ventre est plus ou moins tacheté au lieu d'avoir une teinte claire uniforme et elle a deux taches faciales au lieu d'une et point de plaque à l'aile.

Indications sur le terrain. Impossible de se tromper quant au mâle. La femelle peut se reconnaître à sa taille et à sa coloration généralement sombre, à peine plus claire en dessous; absence de la plaque à l'aile; deux plaques claires à la face.

Nid. Sur le sol, sous les roches ou dans des amas de bois ou dans des trous creux.

Habitat. Il n'est aue de passace dans l'Est, très rare dans l'intérieur quoique commun dans les montagnes de l'Ouest, où il niche.

C'est un des plus jolis de nos canards; il ne le cède qu'au canard huppé pour la beauté. Sa véritable demeure est sur les bruyants cours d'eau de l'Ouest et du Nord-Ouest où il est bien connu des prospecteurs et des mineurs. Dans l'est du Canada, il fréquente les baies rocheuses et les rivages où il se nourrit surtout des insectes du sable et des petites crevettes qui remplissent les eaux salées du bord de la mer.

Genre — Somateria. Eiders.

Quoique ne formant pas une division systématique reconnue des canards ce genre ainsi que le suivant sont singuliers et font voir des caractères communs très suffisants pour qu'il en soit fait mention ici.

Description générale. Gros oiseaux de forte charpente, les plus gros de nos canards. Les eiders mâles ont de larges masses de couleurs et de teintes délicates qui contrastent entre elles de façon très tranchée; les macreuses sont presque toutes noires, quelques-unes avec de petites insertions d'un blanc très pur. Les deux espèces ont des becs enflés avec d'étranges excroissances et de brillantes colorations (figure 9, p. 20).

Traits distirwtifs. Coloration en général foncée non relevée par les nombreux dessins des macreuses; la brillante coloration en larges masses des eiders mâles, les tons fins et uniformément rayés de divers bruns chez les femelles; la taille, la forme, les enflures et les protubérances du bec dans les deux sexes sont les caractères les plus marqués de la plupart des espèces.

Indications sur le terrain. La coloration générale et le bec.

Nid. Sur le sol près de l'eau, quelquefois à l'abri de rochers ou de buissons qui surplombent; le nid est garni d'un duvet que donne la mère. L'édredon qui est dans le commerce provient des nids des eiders.

Habitat. Répandu d'un bout à l'autre du Canada, niche dans le Nord; très commun sur les côtes et sur les étendues d'eau pendant la migration.

Ce sont des «canards de mer » dans la plus pure acception du mot, bâtis pour affronter les plus gros temps et ne venant presque jamais sur les étangs et les marais d'eau peu profonde. Ils se nourrissent de mollusques et de crustacés et de ce qu'ils trouvent en plongeant.

Valeur économique. Leur régime alimentaire a peu d'intérêt pour l'homme, mais dans certains parages, comme au Labrador, ils offrent par leur chair et leurs œufs la principale nourriture animale qui se présente là. Comme leur duvet est un article de commerce de grand prix, les eiders ont une valeur appréciable. Leur nombre va diminuant sans cesse {voir les détails à propos de l'eider d'Amérique) et des mesures énergiques devraient être prises pour conserver l'espèce.

160. L'Elder du Nord, (eideb duck). Somaieria mMissima. L, 23. Le mâle: noir en dessous, tranchant fortement sur la blancheur de la poitrine qui est délicatement teintée d'un rose vineux; blanc en dessus; tête blanche avec ime teinte eau-du-nil depuis lee joues jusqu'à la nuque; large raie noire de l'oeil au derrière de la tête. La femelle: coloration uniforme dans tm dessin délicat de différents bruns, noirs et d'ocrés pâles disposés en raies brisées autour du corps. Protubérances du bec s'étendant des deux côtés du front en longues langues charnues.

Traits distinctifs. Pas d'erreur possible pour le mâle; la femelle peut se distinguer de celle de l'eider remarquable par le fait que les plumes de la couronne ne s'étendent pas en avant aussi loin que l'extrémité d'arrière de la narine. Cette espèce ressemble beaucoup à l'eider d'Amérique dont on ne peut la distinguer que par la taille et la forme des protubérances du bec sur le front — chez l'eider du Nord elles se terminent en jwinte et la pointe n'est pas arrondie — et par la distance entre le point où commencent les plumes sur le côté du bec et la pointe de la protubérance, distance qui est moindre que chez l'eider de l'Amérique.

Indications sur le terrain. Taille et coloration générale.

Nid. Sur le sol, fait entièrement de duvet.

Habitat. L'eider du nord habite les régions du nord de l'Europe et de l'est de l'Amérique. L'eider du nord est le plus septentrional de nos deux eiders semblables (voir l'espèce suivante). C'est un oiseau strictement de l'Atlantique, qui niche dans les régions polaires de l'est du Canada et dans le Groenland.

SOUS-ESPÈCES. — L'eider du Nord est représenté en Amérique par une^ sous-espèce, l'eider du Nord, Somaieria miUissima borealis. L'eider européen, 1« type de la race, n'a jamais été signalé en Amérique.

161. L'Eider d'Amérique, le motac. (amebican eideb). Somateria dressen. L, 23. Presque tout à fait semblable à l'espèce précédente.

Traits distinctifs. La femelle peut être prise pour celle de l'eider remarquable^ mais peut en être distinguée par les plumes de la couronne qui ne s'avancent pas plus lom que derrière la narine. Elle peut n'être pas spécifiquement distincte de l'espèce précédente et l'un et l'autre sexe peuvent en être distingués seulement par les bouta arrondis de la protubérance du bec sur le front et par le fait que la distance du plumage sur le côté du bec jusqu'à la pointe des rudiments est plus grande.

Indications sur le terrain. La taille et la coloration générale; il ne peut pas être distingué de l'eider du Nord, à l'état vivant.

Nid. Sur le sol, quelquefois sous des roches ou des buissons qui surplombent; le nid est bâti de duvet arraché de la poitrine de la mère.

Habitat. C'est im oiseau de nos rivages de l'Est, nichant sur le rivage nord du golfe du Saint-Laurent et, par occasion, s\ir la côte aussi loin au sud que l'Etat du Maine.

En Scandinavie et en Islande les eiders sont à moitié domestiques et l'édredon tiré de leurs nids est une importante source de revenus. Bien que dans le Labrador et sur le golfe du Saint-Laurent il y ait d'immenses bandes de ces oiseaux, aucune tentative n'a été faite pour en tirer parti, sauf pour la chair; mais cette quantité a été si rapidement diminuée par de stupides tueries qu'il n'en reste plus qu'une petite fraction du nombre primitif. Sur ces rivages froids et désolés où la viande fraîche est rare les eiders devraient

être épargnés pour servir d'aliments, sinon pour d'autres usages. Des mesures intelligentes et prévisionnelles protégeraient les eiders pour toujours, donneraient une ample quantité de nourriture, soit comme chair soit comme œufs, et produiraient une riche moisson de duvet qui vaudrait sur le marché bien plus que les carcasses d'oiseaux.

Cette espèce est si étroitement apparentée à la précédente, qu'il ne serait pas étonnant qu'elle fût classée avec l'eider du Nord en qualité de sous-espèce.

162. L'Elder remarquable, (king eider). Somateria spectabilis. L, 23. Le mâle très semblable au précédent, mais le dos est presque tout noir, les joues sont eaudu-nil, le sommet de la tête et le derrière du cou d'un gns-bleu clair, et un V noir sur la gorge; le bec est caractéristique; les rudiments de chair sur le front sont d'un jaune brillant et se rencontrent sur le front où ils deviennent larges de presque un pouce et forment une bosse relativement énorme. La femelle n'a pas les fortes protubérances au bec et sa coloration présente les mêmes bruns et noirs selon un dessin de raies fines que l'on remarque chez les autres eiders.

Traits distinctifs. Le mâle avec ses protubérances au bec ne peut être pris pour aucune autre espèce. Les femelles ressemblent à celles des autres eiders mais peuvent se distinguer des deux précédentes espèces par le plumage de la couromie qui s'avance jusque derrière les narines.

Indications sur le terrain. Moins de blanc sur le dos et sur les protubérances jaune claire du bec du mâle. Les femelles ne peuvent pas être distinguées avec certitude des autres eiders à l'état vivant.

Nid. Sur le sol, nid garni de duvet.

Habitat. C'est le plus septentrional de nos eiders. Il niche d'un bout à l'autre du continent le long de la côte et des îles du pôle. Il hiverne le long du golfe du Saint-Laurent et des rivages de la Nouvelle-Angleterre. C'est le seul eider qui vagabonde assez régulièrement jusqu'aux contrées basses des grands lacs.

Genre — Oidemia. Macreuses.

163. La Macreuse d'Amérique, (amemcan scotbr). Oidemia americana. L, 19. Les mâles sont tous noirs; la base du bec est très enflée près du front et d'un jaune brillant. La femelle n'a pas le bec enflé; elle est foncée partout, plus claire en dessous et avec un capuchon visiblement plus sombre qui contraste sur une ligne tranchée avec des joues plus claires.

Traits distinctifs. Le mâle est le seul canard canadien tout noir et que ne relève aucune tache de couleur. Le capuchon foncé de la femelle la distingue d'autres espèces qui lui sont comparables.

Indications sur le terrain. Couleur noire en évidence, bec jaune du mâle; l'absence de taches blanches ou de marques faciales et le capuchon foncé sur la femelle.

Nid. Sur le sol, près de l'eau.

Habitat. Il niche dans l'extrême nord à travers tout le continent; il est commun en hiver sur nos rivages de l'Est et n'est pas inconnu dans les régions basses des grands lacs.

165. La Macreuse veloutée, (white-winged scoter). Oidemia deglandi. L, 22. Brun foncé, presque noir, avec plaques blanches aux ailes et un petit croissant blanc sous l'œil; bec enflé à la base et s'élevant plus brusquement en avant que cela n'est montré dans la figure 9, p. 20, et la mandibule supérieure est colorée d'un rouge et d'un blanc brillants. La femelle est d'un brun sombre uniforme.

Traits distinctifs. La plaque blanche à l'aile distingue tous les plumages de cette espèce.

Indications sur le terrain. Grande taille, couleur sombre générale et uniforme, plaques blanches à l'aile.

Nid. Sur le sol, parmi les buissons ou dessous.

Habitat. Niche dans les hautes latitudes à travers le continent; il abonde sur les côtes pendant le passage, et c'est la plus commune macreuse sur les grands lacs et dans l'intérieur.

166. La Macreuse à large bec. (stjbp scoteb). Oidemia perspicUlata. L, 20. Le mâle est tout noir avec une plaque blanche en travers du front et un triangle de même couleur à la base de la tête; bec très enflé (figure 9, p. 20) et d'une coloration frappante de rouge, de jaune et de noir. La femelle est d'un brun foncé, plus clair en dessous et très semblable à cet égard à la macreuse d'Amérique.

Traits distinclifs. Les plaques blanches de la tête sont propres au mâle. La femelle peut être distinguée de celle de la macreuse veloutée par l'absence des plaques à l'aUe, et de la macreuse américaine par l'absence du capuchon et la présence de deux taches claires un peu vagues sur le côté de la face, une à la base du bec et l'autre couvrant l'oreille.

Indications sur le terrain. Du blanc sur la tête du mâle et les deux taches imprécises sur la face de la femelle.

Nid. Dans l'herbe, près de l'eau.

Habitat. C'est à peu près le même que pour la précédente espèce, mais peut-être que cette macreuse est plus commune sur la côte et qu'elle l'est moins sur les grands lacs.

Genre — Erismatura. Canard roux.

167. Le Canard roux, (buddy duck). Erismatura jatnaicenais. L, 15. C'est un petit canard. Le mâle a une coloration frappante d'un riche brun rougeAtre marron sur le cou, les épaules, le dos et les flancs; la couronne et le derrière de la tête presque noirs, les joues et le bas de la face blancs. La femelle est petite, d'un brun grisâtre sombre, plus clair dans les dessous et aux joues, avec une calotte foncée.

Traits distinctifs. Le mâle est le seul canard presque entièrement roux. La femelle peut se reconnaître à l'éclat argenté, pareil à celui du grèbe, des parties de dessous et, dans tout plumage, aux plumes raides et pointues de la queue.

Indications sur le terrain. La taille, la forme courte et trapue, cou épais. Son habitude de porter quelquefois la queue droite et se dépUant en éventail est aussi un bon guide, quoique certaines macreuses passent pour en faire autant à l'occasion.

Nid. Dans les roseaux au-dessus de l'eau.

Habitat. Il niche dans les provinces des prairies vers le Nord; il est plus commun dans ses voyages sur les grands lacs que sur la côte.

Sous-famille — Anserinae. Oies.

Description générale. Les oies ressemblent aux canards, mais sont plus grandes, avec un corps moins aplati et des pattes relativement plus longues: bec (figure 10, p. 20) plus haut et un peu plus comprimé à la base, plus épais et moins aplati à la pointe, pouvant difiBcilement être comparé à une spatule, mais ayant l'ongle large à sa pomte, caractéristique de l'ordre.

Indications sur le terrain. Le puissant vol des oies est bien connu. La taille, la coloration et les façons de son vol sont les meilleurs signes pour se guider sur le terrain. Leurs cris rauques et stridents si souveht entendus pendant leur migration sont aussi caractéristiques.

Nid. Sur le sol.

Habitat. Les oies sont de tous les pays. Les espèces américaines nichent plutôt dans les contrées du Nord, voyageant pour s'y rendre à travers l'intérieur aussi bien que le long des côtes.

Les oies sont plus que les canards des oiseaux de terre ferme et herbivores sans être pour cela moins habituées à l'eau. Elles n'ont pas l'habitude de plonger, mais se procurent leur nourriture dans le fond en la picotant et l'attrapant grâce à leur long cou. Les sexes se ressemblent et leur plumage change peu avec les saisons. L'oie est une chaire excellente sur la table et c'est pour cela, aussi bien que pour sa taille, qu'elle est très recherchée des chasseurs. Les oies sont très circonspectes et, bien que leur nombre ait beaucoup diminué, elles ont réussi à se protéger mieux que ne l'ont fait bien d'autres oiseaux recherchés comme gibier.

Valeur économique. Se nourrissant surtout d'herbes et fréquentant dans leurs migrations les régions cultivées plus que ne font d'autres membres de leur espèce, les oies peuvent causer plus de dégâts que les canards, mais on ne le leur a jamais beaucoup reproché. Leur valeur, à d'autres

égards, est si évidente qu'on s'est bien moins plaint des oies que d'autres espèces également dignes d'être protégées, mais dont l'utilité, quoique réelle, est moins manifeste.

Genre — Chen. Oies sauvages.

169. L'Oie blanche, (snow goose). Chen hyperboreus. L, 23. C'est une oie plutôt petite, d'un blanc parfait avec des primaires noires. Les jeunes ont plus ou moins de gris ou de brun grisâtre répandu par places ou sur tout le corps.

Traits distinctifs. Les bords tranchant des mandibules sont plus ou moins inclinés, écartés l'un de l'autre, montrant des projections serratiformes, pareilles à des dents et donnant à la face l'apparence qui lui a fait donner le nom d'oie rieuse.

Indications sur le terrain. La couleur, le vol et le profil absolument propres aux oies.

Nid. Sur le sol.

Habitat. La petite oie blanche niche sur la côte arctique et dans les îles à l'ouest du golfe de Coronation. Elle voyage vers l'intérieur du continent; la grande oie blanche se rencontre le long de la côte de l'Atlantique.

SOUS-ESPÈCES. Il y a deux sous-espèces de l'oie blanche au Canada, la petite oie et la grande, qui ne diffèrent que par leur taille, mais comme les deux espèces cohabitent de temps à autre ce n'est pas une distinction à laquelle on puisse se fier. Il y a une différence fondée sur les formes et les tailles relatives des becs, mais il faut, pour s'en rendre compte, des spécimens à comparer. Bien qu'on l'ait souvent signalée inexactement l'oie blanche la plus grande est un oiseau très rare. C'est la forme de l'espèce qu'on trouve dans l'extrême Est et qu'il ne faut chercher que le long de la côte de l'Atlantique et dans le bas du Saint-Laurent.

Le nom de «Wavey» est une corruption du mot indien «Wa-Wa» qui signifie oie sauvage.

169. 1. L'Oie bleue, (bltje goose). Chen cœrulescens. L, 26. Corps gris ardoisé, apparence ondulante des plumes les plus claires sur le dos et plus ou moins la même chose en dessous; la couleur d'ardoise est surtout forte sur les ailes et le croupion; la tête est blanche. Les jeunes sont semblables mais la tête et le cou sont d'un brun grisâtre. Le bec fait voir à un degré un peu réduit les dents serratiformes de l'oie blanche.

Traits distinctifs. La combinaison de la tête blanche en contraste avec les ailes gris bleu se ne voit chez aucune autre oie américaine de l'Est.

Indications sur le terrain. Tête blanche et corps plus foncé sont probablement les indications les plus sûres.

Nid. Sur le sol.

Habitat. Paraît être restreint dans la saison de la couvaison à l'est de la baie d'Hudson; le gros de l'émigration se fait à travers le Manitoba; l'oiseau est rarement de passage sur les grands lacs soit qu'il aille vers la vallée du Mississipi où qu'il en revienne.

Pendant longtemps l'oie bleue a passé pour n'être que l'oie blanche avec un plumage d'oison; aujourd'hui on reconnaît que c'est une espèce à part.

Genre — Anser. Oie grise.

171a. L'Oie à front blanc, (white-pronted goose). Anser albifrons. L, 27. D'un brun grisâtre, plus foncé sur la tête et le cou, plus clair en dessous, plaque blanche autour de la base du bec; couleur claire des parties de dessous mouchetées irrégulièrement de noir qui se réunissent à la période de maturité en bandes imprécises et donnent une apparence d'imparfait développement même à des oiseaux d'âge adulte.

Traits distinctifs. Tête brune et face blanche.

Indications sur le terrain. Couleur brune sur tout le corps et face blanche.

Nid. Sur le sol.

Habitat. L'oie à front blanc est une espèce presque circompolaire. La sous-espèce américaine niche sur le continent et dans les îles à l'ouest du pôle. Elle voyage à travers l'intérieur du continent et ne se rencontre que rarement à l'est aussi loin que les grands lacs.

SOUS-ESPÈCES. L'oie de notre pays, l'oie américaine à front blanc, A. a. gambeli, est une sous-espèce de l'oie européenne à front blanc dont elle se distingue par sa taille légèrement plus grande.

Genre—Branla. Bernache du Canada et Bernache commune.

172. La Bernache du Canada, l'outarde', (canada ooose, wild goose) . Branla canadensis. L, 35. Planche V B.

TraUs distinctifs. Grande taille, tête et cou noire, gorge blanche, plaque sur la joue.

Indications sur le terrain. Tête et cou noirs, plaque blanche à la gorge. Un V blanc sur la queue qu'on voit très bien quand l'oiseau vole, fera distinguer les membres de cette espèce de tous les plus gros canarda.

Nid. Sur le sol, parfois dans de grands nids abandonnés sur des arbres.

Habitat. Niche d'un bout à l'autre du continent depuis la limite nord des arbres jusqu'aux limites de la colonisation.

SOUS-ESPÈCES. L'oie du Canada comprend plusieurs races géographiquement distinctes. Dans l'Ouest il y a une petite sous-espèce appelée oie de Hutchin, B. c. hutchinsi. Elle passe pour avoir une note différente dans son cri et pour être facilement reconnaissable à l'état vivant par des chasseurs qui ont quelque expérience. Sa taille plus petite est un critérium incertain, mais c'est la seule différence qu'on puisse indiquer ici. Sa longueur moyenne n'a pas tout à fait 25 pouces. On ne peut s'attendre à la voir que jusqu'au Manitoba, à l'ouest, et avant de l'identifier ailleurs il faut user d'une grande prudence.

La bernache est un oiseau très circonspect et toujours sur l'éveil; elle passe ordinairement la journée en plein air et se rend, le soir ou pendant la nuit, dans les marécages et les champs cultivés pour y chercher sa nourriture ; à moins d'être dérangée elle y reste jusqu'au lendemain. Pendant qu'elle est ainsi occupée il y a en toujours une, au moins, qui, son long cou tendu, surveille les environs et guette l'apparence de quelque danger. Il est impossible aux piétons même les plus avisés d'approcher sans être aperçu. C'est pour cette raison que la bernache du Canada a peut-être moins souffert des chasseurs que d'autres membres de son ordre, et avant que les parages où elle niche, ne soient envahis, elle court peu le danger d'être exterminée. A l'origine, cette oie nichait dans les limites de nos régions actuellement peuplées, mais la colonisation l'a chassée de la région la plus méridionale où elle couvait. Néanmoins, elle occupe encore de vastes espaces dans tout le nord du Canada aussi loin que va la limite nord des arbres et, aussi longtemps que tout ce territoire demeurera inhabité, la bernache y trouvera des parages où elle nichera en sécurité. Toutefois, à moins que des méthodes intelligentes de conservation ne finissent par être adoptées, la bernache du Canada disparaîtra à mesure que les terrains où elle couve seront envahis par l'homme.

173a. La Bernache commune, (bbant). Branla bemicla. L, 26. Très semblable à la bernache du Canada mais plus petite; la tête, le cou et le haut de la poitrine noirs; un collier de blanc étroit et brisé sur le cou.

Traits distinctifs. Une petite oie canadienne foncée sans marque à la face.

Indications sur le terrain. Taille petite, poitrine foncée, absence de marque à la face. Le V blanc sur la queue, visible quand l'oiseau vole bas, distinguera aussi la bernache commune des canards plus gros et noire, mais non de la bernache du Canada.

Nid. Sur le sol, nid fait d'herbes et garni de duvet.

Habitat. Circompolaire, pour resjjèce. La bernache américaine niche dans l'est de la région polaire, descend dans ses voyages vere les côtes de l'Atlantique, mais rarement dans l'intérieur du continent.

SOUS-ESPÈCES. La bernache est une espèce circompolaire. L'individu du nouveau monde, la bernache américaine, B. b. glaucogastra est, comme sous-espèce, distinct de celui de l'ancien monde, lequel n'a jamais été signalé en Amérique. La bernache noire,

1 Une oonfuaion regrettable s'est produite dans l'emploi habituel parmi lee Canadiens-françaisdu nom populaire d'outardt, donn^ à la l^rnache du Canada. Pour parler correctement, le nom d'outarde s'applique au "Bustard". espèce d'oiseau de l'ancien monde et qui n'a pas son congénère en Amérique. L'outarde est bien plutôt un oiseau de rivage qu'une oie, et il n'y a aucune raison de donner son nom à cette dernière espèce. Le nom français qui convient le plus à t'oie du Canada, et celui-là même dont l'emploi a été adopté par la Société canadienne des oiseaux migrateurs, o'eet Bernache au Canada,

B. nigrieans de l'Ouest, est caractérisée par le fait que le noir de la poitrine est répandu comme teinte sur les parties de dessous; mais elle ne se rencontre dans l'est du Canada que comme un vagabond d'occasion.

La bernache commune est une petite oie. Elle se rencontre sur le bas Saint-Laurent et sur les côtes maritimes par bandes de plusieurs centaines, mais se présente rarement ou seulement comme vagabonde dans l'intérieur sur les grands lacs.

Sous-famille— Cygninae. Cygnes.

Description générale. Très gros anatidés; blancs; à l'exception peut-être de la grue d'Amérique ou du dindon sauvage, c'est le plus gros des oiseaux d'Amérique.

Traits distinctifs. La taille ajoutée à la couleur suffit à distinguer les deux cygnes. Les lores (espace entre l'œU et le bec) sont dénués de plumes. Le bec commence vers le haut du front, à sa base il est presque rectangulaire en section transversale, la pointe est pourvue d'un ongle plat.

Indications sur le terrain. Taille et couleur, ce sont nos seuls gros oiseaux tout blancs.'

Nid. Sur le sol, nid fait avec des herbes et garni d'un duvet pris à la mère.

Habitat. La plupart des cygnes se trouvent dans l'hémisphère boréal, mais n'y sont pas rigoureusement confinés. En Amérique ils nichent actuellement dans les très hautes latitudes, bien que le cygne-trompette, espèce presque éteinte, nichât dans l'origine aussi vers le Sud que dans l'un des Etats du nord des Etats-Unis.

De temps immémorial les cygnes ont joué un rôle important dans les récits populaires de l'ancien monde ainsi que dans les contes de fées pour enfants, où il est si fréquemment question de ces oiseaux, toutefois c'est un grand sujet de surprise pour bien des gens que d'apprendre que, même de nos jours, les cygnes sauvages sont parfaitement communs au Canada. Les oies sont sauvages et sur leur garde, mais le cygne est encore plus sauvage et plus circonspect. Son cou très long lui permet de pêcher sa nourriture dans des eaux trop profondes pour des oiseaux non plongeurs, et il peut séjourner sur une eau profonde penda.nt tout le jour, là où il est impossible de l'approcher à l'improviste. Il se rend rarement dans ces marais où l'eau est très basse et où le chasseur peut se cacher, ce qui fait que l'oiseau est rarement pris.

Les épithètes données aux cygnes de l'hémisphère boréal témoignent des ressources extraordinaires de leur organe vocal; c'est ainsi qu'en Amérique nous avons le cygne d'Amérique (sifHeur) et le cygne trompette; et qu'en Europe on a le cygne criard et le cygne muet. Des modifications singulières et compliquées de la trachée sous forme de circonvolutions variées dans certains recoins osseux du sternum sont certainement en relation étroite avec la voix, et leur complexité augmente en raison directe de la qualité de la voix telle que l'expriment les qualificatifs susdits; c'est ainsi que le cygne muet n'a aucune circonvolution trachéenne et que la plus haute complexité se rencontre chez le cygne trompette et le cygne criard.

Genre — Olor. Cygnes.

180.. Le Cygne d'Amérique, (whistling swan). Olor columbiantis. L, 55. Très gros oiseau, tout blanc.

Traits distinctifs. Le cygne d'Amérique peut être pris seulement pour le cygne trompette. Superficiellement on peut facilement le distinguer par sa plus petite taille seulement. Comme les 'cygnes n'arrivent à leur complet développement qu'au bout de plusieurs années, la taille peut n'être pas toujours en soi une preuve convaincante. Il y a une différence dans la forme du bec, mais elle est trop difficile à caractériser pour être bien décrite ici. L'enroulement de la trachée dans le sternum fournit le meilleur critère de

> Ijes autres gros oiseaux du Canada ont tous plus ou moins de noir sur les plumes des ailes.

différenciation. Chez le cygne d'Amérique la trachée fait une seule courbe horizontale sut la surface du sternum, tandis que la trachée du cygne trompette a une courbe perpendiculaire en plus. L'absence d'une tache jaune sur Tes lores du cygne trompette a été donnée comme une indication, mais cette tache est si souvent absente même chez les cygnes d'Amérique adultes qu'elle est sans utilité comme trait distinctif.

Indications sur le terrain. La taille et l'absolue blancheur. Les deux espèces ne peuvent pas facilement être distinguées l'une de l'autre à l'état vivant, sauf par ceux à qui la voix de chacune d'elles est familière.

Nid. Sur le sol, dans un nid d'herbes, de mousse et garni de duvet.

Habitat. Il niche dans l'extrême Nord après avoir traversé le continent à l'ouest de la baie d'Hudson; il est de passage dans l'intérieur; rare ou absent sur la côte canadienne de l'Atlantique, mais commun par endroits sur les grandes routes fluviales de la région des grands lacs.

Par le fait de son excessive prudence et parce que la couvaison se fait au loin dans le Nord, le cygne d'Amérique n'a pas vu son nombre sérieusement réduit dans les dernières trente années. La plus grande espèce congénère, celle des cygnes trompettes dont les parages recherchées pour la couvaison et compris dans la région colonisée furent dérangés de bonne heure, est sur le point d'être détruite entièrement.

Les cygnes viennent rarement dans les marécages où l'eau est basse et où le chasseur peut se cacher. Ils sont rarement vus sauf en bandes blanches, serrées, comme des plaques de glace au loin sur l'eau libre ou en l'air volant très haut et hors de la portée des fusils. Leur passage réguher a lieu de nuit, ordinairement dans un grand silence, quelquefois cependant très bruyamment. C'est à de telles mœurs qu'il faut probablement attribuer le fait que peu de nos chasseurs même les plus experts connaissent le cygne à l'état vivant, et qu'un plus petit nombre encore peuvent se vanter de l'avoir pris. Bien que des bandes de plusieurs centaines apparaissent chaque année sur le lac Saint-Clair, on n'en prend pas plus de deux ou trois par année.

L'espèce se rencontre aussi en grand nombre sur la rivière Niagara où, par des nuits obscures ou de brouillard, au printemps, les cygnes sont entraînés avec le courant dans les eaux tumultueuses des rapides et sont emportés par-dessus les chutes sans possibilité d'en réchapper. Pareille catastrophe est arrivée plusieurs fois dans les dernières dix années et des centaines de cygnes ont perdu la vie de cette façon. Chez quelques-uns, tous leurs os sont brisés dans leur corps, d'autres ne sont que faiblement blessés. Les oiseaux morts qui ne sont pas entraînés sous la glace et emportés par le courant sont ramassés. Ceux à moitié morts sont achevés à coup de bâtons et ceux dont les blessures sont seulement légères sont tués d'un coup de fusil. Comme les oiseaux ne sont pas de force, dans les endroits resserrés, à s'élever au-dessus des fentes de la gorge, et répugnent à s'engager sous les ponts jetés par-dessus le bas de la rivière, tous se trouvent confinés dans les eaux étroites au-dessous des chutes, d'où ils ne peuvent s'échapper. La chair du cygne n'est guère bonne à manger et les oiseaux ont peu de valeur pour ceux qui les attrappent à moins que ce ne soit comme une curiosité.

181. Le Cygne trompette, (trumpeterswan). OtorbucctTiator. L, 65. Très gros oiseau, tout blanc.

Traits distinctif s. Ne peut se confondre qu'avec le précédent auquel on vous renvoie.

Indications sur le terrain. Taille et blanchem- absolue; les deux cygnes ne peuvent pas se distinguer l'un de l'autre avec une entière certitude à l'état vivant.

Nid. Sur le sol, dans un nid d'herbes et de duvet.

Habitat. C'est un oiseau de l'intérieur des terres, qui niche à partir du centre de la rangée nord des Etats jusque vers le nord.

Tout cygne de plus de 56 pouces de long ou pesant plus de 20 livres appartient probablement à cette espèce. C'était autrefois un oiseau passablement commun sur les grands lacs, mais aujourd'hui il est si rare qu'on peut le regarder comme une espèce presque ou complètement éteinte. Son territoire de nidification est très au sud de celui du cygne d'Amérique et au milieu de terres cultivées et très peuplées, voilà pourquoi cet oiseau est rapidement détruit.

Ordre — Herodiones. Echassiers d'eau profonde, Hérons, Cigognes

et Ibis.

Description générale. Ce sont d'habitude de grands oiseaux à longues jambes, long cou et long bec, bien bâtis pour marcher dans l'eau et pour y trouver leur nourriture sous la surface dans une eau plus profonde que celle où la trouveraient la plupart des oiseaux aquatiques. Les becs peuvent être ou droits et aiguisés (figure 18, p. 22) ou modérément recourbés et émoussés comme chez les ibis. Les jambes sont dénudées sur une grande distance au-dessus de l'articulation du talon, et les quatre doigta sont parfaits, bien formés et propres à percher aussi bien qu'à marcher sur un sol mou, avec ou sans membranes rudimentaires (figure 17, p. 22).

Traits distinctifs. D'après cette description les oiseaux de cet ordre peuvent être confondus ou avec les grues ou avec l'un des courlis. Ils peuvent se distinguer des grues

Ear leur front couvert de plumes. L'ibis des bois possède à la fois le front dénudé et le ec recourbé, mais il ne se trouve que rarement au Canada. Ils peuvent se distinguer de l'un quelconque des courlis par l'espace dénudé entre les yeux et la base du bec.

Les individus canadiens de cet ordre se divisent en deux sous-ordres: les Ibides, qui comprennent les spatules et les ibis proprement dits; et les Herodias qui comprennent les hérons, les aigrettes et les butors.

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