SOUS-ORDRE— HERODII. ÉCHASSIERS HÉRODIENS
Comme ce sous-ordre est représenté au Canada par une seule famille, les ardéidés, il suflBt de les décrire sous ce titre.
FAMILLK — ARDEIDiE. HÉRONS ET BUTORS.
Deseription générale. Ce sont des oiseaux qui ressemblent au héron, avec le bec droit et très pointu. L'espace devant les yeux est dénudé. Un trait particulier à ce sousordre ce sont les plages de très petites plumes, c'est-à-dire des assemblages de plumes bizarrement formées et qui donnent une poudre sèche dont l'usage est mconnu. Ces
Elûmes se trouvent sur diverses parties du corps et cachées sous le plumage apparent. ,a griffe du doigt du milieu est pectinée, c'est-à-dire pourvue d'une rangée de dents bien caractérisées et ressemblant à celles d'un peigne (figure 19, p. 22) et qui ne sont pas seulement des points rugueux, comme chez les ibis.
Traits distincùfs. Les oiseaux de ce sous-ordre pourraient être pris pour des grues, mais le front garni de plumes est distinctif . La partie de derrière du cou est dénudas, les plumes des côtés se continuant tout autour cachant la dénudation aux yeux de l'observateur distrait. Le doigt postérieur est très long et au niveau des autres doigts au lieu d'être simplement un peu élevé comme chez les autres échassiers.
Indications sur le terrain. Profil visiblement pareil à celui du héron, avec un cou long et gracieux; bec long et effilé (figure 18, p. 22) et pattes plus longues (figiu* 17, p. 22). Le cou se replie quand l'oiseau vole, mettant la tête tout près des épaules, les pattes pendant derrière. Les grues, avec lesquelles on peut confondre les ardéidés à l'état vivant, portent le cou étendu.
Il n'y a peut-être pas d'oiseaux aussi bien connus du grand public que ceux-là par leur renommée et par l'observation, cependant nous ne les entendons jamais appeler de leur vrai nom. Les termes de héron, cigogne et grue sont employés à tort et à travers. Il n'y a pas de cigogne au Canada. Les grues ont leur habitat à l'ouest et sont rarement aperçues dans l'est du Canada. Les oiseaux que l'on appelle d'habitudes des grues sont de vrais hérons. La famille est divisée en deux familles: Botaurinœ, butors, et Ardeinœ, les hérons vrais et les aigrettes.
Sous-famille — Botaurinse. Butors.
Description générale. Habitent les marais, ressemblent aux hérons, d'une charpente plus lourde, d'un corps moins gracieux que les véritables hérons.
Traits distinctif s. Bien que formant une sous-famille bien définie ces oiseaux sont diflBciles à caractériser dans une description courte et non technique. Dans les espèces canadiennes la couleur est le meilleur guide et le plus reconnaissable. Si l'on en excepte le petit butor de Cory, qui est très rare (voir à l'article Petit Butor, n° 191 p. 88) les espèces canadiennes ont de fortes quantités dejaune d'ocresr rieur plumage, couleur qui, en quelque grosse quantité, est absente du corps des véritable hérons.
Les butors fréquentent les marais et les maréca es. On ne les voit pas dans les lieux ouverts qui mènent à ces marais; mais ils se laissent choir dans le milieu ou sur les bords parmi les herbages ou les roseaux, s'approchant de leur proie sans bruit et à l'abri de cette végétation.
Genre — Botaurus. Butors.
190. Le Butor d'Amérique, (american bittebn). Botaurus lentiffinosus. L, 28. Planche VI A.
Traits distinctifs. Avec sa coloration jaune répandue sur tout son corps, la même dans les deux sexes et à tout âge, le butor ne peut se confondre avec aucune autre espèce canadienne. Le petit butor est le seul autre oiseau de même conformation qui montre
surtout du jaune, mais sa taille est si petite qu'il n'y a aucun risque de les confondre. Il peut y avoir des lignes noires depuis les côtés de la face, ou ne pas y en avoir, quels que soient le sexe, l'âge et la saison.
Indications sur le terrain. Quand l'oiseau s'élève au-dessus des roseaux ou des herbages, son long cou, ses pattes pendantes et sa coloration jaunâtre sont faciles à reconnaître. Vu d'une certaine distance, sa forme, sa tête rentrée dans le corps, et ses jambes tendues en arrière, ressemblent tellement à ceUes du héron que, si la lumière ne vient faire distinguer la coloration, la taille seule les fera distinguer l'un de l'autre.
Nid. Sur le sol dans l'herbe, dans les champs de foin ou dans les marais à roseaux, un nid fait avec des herbes ou des roseaux.
Habitat. Cet oiseau est commun dans toutes les parties habitées du Canada, nichant partout où on le trouve.
Des allusions au mugissement solitaire du butor sont fréquentes dans la littérature anglaise. On ne peut guère prétendre que notre butor américain «mugisse», mais son cri est très singulier et unique en son genre parmi les oiseaux américains. Les termes ordinaires de «pompe à tonnerre», «enfonceur de bâton», se rapportent aux bruits étranges qu'émet cet oiseau. Près d'un marécage on peut entendre un bruit pareil à celui que ferait quelqu'un qui enfoncerait à coups de maillet en bois un pieu dans la boue liquide. C'est comme le bruit sourd d'un coup dont le liquide produit par succion l'écho, suivi immédiatement d'un autre coup. D'autres fois on entend des sons comme si quelqu'un manœuvrait une pompe aspirante qui tirerait de l'eau à une certaine hauteur, mais sans pouvoir la faire monter plus haut. Ce sont là des variantes du chant d'un butor, en amour, mais où il est impossible de distinguer des propriétés vocales.
Valeur économique. Le butor fréquente les marais, mange des grenouilles, des écrevisses, des serpents, du fretin, des crustacés, des insectes, et même, probablement, des petits oiseaux et des souris. Il ne mange que peu, même point du tout, de matières végétales. Les butors sont inoffensifs en tant que classe, et peuvent être utiles.
Genre — Ixobrychus. Petit Butor.
191. Le Petit Butor, (least bittebn) Ixobrychus exilis. L, 13. C'est le plus petit échassier, ressemblant au héron, qu'on trouve au Canada. Sa coloration offre des amas de tons crème, d'ocre, de rouges indiens, avec un dos et une calotte noir ou brun, selon le sexe.
Traits distinciifs. A cause de sa petite taiUe et de sa coloration frappante, on ne peut le confondre avec aucun autre oiseau du Canada sauf peut-être avec son parent très rapproché et très rare le Petit Butor de Cory, /. neoxenus. Chez ce dernier oiseau les tons crème et ocre sont remplacés par un brun phoque ou rougeâtre, et on ne sait encore de façon certaine si c'est ou non une phase de la coloration de l'individu ordinaire.
Indications sur le terrain. Sa petite taille, et ses couleurs frappantes font qu'il est impossible de se méprendre au sujet de cette espèce. Elle est rarement vue, sauf de très près quand la couleur et la taille sont évidentes.
Nid. Généralement au-dessus de l'eau dans un nid placé sur une plate-forme de joncs morts, dans un marais ou un bouquet de roseaux.
Habitat. C'est un oiseau commun mais plutôt confiné dans certaines locahtés des parties méridionales de l'Ontario et du Québec. Il couve partout où il se rencontre au Canada.
Le petit butor fréquente les marais où l'eau séjourne, où croît la massette et qui, en outre, sont de quelque étendue ; il n'est guère vu là que par ceux qui visitent son tranquille territoire. Le butor américain est souvent aperçu volant de marais en marais, mais le petit butor ne s'aventure guère plus loin que son marécage habituel. C'est un oiseau silencieux et qui n'a pas ou très peu de talents vocaux.
Sous-famille — Ardeinse. Hérons vrais et Aigrettes.
Description générale. Ce sont des oiseaux plus sveltes et gracieux que les butors et, en général, de plus grande taille. Les plus petits sont très peu plus petits que les butors d'Amérique et aucun n'est aussi petit que le petit butor. La couleur constitue la plus simple manière de les distinguer.
Traits distinctifs. La couleur des hérons est habituellement le bleu d'ardoise ou les verts foncés, mais quelquefois les hérons sont tout blancs. Les butors, d'autre part, ont une couleur jaune prononcée. Bien des hérons ont de belles longues plumes sur la couronne, le bas de la gorge, ou sur le dos, et toutes les espèces canadiennes, dans les plumages de la couvaison, font voir ces plumes plus ou moins longues sur l'un ou l'autre de ces points, mais elles sont habituellement absentes en automne.
Indications sur le terrain. C'est le profil caractéristique pendant le vol, avec le bec très pointu, la tête rentrée dans les épaules, les jambes pendantes derrière, attitudes communes aux butors et aux hérons, lesquels sont reconnus plutôt comme espèce que comme sous-famille. Toutefois, tout oiseau de ce genre qui n'est pas manifestement un butor est probablement un héron.
Nid. Les hérons bâtissent habituellement leurs nids en société au sommet des arbres de forêts humides, mais quelquefois dans les buissons ou sur le sol.
Les hérons sont pêcheurs, dans des eaux de marais bien ouverts, recherchant les parages herbeux moins que ne font les butors. Au lieu de poursuivre leur proie, ils demeurent immobiles et attendent qu'elle soit à portée.
Genre — Ardea. Grand Héron bleu.
194. Le Grand Héron bleu, la grue, (great blue héron). Ardea herodias. L, 42. Planche VI B.
Traits distinctifs. C'est le plus grand héron trouvé au Canada; la grue de l'ouest du Canada est le seul oiseau avec lequel on puisse le confondre. Le front trS garni de plumes est un trait bien distinctif. (Comparez les figures 18 et 20, p. 22.)
Indications sur le terrain. Le profil comme celui du héron, la taille et la coloration générale sont les meilleures indications. Bien différent de la grue qui vole le cou tendu, le grand héron bleu, comme les autres hérons, voyage le cou replié et la tête rentrée dans les épaules.
Nid. Il le bâtit généralement en société d'autres hérons dans les forêts humides, comme dans les marécages de tamarack, de frêne et d'orme; c'est un nid de grandes proportions fait de bûchettes au sommet des arbres.
Habitat. Le Canada presque en entier; le héron niche partout où on le trouve.
SOUS-ESPÈCES. Le grand héron bleu comprend plusieurs sous-espèces dont l'individu type, le grand héron bleu de l'Est, Ardea keroidias herodias, est le seul qui se rencontre dans l'est du Canada.
Le grand héron bleu recherche les eaux ouvertes et basses. Il fréquente rarement les marais roseliers très épais, bien qu'on le trouve souvent sur leurs confins ou sur le bord des étangs qui s'y trouvent. Il préfère les abords découverts et peu profonds des rivières, ou ceux un peu plats des marais ou des rivages que recouvre la marée. C'est un chasseur solitaire, qui tantôt avance avec prudence et des mouvements à peu près imperceptibles, tantôt aussi immobile qu'une statue, regarde l'eau jusqu'à ce que sa proie soit à sa portée, alors, avec la rapidité de l'éclair, il la saisit de son bec acéré. Les hérons, qui nichent en nombreuses compagnies sur des arbres humides se sont trouvés spécialement exposés à cette persécution insensée qui paraît s'attaquer à tous nos plus grands oiseaux. Circonspects et soupçonneux d'ordinaire ils perdent dans le voisinage de leurs nids beaucoup de leur prudence habituelle, et dans leurs héronnières haut perchées les hérons peuvent être tués en grand nombre. Les héronnières sont habituellement bien connues de toute la contrée environnante et, dans la saison de la couvaison, souvent visitées par le chasseur rural qui tue les parents et laisse les petits mourir de faim, lors même qu'un propriétaire de campagne a souvent assez à
cœur l'intérêt général pour protéger les héronnières sur ces terres à lui. II résulte de là que cet oiseau si pittoresque se fait rare. Les héronnières une fois détruites de cette façon sont rarement, peut-être même jamais repeuplées et de nouvelles s'établissent difficilement. Les oiseaux qui nichent en société sont rarement poussés vers de nouveaux parages pour leurs amours. Ils demeurent où ils sont jusqu'à ce que les individus qui composent leur bande soient exterminés. Le héron est un oiseau inofïensif qui mériterait d'être protégé de toute façon.
Valeur économique. La nourriture dti grand héron bleu est presque entièrement animale, de sa nature, puisqu'elle se compose surtout de grenouilles, de serpents, de fretin, le tout de nulle importance économique. Les grues visitent les champs pour leur nourriture, les hérons jamais. D'aventure le héron peut suivre un cours d'eau que parcourent les truites et dont les méandres sillonnent les prairies, mais ces cas sont rares et ne suffisent pas à condamner l'espèce. Il arrive souvent que les hérons recherchent les rets posés dans les étangs par les pêcheurs, mais la petitesse de leur gosier, les empêche de prendre quoi que ce soit de valeur et la suspicion des propriétaires de ces rets est bien gratuite.
Bien que ne formant pas une classe systématiquement reconnue de hérons, il y en a plusieurs espèces pourvues d'un plumage absolument blanc et qui sont assez distinctes pour justifier qu'on en discute.
Parmi quelques-unes de ces espèces, les aigrettes, le plumage de l'adulte est blanc; en d'autres c'est une apparence dichromatique, c'est-à-dire que l'espèce se présente sous deux phases de couleurs, l'une et l'autre normale, et ne pouvant se rapporter ni à l'albinisme ni au mélanisme, pas plus qu'au sexe, à l'âge ou à la saison. En d'autres espèces encore le blanc appartient à un plumage de jeunesse. Ces plumages blancs étaient une source de grande confusion pour l'identification des espèces aussi longtemps qu'on ne les avait pas soumis à une investigation complète. Tous les hérons blancs appartiennent à un habitat méridional et sont rares au Canada.
Genre — Herodias. Aigrettes.
196. L'Aigrette blanche d'Amérique, (american egret). Herodias egretta. L, 41. Presque aussi grande que le grand héron bleu, mais toujours d'un blanc trte pur. Dans la saison des amours, une manière de cascade de quelque cinquante plumes fines et droites commence au milieu du dos et tombe en festons sur le bas du dos et la queue.
Traits distinctifs. Taille, couleur et profil, manifestement de héron.
Indications sur le terrain. Comme ci-dessus.
Nid. En société, nids faits de branches sur les arbres ou dans des buissons au-dessus de l'eau.
Habitat. Dans les Etats du Sud et du golfe du Mexique; ne se montre au Canada que comme vagabond de hasard.
L'aigrette américaine, avec le héron blanc comme neige et une autre espèce de même nature, constituent l'origine de l'aigrette bien connue, c'està-dire de cette huppe de plumes que vendent les modistes. Comme ces plumes ne poussent que dans la saison des amours, et comme le voisinage immédiat des héronnières est le seul endroit où ces prudents oiseaux peuvent être facilement approchés, il est évident que la récolte de ce magnifique ornement doit s'accompagner de beaucoup de cruauté. On se défend en disant que ces plumes sont ramassées quand elles sont tombées du dos des mâles. C'est un argument contestable, car si quelqu'un veut chercher dans les basses-cours pour y trouver les belles plumes que la volaille a jetées il
décrouvira vite que les plumes d'aigrette seront rares et de pauvre qualité. L'argument est d'autant plus douteux que les héronnières sont situées dans les marais compacts des régions tropicales où le sol n'est que boue et eau où la végétation est de nature à empêcher toute recherche minutieuse et méthodique. Le chasseur de plumes se cache d'habitude dans la héronnière et avec un fusil de petit calibre, tire les oiseaux l'un après l'autre jusqu'à ce que la troupe soit toute exterminée. Les plumes sont alors arrachées des corps qu'on laisse pourrir par terre. Les petits qui restent, meurent d'inanition en haut dans les nids. Des lois locales ont été édictées interdisant de tuer ces oiseaux, mais sans résultat. Il y a quelques années les étangs de la Floride et des Etats du golfe avaient encore tout l'embellissement que leur donnait la présence de ces oiseaux immaculés; aujourd'hui ces lieux ont à peu près perdu un de leurs plus grands attraits par l'imminente destruction de ces oiseaux. Comme on trouva impossible de distinguer les plumes étrangères des indigènes ou d'empêcher le trafic des unes tandis qu'on permettait celui des autres, une loi fédérale a enfin été promulguée aux Etats-Unis qui défend d'importer les plumes d'oiseaux à l'usage des modistes. Des lois semblables ont été depuis votées en Grande-Bretagne et dans ses colonies. Les aigrettes ne sont pas la seule espèce qui ait tant souffert; les sternes et d'autres oiseaux de mer, les oiseaux de Paradis et beaucoup d'espèces insectivores ont été victimes de la vanité et de la cupidité humaines.
Genre — Florida. Petit Héron bleu.
200. Le Petit Héron bleu, (little blue héron). Florida cœrulea. L, 22. C'est un petit héron très beau et gracieux. L'individu adulte a la tête et le cou brun marron, le reste du corps d'un bleu d'ardoise foncé. Des plumes finement pointues sur les épaules et sur le devant du bas cou. Le jeune est presque du blanc le plus pur teinté de bleu d'ardoise.
Traits distinctifs. La couleur qui distingue l'oiseau adulte est décrite plus haut. Le jeune oiseau, tout blanc, ressemble beaucoup au petit héron de la Louisiane, mais peut s'en distinguer par les pattes jaune verdâtre et par les pointes bleu d'ardoise des primaires.
Nid. Niche par groupes, nids faits de bûchettes dans les buissons ou sur les arbres au-dessus de l'eau.
Habitai. L'Amérique tropicale. Couve dans les Etats du Sud et du Golfe. Sa présence au Canada est purement accidentelle. On voit rarement au Canada des oiseaux ayant le plumage de l'âge adulte. Les jeunes oiseaux sont les seuls qui soient susceptibles de s'égarer dans l'intérieur de nos frontières.
Valeur économique. Trop rares au Canada pour avoir aucune importance économique.
Genre — Butorides. Hérons verts.
201. Le Héron vert, (green hebon). Butorides virescens. L, 17. C'est le plus petit de nos hérons ordinaires. Le dos est d'\m vert grisâtre brillant avec de courtes pennes, pareilles aux plumes et recouvrant les ailes. La face, les côtés du cou, et la gorge, aussi bien que les dessous, sont d'un riche marron. La tête a une calotte noire qui s'allonge en une petite huppe.
Traits distinctifs. lia, description qui précède peut ressembler à celles de la dernière espèce, mais le vert brillant si visible du dos, l'absence des plumes du cou, la taille plus petite et la charpente plus lourde empêchent de les confondre sérieusement. C'est ici, d'ailleurs, une espèce commune dans son territoire propre, et celle qu'on est assez sûr de rencontrer dans la région des grands lacs. Toute autre espèce qui pourrait lui être comparable est très rare.
Indications sur le terrain. Taille et coloration générale.
Nid. SoU taire et non par groupes; léger et ouvert fait de branches dans des buissons ou sur des arbres d'habitude au-dessus de l'eau.
Habitat. Pas très commun dans le sud de l'Ontario, mais rare à l'est. Couve partout où on le rencontre au Canada.
SOUS-ESPÈCE. Le héron vert forme des sous-espèces, mais le type, c'est-à-dire le héron vert du nord, est la seule espèce qu'on rencontre au Canada.
Le héron vert n'est pas aussi porté à s'aventurer en pleine eau que l'est le grand héron bleu, ni dans les marécages herbeux, comme le butor. Les halliers d'aune en terrains inondés, les bords buissonneux de paisibles ruisselets, les mares où s'attardent des courants endormis, les prairies oix s'éjournent les castors, sont l'habitat préféré de ces hérons. Ils aiment la soHtude plus que ne font les autres hérons au temps de la couvaison et, bien que plusieurs couples puissent occuper une localité particulièrement favorisée, c'est la communauté d'intérêts et non l'instinct de la sociabilité qui les fait se réunir.
Valeur économique. La nourriture du héron vert se compose d'écrevisses, d'insectes, de grenouilles et de fretin. On l'a accusé d'être nuisible à certains poissons, mais comme l'oiseau est petit et relativement rare, et comme les parages d'eaux dormantes qu'il fréquente d'habitude ne le mettent pas en contact avec beaucoup d'espèces importantes, on ne peut pas le considérer comme une menace bien sérieuse.
Genres — Nydicorax et Nydanassa. Hérons de nuit.
202. Le Héron de nuit, lequac. (black-crowned ni qht héron). NycHcorax nycHcorax. L, 24. Plus petit que les grands bleus et plus grand aue les hérons verts, plus semblable au butor comme taille. Le plumage de 1 oiseau adulte est reconnaissable à première vue. Le corps est blanc, à ombres légères avec des teintes de gris clair. Le dos et la couronne sont noirs; de celle-ci tombent une ou deux plumes longues, fines, en forme de pinceau. Le jeune oiseau a une apparence tout à fait différente, il a des raies brun grisâtre sur un fond blanchâtre.
Traits distinctifs. L'individu adulte est caractéristique. Le jeune peut, à un coup d'oeil hâtif, paraître ressembler au butor, mais il manque absolument de toute nuance bien jaune et le dessin très simple de la coloration est très différent, du schéma de couleur compliqué et finement vermieulé de cet oiseau.
Nid. Souvent en société avec le grand héron bleu, nid fait ordinairement avec des bûchettes sur des arbres, quelquefois sur le sol.
Habitat, lie héron de nuit est un oiseau dont l'habitat est irrégulier et local; on le rencontre dans l'est de l'Ontario, l'ouest de Québec et du Manitoba, en colonies occasionnelles. Dans l'Ontario, depuis Kingston vers l'ouest, il est très rare.
SOUS-ESPÈCES. Le héron de nuit se rencontre dans les deux hémisphères (est et ouest). L'oiseau du nouveau monde, appelé le héron de nuit d'Amérique, N. n. noevius, est une sous-espèce distincte de celle de l'ancien monde.
C'est un héron d'une charpente plutôt lourde et qui, quoique non sans beauté ni sans grâce, n'a pas les lignes fines et élancées de la plupart des hérons et ressemble aux butors par sa charpente. Ses habitudes sont une combinaison de celles du grand héron et de celles du héron vert.
Le héron de nuit à couronne jaune, Nydanassa violacea, se rencontre aussi au Canada, mais trop rarement pour qu'il en soit dit davantage. L'individu adulte est en général un oiseau couleur gris d'ardoise, finement rayé de noir sur le dos, et dont la tête est très distinctement noire et blanche. Le jeune héron est si semblable au héron noir qu'on l'en distingue difficilement, mais sa tête est plus foncée que le dos, et il n'y a pas trace de brun rougeâtre sur les primaires, ce qu'une minutieuse inspection fait voir sur le jeune héron de nuit qui est noir. Les jeunes hérons de nuit jaunes ne devraient être signalés au Canada qu'avec précaution.
Valeur économique. Sa nourriture est semblable à celle du héron vert et son importance économique à peu près indentique.
Ordre — Paludicolae. Oiseaux de marais, Grues, Râles, etc.
Description générale. C'est un ordre assez mal délimité; il comprend un certain nombre de familles d'oiseaux qui marchent habituellement dans l'eau et qtii ne peuvent être assignés ni à la famille des hérons ni à celle des oiseaux de rivage, quoique ressemblant superficiellement à l'une et à l'autre. Ce sont des oiseaux qui ont quatre longs doigts bien développés, sans membranes, et avec des pattes bien faites pour marcher dans l'eau. On ne les définit que par la description des sous-familles. L'espèce canadienne se divise en deux sous-ordres; les grues qiu comprennent en outre les courlans, etc., et les ralH (râles) qui comprennent en outre les gaUinules et les foulques. Du sous-ordre des grues Ù n'y a au Canada que les gruidés, les grues proprement dites.