SOUS-ORDRE RALLI. PETITS OISEAUX DE MARAIS
En ce qui concerne le Canada, ce sous-ordre — comprenant les râles, les gallinules et les foulques — peut-être appelé celui des petits oiseaux de marais, par comparaison avec celui des grandes grues. Ces oiseaux n'ont pas la forme du héron et ne peuvent pas être confondus avec les grues par rapport soit à la forme soit au port et à la taille. De ce sous-ordre il n'y a qu'une seule famille, celle des raUidés, qui se rencontre dans l'est du Canada.
FAMILLE — RALLIDiE. OISEAUX DU TYPE RÂLE.
Description générale. Doigts longs et effilés dans le but de couvrir un grand espace de terre molle où le pied se fixe avec peine. Les caractères du pied sont un peu comme ceux des oiseaux de rivage, mais le doigt de derrière est aussi long et bien développé que les autres, et son insertion est au même niveau qu'eux au lieu d'être légèrement plus élevée. A cet égard, ils ressemblent aux hérons, mais peuvent s'en distinguer par leur forme qui n'a rien du héron et par leurs lores emplumés.
Ce sont des oiseaux de marais, et bien typiques, qui se cachent dans les hautes herbes et les roseaux, qui courent rapidement sur des masses peu résistantes de végétation à moitié flottante, qui préfèrent se cacher plutôt que de voler à l'approche du danger. Ils nagent tous, quelques-uns toujours, les autres par occasion. La famille est divisée en trois sous-familles: Rallinœ, les râles vrais; Gallinulinœ, gallinules ou poules d'eau; et les Fulicinœ, ou foulques.
Sous-famille — RalUnae. Râles vrais. •
Description générale. Oiseaux à corps très plat, comprimés latéralement, bien faits pour se glisser parmi des roseaux et des herbes qui croissent très serrés; aUes petites, arrondies et relativement faibles; la charpente totale de l'oiseau est lâche, lui donnant la flexibihté par sa tenue et son habitat, mais ne se prêtant pas à un effort considérable et continu.
Traits distinctifs. Très facilement reconnaissable aux caractéristiques négatives: oiseaux semblables au râle, comme décrit plus haut, qui ne sont ni gallinules ni foulques; sans avoir la plaque frontale sur le front comme ces oiseaux (figures 23 et 25 p. 23).
Indications sur le terrain. Les râles se dressent dans l'herbe droit sous vos pieds et partent d'un vol lent et incertain, les jambes pendantes, et le cou tendu. Ils s'enlèvent visiblement avec peine et précipitation, volent sans force à une petite distance au-dessus du marais et puis y retombent subitement.
Les râles sont très habiles à se cacher dans l'herbe. Ils filent le long des étroites pistes entre les bouquets de hautes herbes avec l'adresse et la vitesse des souris. Ils se fient à leur adresse à se cacher bien plus qu'à leurs ailes pour échapper au danger, souvent ils se laisseront prendre dans la main plutôt que de s'envoler. Un râle s'enfuira une fois comme s'il était saisi de panique, puis se laissera choir tranquillement; on ne le forcera que rarement alors à reprendre son vol, et caché dans un petit bouquet il ne sera que peu souvent découvert, sauf par le flair subtil d'un chien. Les râles savent nager, mais ne s'y décident que rarement et seulement à une petite distance comme lorsqu'ils passent d'un bouquet d'herbages à un autre et qu'ils trouvent l'eau trop profonde pour s'y aventurer à pied.
Les râles font beaucoup de bruit, surtout de nuit et même de jour, un bruit soudain et inattendu fera naître dans le marais un concert de cris rauques et saccadés, lors même qu'aucun oiseau ne se fait voir.
Nos râles canadiens peuvent se partager en deux divisions: un type à long bec et un à bec court (figures 23 et 25, p. 23). La première division comprend le râle élégant et le râle de la Virginie, deux espèces qui ont une coloration semblable ; la seconde comprend le râle de la Caroline et le râle jaune, qui n'ont qu'une ressemblance générale quant à la couleur, mais tous deux ont un bec trapu très semblable.
Genre — Rallus. Râles.
208. Le Rftle élégant, (kinqrail). Battus degam. L, 15. Beclong; lee jouée, le cou et la poitrine d'un brun cannelle: le dos noir brunâtre, chaque plume ayant une large bordure d'une teinte d'oere de la couleur de la poitrine; les flancs rayés de blanc et de noir. Les jeunes ont même couleur, mais voilée de noir.
TraiU distinctifs. Au Canada, ce râle ne peut être confondu qu'avec celui de Virginie, de même coloration, mais le râle élégant est beaucoup plus grand.
Indications sur le terrain. Le vol sans force, qui est bien d'un râle comme il s'échappe de l'herbe; la taille, la coloration générale et le long bec brun rouge.
Nid. Dans les marécages humides, dans un nid fait d'herbe.
Habitat. Plutôt méridional, vient régulièrement en dedans de nos frontières le long des régions inférieures des grands lacs, couve partout où on le trouve au Canada.
Le râle élégant peut être regardé comme le type des râles à long bec (figure 23, p. 23). Il a un cou plus long, une tenue et une conformation plus gracieuses que le type du bec court. Cette série est l'une d'entre plusieurs séries américaines d'oiseaux où des espèces distinctes ne diffèrent l'une de l'autre que par la taille. Avec le râle élégant et le râle de Virginie cette série renferme le râle claquet, oiseau exotique des marais salants des côtes plus mériodionales et qu'on ne rencontre jamais au Canada.
212. Le Râle de la Virginie, (virginia rail). Rallus virginianus. L, 9-50. Plus petit que le râle élégant, mais autrement, tout semblable à lui.
Traits distinctifs. Il est facile à distinguer du râle élégant par sa plus petite taille, et du râle de la Caroline par son lon^ bec rougeâtre et sa coloration générale. Les jeunes oiseaux sont fortement lavés de noir et ont souvent été pris à tort pour des râles noirs. Le râle noir est même plus petit que le râle jaune (5-0) et a un bec court; la présence d'aucun râle noir n'a été signalée au Canada sur un témoignage qui ne laissât aucun doute. On peut cependant le chercher dans la région des grands lacs, surtout dans le voisinage des terres basses de Saint-Clair, où il y a d'assez fortes preuves de sa présence, quoique aucun spécimen n'en ait encore été pris.
Indications sur le terrain. La taUle, la coloration, le long bec rougeâtre (figure 23, p. 23) et ce vol incertain bien typique du râle qui veut se sortir du marais.
Nid. Dans les marécages humides, dans un nid d'herbe.
Habitat. Le sud du Canada à travers le continent, et au nord des Umites actuelles des terres cultivées. Il couve partout où on le rencontre au Canada.
C'est un râle beaucoup plus commun que le râle élégant et qu'on peut s'attendre à trouver dans tout marais ou dans toute prairie mouillée de son territoire. Ses habitudes ne diffèrent pas essentiellement de celles des autres râles.
Valeur économique. Son habitat situé dans les terres où rien ne se récolte exclut l'idée que cet oiseau s'alimente de choses de quelque valeur. Sa nourriture cdnsiste largement en insectes, graines de marais et matières végétables.
Genre— Porzana. Râle des genêts.
214. Le Râle de la Caroline, (sorarail). Porzana carolina. L, 8-50. Planche VII A.
Traits distinctifs. Se distingue du râle de Virginie par son bec court et conique (figure 25, p. 23), sa coloration générale; et du râle jaune par une plus grande taille et par sa coloration.
Indications sur le terrain. A son vol incertain et balancé, quand l'oiseau s'élève au-dessus des herbes, on reconnaît le râle; le bec court, la coloration générale et l'absence de blanc sur les ailes sont caractéristiques de l'espèce.
Nid. Sur le sol dans le marécage mouillé, nid fait d'herbages, etc.
Habitat. Situé beaucoup plus au nord que celui du râle de Virginie, mais s'étendant à travers le continent; couve partout où il se rencontre au Canada.
Dans les premiers temps de la colonisation, le râle de la Caroline constituait un gibier commun; mais l'assèchement des marais, et la facilité qu'avaient les chasseurs à en remplir parfois leur carnassière en ont bien diminué le nombre. Dans les marécages à marée, dans quelques-uns des Etats dits Atlantiques, on chasse régulièrement ce râle à la fin de l'automne. C'est le mieux connu de nos râles, et bien quiç le nombre en soit réduit comparé à celui que donnent les récits de nos anciens voyageurs, c'est encore un oiseau assez commun. Il ne lui faut pas, comme aux râles élégants et à ceux de Virginie, un ha^bitat très étendu, il suffit parfois du plus petit bourbier au couple et à ses petits pour y passer la saison.
Valeur économique. Pas très différente de celle du râle de Virginie.
Genre — Coturnicops. Râle jaune.
215. Le Râle jaune, (yellow rail). Coturnicops novehoracenais. L, 7. C'est un râle plus petit, au bec court, un peu comme le râle de la Caroline. La coloration est aussi la même, comme effet général, mais les dessous sont lavés de lignes couleur d'ocre, les plumes de derrière ont (quelques lignes blanches très fines transversales au lieu de marginales. L'oiseau a aussi des plaques blanches aux ailes, ce qui est caractéristique de l'espèce. •
Traits distinctifs. Se distingue du râle de la Caroline par la taille et la coloration. Indications sur le terrain. La taille et les plaques blanches des ailes. Nid. Sur le sol, à la lisière humide des marécages; nid fait avec des herbes. Habitat. Plus septentrional que celui des autres râles et s'étendant bien au delà des terres actuellement cultivées; niche partout où il se rencontre.
C'est de tous les râles le plus adroit à se dérober aux regards et à se tenir caché. Comme il est presque impossible de faire lever un râle, il se peut qu'il soit beaucoup plus commun qu'on n'est fondé à le croire. Selon les rapports actuels c'est un des oiseaux les plus rares au Canada. Ses habitudes ne semblent pas différer beaucoup de celles des autres râles, sauf qu'il ne lui faut pas autant d'eau dans son habitat et qu'il se rencontre plus souvent sur les bords herbeux du marécage que dans les endroits mouillés et pleins de roseaux.
Sous-famiile — Gallinulinae. Gallinules ou Poules d'eau.
Description générale. Ce sont des oiseaux assez grands et ressemblant au canard, mais avec de longs doigts sans membrane ni partielle m entière; bec conique qui s'étend sur le front et une plaque ou écu frontal (figure 26, p. 23).
Traits distinctifs. Se distingue des canards par l'absence des membranes et par la forme du bec; et de la foulque par l'absence des lobes digitaux; mais, par ailleurs, ressemblant énormément à celle-ci.
Indications sur le terrain. Corps rond, de même forme que celui du canard; sa tenue quand il naj^e; coloration générale bleue ou gris bleu; bec et plaque frontale rouges; pattes et doigté longs, ou jaunes ou verts.
Si l'on surveille tranquillement les voies libres qui traversent un marais, il arrive parfois qu'on aperçoive un oiseau nageur, au profil de canard, se tenant droit dans l'eau, la queue en l'air, et avançant avec une succession de mouvements gracieux saccadés, la tête tantôt en avant tantôt en arrière. Cela suflBt presque à faire reconnaître les gallinules; mais le bec et la plaque frontale aux couleurs brillantes, visibles à une grande distance, et éclairés par un beau soleil, ne permettront plus aucun doute à cet égard. Quelquefois c'est l'observateur qui les fait partir lorsqu'il avironne tranquillement le long des détours d'un étroit chensJ; tout à coup elles partent éclaboussant tout à la surface et créant beaucoup d'agitation avant de prendre leur vol. Les gallinules nagent ordinairement et avec facilité, mais elles ne s'aventurent que rarement dans des eaux ouvertes comme les foulques, elles s'en tiennent à de petites mares dans les marécages, ou à des voies ou passages bien dégagés qui les dirigent.
Genre — lonornis. GaUinule de la Martinique.
218. La GaUinule de la Martinique, (purple oallinule). lonornis martinicus. L; 13. Ressemble à la gallinule de la Floride, mais le cou et les parties de dessous sont irisés avec un bleu violacé très prononcé; la plaque frontale (figure 26, p. 23) est d'un bleu de plomb au lieu de rouge; les pattes sont jaunes au lieu de vertes. Les jeunes sont semblables, mais avec des tons réduits et seulement des traces d'irisation.
Traits distinctifs. On ne peut la confondre qu'avec la gallinule de la Floride, mais les caractères susdits et l'absence des raies blanches évidentes sur les flancs constituent des différences.
Indications sur le terrain. Un profil de gallinule ou de poule d'eau, une irisation bleue prononcée, pattes jaunes, et plumes sous la queue toutes blanches.
Habitai. Amérique tropicale et sous-tropicale, toujours au nord des Carolines.
Ne se rencontre qu'occasionnellement au Canada. Ne doit se cacher que dans les parties les plus méridionales.
Genre — GaUinula. Gallinule de la Floride.
219. La GaUinule de la Floride, (florida gallinitle). GaUinula galeala. L, 13-50. C'est un oiseau uniformément bleu d'ardoise plus foncé sur la tête; tin peu plus clair plus bas, teinte d'im brun rougeâtre légèrement irisé; raies blanches très visibles sur les flancs et une petite bordure des mêmes raies sous la queue; le bec et la plaque frontale d'un rouge brillant (figure 26, p. 23); les pattes vertes avec jarretières rouges droit au-dessous des plumes.
Traits distinctifs. Cette gallinule se distingue de la gallinule de la Martinique par les caractères sus-mentionnés; de la foulque, à laquelle elle ressemble tout à fait, par le bec rouge au heu de blanc et la plaque frontale également rouge, avec les lignes blanches des flancs, le dos brunâtre et les doigts sans trace de membrane.
Indications sur le terrain. Bec et plaque frontale rouges; raies blanches aux flancs, dos brunâtre, et toutes les pointes des secondaires foncées quand l'oiseau vole.
Nid. Ordinairement sur un petit tertre tel qu'est un vieux nid de rat musqué dans les marais humides; le nid est fait de fragments de végétation de rebut.
Habitat. Plus au nord que celui de la gallinule de la Martinique; celle de la Floride est généralement commune au Canada seulement le long des grands lacs des régions basses.
Cette gallinule est la poule d'eau la mieux connue du Canada méridional. Sa taille assez grande et le bon goût de sa chair qu'il faut attribuer au riz dont elle est friande et à d'autres graines de marais, en font un gibier que les chasseurs recherchent. Elle demande plus que les râles des éten-
dues d'eau bien libres mais elle ressemble aux râles en général par des habitudes communes. C'est un oiseau plutôt bruyant, surtout la nuit, et qui, pendant le jour, fait sa partie dans le concert de cris qu'une agitation inaccoutumée et inattendue a fait éclater. Parfois un oiseau fera entendre tout d'un coup une volée de caquets que répéteront successivement tous ses pareils et pendant quelques instants ce marécage désert en apparence deviendra le théâtre d'un véritable petit sabbat de bruits d'oiseaux.
Valeur économique. Sauf comme gibier, la gallinule n'a pas d'importance économique.
Sous-famille — FuUdnae. Foulques.
Description générale Ce sont des oiseaux plutôt grands et semblables au canard, mais avec de longs doigts pourvus de lobes membraneux; le bec s'étend jusqu'au front en une plaque blanche frontale, espèce d'écu (figure 14, p. 21).
Traits dislinclifs. Très pareils à ceux des gallinules; ces traits sont donnés à propos de la description des espèces dans la section suivante.
Genre — Fulica. Foulques.
221. La Foulque d'Amérique, la poule d'eau, (american coot.) Fulica americana. L, 15. C'est un oiseau dont la couleur est uniforme, gris d'ardoise, plus foncée sur la tête, plus claire au-dessous; le bec et la plaque frontale (figure 14, p. 21) sont blancs avec des taches isolées d'un brun rougeâtre au sommet de la plaque et au bout des mandibules. Les pattes sont d'un vert terne et les doigts bordés d'ime dentelure de petits bouts de membrane (il y a de un à trois lobes à chaque doigt).
Traits distinctifs. Elle se distingue de la galUnule par un bec blanc et par les membranes digitales.
Indications sur le terrain. La taille, la couleur gris d'ardoise, le bec et la plaçjue frontale de couleur blanche et, quand l'oiseau vole, la bordure blanche aux extrémités des pennes secondaires sur les ailes.
Nid. Très semblable à celui de la gaUinule de Floride.
Habitat. Plus au nord que celui des gallinules; on rencontre la foulque partout au Canada bien avant dans les terres cultivées; couve partout où elle se rencontre au Canada
A la différence des gallinules, qui quittent tranquillement nos marécages quand commence l'automne, les foulques s'y attardent jusqu'assez avant dans la saison, et leur nombre, augmenté de celui des oiseaux de passage venant du nord, se rencontre en larges troupes sur les petits lacs et les étangs où ils sont souvent tués par les chasseurs qui, un peu plus tard, trouvent peu de goût à leur chair.
Valeur économique. La foulque se nourrit de matières végétales même plus que la gallinule; mais, à cause de son habitat, elle ne peut avoir d'autre importance économique que comme un but de chasse de deuxième ordre.
Ordre — Litnicolae. Oiseaux de rivage, Bécasses, Maubèches,
Pluviers, etc.
Description générale. Les oiseaux de rivage forment im ordre relativement facile à reconnaître mais difficile à décrire succinctement. Tous les oiseaux qui ressemblent à la bécasse ou au pluvier sont compris dans cet ordre. Ils ont des pattes qui varient de longueur depuis les peu longues jusqu'aux très longues, et qui ont des formes très fines, bien faites pour marcher dans des eaux peu profondes, et le long des bords des étangs; le cou et le bec son à l'avenant (figures 15, 21, 22, 24, p. 21-23). Les doigts peuvent être au nombre de trois ou de quatre, et ne sont guère faits pour percher. Ils peuvent n'avoir pas de membranes ou que des membranes partielles, soit situées à la base des doigts, soit formant des dentelures ou des bordures complètes aux doigts (voir Phalaropes). Le doigt postérieur, quand il existe, est petit, faible et légèrement élevé au-dessus des autres. Les ailes sont longues et pointues et les secondaires tout près du corps sont allongées.
Traits distinciifs. Certains oiseaux de rivage montrent une ressemblance superficielle avec les râles, tandis que d'autres par certains traits caractéristiques (courlis) peuvent être pris pour des ibis ou des hérons, mais peuvent s'en distinguer par le doigt postérieur ou petit et surélevé, ou absent, et par l'absence de peau dénudée entre l'oeil et le bec.
Indications sur le terrain. Le profil général, le port, l'habitat et le vol sont des indications caractéristiques faciles à reconnaître.
Nid. Sur le sol; une espèce fait exception à la règle.
Habitat. Cet ordre, celui des oiseaux de rivage, est cosmopolite, et il y a peu de régions du monde que les membres de cet ordre n'occupent pas. Les formes particulières à Phémisphère nord de l'ancien et du nouveau monde sont étroitement congénères; quelques-unes sont identiques, plusieurs sont apparentées comme sous-espèce, et d'autres, en petit nombre, comme le toumepierre, se rencontrent partout. La plupart de nos espèces boréales nichent dans l'extrême nord, quelques-unes même aussi loin que ces régions ont été explorées, quoiqu'il arrive à un petit nombre de nicher sur nos frontières méridionales et au delà.
Les oiseaux de rivage, dans les premiers temps où ils étaient abondants, constituaient un gibier très apprécié; aujourd'hui que le nombre en est si considérablement réduit on a perdu l'habitude de leur faire la chasse et on ne les tue que par occasion. Parmi les oiseaux de rivage de l'est du Canada, la bécasse et la grande bécassine sont les plus intéressants comme gibier. Les représentants de l'ordre dans le Canada oriental se divisent en six familles: Phalaropodidœ, phalaropes; les Recurvirostridœ, leséchasses et avocettes qui ne se rencontrent que par hasard dans l'est du Canada; Scolopaddœ, les bécassines et les bécasses d'Europe constituent le gros de nos espèces; C/iaradnïdce, le pluvier; .4 pftnztdœ, les tourne-pierres; Hœmatopodidœ, les huîtriers, jadis rares sur notre côte de l'est, aujourd'hui probablement disparus de cet endroit.
Valeur économique. La plupart des oiseaux de cet ordre habitent les terrains déserts et n'ont que peu d'influence économique; d'autres, qui fréquentent les champs cultivés, sont plus importants et seront traités sous leurs noms d'espèces. De façon générale, cependant, cet ordre est ou inoffensif ou très utile à l'homme.
FAMILLE — PHALAROPODIDiE. PHALAROPES. BÉCASSINES DE MER.
Description générale. Petits oiseaux, de 7-75 pouces à 8-75 de long, échassiers d'apparence mais au plumage serré et semblable à celui du canard. Ce fait, ajouté à celui de leurs doigts bordés de lobes membraneux, de bordures et de tarses aplatis, les rend relativement faciles à reconnaître.
Traits distinciifs. Ce sont de petits échassiers caractérisés conmie ci-dessus. Ne peuvent être confondus avec aucun autre oiseau.
Indications sur le terrain. La taille et la façon de nager et de se nourrir en eau profonde. Ce sont les seuls oiseaux de rivage qui nagent habituellement.
Nid. Sur le sol; nid garni d'un peu de mousse ou d'herbe.
Habitat. Dans le nord et dans l'ouest. Une espèce couve dans les provinces des prairies les moins élevées, les deux autres le long des côtes arctiques et des îles avoisinantes. Ce sont des oiseaux migrateurs ordinaires le long des côtes atlantiques de l'est du Canada et plus bas, dans la vaflée du Mississipi, mais de purs vagabonds dans la région des grands lacs.
Les phalaropes constituent une petite famille très originale d'oiseaux de rivage, dont les véritables rapports avec d'autres familles sont à peine bien compris ni bien établis. Ils nagent avec facilité et on les voit souvent en pleine eau, même en pleine mer, où ils sont autant dans leur élément qu'aucune espèce maritime.
Originaux quant à leur structure et à leurs affinités ordinaires, ils le sont tout autant dans leurs habitudes. C'est la femelle, et non le mâle, qui représente par ses belles couleurs le cercle familial, qui prend l'initiative des
avances dans le temps des amours, qui fait toutes les démarches auprès du futur conjoint, personnage timide et au modeste plumage, auquel, après qu'elle a rempli ses devoirs de pondeuse, cette femelle laisse les soucis de la couvaison et de l'éducation des petits.
Valeur économique. Ces oiseaux fréquentent l'eau ou les rivages stériles et n'ont aucune importance économique.
Genre — Phalaropus. Phalarope roux.
222. Le Phalarope rovix. (red phalarope, gret phalarope). Phalaropus fidicariui. L, 8 • 12. La femelle adulte est facilement reconnaissable par la couleur uniforme, brun rougeâtre terne de l'avant-cou et des parties de dessous. Le dos est de couleur ocre et noire en raies. Le mâle est tout semblable, mais les couleurs sont voilées, brisées et moins distinctes. En hiver cette espèce est d'un gris d'ardoise dessus et blanc dessous.
Traits distinctifs. Le phalarope roux peut se distinguer facilement de l'un ou de l'autre des deux membres de la famille par son bec et ses pieds, celui-là étant relativement large et plat. Les doigts sont palmés à la base et avec des dentelures des deux côtés. Voir l'espèce suivante.
Indications sur le terrain. Ses manières d'être en général et son habitat. Dans la saison de la couvaison la couleur est la meilleure indication pour le reconnaître. Sur mer cette espèce laisse voir, paraît-il, plus de noir au sommet de la tête et aux ailes que les autres phalaropes. Dans le cas du plumage incomplet, le bec relativement court et aplati est peut-être le meilleur moyen d'identification.
Habitat. Cet oiseau niche tout le long de la côte arctique de l'Amérique; il voyage et descend sur les deux côtés de ce continent; il est rare à l'intérieur des terres dans la région des grands lacs.
Genre — Lobipes. Phalarope hyperboréen.
223. Le Phalarope hyperboréen. (northern phalarope). Lobipes lobatus. L, 7-75. Femelle adulte: les parties supérieures, celles de derrière le cou, et la tête, sont couleur d'ardoise foncée; la gorge et le dessous sont blancs; les côtés du cou, qui se rejoignent devant le bas du cou, sont d'un roux ardent, avec des hgnes de la même couleur le long du dos sur les ailes refermées. Le mâle est tout semblable, mais voilé et de couleur atténuée. Les oiseaux d'hiver sont gris clair en dessus, blanc dessous, avec un simple soupçon de coloration en dessus.
Traits distinctifs. Bec très mince en forme d'alêne; ressemble plutôt au phalarope de Wilson mais plus court; les pieds ont de petites membranes et des bords dentelés, comme le phalarope roux.
Indications sur le terrain. Couleur générale et bec fin en forme d'aiguille. Le plus petit des phalaropes de l'est du Canada.
Habitat. Le même que le précédent.
Genre — Steganopus. Phalarope de Wilson.
224. Le Phalarope de Wilson. (wilson's pijalarope). Steganopus tricolor. L, 8-75. Oiseau d'un plumage magnifique. La femelle adulte a des raies de couleur d'un contraste accusé sur la tête et le cou. Une couronne gris perle passant au blanc sur le derrière du cou, et au gris sur les épaules. Ligne noire passant par l'œil jusque sur le côté du cou et devenant d'un rouge châtain ardent et qui continue latéralement le long du dos. La gorge d'un blanc passant à une délicate couleur vineuse au cou et à la poitrine, et qui revient au blanc dans les parties de dessous. Le mâle est brun grisâtre en dessus, et blanc en dessous, avec une apparence légère de la coloration plus brillante de la femelle.
Traits distinctifs. Bec très long, 1-25 pouce, mince, forme d'aiguille, c'est l'espèce précédente exagérée. Les pieds ne sont pas palmés, mais sont pourvus de rebords membraneux étroits, et uniformes.
Indications sur le terrain. Couleur, taille, bec très long et mince.
Habitat. C'est une espèce du milieu de l'Ouest, et plus méridionale que la précédente, couvant dans les provinces des prairies et qui n'apparaît que par hasard dans l'Est sur la partie inférieure des grands lacs.
FAMILLE — RECURVIROSTKID^. AVOCETTBS ET ÉCHASSES.
Description générale. Ces oiseaux sont parmi les plus grands de ceux de rivage et sont reconnaissables à leurs couleurs, qui contrastent entre elles de façon frappante, et à la longueur singulière de leurs pattes et de leur bec. Ces caractères sont poussés à l'extrême chez les échaases qui, toutefois, ne rentrent pas dans nos limites. L'avocette s'est rencontrée accidentellement dans nos contrées à l'est des prairies.
Genre — Recurvirostra. Avocettes.
225. L'Avocette d'Amérique, (amekican avocet). Recurvirostra americana. L, 16-50. Oiseau de rivage grand et très frappant, avec ime tête et un cou de couleur vineuse très chaude passant au blanc dans les parties de dessous; le noir et le blanc se rencontrent sur le dos en contraste violent.
Traits distinctifs. Bec très long, mince, en pointe, et qui se recourbe dans sa moitié extrême. Ce trait est toujours distinctif.
Nid. Dans un petit creux prte de l'eau.
Habitat. C'est un oiseau qu'on rencontre à l'intérieur de l'Ouest central, qui niche dans les provinces des prairies et qu'on ne voit qu'accidentellement à l'est du Manitoba.
Cette espèce n'est comprise parmi nos oiseaux que parce qu'on en rencontre quelques spécimens à l'est des provinces des prairies.
FAMILLE — SCOLOPACIDiE. OISEAUX DU TYPE BÉCASSINE, «TIP-UP8», MAUBÈCHE8, ETC.
Description générale. Ce sont des oiseaux de taille petite ou moyenne, le courlis étant l'espèce la plus grande. Les pieds ne sont jamais entièrement palmés ni les doigts pourvus de bordures ou de marges membraneuses. Quelques espèces ont de petites membranes entre la base des doigts, ce qui a fait appeler ces oiseaux semi-palmés ou à demi-membranes. Toutes les espèces, sauf une, le sanderling, ont quatre doigts. Les becs sont longs, minces, et pointus; ordinairement droits (fig. 21 et 22, p. 23); mais quelquefois recourbés en dedans; à l'occasion, comme chez les barges (p. 108) ils sont très légèrement recourbés en dehors; plutôt flexibles et ordinairement un peu agrandis et très sensibles à la pointe.
Traits distinctifs. Ce sont manifestement des oiseaux de rivage, généralement connus sous les noms populaires ci-dessus. Le bec ne finit pas en une pointe finement acérée, comme celui des familles précédentes, et n'a pas la base tendre et la pointe cornée des tourne-pierres et des huîtriers.
Nid. Tous, sauf une seule espèce, le chevalier solitaire, nichent sur le sol dans de petits creux garnis maigrement des matières végétales environnantes.
Habitat. Le plus grand nombre niche dans l'extrême nord, quoique certaines espèces se rencontrent au sud de la frontière des Etats-Unis. Ils émigrent le long de nos rivages ou à travers l'intérieur selon qu'ils appartiennent à telle espèce ou à tel habitat. Quelquesuns de ces oiseaux suivent des routes intéressantes dans leurs migrations.
Parmi ces oiseaux citons les bécasses et les bécassines des forêts humides et des marécages; les maubèches tachetées, à branle-queue et les autres maubèches que nous voyons le long de nos rivages et de nos rivières, et les courlis des hauts plateaux. Ces espèces formaient le gros des admirables compagnies d'oiseaux de rivage qui autrefois peuplaient nos rivages. Comme ils nichaient généralement bien loin par delà les Umites des terres cultivées, l'occupation par les immigrants des terrains où ils avaient leurs nids n'a eu qu'une très minime influence sur leur nombre; mais c'est le fusil des chasseurs ignorants et stupides qui les a décimés. Comme ils volent en troupes serrées ils présentent une manière de cible facile à viser et on en a vu tomber quatre-vingts et davantage abattus par un seul coup de fusil; il n'y a donc rien d'étonnant à ce que ces oiseaux soient devenus relativement rares.
Valeur économique. Ils sont tout à fait inoffensifs ou même réellement utiles selon l'habitat.
Genre — Philohela. Bécasse.
228. La Bécasse d'Amérique, la bécassine, (american woodcock). Philohela minor. L, 11. Planche VII B.
Traits distinctifs. Long bec (figure 21, p. 23) et les yeux situés très hauts dans la tête, couleur feuille morte des parties de dessous, les bruns très riches du dos sont distinctifs.
Indications sur le terrain. L'habitat de cet oiseau, ajouté à son bec, à sa taille, à sa coloration ou d'un brun riche ou feuille morte la font aisément reconnaître à l'état vivant.
Nid. Sur le sol parmi les feuilles mortes de l'année précédente avec lesquelles son pliunage s'harmonise si bien.
Habitai. Toujours dans le sud de l'Ontario, dans la partie basse des grands lacs, quoique des individus vagabondent accidentellement sur un espace bien plus étendu.
Les bécasses fréquentent les plantations d'arbri.=5seaux simplement mouillés ou inondés, les bocages d'aunes ou de noisetiers, ou la lisière touffue des forêts humides. Si on les dérange, elles s'enlèvent soudain de terre, volent au hasard avec un singulier sifflement d'ailes et, passant par-dessus les broussailles, se laissent tout à coup tomber pour se cacher à quelques mètres de là. La génération présente se rappelle certainement que dans les clairières du sud de l'Ontario les bécassines pullulaient autrefois; tandis qu'aujourd'hui, les chasseurs pouvant donner carrière à leur passion, les terrains jadis délaissés ayant été déboisés et drainés, le chat domestique aidant peut-être aussi, la bécasse est devenue rare, presque introuvable. A l'inverse de la gelinotte huppée ou de la perdrix qui demandent des étendues considérables de terres vierges, il n'y a aucune raison essentielle qui empêcherait la bécasse d'être encore abondante et de procurer bien longtemps encore beaucoup d'exercice cynégétique aux amateurs. Il suffira aux besoins de cet oiseau de trouver le plus petit abri écarté parmi les arbrisseaux humides. La bécasse part pour le Sud peu après le commencement de la saison et ne reste pas longtemps exposée aux entreprises des chasseurs permissionnaires. Après l'homme, c'est le chat qui semble être le principal ennemi de la bécasse, et comme celle-ci vit et niche sur le sol, se fiant à la couleur de son plumage et à sa cachette pour la protéger, elle est singulièrement exposée aux attaques des félidés.
230. La Bécassine de Wilson. (wilson's snipe). GaUinago delicata. L, 11-25. Planche VIII A.
Traits distinctifs. Il est très peu probable qu'elle i)ui8se être prise pour une autre espèce au Canada, mais la queue d un brun rougeatre, qui devient blanche sur les plumes extérieures et barrée de noir, la distinguera bien assez, au besoin.
Indications sur le terrain. L'habitat (prés herbeux bien découverts), long bec, vol curieux en spirale quand elle s'élève de terre, en sus de la taille, de la coloration générale de la aueue d'un brun rougeatre et blanchâtre. La bécasse et la bécassine rousse sont les seuls autres oiseaux semblables.
Habitat. Couve partout sur le continent, tout juste en dedans des limites des terres cultivées, et irrégulièrement sur les confins méridionaux. Elle est commune d'un bout à l'autre du Dominion.
Sous-famille— Erolilnae. Maubèches.
Genre — Ldmmodronus. Bécassines rousses.
231. La Bécassine rousse, (dowitcher, hed-breasted -snipe). Limmodronus griseus. L, 10 • 50. Adulte au printemps : la gorge, le devant du cou, la poitrine et toutes les parties de dessous sont très rougeâtres. Le dos et les parties de dessus sont nuancés de teintes analogues et d'un brun foncé. Plumage d'automne: brun grisâtre terne sur la tête, le cou, le haut de la poitrine, les flancs et le dos, nuancé d'un brun plus clair sur ces dernières parties; blanc en dessous. Le bas du dos est toujours blanc. Des teintes intermédiaires se présentent dans tout le plumage.
Traits dislinctifs. La même apparence générale que chez la bécassine de Wilson, mais le devant est rouge, ainsi que les dessous, au printemps; en automne, les tons bruns si riches de cette espèce disparaissent. Lç bec est plus long, comparé à la taille, aue chez aucun autre oiseau, la bécassine de Wilson exceptée. Une poitrine rouge très semblable se voit chez la maubèche à poitrine rousse, mais le plus long bec de la bécassine rousse (L, 2 -10-2 -50 contre L, 1 • 30) est un moyen d'identification concluant.
Indications sur le terrain. C'est à peu près la taille et le profil général de la bécassine de Wilson mais avec du blanc très en vue sur le bas du dos, et plus blanc sur la queue. L'habitat est aussi différent.
Habitat. Il couve dans l'extrême Nord, dans l'Ouest, et probablement plus à l'est de la baie d'Hudson. Il est rare sur les grands lacs, plus commun sur la côte. Nos bécassines rousses de l'Est sont supposées être des oiseaux nicheurs du Nouveau-Québec, mais on n'a pas là-dessus des renseignements exacts.
SOUS-ESPÈCES. Une sous-espèce qui se différencie un peu: la bécassine rousse à long bec, L. g. scolopaceus, se rencontre dans l'Ouest. Elle se distingue par sa taille légèrement plus grande, son plus long bec, une poitrine plus fortement tachetée, et le rouge plus étendu en dessous. Il est difficile de différencier des plumages brillants; les oiseaux et les tout jeunes ne peuvent que rarement se distinguer les ims des autres. La bécassine rousse à long bec ne peut être cherchée dans l'est du Canada que dans la ré^on des grands lacs et sa présence ne devrait pas être signalée à moins que le spécimen n'ait été dûment comparé avec un exemplaire authentique.
C'est un oiseau qui recherche les terrains boueux plutôt que les prairies herbeuses.
Genre — Micropalama. Maubèche à longs pieds.
233. La Maubèche à longs pieds, (stilt sandpiper). Micropalama himantopus. L, 8-25. Taches brunes sur un fond de blanc mat; parties de dessous plus claires, celles qui sont foncées sont, disposées en barres uniformes qui se changent en raies obscures sur le devant du cou et en taches fines sur la gorge. Le plumage d'automne ne montre aucune trace de ces barres caractéristiques; le dos a des teintes variées de brun en un dessin accusé; les parties de dessous sont presque tout à fait blanches, légèrement voilées de teintes ocreuses sur la poitrine et le devant du cou, où le brun présente des taches vaguement foncées.
Traits dislinctifs. Les parties de dessous du plumage de printemps, uniformément barrées, sont telles qu'on ne peut pas s'y tromper. L'oiseau d'automne ressemble à plusieurs espèces. La longueur du bec, 1 • 50 et celle du tarse, 1 • 60, sont plus grandes que celles d'aucun autre oiseau de rivage de taille d'ailleurs égale. La maubèche à dos roux a un bec d'à peu près égale longueur, mais il est plus massif et son bout extrême n'a pas le même élargissement abrupt en spatule.
Indications sur le terrain. Le contraste entre sa petite taille et son très long bec. Les couvertures sus-caudales, au lieu des sous-caudales comme chei la bécassine rousse, sont claires au printemps et blanches en autonme.
Habitat. Elle couve sur la côte arctique au nord-ouest de la baie d'Hudson. Dans ses migrations elle est probablement plus commime dans l'intérieur que sur la côte. Elle est régulière, mais rare en automne sur le lac Ontario.
C'est un des oiseaux de rivage dans l'Est, et des plus rares, qui se trouve quelquefois en compagnie de la bécassine rousse et des grands chevaliers à pieds jaunes dans les marais boueux.
Genre — Canutus. Maubèche à poitrine rousse.
234. La Maubèche à poitrine rousse, (knot, red-bbeasted plover). Tringa canutus. L, 10-50. Au printemps, les parties de dessus marbrées de différentes teintes brunes et ocreuses; la gorge, le devant du cou, et au-dessous des teintes brun rougeâtre, plus pâles vers la queue. En automne, un gris clair fumeux, blanc pur en dessous, la poitrine et le devant du cou un peu plus foncés avec des taches fines, un peu obscurcies.
Traits dislinctifs. Ces oiseaux au printemps peuvent, quant à la taille, être confondus seulement avec la bécassine rousse. Le bec court, L, 1 • 30, en contraste avec L, 2 • 10-2 • 50, de la bécassine, constitue une différenciation concluante. Les oiseaux, en automne, sont
très semblables à plusieurs espèces de même coloration. La coloration gris clair du dos est tout à fait pareOle à celle de la maubèche à dos roux, mais chez la maubèche à poitrine rousse chaque plume a, en marge, une ligne à peine marquée de couleur plus claire qui donne l'impression d'une succession de demi-cercles, et qu'on ne voit chez aucun autre oiseau de rivage.
Indications sur le terrain. Au printemps, bec plus court que celui de la bécassine rousse à laquelle elle ressemble par ailleurs, avec une teinte grisâtre mais non très blanche sur la queue; c'est le meilleur signe indicateur.
Habitat. C'est une espèce circompolaire qui voyage dans une étendue d'un rayon considérable. EEe couve dans les îles du cercle arctique et dans ses voyages d'hiver va dans l'Afrique australe, en Patagonie, en Nouvelle-Zélande, etc. Elle paraît être moins commune dans la région des grands lacs que sur la côte de l'Atlantique.
C'est un oiseau qu'on rencontre sur les plages sableuses aussi bien que dans les marécages boueux.
Genre — Arquatella. Maubèche pourprée.
235. La Maubèche pourprée, (pubple sanpipeb). Arquatella maritima. L, 9. D'un blanc grisâtre sur le dos, la tête comprise, et qui s'étend en travers du devant du cou, de la gorge, et le long des flancs. Plus pâle sur la gorge et très foncé sur le dos, blanc au-dessous. Sur les parties plus foncées on voit une couleur pourprée vaguement étendue et légèrement irisée, plus ou moins marbrée de teintes claires sur le bord des plumes. Le plumage d'automne est semblable, mais les bords clairs des plumes sont plus étendus. Les pattes et les pieds sont orange au printemps.
Traits distinctifs. C'est le seul oiseau de rivage avec un dos si uniformément noir.
Indications sur le terrain. Au printemps, couleur sombre générale et pattes courtes orange. En automne, la saison même de leur arrivée est en eUe-même presque un signe indicateur, car elle arrive très tard, même presque en hiver alors que tous les autres oiseaux de rivage sont partis.
Habitat. La maubèche pourprée de l'Est couve probablement dans les îles arctiques. Quand elle émigré, elle est plus commune sur la côte maritime que sur les grands lacs où elle est très rare.
SOUS-ESPÈCES. La maubèche pourprée se rencontre dans les deux mondes, le nouveau et l'ancien. La sous-espèce qui se rencontre sur la côte est du Canada c'est la maubèche pourprée de l'Est, le type de la race.
C'est un oiseau migrateur très tardif, qui arrive longtemps après que tous les autres oiseaux de rivage nous ont laissés. Les mois de novembre et de décembre sont les mois de leur arrivée. Leur apparente rareté peut être surtout attribuée à ce qu'elle arrive quand les rivages sont désertés par les chasseurs. Ils préfèrent les rivages rocheux au sable ou à la boue.
Genre — Pisobia. Maubèches.
239. La Maubèche à poitrine cendrée, l'alouette des prés, (pectoral sandpipek). Pisobia maculata. L, 9. Les parties de dessus sont bien foncées, chaque plume étant bordée d'une teinte d'ocre pâle; les dessous et la gorge sont blancs; le bas du cou et la poitrine sont étendus d'un brun chamois pâle avec des raies serrées d'un brun foncé.
Traits distinctifs. La taille et le devant qui est assez fortement rayé de brun chamois, sont bien distinctifs. La maubèche à croupion blanc et la maubèche de Baird peuvent lui ressembler à cet égard, mais le croupion de la première et la petite taille des deux sont en évidence.
Indications sur le terrain. Son habitat ordinaire dans les marécages herbeux fera de la bécassine de WUson celle avec laquelle on pourra le plus facilement la confondre, mais la petitesse du bec de la maubèche à poitrine cendrée est manifeste. Celle-ci présente comme un oiseau d'un brun uniforme sans couleur claire au croupion ou ailleurs, assez semljlable à une grosse maubèche de Wilson.
Habitat. Elle couve sur la côte arctique, au nord-ouest de la baie d'Hudson. C'est un voyageur ordinaire dans tout l'est du Canada.
La maubèche à poitrine cendrée, comme la bécassine de Wilson, se rencontre dans les prés humides et herbeux, ou dans les terrains boueux, rarement sur les plages sablonneuse. Dans l'herbe un chien la tient facilement en arrêt, et la chasse en est parfois excitante. Sur le terrain de la couvaison le sac qu'elle a au cou peut s'enfler d'air de façon extraordinaire, et l'oiseau produit quand il vole, un chant qui est fort inaccoutumé chez les oiseaux de rivage qui sont généralement non chanteurs.
240. La Maubèche à croupion blanc, (white-rumped sandpiper). Pisobiafuscicollis. L, 7-50. Le dos et les parties de dessus sont brun foncé avec large bordure grisâtre et brun ocreux, le grisâtre prédominant. Le croupion et toutes les parties de dessous sont blancs, le devant du cou et le haut de la poitrine sont fortement et finement rayés de brun foncé. En automne la coloration est semblable, mais il y a plus de rouge ocreux au dos et les raies du devant sont plus fondues.
Traits dislinctifs. La taille et le croupion blanc la distinguent d'espèces analogues. La barge de la baie d'Hudson et la maubèche à longs pieds ont les couvertures sus-caudales blanches, mais le premier de ces deux oiseaux est beaucoup trop grand pour se prêter à une erreur, et le bec plus long et plus mince et la poitrine rayée du second sont bien distinctifs.
Indications sur le terrain. Taille et couleurs générales; gros croupion blanc bien visible.
Habitat. Cette maubèche couve sur la côte arctique à l'ouest jusqu'à la frontière prochaine de l'Alaska. Pendant la migration elle est commune sur la cbte de l'Atlantique, plutôt rare dans la région des grands lacs.
Cette espèce fréquente les terrains boueux et les rivages rocheux plutôt que les plages sablonneuses. Elle accompagne souvent les compagnies de maubèches de Wilson et de maubèches semi-palmées.
241. La Maubèche de Baird. (baird's sandpiper). Pisobia bairdi. L, 7-40. Le dos jusqu'au sommet de la tête est brun foncé bordé d'une teinte ocreuse légère; audessous et à la gorge, du blanc; une bande d'un chamois pâle en travers de la poitrine; le bas du devant du cou est vaguement rayé de lignes brunes assez fines.
Traits dislinctifs. Elle ressemble à la maubèche précédente mais avec le croupion plus foncé et plus de chamois étendu en travers du devant. Extrêmement semblable aussi à la maubèche de Wilson, mais plus grande.
Indications sur le terrain. Elle ressemble à une grande maubèche de Wilson avec du chamois étendu sur la poitrine.
Habitat. Couve sur la côte arctique d'un bout à l'autre dti continent. Plus commune dans ses migrations vers les provmces des prairies que siu: les côtes. N'est pas rare dans la région des grands lacs, mais l'est davantage plus à l'est.
Les parages sablonneux et boueux semblent attirer également cette espèce. On la trouve souvent en compagnie de maubèches de Wilson et de maubèches semi-palmées, quoiqu'elle soit moins dépendante de l'eau que plusieurs des membres de cette famille.
242. La Maubèche de Wilson. (least sandpipeb). Pisobia mimUilla. L, 6. Les parties de dessus et la couronne sont brun foncé et bordées plus ou moins de diverses teintes de chamois ocreux et d'im rouge vermeil; blanc en dessous. En travers de la poitrine et du devant du cou une teinte foncée étendue et quelquefois nuancée de chamois avec plus ou moins de raies et de taches d'un noir foncé.
Traits distinctifs. Cette maubèche se distingue de toutes les autres espèces, sauf de la maubèche semi-palmée, par sa taille minuscule, et de la maubèche semi-palmée par l'absence des membranes entre les doigts.
Indications sur le terrain. Elle se différencie de la maubèche semi-palmée par la couleur verdâtre foncé au heu de noire des pattes.
Habitat. Elle couve sous les hautes latitudes, d'un rivage à l'autre du continent et, dans l'Est aussi loin, au sud, que les îles de la Madeleine dans le golfe du Saint-Laurent. Elle est commune, pendant ses voyages, à travers tout le Canada oriental.
C'est un des oiseaux de rivage les plus répandus. Il est probable que sa toute petite taille l'a protégée contre les chasseurs, lors même que de ses troupes serrées on en peut tuer un grand nombre d'un seul coup de fusil. Elle fréquente les plages sablonneuses et les terrains boueux, c'est un oiseau apprivoisé et confiant. Elle se mêle volontiers à des troupes d'autres espèces que la sienne, bien que, si on l'effraie, elle s'en sépare pour les rejoindre plus tard. Elle arrive et repart plus tôt dans l'automne que les semipalmées.
Genre — Pelidna. Pelidnes.
243. La Maubèche à dos roux, (dunlin, red-back sandpipeb). Pelidna alpina. L, 8. Cet oiseau printanier est trop fortement caractéristique pour qu'on le confonde avec aucun autre. Le dos brun foncé a une si large bordure de rouge ocre que d'en être presque tout rouge. Une grande tache plus ou moins diffuse, presque noire, occupe la surface abdominale. Le bec est légèrement courbé en bas (figure 22, p. 23). L'oiseau d'automne manque de ces caractères frappants. La surface de dessus est presque uniforme, d'un gris brunâtre, pâle, étendu en travers de la poitrine et du bas du cou. Les dessous et la gorge sont blancs.
Traits distinctifs. Sa couleur d'automne est semblable à celle de la maubèche à poitrine rousse dans la même saison, mais sa plus petite taille et l'absence des demi-cercles pâles sur les bords des plumes la différencieront toujours, même en l'absence de traces accidentelles de plumage printannier. Cette coloration peut aussi faire penser au courlis ou bécasse de mer, mais les couvertures sus-caudales sont foncées au lieu de grisâtres.
Indications sur le terrain. Au print«mp8, le dos rouge et la tache noire en dessous sont très visibles. En automne, dos gns uniforme et, quand l'oiseau vole, une ligne de blanc sur l'aile. La recourbure du bec vers le bas quoique assez légère est cependant distincte et facilite l'identification.
Habitat. L'individu européen compris, cette espèce est circompolaire. Cette maubèche à dos roux d' Amérique couve par places sur la côte arctique, à travers le continent. C'est un migrateur ordinaire dans tout le Canada oriental.
SOUS-ESPÈCES. Le représentant de cette maubèche dans le nouveau monde est une sous-espèce. La maubèche à dos roux d'Amérique P. a. sakhalina, ne se distingue de celle de l'ancien monde que par sa taille légèrement grande.
Cet oiseau fréquente les bancs de sable, les terrains boueux ou les prés salés. Il est parmi les tout derniers des oiseaux de rivage à arriver à la fois au printemps et en automne.
Genre — Erolia. Maubèches.
244. La Maubèche courlis, (curlewsanbpiper). Erolia ferruginea. L, 8. C'est une petite maubèche à poitrine rousse. Oiseaux d'automne brun grisâtre en dessus et blanc en dessous.
Traits distinctifs. Elle ressemble à la maubèche à poitrine rousse ou à la bécassine rousse en ce qu'elle a la poitrine rousse, mais eUe est beaucoup plus petite et de charpente plus légère.
Habitat. Elle couve dans la Sibérie arctique. Ne se rencontre que par hasard dans le Canada oriental. On l'a signalée plus souvent sur la côte de l'Atlantique que dans l'intérieur bien qu'elle l'ait été une fois près du lac Ontario.
C'est un oiseau de l'ancien monde vu quelquefois dans le nouveau. On dit qu'il ressemble à la maubèche à dos roux par le port, mais il est trop rare dans l'est du Canada pour en parler comme d'un visiteur régulier. Tout signalement de la présence d'un courlis doit être appuyé par des spécimens bien déterminés et soumis à un rigoureux examen.
Genus — Ereunetes. Maubèches semi-palmées.
246. La Maubèche semi-palmée, (semipalmated sand piper). Ereunetes pusUlus. L, 6' 30. Les parties de dessus, y compris la couronne, sont bordées d'un brun foncé avec un ocre ou un chamois pâle, blanc en dessous avec une bande vague légèrement plus foncée en travers de la poitnne avec raies et taches obscures.
Traits distinctifs. Elle ressemble beaucoup par la taille et la coloration à la maubèche de Wilson dont on ne peut pas toujours la distinguer à moins de l'examiner de très près. Les pieds, toutefois, ont de petites membranes entre leurs doigts, d'où vient à cet oiseau le nom de semi-palmé.
Indications sur le terrain. Elle diffère de la maubèche de Wilson par sa taille légèrement plus grande, son dos d'un gris plus pur et la poitrine plus blanche et plus clairement déUmitée. Les pattes et les pieds sont noirs au heu d'être d'im vert olive foncé.
Habitat. Couve le long de la côte est du pôle, au sud du Labrador méridional. C'est un migrateur ordinaire dans tout le Canada oriental.
Cette maubèche est très semblable par son port et son apparence à la maubèche de Wilson (page 105). La maubèche de l'Ouest, Ereunetes mauri, est un individu très parent qui peut n'être qu'une sous-espèce de la maubèche semi-palmée. Elle se distingue par un bec légèrement plus long et par une plus forte quantité de roux sur le dos, spécialement au derrière de la tête. Il est fort douteux qu'on la rencontre dans la région des grands lacs.
Genre — Crocethia. Sanderling.
248. Le Sanderling. (sanderung). Crocethia leitcophœa. L, 8. Au printemps: les parties de dessus, y compris la couronne, brun foncé, panaché de beaucoup d'ocre rouilleux pâle ou de blanc, ou de l'un et de l'autre. En dessous, du blanc. La gorge, le cou, et le haut de la poitrine sont étendus de plus ou moins d'ocre rougeâtre et tacnetés de brun. Les détails de ces colorations sont extrêmement variables. Le dos peut montrer assez de ces différentes couleurs pour le rendre ou généralement grisâtre, ocreux, ou rouilleux, tandis que la gorge colorée et tachetée peut être d'un blanc presque immaculé. L'oiseau d'automne est semblable sans avoir beaucoup de teintes chamois, ou de roux ou d'ocre; il est d'un blanc pur en dessous et sur le devant, et souvent, principalement gris ou cendré pâle en dessus.
Traits distinctifs. A partir de simples traces jusqu'à de fortes teintes de rouille sur le cou et autour de la tête, au printemps, et à la blancheur générale en automne. Le sanderUng peut se distinguer de toutes les autres maubèches par les trois doigts, au lieu de quatre, de son pied.
Indications sur le terrain. Teinte d'un brun rougeâtre répandue près de la tête chez quelques oiseaux de printemps; un contraste du blanc et du noir assez général soi l'aile; dans tous les plumages une Ugne blanche le long de la base des plumes qui servent au vol. En automne, la poitrine d'un blanc très pur est également caractéristique.
Habitat. Couve dans les îles de l'Ouest du pôle arctique jusque dans l'Alaska. C'est un migrateur ordinaire sur les rivages sablonneux dans tout le Canada oriental.
Cet oiseau des plages sablonneuses fréquente rarement les terres boueuses. C'est un des petits oiseaux de rivage les plus beaux et intéressants. Il aime le bord de l'eau, suit volontiers la vague qui se retire, battant vite en retraite avant qu'elle revienne, menacé à tout instant d'être submergé par le ressac, mais y échappant tout juste. Quand ces oiseaux s'envolent audessus de l'eau bleue, que le soleil brille sur leur phimage étincelant, ils forment un tableau ravissant; tantôt tournant leur dos délicatement coloré de blanc et de noir, tantôt, comme obéissant à une seule et même impulsion, frôlant l'eau dans un vaste contour et montrant la blancheur éclatante de leurs dessous.
Genre — Limosa. Barges.
249. La Barge marbrée, (marbled godwit). Limosa fedoa. Lj 18. C'est un gros oiseau de rivage; couleur générale: un chamois pâle vaguement teinté de rose sur tout le corps, sauf à la gorge, qui peut être blanche. Le dos, du derrière de son cou jusqu'à la couronne, nuancé de brun foncé et de teintes légères; la poitrine et les flancs plus ou moins rayés de lignes fines de la même couleur foncée.
Traits distinctifs. Pareils à ceux du courlis par son apparence générale, mais le bec est légèrement tourné en haut au lieu de l'être mmifestement en bas. Se distingue de la barge de la baie d'Hudson par une marbrure fine, foncée sur le chamois rosé des primaires.
Indications sur le terrain. Les barges sont parmi les plus gros de nos oiseaux de rivage, d'une taille à peu près égale à celle des courlis. Leur bec, qui n'est pas recourbé en bas, les fera distinguer des courUs.
Habitat. Couve dans les provinces des prairies et aussi dans quelques régions cultivées; voyage vers l'un et l'autre océan et se rencontre quelquefois dans l'est des provinces maritimes.
La barge n'abonde jamais dans le Canada oriental, cette espèce ayant été malheureusement décimée autant que d'autres gros oiseaux. Il n'est pas douteux que son habitude de nicher dans les régions cultivées ne soit la cause principale de sa disparition graduelle.
251. La Barge de la Baie d'Hudson. (hudsonian godwit). Limosa kœmastica. L, 15. Au printemps: les parties de dessus brun foncé jusqu'à la couronne, maculées de plus ou moins de grisâtre ou de chamois, avec des marques rouilleuses; les parties de dessous brun rougeâtre, plus ou moins rayées de teinte foncée étendue jusqu'au devant du cou. En automne: les parties de dessus sont uniformément gris brunâtre; celles de dessous, blanc chamois ou blanc sale; la poitrine plus grise.
Traits distinctifs. Elle se distingue soit des courus par le bec légèrement tourné en haut au lieu de tourné en bas, soit de la barge marbrée par les dessous roux au printemps; en toute saison par les primaires toutes foncées, à tuyaux blancs sans marbrure. Cette espèce fait voir des variations presque interminables entre les susdits plumages, mais certaines données de la coloration printanière sont ordinairement reconnaissables chez tous ces oiseaux à l'exception des plus jeunes.
Indications sur le terrain. La grande taille, le bec droit ou recourbé légèrement, le croupion blanc à la base d'une queue noire feront distinguer cette barge soit des courlis de la barge marbrée, les seuls oiseaux qu'on serait tenté de confondre avec elle.
Habitat. Couve dans le nord-ouest, au delà des limites de la civilisation. Très commune à l'est des prairies jusqu'aux provinces maritimes en automne, et dans l'intérieur au printemps.
La barge de la baie d'Hudson est un bel oiseau bien près de disparaître complètement. Comme il arrive fréquemment, cet oiseau sembla disparaître tout à coup et avant qu'on se fût douté de sa rareté. On peut douter que les chasseurs soient absolument responsables de cet état de choses. Quand la quantité d'une espèce est déjà très réduite par une cause quelconque, toute autre influence adverse et qui sera relativement de peu d'importance, pourra suffire à éteindre cette espèce d'une façon inattendue. Toute protection est inefficace qui se fait si longtemps attendre que le nombre des individus reproducteurs est devenu trop réduit pour reconstituer l'espèce.
Sous-famille — Numeniinae. Maubèches et Courlis.
Genre — Totanus. Chevaliers à pieds jaunes.
254. Le Grand Chevalier à pieds jaunes, le chevalier aux pattes jaunes, (qbeater YBLLOw-LEGs). Totanus melanolev/;us. L, 14. C'est un oiseau de rivage plutôt grand. Les parties de dessus jusqu'à la couronne vont d'un brun foncé au noir, avec de petites marques blanches ou grises avec plumes grises intrusives, faisant un effet gris, sans trace de chamois ou de brun rougeâtre. Les parties de dessous sont blanches, rayées sur le devant du cou, la poitrine et les flancs avec des raies distinctes ou des lignes de la même couleur foncée que sur le dos; pattes très longues et jaunes.
Traits distinctifs. La taille, les pattes jaunes et l'absence de tout signe de chamois ou de rouille où que ce soit, sont les traits distinctifs des deux chevaliers à pattes jaunes. Dans les jeunes oiseaux d automne les marques à la poitrine et au cou peuvent être voilées et indistinctes. Cette espèce et la suivante, prises à part, ne diffèrent que par leur taille.
Indications sur le terrain. Pattes longues, minces, absence complète de couleur ocreuae, la taille, et la grande quantité de blanc ou de couleur blanchâtre sur la queue et le croupion. Dès qu'on a appris à le connaître son vol est très reconnaissable.
Habitat. Il couve dans les hautes latitudes d'un bout à l'autre du continent. Dans r&t, on le trouve au sud jusqu'à l'tle d'Anticosti et au rivage nord du golfe du Saint- Laurent; il est commun dans les migrations par tout le Canada oriental.
Le grand chevalier à pattes jaunes est un des oiseaux de rivages les mieux connus. A cause de sa taille et du grand nombre relatif de ses congénères les chasseurs le recherchent beaucoup, et il paraît avoir tenu tête à leurs entreprises beaucoup mieux que d'autres espèces qui semblaient en être aussi capables que lui. Il aime les rives marécageuses et la boue plutôt que le sable, et on peut le voir au loin pataugeant dans ces marais, où il entre jusqu'aux cuisses, dans une eau trop profonde pour de plus petits échassiers. Son sifflement clair, comme flûte, en trémolo, et en gamme descendante est un son qui fait battre le coeur à tout vrai chasseur ou à l'ornithologue de profession. Cette espèce ne semble pas être aussi nombreuse, et montre à coup sûr plus de circonspection que le petit chevalier. Avec cette réserve notre description s'applique à tous les deux.
255. Le Petit Chevalier à pieds jaunes, (lesseb tellow-leqb). Totanus flanpe». L, 10 -75. Edition abrégée de la précédent* espèce.
Habitat. Il niche partout sur le continent dans les hautes latitudes. C'est un migrateur ordinaire dans tout le Canada oriental.
Genre — Tringa. Chevalier solitaire.
256. Le Chevalier Solitaire, l'alouette soljtaire. (solitabt sandpifeb). Tringa aditaria. L, 8-40. Les parties de dessus foncées, presque noires, avec un lustre légèrement verdâtre relevé par quelques petites taches blanches; les parties de dessous et la gorge, blanches; le bas du cou, la bande pectorale et les côtés des flancs, barrés et rayés avec des teintes plus claires de la couleur du dos; aucune trace de chamois ou d'autres nuances.
Traits distinctifs. Taille et coloration générale; les plumes axillaires blanches, rayées de noir, constituent un trait décisif.
Indications sur le terrain. Il ressemble à la fois à la maubèche tachetée et au petit chevalier à pieds jaunes. Il se distingue de la première par l'absence d'une Ugne blanche sur l'aile déployée et par les barres blanches très visibles sur la queue et du second par la taille et par le croupion noir au lieu de blanc.
Nid. Pendant longtemps les habitudes du couvage de cette espèce demeurèrent inconnues et le problème de sa façon de nicher ne fut pas résolu jusqu'à ce qu'on eût découvert que cet oiseau se servait des nids abandonnés d'oiseaux percheurs dans les arbres et les buissons. La maubèche verte d'Europe,' qui lui est très apparentée, a la même habitude.
Habitat. Il niche vers le nord à partir des limites intérieures des terres cultivées; il est assez commun dans tout le Canada oriental comme migrateur.
SOUS-ESPÈCES. Le chevalier solitaire est représenté au Canada par deux sousespèces, dont une seule, le soUtaire de l'Est, l'individu type, se rencontre dans l'Est.
Ainsi que l'indique le nom, cette espèce est plutôt un oiseau soUtaire qu'on rencontre soit tout seul soit avec un compagnon plutôt que par bandes, même au temps de la migration. Il fréquente les étangs fangeux et, comme la maubèche tachetée, il est le seul échassier qu'on voit ordinairement près de ces petits réservoirs d'eau tels que les fossés de drainage, ou le long de la hsière des bois submergés.
28588— Si
Genre — Catoptrophorus. Chevaliei- semi-palmé.
258. "Le Chevalier semi-palmé." (willet). Catoptrophorus semipcdmatus. L, 15. Un gros oiseau de rivage; les parties de dessus gris chamois avec marques brunes plus foncées; les parties de dessous sont blanches étendues d'un pâle chamois grisâtre avec barres et raies gris foncé sur les flancs, la poitrine et le devant du cou; croupion blanc.
Traits distinctifs. Taille, coloration générale claire et grise; barre blanche de l'aile très visible sur les primaires, croupion blanc, et plumes axillaires noires. Le bec caractéristique de la raaubèche fera distmguer ce chevalier du pluvier à bec noir qui a aussi ces détails du croupion et des axillaires.
Indications sur le terrain. Par la taille il ressemble aux barges plus qu'à tout autre oiseau, mais le gris cendré et les ailes blanches et noires si visibles sont distmctives.
Habitat, u couve au sud de notre pays, d'habitude depuis la Virginie jusqu'à la Nouvelle-Ecosse dans l'Est, et vers l'Ouest Jusqu'aux parties centrales des provinces des
Ï «raines. Aujourd'hui il est très rare sur la côte, assez irrégulier dans la région des grands acs, et assez commun dans l'Ouest dans certaines parties des provinces des prairies.
SOUS-ESPÈCES. L'espèce est divisée en deux sous-espèces: l'orientale et l'occidentale, celle-ci basée sur une taille un peu plus grande et sur une couleur plus grise. Le status précis de l'oiseau des grands lacs, en qualité de sous-espèce, n'est pas établi de façon satisfaisante. Très probablement le petit nombre de ces oiseaux qui reste dans les provinces maritimes sont des chevaUers de l'Est, tandis que ceux des grands lacs peuvent être le chevaUer de l'Ouest, C. s. inornatus, ou quelque oiseau intermédiaire. Nous avons trop peu d'échantillons sous la main pour nous prononcer à cet égard de façon définitive et, à moins que l'espèce ne recouvre quelques-ims de ses représentants originaux, nous ne serons probablement jamais capables d'établir de façon satisfaisante les hmites du territoire spécial à ces deux formes.
Le chevalier semi-palmé est une autre et importante espèce dont le nombre va disparaissant vite, disparition due peut-être surtout au vaste territoire où il niche et à l'imparfaite protection dont il est victime.
Genre — Bartramia. Maubèche à longue queue.
261. La Maubèche à longue queue, (upland flover). Bartramia longicauda. L, 11-50. Parties de dessus foncées; plumes à larges bords chamois, couleur qui s'étend fortement sur la tête, la poitrine et le cou. Marques foncées en forme de V sur la poitrine qui se changent en barres sur les flancs et en raies sur le cou; parties de dessous, ternes, blanc crémeux.
Traits distinctifs. Si l'on se rappelle que cette espèce est une maubèche et non un véritable pluvier, on trouvera que la taille et la teinte chamois sont caractéristiques. La barbe intérieure de la première primaire, fortement marquée de dents de scie pointues, foncée sur un fond blanc sur presque toute la longueur, est un caractère qui ne se présente chez aucun autre oiseau de nvage canadien qu'on puisse lui comparer. Le courlis de la baie d'Hudson présente un dessin semblable mais sur un fond chamois.
Indications sur le terrain. Le pluvier des hautes terres est à peine reconnaissable sur le sol, comme étant un échassier par ceux qui ne le connaissent pas, car il ressemble à une jeune gelinotte bien plutôt qu'à ime maubèche. Quand il vole, toutefois, il fait voir sa véritable parenté. Sa taille, sa couleur générale, chamois, son habitat des plateaux sont des traits distinctifs. Son beau sifflement prolongé quand une fois on l'a entendu ne peut plus vous tromper.
Habitat. C'est probablement un oiseau de la région des prairies, mais qui, probablement, se propagea vers l'Est quand les forêts furent abattues. Il couve dans les parties plus méridionales du Canada oriental et dans les provinces des prairies, faisant d'occasionnelles apparitions sur la côte de l'Atlantique en qualité de migrateur.
Bien qu'on l'appelle pluvier, cette espèce est une véritable maubèche. Le terme de maubèche bartramienne est plus satisfaisant et devrait être généralement employé au lieu de pluvier des plateaux. Infiniment plus comr-un jadis, qu'il ne l'est aujourd'hui dans la région des grands lacs, il est à présent fort rare. L'espèce nichait dans les contrées cultivées et y était exposée aux dangers que présentent ces localités: empêchement que
les travaux agricoles opposent à la couvaison; le jeune homme toujours là et toujours armé de son fusil; le braconnier et le sportsman. Sa taille et sa facilité à s'apprivoiser ont été la cause de sa disparition alors que le plus petit et le plus prudent pluvier Kildir a su survivre dans des conditions analogues. Comme son nom l'indique cette espèce a déserté l'habitat ancestral trop humide de sa famille et s'est transporté vers les prairies des plateaux et leurs pâturages plus secs. Il est cependant rare de le trouver très éloigné de quelque petite nappe d'eau. Il se pose volontiers sur les barrières, sur les maisons ou quelquefois sur les arbres.
Valeur économique. Comme elle fréquente les terres cultivées, cette espèce se nourrit principalement d'insectes, de sauterelles, de chenilles et d'autres ennemis des cultures fourragères. On a vu de quelle importance elle pouvait être pour combattre le fléau des sauterelles; elle doit donc être parmi les espèces les plus utiles à l'agriculture et qui méritent d'être épargnées.
Genre — Tryngites. Maubèches à poitrine jaunâtre.
262. La Maubèche à poitrine jaunâtre, (buff-breasted sandfifbb). TVj/ngites subruficollis. L, 8'50. Le dos et la couronne sont foncés, les plumes du bas du do« sont finement bordées de Jaune crème, les parties de dessous sont blanches; la gorge, le cou, la poitrine et les flancs sont étendus de jaune chamois, couleur qui teinte presque toutes les parties de dessus.
Traits distinctifs. Petite taille et couleur généralement chamois; le dessous des barbes internes des primaires est finement moucheté de tons foncés sur du blanc. La surface de dessous de l'aile est admirablement marbrée d'une façon qui ne se retrouve dans aucune autre espèce de l'Est.
Indications sur le terrain. Petite taille et couleur généralement jaune chamois. Sur les hautes terres elle peut ressembler à la maubèche à longue queue mais elle est beaucoup plus petite que cette dernière.
Habitat. Elle couve sur les rivages arctiques de l'extrême nord-ouest, voyageant au sud le long de la vallée du Mississipi; de là vient qu'elle est très rare dans les provinces maritimes, peu nombreuse dans la région des grands lacs, et plus commune vers foueet.
Valeur économique. Ce qui a été dit de la maubèche à longue queue est probablement vrai aussi de cette espèce-ci.
Genre — Actitis. Maubèche tachetée.
263. La Maubèclie tachetée, l'alouette BRANLE-quEtTE. (spottbdsandpiper). Actitis macularia. L, 7-50. Planche VIII B.
Traits distinctifs. Les adultes ont très manifestement des taches rondes à la poitrine et un éclat légèrement verdâtre sur le dos. Les jeunes oiseaux d'automne ressemblent au chevalier solitaire, mais se distinguent par des axillaires blanches au lieu de barrées.
Indications sur le terrain. La taiUe et les taches rondes bien distinctes sur la poitrine. Quand cet oiseau vole on peut le distinguer du chevalier soUtaire, auquel il ressemble le plus, par la ligne blanche le long des bords des secondaires et par la beaucoup plus petite quantité de barres noires et blanches sur la queue. Le vol, quand l'observateur le connaît bien, est aussi très caractéristique.
Nid. Un petit creux dans le sol non loin de l'eau, abrité par im bout de buiason ou d'herbe.
Habitat. Couve dans tout le Canada oriental jusqu'aux parties les plus septentrionales du Nouveau-Québec. Elle est commune dans toute l'étendue de ce territoire.
C'est la plus commune des maubèches d'été du Canada; quelquefois des couples sont vus le long des plus petits cours d'eau. Elle fréquente toute sorte de terrains, les plages sablonneuses, les bancs de gravier, les terrains fangeux ou les côtes rocheuses. Presque toute maubèche qu'on
voit en été près de nos cours d'eau ou de nos étangs peut être regardée comme appartenant à cette espèce, à moins qu'il n'y ait de fortes raisons pour la croire d'une autre espèce. Son habitude de balancer parfois son corps de haut en bas, même quand on la croit au repos, ou très rapidement quand elle est agitée, lui a fait donner le nom de «Tip-up». Ses ailes à barres blanches, son vol bizarre où quelques battements d'ailes sont suivis d'une courte envolée avec les ailes rabattues, et son cri triomphant de «ipiou-4t-piou-4t-piou-ity) quand elle se laisse choir sur le bord de la rivière, bien en avant de l'observateur, sont suffisamment connus de tous. On peut la chasser d'un lieu, à un autre, jusqu'à une certaine distance de son nid, quand, rattrapée par son camarade, elle viendra voler en cercle autour de l'intrus et puis retournera à la place d'oil elle partit.
Valeur éœnomique. Bien qu'elle fréquente d'habitude les bords de l'eau elle est souvent vue dans les champs voisins courant entre les sillons de la terre fraîchement retournée ou entre les rangs des plantes grandissantes. Sa nourriture se compose principalement, sinon entièrement, d'insectes, par où elle rend service à l'agriculture. L'espèce ne semble pas avoir beaucoup à souffrir du fait des chasseurs et paraît se maintenir dans les parages les plus cultivés.
Genre — Numenius. Courlis.
Description générale. Ce sont de çros oiseaux de rivage, entre 13 pouces -50 et 24 pouces de long. La coloration est de diverses teintes depuis le jaune crème au brun clair, pommelée en dessus, plus claire en dessous; le cou et la poitrine finement rayés, avec un jaune chamois, plus ou moins étendu ou seulement indiqué sur le tout. Les becs sont longs et recourbés vers l'intérieur.
Traita distinctifs. Taille grande; bec recourbé en dessous; couleur générale chamois. Se distingue des barges par le bec recourbé vers le bas au lieu de l'être légèrement vers le haut.
Indications svr le terrain. Taille grande, bec recourbé, couleur chamois par tout le corps.
Un grand corps constitue pour les oiseaux une menace certaine à leur existence. Les courlis en sont un bon exemple, et à moins que d'intelligentes mesures ne soient prises bientôt pour les protéger il n'en restera bientôt plus. Dans l'Est les courlis ont à peu près disparu, mais il en reste encore passablement dans l'Ouest. La partie végétale de leur nourriture est surtout le fruit sauvage, et dans les provinces maritimes ils fréquentent les marais déserts et ceux des plateaux pour y trouver les airelles et les myrtilles dites atocas. Dans les champs cultivés les insectes sont leur principal aliment, et comme beaucoup d'espèces nuisibles, les sauterelles incluses, sont mangées, la présence des courlis est certainement profitable au cultivateur.
264. Le Courlis à long bec. (long-billed cutrlew). Numenius americanus. L, 24. C'est le plus grand de l'espèce. Sa coloration de tous les courlis est tout à fait la même. Mais le courus à long bec est visiblement chamois en dessous au lieu du blanc crémeux (voir titre précédent).
Traits distinctifs. Chez les spécimens de belle taille, la longueur extrême du bec (6 pouces) de cette espèce est un signe déterminant, mais, comme dans beaucoup d'autres espèces ou très spéciaUsées ou trèa grandes, la taille continue à croître pendant quelque temps après la maturité, ce caractère ne suffit pas à lui seul à nous guider. La couronne, les axillaires et les caractères des primaires sont toutefois d'excellents critères pour les courUs. Chez cette espèce la couronne est foncée, uniformément tachée de points clairs non réunis en une ligne médiane, et les barbes intérieures des primaires sont marquées de dessins dentelles foncés sur un fond chamois pâle. Les axillaires ont une coloration totale sans raies.
Indications sur le terrain. Pour reconnaître le courlis voir la page précédente. On ne peut pas distinguer séparément les courlis à l'état vivant avec une certitude absolue.
Habitat. U couve dans les provinces des prairies et tout à fait vers le sud. On le signalait à l'origine comme un migrateur plus ou moins commun sur la côte de l'Atlantique, au nord des provinces maritimes, mais on ne l'y rencontre pas actuellement; on le signale aussi dans la région des grands lacs mais sans preuve suflBsante. La confusion qu'on fait de ce courlis et du courlis de la baie d'Hudson a été la cause de nombreuses fausses identifications dûment constatées et l'espèce ne devrait, à l'avenir, être signalée dans le Canada oriental que sur le témoignage irréfutable de spécimens probants.
265. Le Courlis de la Baie d'Hudson. (uxmsomAU cvulew). Numenitishudsonicuê. L, 17. C'est un courlis plus petit que le précédent, mais plus grand que le suivant. Il est de la même coloration générale, mais le courlis de la baie d'Hudson est moins jaune chamois que celui à long bec, les dessous étant jaune crème mat; voir le titre du courlis, page précédente.
Traits distinctifs. Il a souvent été pris pour le courlis à long bec, mais il peut aisément se distinguer des autres courlis par la raie médiane très prononcée sur la couronne, plutôt que par les taches uniformément distribuées, ajouta aux marques en dents de scie dans les barbes intérieures des primaires et les axillaires barrées.
Indications sur le terrain. Pour reconnaître les courlis comme tels, voir Courlis, page précédente. Les courlis ne peuvent pas être facilement distingués à l'état vivant, avec une absolue certitude, mais la grosseur et la longueur du bec peuvent y aider. C'est la seule espèce de courlis qu'on ait quelque chance de rencontrer dans l'est du Canada.
Habitat. Il couve dans le nord-ouest du pôle. Il voyage le long de la côte du Pacifique et à travers le continent jusqu'à l'Atlantique où il est plus commun que dans l'intérieur. C est un migrateur régulier quoique peu abondant dans la région des grands lacs.
C'est le seul courlis authentique dans la partie inférieure des grands lacs. L'expérience lui a appris à être un oiseau sauvage et prudent et comme il ne se rencontre actuellement en grand nombre que dans l'extrême est, on n'en prend que fort peu. x
266. Le Courlis du Nord, i^ corbioeau des esquimaux, (bskimg curlew). Numenius borealis. L, 13-50. C'est le plus petit des courlis. De la même coloration générale que le courlis de la baie d'Hudson.
Traits distinctifs. Facilement distinguable de l'un quelconque des autres courUs par sa plus petite taille et ses primaires, sans marque, bien que les axillaires soient barrées comme chez le courlis de la baie d'Hudson et que la couronne soit tachetée uniformément, sans raie médiane, comme le courlis à long bec.
Indications sur le terrain. Voir l'espèce précédente. Cet oiseau est cependant trop rare de nos jours pour qu'il suffise de l'avoir vu pour en parler.
Habitat. Couve sur les terrains déserts de la région du Mackenzie. En automne il émigré vers le Labrador et puis il descend le long de la côte. Au printemps il remonte la vallée du Mississippi.
Cet oiseau est bien près de disparaître. Qu'une chasse, ou permise ou illicite, soit ou non la cause principale de la grande diminution de cette espèce, car d'anciens récits parlent de ses bandes immenses, elle y a certainement contribué. C'est un nouveau cas de l'extinction d'une espèce avant qu'on ait aperçu la nécessité de la protéger, et de la menace de voir se perdre une espèce qui ne pourra plus se remplacer.
FAMILLE CHAKADRIIDiB. PLUVIERS.
Description générale. Les pluviers ont un corps plus gros et massif que les oiseaux du
genre bécasse. Leur bec est plus courtj mou à la base, mais terminé en pointe cornée et ure (fig. 24, p. 23). Le doigt postérieur manque dans toutes les espèces sauf dans celle à ventre noir (n° 270, p. 114) dans laquelle il est très petit, presque rudimentaire.
Traits distinctifs. Avec la susdite description le pluvier ne court pas le risque d'être confondu avec aucun autre oiseau.
Nid. Sur le sol dans un petit creux généralement garni d'un peu d'herbe, de mousse, d'autres végétaux, de rebut ou de petits cailloux.
Habitat. Représentée par des variétés très proches parentes ou presque identiques, la famille est circompolaire, couvant surtout au nord des régions habitées.
Les pluviers sont très connus des chasseurs. Leur taille moyenne est plus grande que celle des bécasses, et quelques-uns qui trouvent leur nourriture dans les champs des plateaux font passablement trimer les chasseurs.
Valeur économique. Considérés comme une famille, les pluviers recherchent les terres cultivées plus que ne font les autres oiseaux de rivage, ce qui les rend plus intéressants au point de vue économique. Ils prêtent à l'homme une assistance efficace.
Genre — Squatarola. Pluvier à ventre noir.
270. Le Pluvier à ventre noir, le vanneau gris, (black-bellied plover). Squatarola sqxMtarola. L, 11. Plumage de printemps: dos, presque noir avec iieaucoup de pointes de peimes larges et blanches rassemblées sur les ailes, couronne, arrière-cou et croupion blancs ou presque blancs; joues, gorge, partie antérieure et poitrine jusqu'à l'abdomen sont noir pur, montrant souvent des plumes blanches qui survivent à la période d'imparfait développement. Plumage d'automne: dos, brun pâle avec bouts de pennes crème ou jaunâtres jusqu'au sommet de la tête: gorge, avant-cou et dessous blanchâtre terne avec bande indistmcte de poitrine formée de raies voilées. Tous les plumages intermédiaires sont pris en dedans de nos frontières.
Traits distinctifs. A tous les caractères du pluvier; ne pourra être confondu qu'avec le pluvier doré auquel il ressemble tout à fait. La présence d'un doigt postérieur petit quoique bien formé est particuUer à cet oiseau, car c'est notre seul pluvier qui ait un quatrième doigt.
Indications sur le terrain. Il ne doit être distingué que du pluvier doré: une bande assez peu distincte sur l'aile étendue; les axillaires noires, en violent contraste avec l'arriêreplan des dessous de l'aile quand l'oiseau vole, et croupion blanc qu'on pourra voir si les circonstances s'y prêtent.
Habitat. Espèce circompolaire couvant en Amérique le long des rivages polaires au nord-ouest de la baie d'Hudson. Plus ou moins commune pendant ses migrations vers des habitats propices dans tout l'est du Canada.
Genre — Pluvialis. Pluviers dorés.
272. Le Pluvier doré d'Amérique. (amebican golden ploveb). Pluvialis dominicus. L, 10-50. Plumage de printemps: dos presque noir jusqu'au sommet de la tête, avec de nombreuses pointes de plumes jaunes, plus rares sur la couronne; le front et la ligne sur l'œil, qui descend vers les côtés de la poitrine, sont blancs; la gorge, le devant du cou et tous les dessous sont tout noirs. Plumage d'automne: dessus, brun terne avec beaucoup de taches d'un jaune crémeux sur le bord des plumes, se réunissant sur le croupion et la couronne; la gorge et la face légèrement tachetées de blanc; la poitrine et tous les dessous vaguement barrés d'un blanc mat et de légères teintes du même brun que sur le dos. On peut voir là tous les plumages intermédiaires.
Traits distinctifs. C'est un oiseau un peu plus petit que le précédent, mais avec lequel il est facile de le confondre. La forte quantité de jaune sur le dos du plumage de printemps et les barres indistinctes de la poitrine et des dessous en automne sont caractéristique?. L'absence de toute trace du doigt postérieur est une indication dans tout plumage.
Indications sur le terrain. Il n'est besoin que de le distinguer de l'espèce précédente. L'aile déployée ne porte aucune indication de bande blanche; Tes axillaires sont gris fumée au lieu de noir très marqué; le croupion n'est pas blanc.
Habitat. Couve sur les terrains stériles depuis la baie d'Hudson vers l'Ouest. Il passe pour suivre des routes étranges dans ses migrations. En automne il se dirige à l'est vers le Labrador, puis au sud à travers le golfe du Saint-Laurent, jusque dans la Nouvelle- Ecosse, d'où il traverse la mer jusqu'au Brésil sans toucher de terre intermédiaire à moins d'être entraîné par la tempête. Du Brésil il gagne les Pampas de l'Argentine. Au printemps il touche à l'ouest de l'Amérique du Sud, vers la répubUque de l'Equateur, traverse
l'isthme de Panama et le golfe du Mexique, puis remonte la vallée du Mississipi pour regagner les terrains où il a niché. Le fait que cet oiseau traverse au vol l'immense Atlantique sans se reposer, semble trop extraordinaire pour être vrai, mais comme il n'est pas n^eur éménté, capable de se reposer sur l'eau, à volonté, il faut bien en croire des faits évidents.
SOUS-ESPÈCES. Le pluvier doré d'Amérique comprend deux sous-espèces; mais seul, le pluvier doré de l'Est comme forme typique, se rencontre dans le Canada oriental.
Il était jadis plus commun qu'aujourd'hui; on en voyait régulièrement des bandes considérables du vivant même des chasseurs de nos jours; aujourd'hui on n'en rencontre plus que par hasard. Ce pluvier est proche parent du pluvier doré d'Europe.
Genre — Oxyechus. Pluvier Kildir.
273. Le Pluvier kildir. (killdeek plovek). Oxyechus vonf crus. Ij, 10-50. Planche IX A.
Traits distinctifs. Comme le pluvier Kildir est le plus grand des pluviers semipalmés il ne peut guère être confondu avec ses congénères plus petite que lui. La bande double, au heu de simple, de là poitrine l'en distingue aussi.
Indications sur le terrain. La taille, deux bandes de poitrine au lieu d'une, une queue et un croupion de couleur ocreuse, et un cri très particulier qui dit KUdi-kildi-kildi-kildi.
Nid. Un simple trou dans le sol maigrement garni de fragments de végétaux.
Habitat. C'est une espèce dont le territoire est remarquablement étendu, car elle couve depuis les limites nord de la culture agricole au Canada, jusqu'au golfe du Mexique. Elle est rare ou même absente des parages de l'une ou de l'autre côte.
C'est un oiseau d'été commun par tout le Canada sauf dans les districts de la côte maritime. Son cri sonore est bien connu des habitants du pays et même des gens de passage. Quoique véritable oiseau de rivage, il fréquente les hauts plateaux desséchés, et les champs cultivés, faisant souvent son nid dans les sillons labourés au sein des récoltes, mais quand ses petits sont éclos il a coutume de les mener vers l'eau, toujours vers quelque étang piSjchain et paisible, et sitôt qu'ils sont capables de se conduire tout seuls ils se rassemblent en petites troupes séparées. Le fait que cette espèce a pu survivre et prospérer au sein même des régions cultivées et de la civilisation, alors que d'autres espèces tout aussi capables, en apparence, de se protéger ont cependant succombé, s'expUque probablement par ses habitudes relativement solitaires et parce qu'elle n'a pas coutume de se rassembler en troupes serrées dont la chasse est avantageuse.
Valeur économique. Sa nourriture se compose largement d'insectes, et pendant le printemps et le commencement de l'été il fréquente des terres où il peut faire beaucoup de bien.
Genre — Charadrius. Pluviers à collier.
274. Le Pluvier semi-palmé, (semi-palmated ploveh). Charadrius semipalmatvs. L, 6-75. C'est un petit pluvier qui ressemble de façon générale au Kildir, mais avec une seule au lieu de deux bandes foncées sur la poitrine, et sans le croupion et la queue couleur d'ocre de cette espèce. Les oiseaux d'automne sont semblables, mais leurs couleurs sont délavées et sans un noir pur où que ce soit.
Traits distinctifs. Avec sa taille et la description susmentionnée ce pluvier ne peut être confondu qu'avec le pluvier criard, mais la coloration du dos est à coup sûr brunâtre dans tous les plumages au lieu de gris fumée ou sable sec; la bande pectorale est toujours large, continue et bien marquée même en automne, et les couvertures d'oreilles derrière et au-dessous de l'œil, sont toujours parfaitement noires au lieu d'un blanc pur. Les pieds avec de jjetites membranes expliquent le surnom; c'est le seul pluvier au Canada qui ait cette membrane.
Indications sur le terrain. Sa taille et la bande pectorale unique au lieu de double distinguent ce pluvier du kildir, et le dos très foncé comme du sable mouillé le distingue du pluvier criard qui est plus clair et gris comme du sable sec.
Nid. Dans un creux du sol ou dans des déchets de rivage.
Habitat. Il couve dans l'extrême nord à travers le continent; au sud, dans l'est, jusqu'au golfe du Saint-Laurent. Il est commun dans ses migrations vers les localités qui lui agréent dans le Canada oriental.
C'est un joli petit pluvier qui fréquente indifféremment les lieux fangeux ou les plages sablonneuses. Très proche parent du pluvier rayé d'Europe et ne s'en distingue que par une plus petite taille et quelques menus détails.
277. Le Pluvier criard, (piping plovbr). Charadrius mdodus. L, 7-10. Plumage de printemps: mêmes marques que celles du semi-palmé précédemment décrit, mais le dos a des couleurs plus claires. Le dos et la couronne sont gris fumée clair, une barre noire en travers du devant de la couronne; le dessous jusqu'à la gorge, le col autour du cou et le front sont blancs, im anneau noir autour du cou, droit au-dessous du col blanc, quelquefois brisé au centre de la poitrine. Oiseaux d'automne: semblables mais sans 1 anneau noir et généralement de coloration plus faible.
Traita diatinctifs. Ne peut être confondu qu'avec le semi-palmé, mais facilement distlnguable par les caractères indiqués sous ce titre.
Indications aur le terrain. Distinguable du pluvier semi-palmé par sa coloration plus claire, comme le sable sec du sable mouillé. Son chant mélodieux ne s'oublie plus une fois entendu.
Nid. Dans un trou fait dans le sable par l'oiseau et ne contenant que quelques petits cailloux, des grains de sable ou des fragments de coquilles sur lesquels reposent les œufs.
Habitat. Il couve sur les rivages sablonneux dans des endroits situés entre les provinces des prairies, le golfe du Saint-Laurent et l'île au Sable.
C'est un petjt pluvier sqrnommé meloda, et un oiseau de plage sablonneuse qu'on ne voit jamais dans des places herbeuses ou marécageuses. Chez certains individus les bandes pectorales noires sont brisées, chez d'autres elles sont entières. Ces derniers ont été pendant quelque temps considérés comme une sous-espèce; tous, actuellement, ne constituent plus qu'une seule espèce. Le pluvier neigeux, œgialitis nivosa, a été pris sur le lac Ontario, mais on ne l'y reverra probablement plus. Il est un peu plus petit que le pluvier criard, de la même coloration mais avec une mouche noire sur l'oreille ou la joue, et seulement une tache noire sur les côtés de la poitrine au lieu d'une barre complète ou presque parfaite en travers. Un oiseau qu'on surprendrait plus au sud ou à l'ouest ne pourrait être qu'un vagabond.
FAMILLE — APHRIZID.ffi. (SUBF-BIRDS) TOURNE-PIERRES
Deacription générale. Oiseau de rivage de taille moyenne avec un bec quelque peu court (figure 27, p. 24) corné en sa moitié terminale, le bout légèrement aplati (sur un plan horizontal) mais non distinctement agrandi comme chez le pluvier.
C'est une petite famille dont l'habitat est le monde entier. Il n'y en a qu'une seule espèce dans l'est du Canada.
Sous-famille — Arenariinae. Tourne-pierres.
Genre — Arenaria. Tourne-pierres.
283a. Le Tourne-pierre à poitrine noire, le tourne-pierre, (turnstone). Arenaria interprea. L, 9-50.
Traits diatinctifs. C'est un oiseau d'une coloration frappante. Le dos présente des amas assez étendus de rouge mat, de noir, et de blanc, couleurs plus ou moins entremêlées. Le croupion et la tête blancs, la couronne a des raies brunes ou noires. Les dessous d'un
blanc pur, avec bande pectorale noire, allant des côtés du cou jusqu'à la face où elle fait un cercle en travers de l'œil et autour d'une tache blanche locale. Les oiseaux d'automne ont leurs couleurs diffuses et la coloration du dos ou perdue ou vaguement indiquée, mais il reste toujours assez de marques sur la face de la poitrine pour faire admettre les traita distinctifs susdits.
Indications sur le terrain. La singulière mixte coloration de rouge, noir et blanc du plumage de printemps. En automne les couvertures blanches du bas du dos et celles du dessus de la queue sont séparées par une barre noire.
Nid. Dans un creux du sol garni de quelques feuilles mortes ou de fibres végétales.
Habitat. Le tourne-pierre considéré comme espèce a un des habitats les plus vastes de la gent volatile; il y a, en effet, peu de pays où il ne se rencontre pas. La sous-espèce américaine, le tourne-pierre à poitrine noire, couve depuis le rivage polaire, à l'ouest de la baie d'Hudson, vers le Nord; il est plus commun sur la côte de l'Atlantique que sur celle du Pacifique. Dans ses migrations, il est commun dans la région des grands lacs.
SOUS-ESPÈCES, lie tourne-pierre est représenté en Amérique par une sous-espèce A. i. morinella, le tourne-pierre à ventre noir, bien que la forme typique se rencontre, dit-on, dans l'ouest de l'Alaska.
C'est un oiseau des rivages sablonneux, boueux ou rocheux mais qui préfère les premiers. Son nom lui vient de son habitude de retourner les petites pierres et les cailloux de la plage pour chercher dessous ce dont il se nourrit; il est surprenant de voir quelles pierres, relativement grosses, il peut retourner. Il fait pénéter son bec sous le bord, donne une petite secousse et la pierre s'en va rouler ou glisser sur la plage à une grande distance. Cet oiseau est bon nageur. Il diffère du tourne-pierre de l'ancien monde par sa taille un peu plus petite, par moins de noir sur les dessus, et par une coloration plus forte des jambes.
FAMILLE HiEMATOPODID^. HUÎTRIERS.
Description générale. C'est un grand oiseau de rivage, de charpent* plus lourde que ce n'est l'habitude dans cet ordre; gros bec corné, aplati sur les côtés vers la pointe. D n'y a qu'une seule espèce qui peut, peut-être, se rencontrer dans l'est du Canada.
Genre — Hœmatopus. HuUriers.
286. L'Huttrier d'Amérique, (amebican otster-catcher). Hœmatopus paUiatus. L, 19. La tête, le cou et le haut de la poitrine sont noirs; le dos, brun olive, avec, en contraste, des plaques blanches aux ailes et au croupion. Tous les dessous, blanc pur; le bec, grand, rouge brillant.
Habitat. La côte de l'Atlantique du nord jusqu'en Virginie; autrefois jusqu'au Nouveau-Jersey et accidentellement au Nouveau-Brunswick. il nichait à l'origine probablement dans toute rét«ndue de son habitat.
L'habitat nord de cet oiseau remarquable était une fois sur nos côtes maritimes méridionales. Il y a longtemps qu'on l'a considéré comme disparu du Canada, et il y a peu de chance qu'il s'y représente de nouveau.
Ordre — Gallinae. Gallinacés.
Ainsi que l'indique leur nom anglais «Scratching birds» ces oiseaux sont organisés pour obtenir leur nourriture en grattant la terre. Le type le plus populaire en est la volaille ordinaire de basse-cour, mais cet ordre se confond presque imperceptiblement avec les pigeons d'une part et les oiseaux de rivage d'autre part. Ils se trouvent dans presque tous les pays du globe. Au Canada nous n'avons qu'un seul sous-ordre de ce groupe, celui de Phasiani, les poules vraies.
SOUS-ORDRES— PHASIANI. POULES VRAIES, FAISANS, CAILLES, GELINOT- TES ET LAGOPÈDES
Description générale. Ce sous-ordre se compose d'oiseaux pourvus de pieds forts, compacts, quatre doigts avec ongles obtus propres à gratter la terre (figure 28, p. 24). Bien qu'ils s'adaptent mieux à la vie terrestre ils se perchent facilement sur les arbres et bien souvent y mangent et s'y reposent. Bec court, corné avec culmen fortement arqué (figure 29, p. 24); narines enfoncées dans ime matière molle à la naissance du bec; ailes courtes et arrondies. Ces oiseaux se servent rarement de leurs ailes, sauf pour franchir de courtes distances ou en cas de danger immédiat.
Nid. Ils nichent à terre, déposent leurs oeufs sur l'herbe ou les feuilles mortes avec peu ou point de préparation.
Hcwitat. On trouve des espèces de ce sous-ordre dans toutes les parties du Canada. La geUnotte huppée, le tétras et le dindon sauvage sont des oiseaux des bois; la oaiUe, la poule des prairies et la gelinotte à queue aiguë fréquentent la prairie; et le lagopède fréquente les terres stériles de l'extrême nord.
Trois familles de cet ordre sont représentées au Canada, savoir: Odontophoridœ, la caille d'Amérique, Tetraonidœ, la gelinotte, et Meleagridœ, le dindon.
Valeur économique. — Ils sont à la fois insectivores et végétariens, et mangent indifféremment grains, bourgeons, feuilles, fruits et insectes. Comme plusieurs espèces fréquentent les terres cultivées, leur régime économique intéresse particulièrement le cultivateur et a été l'objet de beaucoup de recherches dont les résultats démontrent qu'ils comptent parmi les oiseaux les plus utiles de la ferme. Le type d'insectes qui constituent une partie de la nourriture de certaines espèces est manifestement très malfaisant et l'on a très peu à se plaindre quant au reste de leur menu qui se compose principalement de déchets ou de matières sauvages de peu ou point d'utilité pour l'agriculteur.
De même que la plupart de nos grands oiseaux, leur nombre a été considérablement réduit et il faudrait qu'ils fussent protégés et que la chasse en fût limitée au surplus annuel de la reproduction afin de conserver en permanence un nombre plus que suffisant de reproducteurs.
FAMILLE — ODONTOPHOBID.*!. CAILLES d'aMÉRIQUE.
Description générale. Ce sont les plus petits oiseaux de ce sous-ordre au Canada. La narine est en partie recouverte d'une lame charnue qui n'est pas aussi bien dissimulée dans le plumage que celle de la geUnotte. Cette famille n'est représentée que par une seule espèce dans 1 est du Canada.
Le nom de «caille» est improprement employé pour nos oiseaux canadiens. Ils n'ont rien de commun avec la caille d'Europe, mais ce sont de véritables perdrix. Par contre, nos «perdrix» sont des gelinottes. Voilà des exemples de noms européens improprement appliqués à des formes du nouveau monde. Il y a beaucoup de cas semblables, ce qui donne lieu à la confusion au début, mais ils sont tellement implantés dans les usages nationaux qu'il est maintenant trop tard pour les corriger.
Cette famille habite plutôt les régions méridionales et c'est dans les états du Sud-Ouest et au Mexique qu'on trouve en plus grand nombre tant les espèces que les individus.
Genre — Colinus. Cailles d'Amérique.
289. La Caille d'Amérique, (bob-white, american quail). Colinus Virginianus. L, 10. Planche IX B.
Traits dislinctifi. Ne peut être confondu avec aucun autre oiseau au Canada. Taille et couleur avec traits distinctifs des gallinacés.
Indications sur le terrain. Petites perdrix qui s'enlèvent soudainement et volent par battements rapides avec des coups d'ailes qui s entendent de loin.
Habitat. La caille d'Amérique et ses sous-espêces alliées sont répandues sur toute la partie est de l'Amérique du Nord, dans l'Ontario-sud et plus au nord.
SOUS-ESPÈCE. La sous-espèce indigène à l'est du Canada est le spécimen type: la caUle de la Virginie.
La caille d'Amérique n'apparaît, au Canada, que dans le sud de l'Ontario où elle est connue de tous les habitants de la campagne. A l'automne, le chasseur la poursuit avec des chiens et, au printemps, le laboureur et ses enfants trouvent son nid au cours des travaux de la ferme où chacun connaît son sifflement perçant qui semble crier «Bob-white » ou ainsi que d'autres l'interprètent «More-wet». Ce n'est pas une espèce solitaire qui se retire dans les plus profonds sous-bois à l'époque de la culture; mais elle se tient dans les clairières, sur les lisières des bois, les lignes d'arbrisseaux, le long des clôtures ou des taillis incultes au voisinage immédiat des champs. Quand elle manque de nourriture elle s'aventure dans la basse-cour pour manger avec les volailles. Elle mange dans la plaine et s'abrite dans les broussailles contre le danger. Avant que les terres fussent déboisées, la caille d'Amérique était peut-être rare au Canada, mais les progrès de la colonisation lui ont ouvert de nouveaux terrains. Même dans les parties les plus méridionales du pays aujourd'hui cet oiseau demeure de façon précaire et en nombre très variable; il est évident qu'il ne s'adapte pas très bien à cette limite septentrionale de son habitat. Il est très prolifique cependant, et à la suite de quelques hivers propices, si l'on en interdit la chasse, le nombre d'individus se doublera plusieucfe fois; mais les abris sont presque invariablement mitraillés et les durs hivers réduisent périodiquement le nombre de ces oiseaux. Les conditions naturelles les plus dures qu'ils aient à combattre résultent de l'épais manteau de neige recouvrant la terre qui leur fournit à manger, comme de l'humidité glacée et du grésil qui non seulement les gèle mais les emprisonne sous une croûte de glace lorsqu'ils se réfugient dans la neige la nuit. On dit, avec des preuves à l'appui, que le faisan à cou annelé qui est devenu un gibier très recherché est hostile à ces oiseaux. En sus de son importance comme gibier, la caille d'Amérique mérite d'être protégée par les cultivateurs au seul point de vue économique et, pour cette raison, on ferait très bien de le rayer de la liste des oiseaux-gibiers.
On a eu beaucoup l'habitude de repeupler les terrains de chasse épuisés avec des oiseaux importés des Etats du Sud. Ij'on ne s'est pas encore rendu compte si l'introduction de ces animaux non habitués au climat du nord a eu pour effet d'affaiblir la constitution des oiseaux indigènes. Plusieurs sous-espèces de la caille d'Amérique se présentent dans le Sud et, à cause des importations, il est devenu difficile de reconnaître les véritables caractères de nos oiseaux indigènes, lesquels ne peuvent maintenant être reconnus que sur des spécimens antérieurs à ces introductions.
Valeur économique. La caille d'Amérique se nourrit principalement de graine d'ivraie. Le grain qu'elle mange se compose de déchets glanés sur la terre. La partie insecte de sa nourriture, bien que plutôt faible, comprend certaines espèces que ne mangent pas ordinairement les autres oiseaux, c'est pourquoi elle est particulièrement importante. C'est l'un des rares oiseaux qui mange les doryphores ou insectes de la pomme de terre.
FAMILLE TETRAONID^. TÉTRAS.
Le tétras a les narines dissimulées sous un plumage qui occupe une plage de pénétration à la naissance du bec sur les côtés (figure 29, p. 24). Le tarse est soit complètement soit partiellement emplumé, et chez le lagopède, le plumage recouvre les doigts. Les doigts, s'ils ne sont pas emplumés, sont bordés de chaque côté d'une petite frange composée d'écailles cornées ou pectineuses (figure 28, p. 24), qui tombent au milieu de l'été. Le tétras du Canada, vulgairement appelé perdrix, est le gibier de savane le plus répandu de nos plaines et c'est l'oiseau favori de nos chasseurs. Les deux sexes sont semblables ou à peu près et, si l'on excepte le lagopède, subissent de légères variations saisonnières quant au plumage, et ces oiseaux n'émigrent généralement pas. Le lagopède à qui on peut attribuer l'inverse de ces remarques est d'autre part tellement bien caractérisé qu'il n'y a pas de confusion probable. Toutes les espèces font leur nid à ras de terre sans beaucoup de préparation pour les œufs. Ils pondent ordinairement beaucoup d'œufs, de six à dix-huit, et les petits, comme des poussins, suivent la mère dès qu'ils sont sortis de la coquille.
Genre — Canachites. Tétras du Canada.
298. Le Tétras du Canada, la perdrix de savane, (spruce parteidge, CANADA grouse). Canochites canadensis. L, 15. Planche X A.
Traits distinctifs. Facile à distinguer par sa couleur, etc., de la gelinotte à fraise qui est à peu près la seule espèce dans l'est du Canada avec laquelle on peut le confondre. Il y a dans l'extrême Ouest certaines espèces qui lui ressemblent étroitement.
Indications sur le terrain. Couleur généralement bleuâtre et noire du mâle. Absence de huppe ou de collier de plumes et présence d'une crête remarquablement rouge au-dessus de l'oeil, tant chez le mâle que chez la femelle, mais plus en évidence sur celui-là.
Habitat. Habite en permanence là où il se trouve dans les régions boisées de conifères du nord du Canada.
SOUS-ESPÈCES. Le tétras du Canada comprend plusieurs races géographiques dont deux, la gelinotte noire d'Amérique, Canachites canadensis canadensis, la forme type, et le tétras du Canada C. c. canace, fréquentent l'est du Canada. Le premier de ces oiseaux habite le Labrador et les collines plus au nord; le deuxième habite le Nouveau-Brunswick, le sud de l'Ontario, etc. Ils se ressemblent trop cependant pour qu'on les différencie dans un ouvrage de vulgarisation.
C'est un oiseau septentrional des épinettières. Son naturel confiant lui a fait donner le nom de «Fool Hen», car si l'on ne fait pas beaucoup de bruit, on peut souvent le tuer avec un bâton ou avec des pierres. Du fait qu'il se nourrit beaucoup de bourgeons de mélèze ou de conifères, sa chair a un goût trop fort pour un palais ordinaire.
Valeur économique. Comme il habite au nord et dans des forêts de conifères, il n'a aucune influence économique.
Genre — Bonasa. Gelinotte à fraise.
300. La Gelinotte à fraise, la gelinotte huppée, la perdrix de bois franc, (ruffed grouse, partridge). Bonasa umbellus. L, 17. Planche X B. (Pieds et bec, figures 28, 29, p. 24).
Traits distinctifs. La gelinotte à fraise avec sa fraise soyeuse noire, sur les côtés du cou, sa grande queue en éventail et ses nombreuses petites taches semblables à des yeux sur le croupion et le bas du dos, ne saurait être confondue avec aucime autre espèce.
Indications sur le terrain. Grande taille et queue en éventail.
Habitat. Le gelinotte à fraise habite toutes les régions boisées du Canada vers le nord jusqu'aux limites des arbres.
SOUS-ESPÈCES. On reconnaît plusieurs races géographiques de la gelinotte à fraise. L'oiseau type habite le sud et est remplacé dans l'est du Canada par la gelinotte du Canada Bonasa umbellus togala qui est caractérisée par iine coloration plus grise ou moins rouge.
C'est la «perdrix» de la plupart de nos chasseurs canadiens. Elle habite le fond des bois au milieu des brousailles, se cache à ras de terre, s'enlève comme une petite explosion et vole avec une grande rapidité à travers la forêt sombre de façon à éprouver l'habileté et l'adresse de tout bon tireur. La gelinotte du Canada ne se rencontre aujourd'hui que dans les coins de forêts où elle trouve suffisamment d'espace et d'abri pour se protéger et sur les lisières des terrains cultivés où elle n'existe encore qu'à titre précaire.
Les changements subits de température sont très mauvais pour cette gelinotte. Les printemps froids, humides, sont mortels pour les jeunes et un bon nombre d'oiseaux reproducteurs périssent en hiver par l'effet du grésil. Durant les hivers rigoureux, elle cherche un abri gous la neige ou se laisse recouvrir par ses tourbillons. Après un dégel suivi de temps froid, comme il arrive souvent, elle est gelée sous une croûte qu'il lui est impossible de briser et par suite elle périt.
Le tambourinage de la perdrix est un bruit familier à tous ceux qui fréquentent les bois. C'est une série de palpitations sourdes et retentissantes produites par le battement rapide des ailes, et ce bruit a une intensité pénétrante qui fait qu'il est difficile de se rendre compte d'où il vient. Les battements commencent lentement et augmentent en vitesse jusqu'à ce qu'au bout de peut-être cinq secondes ils se confondent et se perdent dans un bruissement confus. L'oiseau se pavane ordinairement sur un tronc d'arbre renversé lorsqu'il s'arrête pour tambouriner. Durant ce tambourinage, il déploie tous ses ornements — queue, crête et collerette — et, bien que debout et immobile, ses ailes se perdent dans un brouillard de mouvement. On explique de deux manières cette espèce de tambourinage, soit pas le frottement des ailes l'une contre l'autre au-dessus du dos, soit par leur battement sur les côtés du corps. L'effet peut être produit de l'une ou de l'autre ou d'aucune de ces façons. Le bruit produit par le battement des ailes au moment où l'oiseau prend son vol est de même nature sauf en intensité et en mesure, et le seul battement de l'air semble suffire à produire cet effet. Le but de ce geste est évidemment d'attirer la femelle, comme fait la roue du paon ou du dindon. C'est au printemps surtout que l'on entend ce roulement, mais il se produit plus ou moins pendant tout l'été et encore plus fréquemment à l'automne. Chez la gehnotte huppée du Canada, Bonasa umbelliis togata, il se présente deux phases de coloration bien définies qui ne dépendent ni du sexe ni de la saison ni de la locaUté. Il y a une certaine espèce qui est très rouge; un autre type rare a les huppes plutôt cuivrées que noires, la queue est remarquablement rouge et cette même couleur se retrouve plus ou moins sur les autres parties. Chez la gelinotte grise qui est peut-être la plus typique, la queue est manifestement grisée, il y a moins de rouge autre part et les huppes sont noires avec un faible éclat verdâtre. On rencontre toutes sortes de types intermédiaires.
Valeur économique. Comme cette espèce vit dans les bois on ne peut guère avoir à s'en plaindre et, à part son intérêt au point de vue sentimental et des plaisirs cynégétiques, elle n'a que peu d'importance économique.
Genre — Lagopus. Lagopèdes.
Description générale. Le lagopède est un tétras plus septentrional et remarquable pour l'étonnante variation saisonnière de son plumage. En hiver il est tout blanc; en été il est rayé de diverses teintes de rouge, brun et ocre, principalement de rouge. Ses pieds sont emplumés jusqu'à l'extrémité des doigts et il fait régulièrement de longues migrations, allant à pied sur la majeure partie de leur parcours mais volant quelquefois d'un point à un autre ou pour traverser de grandes nappes d'eau comme par exemple le détroit d'Hudson. Comme il lui reste même en été des taches irrégulières de blanc à son plumage et que son pied est toujours emplumé jusqu'aux doigts, il est impossible de ne pas le reconnaître. Il habite les régions polaires et se trouve tant sur l'ancien que sur le nouveau continent. De même que bien d'autres oiseaux arctiques les lagopèdes sont très répandus au sud le long des chaînes de montagnes où l'altitude transporte le cUmat boréal aux latitudes moins élevées. La geUnotte rouge d'Ecosse est un lagopède intéressant qui a perdu sa faculté de devenir blanc en hiver et, toute l'année, sa coloration estivale subsiste. Il y en a deux espèces dans l'est du Canada. En raison de la grande variabihté de cette espèce, les lagopèdes américains ont été divisés en un grand nombre de sousespèces qui ne peuvent être distinguées que par un spécialiste pourvu de nombreux spécimens de comparaison. Au point de vue économique, le lagopède a peu d'importance sauf comme source d'alimentation pour les trapjjeurs, les chasseurs et les prospecteurs de l'extrême nord.
301. Le Lagopède des saules, la perdrix blanche, (willow ptarmigan, wiLLow grouse). Lagopus lagopus. L, 15. Tout blanc en hiver, sauf la queue qui est tout à fait noire. En été il est presque uniformément rayé de noir sur tout le corps et de diverses teintes de brun, d'ocre et de rouille. Ce peut être soit l'ocre soit la rouille qui domine.
Traits distinctifs. En hiver, c'est la tête toute blanche et l'absence de ligne noire à travers les yeux qui le distingue du lagopède des rochers. En été sa taille supérieure qui se distingue surtout par la comparaison des becs le rend très facile à reconnaître.
Habitat. Régions polaires, à travers tout le continent, émigré au sud en hiver jusqu'aux frontières de la civiUsation.
SOUS-ESPÈCES. La sous-espèce apparaissant dans la majeure partie du Canada est l'oiseau type. Une autre sous-espèce, le lagopède d'Allen L. l. alleni, se rencontre en Terreneuve et celle du lagopède L. l. ungavus se trouve dans l'extrême nord du Québec.
302. Le Lagopède des rochers, (rock ptarmigan). Lagopus rupestris. L. 13. Tout blanc en hiver sauf la queue qui est noire et une Ugne à travers l'oeil jusqu'à la naissance du bec. En été, il ressemble beaucoup à l'espèce précédente.
Traits distinctifs. En hiver, ligne noire des yeux. En été, on le reconnaît à sa petite taille, particulièrement celle du bec, comparée à celle du lagopède des saules.
Habitat. Régions polaires à travers tout le continent; en hiver habite un peu plus au nord que l'espèce précédente.
SOUS-ESPÈCES. Trois sous-espèces de lagopèdes de rochers sont reconnues au Canada: le lagopède de Reinhardt, L. r. reinhardti, dans l'extrémité nord du Nouveau- Québec; le lagopède de Welsh, L. r. welchi, en Terreneuve; et la forme type, le. lagopède arctique, dans les autres régions.
Genre — Tympanuchus. Gelinotte.
305. La Poule des prairies, (prairie chicken). Tympanuchus americanus. L, 18. Une gelinotte de la même taille que la gelinotte huppée, colorée avec des teintes de brun, d'ocre clair et de blanc, mais sans la longue queue en éventail, et dont la huppe souple est remplacée par quelques longues plumes droites et raides, dirigées de haut en bas au-dessus des épaules. Les rayures sur le ventre et la poitrine sont nettes et distinctes et se continuent à travers le dos, puis sur les parties supérieures et inférieures.
Traits distinctifs. Les indications précitées distinguent facilement cette espèce de la geUnotte huppée. On peut tout aussi facilement la distinguer de l'espèce suivante — la geUnotte à queue aiguë — par sa poitrine rayée au lieu d'être recouverte de marques en forme de V. Les autres caractères distinctifs sont les longues plumes raides sur les côtés du cou et la queue courte et raide ne se terminant pas en pointe quand elle est fermée.
SOUS-ESPÈCES. Deux sous-espèces de poule des prairies sont reconnues. Celle qui se rencontre au Canada est la race type — la poule des prairies du Nord.
C'est la véritable poule des prairies qui fréquente les prairies de l'Ouest, bien que dans l'ouest du Canada, on donne vulgairement et improprement ce nom à l'espèce dont la description va suivre. Nous la faisons figurer ici seulement parce qu'on en a pris des spécimens dans le sud de l'Ontario qui semblent s'être répandus à partir du côté de Michigan de la rivière Détroit où elle était autrefois commune mais est devenue rare et restreinte à un petit nombre d'endroits. D'après les souvenirs de la présente génération, dans certaines parties de l'Ouest elle a considérablement empiété sur le territoire de l'oiseau suivant qu'elle a fini par chasser.
Valeur économique. — Cet oiseau est trop rare dans l'est du Canada pour être étudié au long ici. Dans l'Ouest où il est très répandu, son importance économique est considérable, mais il n'est aucunement nuisible.
Genre — Pedioecetes. Gelinotte à queue aiguë.
308. La Gelinotte à queue aiguë, (sharp-tailed grouse). Pedioecetes phagianellus. L, 17-50. Décorée de vagues dessins de couleur rouge blanc ou crème sur les parties supérieures, qui se transforment en rayures seulement sur les épaules; parties inférieures d'un blanc pur. Sur la poitrine chaque plume est bordée d'un dessin foncé en forme de V qui se change en rayiu-e vers le cou et en fines taches sur la gorge qui est de couleur crème.
Traits distinclifs. Les marques en V sur la poitrine et la pointe molle et aiguë de la queue lorsqu'elle est fermée constituent des marques d'identification concluantes et faciles à reconnaître.
Habitat. L'espèce est plus septentrionale et moins nettement une poule de la plaine que la poule des prairies. Elle habite tout le continent au nord des terres actuellement cultivées dans l'Est mais ne se rencontre que par endroits isolés alors qu'il se trouve de vastes territoires où elle fait défaut ou ne se rencontre que rarement. Elle vient irrégulièrement vers le sud à l'automne jusqu'aux confins des terres cultivées. Dans les provinces des prairies elle s'avance au sud jusqu'aux frontières des Etats-Unis et au delà.
SOUS-ESPÈCES. Cette espèce est divisée en plusieurs races géographiques. Le long de la frontière manitobaine, on peut s'attendre à trouver la gelinotte des prairies à queue aiguë, Pedioecetes phasianellus campestris; dans les autres parties de l'est du Canada c'est la gelinotte à queue aiguë tjrpique ou du Nord.
Dans l'Ouest cet oiseau est bien une poule des prairies mais, par endroits, elle est remplacée par l'espèce précédente.
F.IMILLB MELEA6RID.E. DINDONS.
Genre — Meleagris. Dindons.
C'est le plus grand de nos gallinacés, et il est si connu sous sa forme domestique qu'il est inutile d'en donner une description détaillée. Nous n'en avons eu qu'une seule espèce au Canada.
310. Le Dindon sauvage, (wild tdrkey). Meleagris gaUopavo. L, 48-50. Ressemble tellement à notre dindon domestique qu'une description spéciale serait superflue.
Traits distinctifs. Le seul oiseau dont il a besoin d'être distingué c'est la variété apprivoisée ou domestique. Celle-ci est d'origine mexicaine et, par conséquent, a toujours un peu de blanc au hK)ut de la queue. La queue du dindon sauvage se termine toujours en une bande brun .cendré. Le sang d'une race apprivoisée est toujours indiqué par le bout blanc de la gueue.
Habitat. Primitivement distribué sur toute la partie est de l'Amérique du Nord jusqu'au Maine et au sud de l'Ontario.
SOUS-ESPÈCES. On reconnaît plusieurs sous-espèces de dindon sauvage. L'oiseau type habite le Mexique. Le spécimen canadien est le dindon sauvage du Nord, Meleagris gaUopavo silvestris.
Le dindon sous sa forme sauvage n'a paru au Canada que dans le sud de l'Ontario et il a maintenant disparu depuis un nombre d'années. Actuellement le dindon sauvage n'habite plus que les régions boisées les plus reculées des Etats-Unis du Sud les plus déserts et même là, il tend à bientôt disparaître. Il y a probablement beaucoup de sang sauvage indigène chez les troupeaux de dindons apprivoisés, le long du lac Erié, et il y a un bon nombre de spécimens de soi-disant dindons sauvages qui sont certainement au moins à demi mêlés de sang domestique.
Ordre — Columbœ. Pigeons et Colombes.
Cet ordre, d'une distribution mondiale, est divisé différemment par les divers auteurs. D'après le système de classification de l'Union des Ornithologistes américains, toutes nos espèces américaines sont comprises dans une seule famille, les Columbidœ. Ils ont tout à fait la forme typique du pigeon, c'est pourquoi on peut les appeler les pigeons authentiques.
FAMILLE COLUMBIDiE. PIGEONS VRAIS ET COLOMBES.
On peut dire d'une façon générale que les pigeons et les colombes ressemblent, quant au profil et aux habitudes, à notre race domestique. Leurs caractères sont plus faciles à reconnaître qu'à décrire. C'est surtout à leur bec qu'on peut les reconnaître. Il est dur et corné à la pointe, laquelle s'élargit très légèrement. Il est pourvu, à la base, d'une membrane molle légèrement renflée dans laquelle s'ouvrent les narines (figure 35, p. 25). Les pattes et les pieds sont faibles, ne pouvant servir qu'à marcher sur une petite étendue plane ou pour simplement se percher. Nos pigeons domestiques ordinaires qui descendent du Biset d'Europe présentent tous les caractères les plus distinctifs de cette famille. Il n'existe aucune différence reconnaissable ou taxonomique entre ce qu'on appelle les pigeons et les colombes.
Genre — Ectopistes. Pigeons voyageur.
315. Le Pigeon voyageur, la tourte, (passenqek pigeon). Ectopistes tnigratorius. L, 16-29. Planche XI A.
Traits distinctifs. La tourterelle de la Caroline est si souvent prise pour le pigeon voyageur que ces deux espèces devraient être distinguées l'une de l'autre avec soin. Le pigeon est un oiseau beaucoup plus grand; le mâle a la poitrine visiblement rouge avec la tête et les parties supérieures bleu ardoise ; la femelle n'a pas le bleu foncé sur le dos mais la tête garde une teinte bleuâtre qui ne se rencontre jamais chez la tourterelle de la Caroline, laquelle a une couleur plus régulièrement fauve clair ainsi qu'une petite tache noire sur le côté du cou, droit au-dessous de l'oreille.
Indications sur le terrain. .Cette espèce étant maintenant tout à fait éteinte, toute indication serait inutile.
Nid. Les pigeons voyageurs se construisaient un nid grossier de branchettes dans les arbres et nichaient par bandes.
Habitat. Cet oiseau couvait dans les sections boisées de la majeure partie du Canada à l'est des montagnes et au sud jusqu'aux Etats-Unis du Centre, et hivernait dans les Etats du Sud et au delà.
Les immenses troupes de pigeons voyageurs qui autrefois obscurcissaient le ciel étaient l'une des merveilles de l'Amérique. Si les descriptions de leur nombre n'étaient accompagnées de témoignages détaillés, rapportés par des personnes absolument dignes de foi, elles sembleraient purement fantaisistes; des troupes, tellement compactes qu'un coup de fusil au hasard en aurait abattu des quantités, voyageaient avec rapidité, formant un front de plusieurs milles de largeur sur une longueur telle qu'il fallait des heures pour les voir passer. Audubon estime qu'une seule de ces troupes renfermait au delà d'un milliard d'oiseaux, en basant ce chiffre
sur la densité et l'étendue du groupement et non sur une simple conjecture. Ils couvaient dans de denses refuges à corbeaux où leur poids brisait souvent les arbres de la forêt. On coupait les arbres qui renfermaient leurs nids et bien que chaque nid ne contînt qu'un seul pigeonneau, il y en avait tellement que l'on fit venir des cochons pour les leur donner en pâture. Plus tard les oiseleurs de profession les prenaient au filet et les expédiaient par pleins wagons aux divers centres de population. On comprendra que même ces immenses troupes de pigeons voyageurs ne purent pas résister à de pareilles attaques et graduellement ils ont diminué. Il a été question de mettre un terme à ce massacre à cette époque mais ces démarches n'ont fait que provoquer des risées. L'on disait que leur nombre était inépuisable, mais aujourd'hui l'espèce est éteinte et le dernier survivant, un oiseau captif, est mort il y a peu de temps à Cincinnati. Leur dernier grand ralliement fut près de Petoskey, Mich. A l'automne de 1878 les pigeons sont repartis pour le but accoutumé de leur voyage sans toutefois revenir en nombre exploitable le printemps suivant. Pendant quelques années, par la suite, on en a aperçu parfois de petits troupeaux et quelques ralliements isolés furent signalés, mais comme les oiseleurs ont suivi chaque cas de très près, il est devenu évident qu'il n'y avait plus rien à faire pour les chasseurs de pigeons. Ces oiseaux devinrent ensuite de plus en plus rares tous les ans jusqu'à ce que finalement on n'en ait plus aperçu du tout. Il y a même encore parfois des rumeurs que des bandes ont été vues en des endroits éloignés dans les montagnes occidentales du Mexique ou de l'Amérique du Sud et autre part, mais dans chaque cas, les recherches ont démontré qu'il s'agissait d'autres espèces ou qu'on avait été mal informé. Pendant plusieurs années une forte récompense a été offerte à quiconque signalerait un couple reproducteur. Il va sans dire que la personne qui a offert la récompense a été inondée de lettres mais aucun des cas signalés n'a rien fait découvrir et la récompense n'a pas été gagnée; finalement cette offre a été retirée. Dans l'Est, c'est ordinairement la tourterelle de la Caroline que l'on prenait pour le pigeon voyageur et, dans l'Ouest, le pigeon à queue rayée. Même encore, de temps en temps, on entend certaines personnes raconter, avec force détails, qu'ils ont vu cet oiseau dans leur enfance, mais il n'est guère douteux que l'espèce est éteinte.
Genus — Zenaidura. Tourterelle de la Caroline.
316. La Tourterelle de la Caroline, (mourning dove). Zenaidura macrowra. L, 11-85. PkncheXIA.
Traits distinctifs. Plus petite et d'un fauve plus brunâtre que le pigeon voyageur, sans le rouge caractéristique sur la poitrine ni le bleu sur le dos; porte une petite tache noire sur le côté du cou au-dessus de l'oreille. Ne saurait être confondue qu'avec l'espèce précédente.
Nid. La tourterelle de la Caroline se bâtit une simple plate-forme de bûchettes dans les branches inférieures des arbres ou les parties supérieures des buissons, rarement sur le sol. Elle niche solitairement et non par bandes.
Habitai. Elle couve sur les frontières méridionales de l'est du Canada et hiverne sur place dans les parties les plus méridionales et dans les Etats-Unis immédiatement au sud de la frontière jusqu'aux tropiques.'
SOUS-ESPÈCE. La tourterelle plaintive (Mourning Dove) qui habite la majeure partie de l'Amérique du Nord est bien la tourterelle de la Caroline. Z. m. carolinensis, et c'est la seule sous-espèce généralement reconnue comme apparaissant dans l'est du Canada. L'oiseau type dépasse habituellement les limites de son habitat.
Bien que le pigeon voyageur ait complètement disparu, la tourterelle de la Caroline existe encore et il est probable que le nombre en a colisidé-
rablement augmenté depuis que l'on déboise le pays. Les régimes d'alimentation de ces deux oiseaux se ressemblaient beaucoup sauf quant à la proportion des divers éléments de nourriture. La tourterelle de la Caroline mange facilement des fruits d'arbres forestiers mais ceux-ci constituaient l'aliment principal du pigeon lequel était donc plutôt un oiseau forestier. La tourterelle de la Caroline a des habitudes plus solitaires et se rencontre rarement par bandes. Elle couve tout à fait seule. C'est probablement ce qui a le plus contribué à conserver l'espèce alors que son congénère de plus forte taille n'a pas survécu. La maladie ne pouvait pas se propager parmi ces oiseaux aussi complètement et toute autre calamité affectant les individus ou les petits groupements n'englobait pas toute l'espèce. Dans plusieurs sections, la tourterelle est considérée comme ou oiseau-gibierj mais le code de la chasse ne lui reconnaît pas ordinairement cette qu'ialité. Il s'en tue cependant de grands nombres accessoirement aux autres chasses, malgré qu'elle soit protégée par la loi, et l'on ne peut pas dire que la vie de cet oiseau ne soit pas toujours exposée. C'est cependant une race forte et elle ne court en ce moment que peu de danger.
Son long cri plaintif aO-woe-woe-woe)) est très connu et c'est ce qui lui a valu son nom anglais de «Mourning Dove». C'est un son très bizarre comme celui que l'on obtient en soufflant légèrement dans le goulot d'une bouteille vide.
Valeur économique. Bien que se nourrissant surtout des fruits d'arbres forestiers (glands, châtaignes et autres fruits semblables à l'écorce tendre), elle mange très bien le grain et aussi passablement d'insectes. Le grain qu'elle mange se compose en grande partie de déchets et la semence bien plantée et recouverte ne peut avoir à en souffrir, car elle ne gratte jamais la terre. On ne peut lui reprocher aucun dommage aux récoltes qui ne soit facile à prévenir et le bien qu'elle fait est manifeste.
Ordres — Raptores. Oiseaux de proie.
Description générale. Ce sont des oiseaux mangeurs de poissons avec quatre doigts bien développés (figures 31 et 32, p. 25), armés d'une griffe puissante et crochue pour saisir et retenir leur proie. Le bec est recourbé (figures 30, 33a et b, et 34, p. 24 et 25) et la base en est revêtue d'une membrane gonflée et molle ou cire au sein de laquelle sont situées les narines. Les oiseaux de proie diffèrent des autres en ce que les femelles sont de beaucoup plus forte taille que les mâles, ce qu'il faut probablement attribuer aux plus grands efforts qu'elles doivent faire pour nourrir leurs petits; comme ce travail exige de la force, de la pesanteur et de l'endurance plutôt que de la finesse et de la dextérité, Ta femelle possède ces qualités à un plus haut degré que le mâle lequel, bien qu'il puisse porter secours à sa compagne, n'a pas la respansabilité finale d'élever la famille.
Habitat. Les rapaces sont distribués par tout le monde sauf dans le continent antarctique où ils sont remplacés par les stercoraires, mouettes et autres rapaces de la mer.
Bien que la classification de cet ordre soit loin d'être satisfaisante et qu'elle doive être revisée, c'est l'habitude américaine de diviser notre espèce en trois sous-ordres: Sarcorhamphi, les vautours d'Amérique, qui sont différents de ceux de l'ancien monde; Falcones, les oiseaux de proie diurnes; et Striges, les oiseaux de proie nocturnes ou hiboux.
Valeur économique. Il n'est peut-être pas d'oiseau plus connu et en même temps plus mal compris d'une façon générale dans ses rapports économiques. Tout le monde connaît les éperviers, les hiboux et les
aigles et leurs habitudes de carnivores, mais peu de gens se rendent compte que certains d'entre eux comptent parmi les meilleurs amis de l'homme et que la manie de les tuer à première vue est désastreuse. Il y en a qui sont très malfaisants, mais c'est une très grave erreur au point de vue économique que de les condamner tous en bloc. Ceux de la première famille, les vautours, sont des oiseaux repoussants mais ils sont précieux pour faire disparaître les déchets et il n'y a vraiment rien à redire à leur sujet. Quant aux deux autres divisions, les rapaces diurnes et nocturnes, la différence de leurs habitudes donne lieu à beaucoup de malentendus. Nous sommes heureux, en ce sens, de pouvoir donner une opinion basée sur des faits établis et non sur de simples théories. Le service biologique des Etats-Unis a fait une étude approfondie sur le régime d'alimentation des éperviers et hiboux d'Amérique et ses conclusions s'appuient sur l'examen de quelque 2,700 estomacs pris dans toutes les saisons de l'année dans diverses parties des Etats-Unis et du Canada. Toutes ces recherches , accompagnées des témoignages qui en établissent l'authenticité pont publiées sous forme de rapport intitulé: «The Hawks and Owls of the United States», par le Dr A. K. Fisher'. Bien que ce travail soit fait au pays voisin pour son propre usage, toutes les espèces canadiennes sont étudiées et les résultats s'appliquent tout aussi bien au Cajiada qu'aux Etats-Unis. Comme certaines des espèces les moins malfaisantes n'apparaissent pas au Canada, les proportions ci-dessous devront être légèrement corrigées pour notre usage mais pas suffisamment pour modifier sensiblement les conclusions générales. Six seulement parmi les soixantetreize espèces étudiées sont malfaisantes, dont trois qui sont extrêmement rares au Canada et une ne mange que des poissons. Quant aux autres, 66 pour cent des estomacs examinés contenaient des souris et des petits mammifères, 27 pour cent des insectes, et seulement 3^ pour cent des volailles ou oiseaux-gibiers. En divisant les rapaces de l'est du Canada, en plusieurs groupes, il se trouve que trois espèces sont bienfaisantes et absolument inoffensives; seize sont principalement bienfaisantes et font véritablement plus de bien que de mal; quatre font à peu près autant de bien que de mal; et six sont manifestement malfaisantes. Trois seulement de ces dernières sont assez communes pour qu'on s'en occupe, et deux seulement, l'épervier brun et l'épervier de Cooper, qui sont assez répandus dans les localités à population dense, pour qu'on se prémunisse contre eux. L'autour à tête noire est une espèce plus septentrionale dont la distribution s'étend au delà des régions habitées dans le nord. Il est difficile de déterminer ce qui peut être considéré comme un juste milieu entre le bien et le mal que font ces oiseaux; la perte d'un poulet est une chose définie, facile à estimer, tandis que la disparition des souris et des insectes emportés par un oiseau de proie est un vague avantage difficile à vérifier ou à apprécier.