‹ Les oiseaux de l'est du CanadaChapitre 35 sur 47 · SOUS-ORDRE— STRIGES. OISEAUX DE PROIE NOCTURNES. HIBOUX · texte numérisé non relu

SOUS-ORDRE— STRIGES. OISEAUX DE PROIE NOCTURNES. HIBOUX

Les hiboux sont facile à reconnaître. La cire dissimulée dans le plumage de la face et les cercles faciaux très en évidence autour des yeux (figure 34, p. 25) sont des signes distinctifs pour l'observateur le plus ordinaire. Ils sont principalement nocturnes, la chouette épervière et le harfang étant les seules espèces de l'est du Canada qui chassent habituelle-

ment de jour. Même les oiseaux nocturnes cependant voient très bien le jour. Ils peuvent se trouver momentanément éblouis lorsqu'ils sont soudainement transportés de l'obscurité à la pleine lumière et certaines espèces ont tellement de confiance dans leur immobilité pour se dérober à la vue qu'on pourrait presque les prendre à la main. Le plumage est un des traits les plus intéressants chez les hiboux. Les plumes sont singulièrement molles et se tiennent ensemble de façon à empêcher l'air de passer à travers les petits interstices, ce qui leur assure un vol silencieux. Un hiboux pourrait passer assez près de vous pour vous éventer la figure de son aile sans qu'on ait rien entendu.

Deux familles sont représentées au Canada: Aluconidœ, effraies communes, représentées par une espèce qui est un visiteur accidentel du sud, et Strigidœ, connues sous le nom de hiboux à aigrettes, lors même que beaucoup d'espèces canadiennes ne sont pas pourvues de ces ornements.

FAMILLE — ALUCONIDŒ. EFFRAIES.

.Les effraies, appelées quelquefois chouettes à figure de singe, d'après la forme en cœur de leurs cercles faciaux réunis, sont représentées au Canada par une seule espèce laquelle est assez rare. La serre médiane est pectinée, étant munie de dentelures sur son bord intérieur comme le héron (figure 19, p. 22) et le pouce est aussi long que le médian au lieu d'être un peu plus court comme chez les hiboux à aigrettes.

Genre — Tyto. Effraies.

365. L'ESraie d'Amérique, (american babn owl). Tyto pratincola. L, 18. Couleur générale de fond ocre rougeâtre, plus claire en dessous, cercles faciaux blanc sombre avec bordure extérieure d'un ocre plus foncé tirant sur le brun. Le dos jusqu'au sommet de la tête recouvert de gris cendré, œillé de nombreuses petites taches contournées de noir. Parties inférieures, gorge et tour de la face mouchetés de noir.

Traits diatinctifs. Le disque facial en forme de cœur, clairement et nettement délimité, la coloration jaune claire avec nuance rosâtre et les tarses presque nus sont des traits distinctifs.

Nid. Dans des tours, clochers, çreniers, terrasses ou arbres.

Habitat. Depuis le golfe du Mexique jusqu'aux Etats du miUeu de l'Atlantique sur tout le continent. Il n'apparait au Canada qu'à titre de vagabond le long de la frontière sud.

C'est le représentant américain de la chouette européenne qui hante les ruines dans les vieilles légendes et chansons. Elle est d'une activité étonnante pour détruire les souris et, de ce fait, un oiseau précieux, mais elle est plutôt rare au Canada.

FAMILLE — STRIGIDjE. HIBOUX X AIGRETTES.

Cette famille est caractérisée par un développement plus ou moins considérable de plumes formant aigrette au-dessus des oreilles qui ne se retrouve pas cependant dans toutes les espèces. Les pieds sont emplumés jusqu'à l'extrémité des doigts (figure 32, p. 25). Cette famille comprend tous les hiboux canadiens sauf l'effraie (Barn Owl) que nous venons de décrire.

Genre — Asio. Hiboux à oreilles.

366. Le Hibou à oreilles longues, (american lonq-eared owl). Asiovnlsonianus. L, 14 -80. Hibou de taiUe moyenne ressemblant comme coloration au^uc de Virginie (p. 148) mais beaucoup plus petit et de charpente plus légère.

Traits distinctifs. Bien que sa coloration se rapproche de celle du duc de Virginie, la différence de taille sert à les différencier. On peut le distinguer des hiboux à oreilles courtes par les touffes de plumes très apparentes au-dessus des oreilles qui se dressent sur le front à peu de distance l'une de l'autre, par l'absence générale de raies dans sa coloration et par la quantité de blanc et de noir étendue sur tout le corps.

Indications sur le terrain. Les aigrettes proéminentes se dressant presque verticalement au milieu du front, et le disque facial brun rouilleux différencient cette espèce de la suivante, la seule avec laquelle on pourrait la confondre.

Nid. Sur les arbres, s'empare ordinairement des nids abandonnés de corneilles ou d'éperviers, à une hauteur de 20 à 40 pieds du sol.

Habitat. Dans toute la zone tempérée de l'Amérique du Nord jusqu'aux limites des régions cultivées.

Cette espèce habite de préférence des fourrés d'aunes ou de conifères sur les bords des marais, pendant la migration, on les trouve quelquefois en compagnies, se reposant le jour dans les retraites sombres des forêts humides.

Valeur économique. Sur 92 estomacs examinés, 1 contenait un oiseau gibier (caille) ; 15, d'autres oiseaux; 84, des souris; 5, d'autres mammifères; et 1, des insectes. D'après ces données, il est évident que l'espèce n'est pas très malfaisante. Sa préférence pour les souris suflBt à en faire un oiseau utile et sa petite taille de même que ses habitudes nocturnes l'empêchent de s'attaquer aux jeunes volailles.

367. Le Hibou à oreilles courtes, (american short-eared owl). Asio jlammeus. L, 15 • 50. Hibou de taille moyenne à aigrettes courtes, à peines visibles. Couleur d'ensemble jaune d'ocre avec passablement de petites plumes blanches en dessous sur la face et des raies de brun nettement définies sur tout le corps, plus étroites en dessous et plus élargies au-dessus.

Traits distinctifs. La couleur générale chamois clair et les raies sont distinctives. Les aigrettes sont quelquefois indistinctes; lorsqu'elles sont perceptibles, elle se dressent verticalement comme celles de l'espèce précédente entre les yeux. L'absence de dessins noir et blanc dans la coloration sert à distinguer cette espèce d'avec le hibou à oreiUes longues.

Indications sur le terrain. La couleur chamois constitue la meilleure marque sur le terrain.

Habitat. A peu près cosmopoUte. Se rencontre partout au Canada et couve aux endroits où il se trouve.

C'est un véritable hibou des marais; il est un peu plus diurne dans ses habitudes que beaucoup de ses congénères. On l'aperçoit souvent sur la brune survolant les marais avec un vol puissant comme celui des éperviers. Comme il vit dans les marais sur les lisières broussailleuses, il en est tous les ans un grand nombre de tués par les chasseurs.

Valeur économique. Sur 97 estomacs examinés, 11 contenaient de petits oiseaux; 77, des souris; 7, d'autres mammifères; et 7, des insectes. D'après ces données et par le fait que les lisières des marais, les lopins de terre incultes, les rangées de clôture que cet oiseau fréquente, sont précisément les endroits à partir desquels les petits rongeurs se répandent dans les terrains bien cultivés, il est évident qu'il s'agit ici d'une espèce très utile, qu'en l'exterminant on se priverait de l'un des plus eflBcaces destructeurs d'innombrables fléaux.

Genre — Strix. Chouettes du Canada.

368. La Chouette du Canada, (bakred owl). Strix varia. L, 20. Planche XV B.

Traits distinctifs. Il est presque impossible de ne pas reconnaître cet oiseau. La seule chouette sans aigrette qui lui ressemble est la chouette cendrée. La chouette du Canada peut être reconnue par sa petite taille, ses yeux noirs au lieu de jaunes et ses raies et barres bien caractérisées en dessous. C'est le seul hibou avec l'effraie qui ait les yeux noirs.

Indications. Taille, l'absence d'aigrettes et couleur générale brun grisâtre avec bandes sur la poitrine.

Nid. Niche dans des arbres creux ou dans des nids abandonnés ou corbeaux ou d'éperviers.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord depuis les limites de la colonisation jusqu'aux Etats de Kansas et Georgia.

SOUS-ESPÈCES. Il y a plusieurs sous-espèces de cette chouette dont deux se présentent au Canada. L'oiseau type qui se rencontre dans l'est du Canada est la chouette du Canada de l'Est.

Bien qu'apparemment d'assez forte taille cet oiseau, une fois dépouillé de ses plumes, est relativement petit. De plus, il est d'une nature plutôt douce et n'a pas le tempérament agressif de quelques-uns de ses congénères. Son cri retentissant et étrange s'entend de loin au milieu d'une nuit tranquille.

Valeur économique. Lors même qu'on a vu souvent des volailles perchées impunément dans des arbres d'où l'on entendait tous les soirs le cri de cette chouette, elle est ordinairement considérée comme malfaisante et tuée sans merci. Sur 189 estomacs examinés, 5 contenaient des volailles ou oiseaux-gibiers; 13, d'autres oiseaux; 46, des souris; 18, d'autres mammifères; 4, des grenouilles; 1, un lézard; 2, des poissons; 14, des insectes; 2, des araignées; et 9, des écrevisses. Les deux cas où l'on a trouvé des volailles peuvent être considérés comme accidentels, puisque celles-ci ont été prises en janvier alors qu'elles devaient être arrivées à toute leur taille et par conséquent trop robustes pour être abattues par cette faible chouette. La valeur économique de cet oiseau est très satisfaisante.

Genre — Scotiaptex. Chouettes cendrées.

370. La Chouette cendrée, (cineregus owl). Scotiaptex nebulosa. L, 27. A peu près de la même couleur générale grisâtre que la chouette du Canada, mais de beaucoup plus forte taille.

Traits distinctifs. Le plus gros, tant en apparence qu'en taille, de tous nos hiboux, mais une fois dépouOlé de son volumineux plumage, on est étonné de la petite taille de l'oiseau. Semblable à la précédente quant à la coloration et à l'absence d'aigrettes; mais les yeux sont jaunes au lieu de noirs et la coloration de la poitrine et du dessous est diffuse et dépourvue de raies et de bandes bien définies.

Indications sur le terrain. Taille, coloration grisâtre et absence de bandes sur la poitrine.

Nid. Sur les arbres.

Habitat. Les forêts du Nord, à travers tout le continent; émigré parfois en hiver dans les régions cultivées.

SOUS-ESPÈCES. La chouette cendrée se présente dans les parties nord de l'ancien et du nouveau monde, mais dans chacun sous une sous-espèce distincte. La forme européenne est la chouette de Laponie, jS. n. lapponica, et l'américaine, la chouette cendrée qui est la race type.

Cet oiseau n'est qu'un visiteur occasionnel dans les régions habitées du Canada.

Valeur économique. La valeur économique, autant qu'il peut en avoir, est plutôt bienfaisante. On a peu de données sur son régime alimentaire. Sur 9 estomacs examinés, 1 contenait un petit oiseau; 7, des souris; et 4, d'autres mammifères. C'est évidemment un bon destructeur de souris.

Genre — Cryptoglauz. Nyctales.

371. La Nyctale de Richardson. (ahcticsaw-whetowl). Cryptoglauxfunerea, L, 10. Petite chouette grise sans aigrettes. Brun cendré au-dessus, avec points blancs; blanchâtre au-dessous, avec raies indistinctes. Les taches de couleur sont légères et le dessin en est vague et diffus.

Traits dislincUfs. Cette espèce ressemble au hibou maculé quant à sa taille et à la coloration générale mais pas autrement; eUe n'a pas d'aigrettes et les taches de couleur n'ont nulle part de contours définis. La disposition des couleurs est trop indistincte pour être facilement différenciée d'avec celle qui caractérise la nyctale d'Acadie. Chi la reconnaîtra cependant à sa taille manifestement plus forte.

Indications sur le terrain. Elle est trop rare pour être identifiée au moyen des vagues indications que nous pourrions donner.

Nid. Ordinairement dans des trous sous les arbres.

Habitat. Dans les forêts du Nord, jusqu'aux limites des régions boisées, depuis la vallée du Mackenzie en allant vers l'Est.

SOUS-ESPÈCE. C'est ime espèce européerme en même temps qu'américaine, mais le type habitant le nouveau monde est ime sous-espèce distincte de celle de l'ancien et porte le nom de chouette de Richardson, C. f. richardsoni.

C'est peut-être l'espèce la plus rare de tous les hiboux canadiens, et qui ne peut être considérée, dans l'est du Canada, que comme un oiseau passager d'hiver très irrégulier.

Valeur économique. Bien que trop rare pour avoir une valeur économique notoire on peut considérer cette espèce comme plutôt bienfaisante. Sur 9 estomacs examinés, 1 contenait un petit oiseau; 7, des souris; et 4, d'autres mammifères.

372. La Nyctale d'Acadie. (saw-whet o^wl, acadian owl). Cryptoglaux acadia. L, 8. Une très petite chouette. Le dessous est d'une couleur brun cendré chaud, vaguement marqué de taches blanches peu apparentes, particulièrement sur le derrière du cou, se transformant sur la tête en de fines raies distinctes qui se réunissent en une seule ligne au-dessus du disque facial. Le dessous est blanc avec petites raies brun clair et une vague tendance à former une bande massive, sur la poitrine. Certains individus ont un rare plumage qui leur a fait donner le nom de chouette de Kirtland; l'on a reconnu, cependant, que ce n'était qu'une phase passagère du pliunage des jeunes nyctales d'Acadie, bien que l'on ne s'explique pas la raison de sa rareté. Le dessus est complètement brun, un peu plus rougeâtre que chez l'adulte et cette couleur se prolonge à travers la poitrine en une bande presque rouge; le dessous est d'un jaune d'ocre uniforme. Le disque facial autour des yeux est presque noir formant un contraste saillant avec le blanc qui surmonte et sépare les yeux.

Traits distinctifs. Son plumage ordinaire est tellement semblable à celui de la chouette de Richardson qu'on ne peut les distinguer que par la taille. L'absence d'aigrettes et de taches de couleurs nettement dessinées La rend facile à reconnaître d'avec le hibou maculé.

Indications sur le terrain. Très petite taille et absence d'aigrettes.

Nid. Dans des trous sur les arbres, quelquefois des trous naturels, d'autres fois dans ceux faits par les pics et les écureuils.

Habitat. Principalement la zone temjjérée de l'Amérique du Nord. Elle couve d'une façon irréguhère et ordinairement dans les parties nord de son habitation à de hautes altitudes plus au sud.

SOUS-ESPÈCES. Il y a plusieurs sous-espèces de «Saw-whet Owl» au Canada, mais une seule, l'oiseau type, la nyctale d'Acadie, se rencontre dans l'Est.

Cette miniature de chouette est le plus petit des oiseaux de proie de l'est du Canada. Elle fréquente les sombres fourrés des marais de cèdre et de tamarac, passant la journée accolée à un tronc d'arbre de façon que son plumage se fond imperceptiblement avec la couleur de l'écorce. Elle a tellement confiance en sa coloration pour se protéger qu'on peut l'approcher de très près et même parfois la prendre avec les mains. Son nom indigène de «Saw-whet» vient de son cri d'appel que l'on dit ressembler au son produit par une scie que l'on affûte.

Valeur économique. Sur 19 estomacs examinés, 1 contenait un moineau; 17, des sovu4s; et 1, une mite. Ce résultat devrait suffire pour que l'on protège l'espèce.

Genre — Otus. Hiboux maculés.

373. Le Hibou maculé, (screech owl). Olus asio. L, 9-40. Planche XVI A.

Traits disiinctifs. Cette espèce est dichromatique, c'est-à-dire, se présente sous deux couleurs très distinctes sans égard au sexe, à l'âge ou à la saison. L'un des types est d'un beau brun avec nuances de gris et de blanc, et chez l'autre le gris est remplacé par un rouge vif. Le dessin du plumage est le même chez les deux types. Il se rencontre beaucoup de phases intermédiaires. Sa taille apparente varie entre celles des chouettes de Richardson et d'Acadie, mais la présence d'aigrettes bien caractérisées sur les côtés de la couronne et le dessin nettement défini de ses panachures sont caractéristiques.

Indications sur le terrain. La taille et les aigrettes bien en vue sont les meilleures indications.

Nid. Dans les arbres creux.

Habitat. Toute la zone tempéré de l'Amérique du Nord. Couve au Canada partout où U se trouve.

SOUS-ESPÈCES. Le hibou maculé comprend un grand nombre de sous-espèces: le catalogue de l'American Omithologists' Union en reconnaît neuf races géographiques dans l'Amérique du Nord. La seule trouvée dans l'est du Canada, cependant, est l'oiseau type, le hibou maculé de l'Est.

Lors même qu'on l'appelle «Screech owl», le chant de cet oiseau est mélodieux et agréable avec une note mélancolique et n'a rien de dur ni d'irritant. Son cri le plus ordinaire est un long sifflement, doux et chevrotant sur un ton uniforme ou une gamme descendante. Parfois ce sont des fredonnements ou glouglous ou autres notes tranquilles et familières. Ce petit oiseau quoique inofïensif fait preuve toutefois d'un courage étonnant pour défendre ses petits. Le soir, il s'abat sur la tête de tout intrus en émettant un sinistre «hou-hou» au son creux et faisant claquer son bec. Juste au moment de frapper, cependant, il s'écarte un peu pour fondre avec plus d'élan. Ces attaques, bien que déconcertantes, sont loin d'être dangereuses. L'habitude qu'il a de faire son nid dans les vieux pommiers creux de la ferme où la chasse qu'il fait aux souris est de toute première importance, en fait pour le cultivateur un oiseau très précieux.

Valeur économique. Les recherches sur le régime alimentaire du hibou maculé indiquent qu'il doit être protégé. Sur 212 estomacs examinés, 1 contenait de la volaille ; 38, d'autres oiseaux; 91, des souris; 11, d'autres mammifères; 2, des lézards; 4, des grenouilles et crapauds; 1, du poisson; 100, des insectes; 5, des aralgrièes; 9, des écrevisses; 7, des aliments divers; 2, des scorpions; et 2, des vers de terre. L'élément volaille doit être considéré ici comme accidentel, car l'oiseau en question, qui était un pigeon, est une proie de trop forte taille pour ce hibou.

Genre — Bubo. Grands Ducs.

375. Le Duc de Virginie, (great hohned owl). Bubo virginianus. L, 22. Planche XVI B.

Traits distinctifs. C'est notre seul hibou de plus de 15 pouces de longueur qui porte des aigrettes. Sa coloration ocreuse, et noire et blanche, est le signe distinctif .

Indications sur le terrain. Forte taille, couleur ocreuse et aigrettes proéminentes.

Nid. Niche ordinairement dans des nids abandonnés d'éperviers ou dans des arbres creux.

Habitat. Plusieurs sous-espèces du duc de Virginie fréquentent toute l'Amérique du Nord. Pour celles qui habitent le Canada, leur nom indique suffisamment leur habitat.

SOUS-ESPÈCES. Cette espèce comprend dans l'Amérique du Nord un grand nombre de races géographiques ou de sous-espèces dont quelques-unes apparaissent comme migratrices dans T'est du Canada. Le spécimen arctique B. v. subarcticus est presque blanc de couleur et manque presque totalement des parties ocreuses et rousses de la variété commune, et les taches noires sont très réduites. Le duc de Virginie de l'Ouest, B. v. ■pallescens, est à peu près de taille intermédiaire entre celui de la région polaire et celui de

l'Est — l'oiseau type représenté par l'illustration. Celui du Labrador est un oiseau très foncé. Attendu qu'il y a encore, entre ces sous-espèces, des variétés intermédiaires difficiles à distinguer, et qm dépassent leur habitat dans les migrations, on ne saurait les désigner qu'avec beaucoup de circonspection, sauf dans les cas de plumages distinctifs, et seulement après comparaison avec des spécimens authentiques.

Le duc de Virginie est le mauvais génie des bois. Il s'infiltre silencieusement à travers l'ombrageux feuillage et règne en maître, sauf sur les plus grands animaux. L'animosité qu'éprouvent les corbeaux à l'endroit de cette espèce doit résulter d'une cruelle expérience.

Valeur économique. La valeur économique de cet oiseau dépend de la contrée qu'il habite. Dans les bois profonds, loin des habitations, il est évidemment inoffensif à l'homme, et il n'y a que les animaux sauvages lui servant de proie qui ont à en souffrir. Mais, dans les régions habitées, il faut de toutes les façons possibles se mettre en garde contre lui. Sur 110 estomacs examinés, 31 contenaient de la volaille ou des oiseaux-gibiers; 8, d'autres oiseaux; 13, des souris; 65, d'autres mammifères; 1, un scorpion; 1, du poisson; et 10, des insectes. Ce relevé est donc manifestement défavorable à l'oiseau. On peut lui faire la guerre sans craindre de l'exterminer puisqu'il est parfaitement capable de se défendre, et il y a de v^tes régions sauvages où l'espèce peut régner en souveraine sans être molestée.

Genre — Nyctea. Harfangs.

276. Le Harfang. le hibou blanc, (snowt owl). Nyctea nyctea. L, 25. Un gros hibou blanc avec des bandes courtes et distinctes d'un brun foncé sur presque tout le corps, sans aigrettes visibles. L'adulte arrivé à son plein développement est souvent presque tout blanc.

Traits distinctifs. Le seul hibou qui soit distinctement blanc, sauf le duc de Virginie de la région polaire qui parfois s'en rapproche. Toutefois l'absence d'aigrettes ou d'oreilles le distingue.

IndiaUions sur le terrain. Presque tout blanc, sans aigrettes. Nid. Sur le sol.

Habitat. Régions polaires de l'Amérique du Nord, émigré au sud en hiver jusqu'à la latitude des grands lacs, sur tout le continent.

Il apparaît à titre de visiteur en hiver dans les régions habitées du Canada. Il fréquente les marais gelés et les rives des lacs et c'est typiquement un oiseau de plein air. Habituellement les spécimens qui viennent du Nord sont des jeunes passablement blancs, mais il s'en présente parfois des vols parmi lesquels les adultes très blancs et presque sans taches sont en majorité. Il est probable que les jeunes sont naturellement plus vagabonds que les adultes, lesquels n'émigrent au loin que lorsqu'ils y sont forcés par le manque de nourriture ou attirés vers le Sud par une grande abondance de lapins.

Valeur économique. La nourriture du hibou blanc se compose surtout de la gent à plumes. Sur 26 cas examinés, 2 estomacs contenaient du gibier; 9, d'autres oiseaux, et 20 des souris, des rats et des lièvres. N'étaitce que cfe hibou se mêle à la civilisation quand la plupart des autres oiseaux l'ont quittée, il pourrait faire beaucoup de mal. Dans l'Est il en cause probablement assez peu même en hiver alors qu'ils sont plus abondants; mais dans l'ouest, vers ce temps-là, dans les plaines à ciel ouvert, où se trouve son habitat préféré, il peut exercer une influence sérieuse sur la poule des prairies et d'autre gibier des terres déboisées.

Genre — Surnia. Chouettes épervières.

377. La Chouette épervière. (hawk owl) Surnia tdida. L, 15. Une chouette de taille moyenne ayant à peu près la charpente et les habitudes de l'épervier. Les parties de dessus sont d'un beau brun chaud diversement maillé de blanc. Toutes les parties inférieures et la poitrine sont nettement et régulièrement barrées de brun et de blanc. Une Ugne d'un beau brun de phooue contourne extérieurement les disques faciaux dont les deux côtés se rencontrent sous la gorge. Le disque facial n'est pas aussi parfait.

Traits distinctifs. Figure moins aplatie et moins typique de la chouette, queue longue et parties inférieures distinctement et régulièrement rayées.

Indications sur le terrain. Les habitudes diurnes, sa coloration générale et sa longue queue sont de bonnes indications. Tout hibou chassant durant le jour ou perché ouvertement en pleine lumière du jour appartient probablement à cette espèce, bien que les chouettes à oreilles longues et à oreilles courtes en fassent parfois autant.

Nid. Sur les arbres conifères ou dans des trous d'arbres morts.

Habitat. Régions septentrionales boisées du continent; ne se présente que rarement . en hiver dans les régions habitées.

SOUS-ESPÈCE. La chouette épervière habite tout le nouveau ainsi que l'ancien monde à titre de sous-espèce, mais le type est européen. La chouette épervière d'Amérique, S. u. caporoch, est la seule qui se trouve au Canada.

C'est la plus strictement diurne parmi les chouettes du Canada. Elle possède bien la forme et le mouvement de l'épervier étant plus svelte et d'une charpente plus légère que les autres membres de cette famille. On la voit souvent perchée à l'extrémité d'un tronc d'arbre sec, et elle rappelle beaucoup le faucon-épervier, tant par son profil que par sa façon distinctive d'agiter sa queue.

Valeur économique. C'est un oiseau septentrional qui n'apparaît que dans les régions cultivées, seulement en hiver et peu souvent. Nous n'avons que peu de renseignements sur son régime alimentaire, mais il doit sans doute se nourrir de souris car il est trop petit pour s'attaquer à de plus gros animaux.

Ordre — Coccyges. Coucous et Martins-pêcheurs.

Les zoologistes à système ne s'accordent pas dans la classification de ces oiseaux. Le catalogue de l'Union américaine des Ornithologistes (édition de 1910) les reconnaît comme constituant un ordre complet, et divise ceux du Canada en deux sous-espèces: Cuculi, comprenant les coucous américains et les familles qui vivent au delà de leur habitat, et Alcyones, les martins-pêcheurs. Les traits distinctifs sont donnés sous les titres de la sous-famille et des diverses espèces.

SOUS-ORDRE— CUCULI. COUCOUS, Etc.

Ce sous-ordre est représenté en Amérique du Nord par une seule famille, les Cuculidés, comprenant les Anis et deux groupes de coucous.

FAMILLE CUCULID^. COUCOUS d'aMÊRIQCE.

Cette famille est représentée dans l'Amérique du Nord par trois familles dont une seule est représentée au Canada, les Coccyzinés, coucous d'Amérique.

Sous-famille — Coccyzina. Coucous d'Amérique.

Description générale. Cet oiseau a le pied faible et les doigts conjugués; deux doigts sont dirigés en avant et deux en arrière (figure 37, p. 26). Le bec est plutôt long, légèrement recourbé et pointu. Le plumage est doux et lâche, manque de cohésion et est très soyeux au toucher comme celui de nombreuses espèces des tropiques. La queue est longue, molle et graduée.

Traita distinctifs. On le distingue du pic, qui a également les doigts conjugués, disposés par paires, par la différence entre les becs et les queues. Chez le pic, les becs sont droits, gros, avec le bout en ciseau, et la queue est courte, très rigide, et hérissée à la pointe.

Les coucous habitent principalement les tropiques. Les deux coucous canadiens descendent de la souche principale de l'espèce dans les plus chaudes latitudes. Ils possèdent une grâce sensuelle et une élégance tropicale incompatible avec les climats du nord. C'est ce que l'on constate dans leur tenue souple et sinueuse, leur belle gorge profonde et arrondie, leur queue longue et élégante, et leur plumage mince mais doux et soyeux. Ils fréquentent les jungles d'arbrisseaux chaudes et humides et planent rapidement à travers les espaces déboisés avec un vol silencieux et onduleux qui semble bien en rapport avec leur nature exotique. On trouve dans la littérature anglaise beaucoup d'allusions au coucou, mais qui n'ont que peu de rapport avec le coucou canadien. Ce coucou n'est pas une espèce qui apparaît de bonne heure: elle arrive doucement et silencieusement au printemps, de façon que pendant un certain temps après son arrivée on ignore sa présence. Son cri est aussi tout différent de celui que nous ont maintes fois décrit les auteurs européens. Ils est moins musical mais il possède un charme particulier et un caractère exotique estraordinaire qui s'harmonise avec sa nature. Les deux espèces canadiennes ont à peu près les mêmes cris; son cri saisissant de acaou-caou-acoui» est l'un des plus caractéristiques et par un temps calme en été, on peut l'entendre d'un quart de mille ou de plus loin encore. Ils ont un autre cri de <(couc-couc-couc* rappelant le bruit d'une grosse horloge qui marque les secondes ; celui-ci n'a pas autant de portée que l'autre mais il s'entend aussi à une distance considérable. En ce qui concerne les soins maternels, nos oiseaux semblent beaucoup mieux se rendre compte de leurs responsabilités que ceux d'Europe. Ils sont légèrement parasites dans leurs habitudes, c'est-à-dire qu'ils déposent parfois leurs œufs dans les nids d'autres oiseaux auxquels ils confient le soin d'élever leurs petits, mais ils n'en font pas une pratique commune. L'ancien nom anglais de «Cîickold » se rapporte à cette habitude de l'oiseau européen. Quant à l'américain, ce n'est pas chez lui une pratique habituelle comme chez son congénère d'Europe, mais plutôt accidentelle.

Valeur économique. Les coucous se nourrissent presque exclusivement d'insectes mais mangent aussi parfois des fruits sauvages. Ils sont particulièrement précieux en raison de leur préférence pour certains insectes auxquels les autres espèces ne touchent presque jamais. Les chenilles velues, qui, en raison de leur manteau hérissé, sont à l'épreuVe des oiseaux les plus dédaigneux sont une proie favorite des coucous. On trouve l'intérieur de l'estomac du coucou tapissé de poils épineux de chenilles fixés aux parois et formant comme une fourrure.

Genre — Coccyzus. Coucous.

387. Le Coucou à bec jaune, (tellow-billed cuckoo). Coccyzus americanu». L, 12-20. Planche XVII A.

Traits distinctifs. Le coucou à bec jaune ne peut être confondu qu'avec son congénère le coucou à bec noir. Le jaune sur le bec d'où lui vient son nom est le meilleur signe d'identification. Les autres marques distinctives sont, une grande surface de couleur cannelle répandue sur les ailes, que l'on aperçoit quand l'oiseau vole et beaucoup plus de blanc à l'extrémité des plumes de la queue.

Indications sur le terrain. Le long et flexible profil quand il vole et la coloration générale de cet oiseau le font reconnaître, comme un coucou. L'espèce se distingue par sa mandibule inférieure jaunâtre, ses marques couleur cannelle sur l'aile, et la forte quantité de blanc sur sa queue.

Nid. Construit avec des branchettes non loin du sol.

Habitat. Cette espèce habite plus au sud que la suivante, mais les relevés semblent indiquer une augmentation du nombre et une extension de l'habitat durant les trente dernières années. Son habitat dépasse tout juste les frontières méridionales d'Ontario, de Québec et du Nouveau-Brunswick.

SOUS-ESPÈCES. On reconnaît deux races de cette espèce au Canada. Le coucou de l'Est^l'oiseau type — est répandu dans l'Ouest jusqu'aux plaines.

388. Le Coucou à bec noir, (black-billed citckoo). Coccyzus erythrophthalmus. L, 11-85. Planche XVII A.

Traits distinctifs. Se distingue du coucou à bec jaune par son bec tout noir, l'absence de teinte cannelle sur les ailes et la quantité beaucoup moindre de blanc à l'extrémité de la queue.

Indications sur le terrain. Son habitat est plus répandu et plus septentrional que celui du coucou à bec jaune; il fréquente irrégulièrement les parties habitées de la région au sud du golfe Saint-Laurent et à l'ouest de la frontière majoitobaine.

Nid. Structure lâche de branchettes non loin du sol.

Habitat. Son habitat est plus vaste et plus septentrional que celui du coucou à bec jaune; fréquente irrégulièrement les parties plus peuplées de la région au sud du golfe Saint-Laurent et à l'ouest de la frontière du Manitoba.

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