SOUS-ORDRE— OSCINES. OISEAUX CHANTEURS
Le sous-ordre Oscines est une vaste division des oiseaux placés en tête de la liste de ceux qui présentent le plus haut degré de développement dans la classe Aves. Il comprend un grand nombre de familles et d'espèces dont les relations exactes d'un très grand nombre n'ont jamais été définitivement établies. Suivant la coutume américaine actuellement, ce sous-ordre commence avec les alouettes et se termine avec les grives qui sont considérées comme constituant la famille la plus développée. Les caractères qui distinguent les Oscines d'avec les Clamatores sont techniques et anatomiques et n'entrent pas dans le cadre d'un ouvrage de vulgarisation. Comme l'indique leur nom, ces oiseaux possèdent des organes et muscles vocaux très particulièrement développés dont on a tenu compte dans leur classement. Les divers membres de ce sous-ordre se reconnaissent plus facilement d'après les descriptions des familles que d'après ce titre général.
FAMILLE ALAUDID.E. ALOUETTES.
Les alouettes composent une grande famille répandue au loin. Les marques distinctives qui caractérisent cette famille sont d'un ordre plutôt technique et comme nous n'avons qu'une espèce à étudier au Canada, elles seront décrites sous le titre de l'espèce qui va suivre.
Genre — Otocoris. Alouettes ordinaires.
474. L'Alouette ordinaire, l'ortolan, (horned lark). Otocoris aipeêtris. L, 7-75. Planche XXIII B.
Traits distinctifs. L'ongle du doigt postérieur très allongé (figure 44 b, p. 27) est une des marques distinctives des alouettes. On retrouve cependant cette particularité chez la farlouse (figure 60, p. 29) et le plectrophane; ce dernier cependant est un moineau ayant le bec conique qui caractérise les moineaux et qui est très différent de celui des
alouettes. L'alouette ordinaire se distingue par sa gorge jaune ou crème avec gorgette noire au-dessous, et deux petites touffes allongées en forme de cornes au-dessus des oreilles (figure 44a, p. 27).
Indications sur le terrain. Les taches de couleur sur les parties supérieures et les cornes constituent des indications facQes à reconnaître.
Nid. Sur le sol. Il est fait avec des herbes sèches; on le trouve souvent dans la neige au début du printemps.
Habitai. On trouve cet oiseau sous ses diverses formes dans toute l'Amérique du Nord.
SOUS-ESPÈCES. L'alouette ordinaire comprend xm grand nombre de races ou sous-espèces géographiques. Elle est très répandue dans l'Amérique du Nord et comme elle s'adapte à de nombreuses et diverses conditions, elle s'est développée dans différentes parties du pays sous divers aspects. Ainsi dans les contrées désertes elle est petite, grêle et pâle, tandis que, au nord-est où c'est l'oiseau type, elle est forte et vivement colorée. La forme plus commune dans l'est du Canada est l'alouette ordinaire des prairies: O. a. praticola. Autrefois lorsque la contrée était boisée c'était probablement l'alouette des prairies et elle ne devait pas se rencontrer dans l'est du Canada. C'est le déboisage, la création de prairies artificielles qui lui a permis de venir s'y étabhr, et aujourd'hui elle y couve régulièrement. Dans le Nord, à l'est de la baie d'Hudson, on rencontre le type original que nous avons décrit: O. a. alpestris lequel n'a pas maintenant de nom vulgaire reconnu que nous appelons l'Alouette ordinaire de l'Est. C'est un grand oiseau avec une forte teinte de jaune sur la face et la ligne des sourcils. Comme la différence moyenne dans la longueur totale est d'environ un demi-pouce et comme toutes les tailles intermédiaires peuvent se présenter, on comprendra qu'il peut être assez difficile de différencier les divers types de cette espèce. On a essayé dans l'illustration, de représenter la différence dans la coloration. L'alouette ordinaire de l'Est n'apparaît dans les districts colonisés de l'est du Canada qu'à titre de migrateur hivernal et rarement, sauf dans les provinces maritimes où c'est le type hivernal ordinaire. Une autre race, l'alouette ordinaire de Hoyt, O. a. hoyti, est propre au Nord; elle reproduit à l'ouest et au nord-ouest de la baie d'Hudson. Les couvertures des oreilles brunâtres au lieu de grisâtres permettent de l'identifier, mais la différence n'est pas grande. Ce dernier type se rencontre parfois dans la région inférieure des grands lacs à titre de migrateur hivernal.
La distribution des diverses races et leurs migrations au Canada n'ont pas été complètement déterminées et ce travail comporte de telles difficultés qu'il est inutile d'essayer à déterminer les sous-espèces sans le concours d'un ornithologiste et d'une bonne collection de spécimens authentiques comme moyen de comparaison.
L'alouette ordinaire est un oiseau de plein air qui fréquente les champs incultes, les grèves et les routes. En hiver elle se nourrit principalement des graines de mauvaises herbes qui percent la neige et il s'en trouve beaucoup sur les routes fréquentées, tant pour manger les herbes qui croissent sur les bords que pour recueillir le grain partiellement digéré dans le crottin laissé par les chevaux. Il en passe quelquefois en hiver de grandes compagnies. C'est dans ces occasions que l'on devrait rechercher les plus rares types migrateurs.