‹ Les oiseaux de l'est du CanadaChapitre 43 sur 47 · FAMILLE CORVID^. GEAIS ET CORNEILLES · texte numérisé non relu

FAMILLE CORVID^. GEAIS ET CORNEILLES

La famille des Corneilles est très grande et très variée; elle comprend beaucoup d'oiseaux magnifiques et aux couleurs très vives; de fait le fameux oiseau de paradis lui est étroitement allié. Le bec (figure 45, p. 27) en est la partie la plus facile à reconnaître. Il est passablement long et fort avec un culmen bien arqué. A la base, sont d'épaisses touffes de soies longues et raides qui recouvrent les narines. Les pics et les mésanges ont quelquechose de semblable mais celles-ci sont toutes petites et ceux-là possèdent d'autres caractères distinctifs. Ce ne sont pas, à proprement parler, des oiseaux chanteurs; leur voix est enrouée et rauque, mais leurs organes vocaux sont extrêmement compUqués et il en est quelques-uns à qui l'on peut faire articuler certains mots. Ils comptent parmi nos espèces les plus intelligentes et certains auteurs les ont classés en tête de la liste de tous les oiseaux.

Sous-famille — Garrulinae. Pies et Geais.

Oiseaux de taille moyenne; un bon nombre sont vivement colorés et sont garnis de houppes et de queues flottantes. On peut très facilement les reconnaître d'après la description de chaque espèce.

Genre — Pica. Pies.

475. La Pie d'Amérique, (magpie). Pica pica. L, 15-20. (Queue, 10). Le corps légèrement plus gros que celui d'un geai huppé, mais beaucoup plus long en raison de sa queue qui atteint environ 10 pouces. Coloration frappante à cause des contrastes de blanc et de noir. La tête, le cou jusqu'au haut de la poitrine sont noirs; le dos, la queue et une bonne partie des ailes sont noirs et à reflets verdâtres sur les ailes et la queue. ^ Une barre blanche très apparente sur le dos au-dessus des ailes. Barbes internes des primaires, bas de la poitrine et parties inférieures toutes blanches.

Traits distinctifs. Facile à reconnaître à sa longue queue et aux contrastes de blanc et de noir.

Habitat. Comme espèce, la pie fréquente les régions tempérées de l'ancien et du nouveau monde. Le type américain est plutôt un oiseau de l'Ouest; il fréquente régulièrement les provinces centrales des prairies et apparaît parfois plus à l'Est.

SOUS-ESPÈCES. La pie d'Amérique est une sous-espèce connue sous le nom P. p. hudsonia d'une espèce commime tant à l'ancien qu'au nouveau monde, et ne diffère de la pie d'Europe que par des détails sans importance. C'est une question à discuter pour les experts.

Ce n'est pas sans quelque hésitation que nous comprenons la pie parmi les oiseaux indigènes du Canada. L'espèce est commune dans le Nord-Ouest et plusieurs de ces oiseaux nous ont été signalés dans les provinces maritimes et la région des grands lacs inférieurs, qui nous semblent aussi authentiques que possible sans les spécimens. En 1879, un certain nombre furent importés d'Angleterre et mis en liberté à Lévis en face de Québec. Quelques-uns des signalements se rapportent peut-être à la progéniture de ces oiseaux introduits dans le pays et non à des indigènes. Nous serions très désireux de posséder des spécimens de ces oiseaux de l'Est. L'espèce est trop rare pour l'étudier au point de vue économique.

Genre — Cyanocitta. Geais bleus.

477. Le Geai bleu huppé, (bluejay). Cyanocitta criatata. L, 11-74. Planche XXIV A.

Traits distinctifs. La huppe et la coloration sont très caractéristiques.

Indications sur le terrain. La prédominance du bleu dans la coloration d'ensemble, les bordures bleues de la queue, et la huppe. Le vol du geai huppé est facile à reconnaître. Ses nombreux cris sont distinctifs et varient entre le cri rauque de djé-djé, son grincement comme celui d'une porte de grange et divers gloussements doux et familiers.

Nid. Composé de branchettes et de racines, de 10 à 20 pieds du sol.

Habitat. L'est de l'Amérique depuis les confins des régions habitées jusqu'au golfe du Mexique. Couve partout où il se trouve au Canada.

Le geai huppé est alerte, curieux et malfaisant. Il est facilement attiré par un bruit étranger dans les bois ou par un être en mouvement et il s'en approche sournoisement; s'il reconnaît un ennemi, il se sauve plein de terreur en poussant des cris perçants. C'est ainsi que des geais ont bien gêné des expéditions de chasse et causé toute sorte d'ennuis aux chasseurs. A l'automne, il est prévoyant et amasse des glands qu'il a la précaution de mettre de côté dans des crevasses d'arbres et autres cachettes. On ne sait pas très bien si jamais il revient chercher ses provisions.

Valeur économique. Au point de vue économique le geai occupe plutôt une place douteuse. Quant à sa nourriture il est camivore et mange tour à tour insectes, fruits, glands, grain, œufs ou oisillons. Il n'y a pas de doute que, pendant la saison des glands, c'est de ce fruit qu'il se nourrit régulièrement. C'est un oiseau dont il ne faut pas encourager la présence autour des vergers quand les autres oiseaux plus utiles font leurs nids.

Genre — Perisoreus. Geais du Canada.

484. Le Geai du Canada, la pie. (canada jay). Perisoreus canadensis. L, 13. Planche XXIV B.

Trailg dislinctifs. Taille: coloration gris neutre avec calotte noire et front blanc. Les jeunes que l'on aperçoit rarement avec leur plumage primitif ont la tête et le cou uniformément noirs. Tous ont un plumage lâche, duveteux et inégal (ragged).

Indications sur h terrain. Taille, coloration d'un gris uniforme, face et front blancs.

Nid. Construit de petites branchettes, de plantes fibreuses, soigneusement garni de fourrure et de plumes de façon à former une construction compacte et profonde servant à protéger les œufs qui sont quelquefois éclos à une température de 30 degrés au-deseous de zéro Fahrenheit.

Habitat. Les bois de conifères du Nord à travers tout le continent.

SOUS-ESPÈCES. Il y a plusieurs sous-espèces de cet oiseau, lesquelles présentent de très légères différences. Dans l'est du Canada, le geai de l'Est du Canada qui est l'oiseau tjTje, est le plus répandu avec le geai du Labrador, P. c. nigricapillus, qui nabite Terreneuve et le Nouveau-JQuébec.

Le geai du Canada, connu sous le nom vulgaire de pie, possède d'une façon exagérée à peu près toutes les caractéristiques du geai huppé. Tous les villégiateurs dans les forêts du nord connaissent le «Whisky Jack ». Dès que l'on allume un feu de campement, on est sûr de le voir apparaître en quête de déchets de table. Il est très friand des restes de gibier et, à peine s'il a entendu le coup de carabine qu'il est déjà sur les lieux pour attraper quelque lambeau de chair. Son chant présente toute sorte de surprises pour ceux qui ne le connaissent pas bien. De fait, dans son propre habitat, tout chant d'oiseau que l'on ne saurait attribuer à une autre espèce peut Itre provisoirement assigné au geai du Canada.

Valeur économique. C'est essentiellement un oiseau des forêts sans imites et il ne se rencontre que rarement dans les régions peuplées. Sa /aleur économique est très semblable à celle du geai huppé mais il se tient rop à l'écart pour être nuisible au cultivateur.

Sous-famille — Corrinae. Corneilles.

Les corneilles forment une famille bien caractérisée, d'apparence remarluablement semblable. Elles sont répandues à peu près partout et pour 8ur description il n'y a qu'à se reporter à la planche XXV A. Le freux l'Evu-ope appartient à cette division.

Genre — Corvus. Corbeaux et Corneilles.

486. Le Corbeau, (ravbn). Corvus corax. L, 22. Semblable à la corneille ilanche XXV A) mais plus gros.

Traits distinctifs. Le corbeau dans son apparence extérieure est une très grosse jmeille. Le caractère le plus saillant est la forme allongée et pointue des plumes de la jrge; elles sont posées distinctement l'une sur l'autre sans être fondues ensemble comme lez la corneille.

Indications sur le terrain. Outre la taille, qui constitue toujours un signe incertain dans une vaste étendue de plein air, la marque la plus certaine est le cri de l'oiseau. Son croassement est rauque et strident et non pas clair et distinct comme le cri de la corneille. Il y a cependant de jeunes corneilles qui croassent presque absolument comme le corbeau et, quand on est en présence des deux espèces, il faut quelquefois avoir recours à d'autres indications. Quand on aperçoit un corbeau on peut facQement s'imaginer ses caractères saillants quant à la forme et au vol, mais nous devons avouer qu'ils sont rarement perceptibles à l'observateur ordinaire avant que l'on ait identifié l'oiseau.

Nid. Ordinairement sur des saillies de rochers, quelquefois sur de grands arbres; le nid se compose de bûchettes.

Habitai. Cette espèce se rencontre tant dans l'ancien que dans le nouveau continent jusque dans les régions polaires où sa livrée noire contrastant avec la blancheur de ce milieu semble combattre la tendance trop facile à étendre la théorie de la coloration protectrice à tous les animaux de la création. Cette espèce fréquentait autrefois tout le Canada mais il se cantonne maintenant dans les parties les moins habitées au nord et au sud, le long des chaînes de montagnes sur les deux littoraux et pénètre assez loin jusque dans les Etats-Unis.

SOUS-ESPÈCES. Cette espèce se divise en plusieurs races géographiques. Le corbeau européen est l'oiseau type. Nous avons au Canada le corbeau du Nord, C. c. principali». Les divers types présentent en somme peu de différences.

La tradition veut que le corbeau soit un oiseau de mauvais augure. Avec sa couleur sombre, son cri lugubre, ses habitudes sauvages et solitaires, il remplit le même rôle dans le Nord que le vautour dans le Sud. Il se tient à l'écart des endroits fréquentés par l'homme. Au fur et à mesure que la civilisation a progressé dans les vastes contrées primitives, le corbeau, contrairement à son congénère la corneille, s'est éloigné, et il est devenu aujourd'hui ce qu'il était au début, un oiseau des lieux déserts. Si l'on en juge seulement par les nécessités physiques et le régime d'alimentation des deux espèces, on est naturellement porté à croire que le corbeau peut vivre dans les régions habitées aussi bien que la corneille. Il est omnivore et peut s'adapter à presque toute sorte de nourriture. Il est robuste et peut vivre sous des climats et dans des conditions qui seraient fatals à son plus faible congénère, et cependant, pour certaines raisons inexpliquées, les corneilles augmentent et les corbeaux diminuent en nombre à mesure que le pays se colonise.

Valeur économique. Le corbeau prend une nourriture tant végétale qu'animale, mais préfère de beaucoup cette dernière. Il convoite les restes de gibier laissés par le chasseur ou le gibier lui-même, quand il peut se l'approprier. Il rôde autour des nids des autres oiseaux et s'empare des œufs et des oisillons. Au bord de la mer, il fouille les rivages à la marée basse pour y trouver des crabes et autres crustacés ou tout ce que la mer peut lui apporter de mangeable. Comme il évite plutôt les régions cultivées, il n'a que peu d'influence directe sur les récoltes.

488. La Corneille d'Amérique, (american chow). Cormis brachprhynchos. L, 19-30. Planche XXV A.

Traits distinctifs. Peut être confondue avec le corbeau mais l'oiseau est plus petit et n'a pas sur la gorge les plumes lancéolées, longues et pointues de celui-ci.

Indications sur le terrain. Son aspect général que l'on apprend vite à connaître.

Nid. Sur les arbres; construits avec de petites branches.

Habitat. Toute la zone tempérée de l'Amérique du Nord.

SOUS-ESPÈCES. Deux sous-espèces de la corneille de l'Amérique se présentent au Canada; mais nous n'avons dans l'Est que l'oiseau tjrpe, la corneille de l'Est.

Alors que le corbeau disparaît en présence des progrès de la civilisation, la corneille augmente en nombre. Elle est omnivore, se nourrissant volontiers de n'importe quoi depuis la chair corrompue jusqu'au maïs germant

Il n'y a pas de doute que la corneille s'est énormément répandue dans le pays depuis la disparition des forêts et il est probable que son avènement dans l'est du Canada date de l'arrivée de l'homme blanc. C'est un oiseau partiellement migrateur. . La plupart des corneilles s'en vont dans le Sud en hiver, mais un bon nombre, attirées par les abattoirs et les tas d'ordures ménagères au voisinage des villes, demeurent en permanence au pays.

Valeur économique. La valeur économique de la corneille ne peut pas se résumer en quelques mots. Elle est certainement très bienfaisante mais elle fait aussi beaucoup de dégâts. ■ Seulement, le mal qu'elle fait est concentré et facile à apprécier, tandis que le bien est réparti çà et là, et plutôt difficile à établir. Les résultats détaillés d'environ un millier d'examens d'estomacs et des témoignages provenant de toutes les parties de l'Amérique du Nord ont été publiés dans le Bulletin n° 6 du département de l'Agriculture des Etats-Unis, par W.-A. Barrows et E. -A. Schwarz. Le plus grand reproche qu'on lui fait dans l'est est de manger les jeunes pousses de céréales, surtout du maïs. On a constaté que le maïs constitue le 29 pour cent de sa nourriture annuelle mais, chose assez curieuse, depuis le mois de mai jusqu'au mois d'août, il n'en composait que du 8.4 au 17.7 jHJur cent et augmentait en décembre jusqu'au 48.2 pour cent, alors que ces grains ne peuvent être que des glanures des champs moissonnés. La corneille mange aussi beaucoup d'insectes et si l'on compare les espèces nuisibles avec les utiles qu'elle détruit, la balance penche évidemment en faveur de l'oiseau. Elle se nourrit aussi considérablement de souris et autres rongeurs tt de reptiles; c'est même la nourriture qu'elle préfère à toute autre. Elle recherche avidement à l'automne les fruits d'arbres forestiers (glands, faînes, etc.). Si alors on en juge seulement par son régime alimentaire, la corneille est un oiseau précieux. Il faut cependant envisager la question autrement, car on ne peut pas ignorer qu'elle fait tout de même des dégâts; il importe peu au cultivateur qu'elle détruise toutes les chenilles dans son champ si elle emporte également tout le grain. D'une façon générale, il ne paraît guère y avoir de bonne raison pour prendre à son égard de nouvelles mesures de précautions; il n'y a d'ailleurs aucun danger qu'elle disparaisse et elle a probablement besoin d'être surveillée.

FAMILLE — STUHNID^. VRAIS ÉTOURNBAUX.

Les vrais étoumeaux forment une famille de l'ancien monde, distincte des étoumeaux américains en ce qu'ils ont, entre autres signes distinctifs, dix primaires au lieu de neuf; les premières peuvent n'être que rudimentaires comme dans l'espèce ci-dessous, oiseau importé, non indigène, mais l'unique représentant de la famille, en Amérique.

L'Étoumeau vulgaire, (starling). Sturmis vtdgaris. L, 8-50. Taille à peu près celle de l'étourneau à ailes rouges, mais avec la queue plus courte. En automne tout le corps est d'un noir métallique, couvert de taches foncées de la forme d'un V et de couleur chamois-crème. Au printemps, les taches les plus claires ont disparu, mais le bec est jaune. Dans le jeune âge, brun grisâtre avec une gorge blanchâtre.

Traits distinctifs. Au printemps c'est un mainate à bec jaune; à l'automne un mainate à tachetures fines et claires. Au jeune âge c'est un mainat« brunâtre avec une gorge blanchâtre. En toutes saisons c'est un mainate à courte queue.

Indications sur le terrain. Voir les traits distinctifs. A un vol énergique, bien caractérisé, nullement celui d'un mainate.

L'Êtourneau vulgaire (staklinq). Slwnus mdgaris. L, 8-50. Taille à peu près ceUe du loriot de Baltimore, mais de charpente plus grande. Tout entier d'un noir métallique, couvert de taches foncées de la forme d'un V et de couleur chamois-crème.

Traits distinctifs. Petit mainate à tachetures fines et claires.

Indications sut le terrain. Voir les traits distinctifs.

Nid. Dans de grands tas d'herbes en désordre, avec des ramilles et des déchets dans les fentes de murs et d'arbres creux. S'installera volontiers dans des boîtes-nids.

Habitat. Originairement dans l'ouest et le centre de l'Europe. Importé à New- York en 1890 il s est répandu sur une étendue de pays de plus en plus grande. Après quelques apparitions dans le sud de l'Ontario on l'a pris, enfin, à Kingston. Ce que sera son dernier établissement dans le Dominion on ne peut pas le prédire.

Valeur économique. Les recherches entreprises par le Service biologique des Etats-Unis pour se rendre compte des résultats qu'un facteur si troublant pourra avoir sur l'état de choses en Amérique, ont abouti à ce qui suit. En tant que destructeur des insectes du sol, l'étourneau a peu d'égaux parmi les oiseaux du nord-est de l'Amérique du Nord. L'objection la plus sérieuse qu'on puisse avoir à sa présence vient de son goût prononcé pour les cerises. Il s'attaque bien à d'autres fruits mais pas à un degré sérieux. Il se niche de façon disgracieuse; il en veut à d'autres oiseaux; son penchant à former d'immenses compagnies qui perchent ensemble dans les quartiers les plus recherchés contrebalance le bien que peuvent faire ses goûts insectivores.

Comme si les sociétés d'acclimatation, et d'autres sociétés du même genre, n'avaient pas fait déjà assez de mal en introduisant le moineau domestique en Amérique, elles ont ajouté un autre agent de conséquences possibles encore inconnues sous la forme de l'étourneau qui va disputer le terrain aux espèces indigènes, développer des aptitudes inattendues dans ses nouveaux alentours et, en l'absence d'une continence naturelle, se multiplier à l'infini. Déjà l'étourneau existe par milliers dans le Massachusetts et il envahit les Etats voisins en nombres toujours plus grands et en cercles toujours plus étendus. Tout espoir de l'extirper aujourd'hui est probablement parfaitement vain.

Par ses mœurs, l'étourneau promet de compléter le moineau domestique; il s'empare des vergers, des parcs, des faubourgs comme fait le moineau dans les villes. A cause de sa taille plus grande, ses mœurs de couvaison sont peut-être encore plus criticables que celles du moineau domestique, et le fait qu'il occupe des trous en fait un concurrent sérieux des oiseaux indigènes tels que les rouges-gorges bleus qui ont déjà bien du mal à trouver des places pour couver, eu égard aux méthodes en usage dans nos vergers. L'espoir va s 'évanouissant que nos hivers canadiens, si rigoureux soient-ils, pourront l'empêcher de s'implanter fermement dans le Dominion, puisqu'il a su adapter ses mœurs migratrices aux habitudes américaines, et par ce moyen achever la conquête du territoire canadien. Pendant les années qui viennent l'étourneau devra être surveillé, son champ d'activité devra être connu, ses mœurs et leurs conséquences devront être mises au jour.

FAMILLE — ICTERID.1E. ÉTOURNEAUX d'aMÉBIQUE.

Cette famille comprend les étourneaux, orioles et étourneaux des prés qui représentent sur ce continent les sansonnets ou étourneaux d'Europe. Ils sont étroitement alliés aux moineaux et l'on ne peut pas nettement les différencier dans une description ordinaire. La plupart de ces oiseaux ont un long bec conique et pointu (figures 46, 47, 48, 49, p. 28) et quelques-uns

ont le milieu du culmen qui remonte en forme de quille sur le front. Le goglu et l'étourneau ordinaire ont tout à fait des becs de moineaux mais ce sont des becs raccourcis d'ictérinés plutôt que de passereaux. On peut également différencier ces espèces par leurs taches de couleur.

Genre — Dolichonyx. Goglu.

494. Le Goglu. (bobounk). Dolichonyx oryzivorua. L, 7-25. Planche XXV B.

Traits distinctifs. Le mâle printanier avec son plumage pie se reconnaît immédiatement. La femelle et les oiseaux d'automne de l'un ou l'autre sexe n'ont aucun rapport comme couleur avec le mâle du printemps et sont facilement confondus avec certains moineaux (bec, figure 46, p. 28). A l'automne avec leur nouveau plumage ils sont de couleur chamois, non rayés sur les dessus et fortement rayés en dessous. La femelle printanière, plus fatiguée et fanée et légèrement olivâtre, ressemble beaucoup à la femelle du moineau domestique, mais on la reconnaît à son dos et sa couronne fortement rayés et à sa ligne couleur chamois au-dessus de l'œil.

Indications sur le terrain. Le mâle printanier n'exige aucune indication spéciale pour être reconnu; les raies et le jaune des autres plumages et la ligne chamois de 1 œil avec les barres sur la couronne sont de bonnes marques d'identification qui devraient avec l'habitat et l'ensemble des caractères empêcher qu'il y ait confusion.

Nid. Sur le sol; construit avec des herbes sèches.

Habitat. L'Amérique du Nord; il hiverne dans l'Amérique du Sud; dans l'est du Canada, le long de la frontière méridionale, couvant partout où il se trouve.

Le goglu, au printemps et en été, est un oiseau qui fréquente les champs de foin et de trèfle. On peut le voir tous les jours d'été, perché sur une clôture du voisinage ou s'élançant dans les airs en frissonnant des ailes et faisant entendre son chant extatique. Plus tard dans la saison, le mâle aux gestes folâtres se dépouille de ses couleurs gaies pour endosser le jaune d'ocre plus terne avec les raies brunâtres de la femelle. Son chant est remplacé par des tintements métalliques et, en compagnies de plusieurs centaines d'autres oiseaux de cette espèce réunis en troupes, il recherche les marais jusqu'à l'automne. Au moment de quitter le Canada pour ses quartiers d'hiver en Amérique du Sud, il s'arrête quelque temps dans les champs de riz des Carolines où il est reconnu non pas comme le goglu, gai chanteur, aimé de tous tant pour des raisons pratiques que sentimentales, mais comme l'ortolan de riz qui s'abat par milliers sur les récoltes et devient le fléau de l'agriculteur. Dans le Sud, on les tue au fusil et on les vend en grand nombre comme nourriture.

Valeur économique. Le goglu, au Canada, est un oiseau irréprochable qui nous charme de son chant harmonieux et auquel nous n'avons pas encore découvert de mauvaises habitudes. En mai et en juin, le 90 pour cent de son alimentation consiste en insectes nuisibles et le reste en graines de mauvaises herbes et quelques insectes utiles. En juillet et août, il mange un peu de grain. Toutefois on considère cet oiseau comme un fléau dans les Etats du Sud.

Genre — Molothrus. Étoumeaux ordinaires.

495. L'Êtoumeau ordinaire, (cowbird). Molothrus ater. L, 7-92. Planche XXVI A.

Traits distinctifs. Un petit étoumeau avec" la tête et le cou noir de phoque. La femelle est d'un brun cendré, plus pâle sur la gorge et peut être distinguée d'avec les moineaux auxquels elle ressemble à cause de son bec conique, par sa coloration uniforme et peu prononcée.

Indications sur le terrain. Petit étoumeau avec bec court et conique; accents rauques et criards et cri écorchant.

Nid. Dépose ses œufs dans des nids d'autres espèces, ordinairement plus petites, sur le sol ou en dès endroits plutôt bas.

Habitat. Dans la majeure partie de l'Amérique du Nord. Au Canada, dans la partie nord jusqu'aux limites de la culture. L'espèce est commune, sauf dans les provinces côtières de l'extrême Est.

L'étourneau ordinaire est notre seul oiseau habituellement parasite. Jamais il ne construit de nids, ni ne couve ni ne s'occupe de ses petits. En l'absence d'un autre oiseau qui couve il profite d'une occasion pour déposer l'un de ses propres œufs dans le nid non gardé. D'habitude, les propriétaires du nid acceptent l'œuf sans protester, mais parfois ils s'y opposent énergiquement puis finalement se résignent. Dans certains cas, le nid est déserté ou un nouveau nid est construit par dessus l'œuf étranger; c'est ainsi que fait quelquefois la fauvette d'Amérique. L'incubation présente un cas intéressant d'adaptation. On remarque que l'œuf de l'étourneau est éclos ordinairement quelques heures avant ceux de l'oiseau nourricier et, par conséquent, l'intrus est déjà fort et développé alors que les premiers occupants du nid ne font que briser leur coquille. Cela lui permet de s'emparer de la nourriture et d'augmenter ainsi son surcroît de vigueur de telle façon qu'il peut finalement rejeter ses concurrents hors du nid et recevoir pour lui seul les soins qui devaient aller à toute la nichée. C'est ainsi que, de fait, la naissance de chaque étoumeau signifie la destruction d'une nichée d'une autre espèce, et l'on doit probablement considérer l'étourneau comme l'un des ennemis les plus terribles des espèces qui sont ainsi dupées. Une fois que le père et la mère nourriciers ont accepté l'œuf étranger ils ne font aucune différence entre celui-ci et les leurs propres. Cet oiseau a été appelé «Cowbird» par suite de son habitude de suivre les bêtes à cornes, sans doute dans le but de capturer les mouches et insectes qui s'assemblent autour de ces animaux.

Valeur économique. Si l'on en juge d'après son alimentation, l'étourneau semblerait être simplement un oiseau utile. Il consomme de nombreuses graines de mauvaises herbes et beaucoup d'insectes nuisibles mais une petite quantité seulement de grain ou de fruits; le grain se compose principalement des glanures et les fruits sont des fruits sauvages. Le mal qu'ils font cependant vis-à-vis d'autres oiseaux également utiles donne un tout autre aspect à leur influence économique. On peut dire que chaque étoumeau élevé jusqu'à l'état d'oisillon signifie la destruction de toute une nichée d'une autre espèce. Il est possible que l'influence économique des oiseaux substitués compense celle des oiseaux disparus mais cette substitution ne peut tout de même pas être envisagée froidement.

Genre — Xanthocephalus. Étoumeau à tête jaune.

497. L'Êtoumeau à tête jaune. (TELLOw-HEADia) blackbird). Xanthocephalus xanthocephalus. L, 10. Un étoumeau avec des taches blanches sur les rémiges primaires, et avec la tête, le cou et la poitrine jaunes. La femelle est semblable mais de couleur brunâtre plutôt que noire; le jaune est moins brillant et le blanc fait défaut sur les ailes.

Traits distinctifs. Les indications précédentes suffisent à le faire reconnaître.

Habitat. L'ouest de l'Amérique du Nord jusqu'au nord des provinces des prairies. N'apparaît qu'accidentellement dans l'est du Canada.

C'est un oiseau des marais qui apparaît rarement dans l'est du Canada.

Genre — Agelaius. Étourneaux à ailes rouges.

498. L'Étoumeau à ailes rouges, (red-winged blackbird). Agelaius phcmiceus. L, 9-51. Planche XXVI B.

Traits dislinctifs. Le plumage du mâle a toujours les épaules au moins tachetées de rouge, bien que parfois, on ne remarque que ça et là des mouchetures d'orange. La femelle se distingue toujours des autres étourneaux par sa coloration nettement rayée.

Indications sur le terrain. Le mâle est distinctement caractérisé par ses épaules rouges et on le reconnaît à toutes les phases de son plumage par ses accents caractéristiques; son cri le plus ordinaire qui n'est propre qu'au mâle, peut se traduire par i0-ki4i» ou tO-ki-^ » avec une inflexion de plus en plus forte à la fin.

Nid. Une construction bien faite avec des joncs et des herbes, attachée à 2 ou 3 pieds au-dessus de l'eau après des roseaux, des massettes ou des arbrisseaux dans des endroits marécageux.

Habitat. Comme espèce, cet étourneau est répandu sur toute l'Amérique du Nord jusqu'aux limites des régions boisées.

SOUS-ESPÈCES. Il y a plusieurs sous-espèces de cet oiseau. La plus commune dans l'est du Canada est l'oiseau type, l'étoumeau à ailes rouges de l'Est. Dans l'extrémité ouest de l'Ontario, nous avons probablement celui du Nord, A. p. arctolegus qui vient des régions centrales du Nord. Celui-ci est caractérisé par sa taille un peu plus forte mais il n'y a qu'un expert qui puisse faire la distinction exacte.

Il n'y a pas de marais typique au Canada où l'on ne trouve un ou plusieurs couples d'étourneaux aux ailes rouges se poursuivant les uns les autres ou se cramponnant aux roseaux, les mâles étalant leurs ailes et leurs queues et se tortillant en des attitudes forcées pendant qu'ils font entendre leur «0-ki-ri » avec un trille sur la dernière syllabe, en présence des femelles. Au printemps, les étourneaux arrivent ordinairement par grandes compagnies d'espèces mélangées qui demeurent ensemble pendant quelques jours et ensuite se séparent. Les étourneaux à ailes rouges se dirigent vers les marais et, avant que les roseaux commencent à pousser, ils s'occupent de leur installation domestique. Lorsqu'ils ont rempli leurs devoirs de famille pour la saison, toutes les espèces d'étourneaux se rassemblent de nouveau en troupes qui obscurcissent le firmament, se perchant ensemble dans les marais lorsque cela est possible et s'éparpillant durant le jour en groupes plus ou moins nombreux pour parcourir les champs de récoltes.

Valeur économique. En raison de son régime alimentaire, cet oiseau est réellement utile. Le 80 pour cent de sa nourriture se compose de graines de mauvaises herbes et d'insectes malfaisants et le grain qu'il mange se monte à environ 15 pour cent. C'est en juillet et août qu'il consomme le plus de grain et, au début de la colonisation, lorsque la superficie des terres à culture était restreinte et que les étourneaux étaient en grand nombre, c'était une sérieuse menace pour la moisson.

Genre — Sturnella. Étourneaux des prés.

501. L'Étoumeau des prés, (meadowlark). Sturnella inagna. L, 10 -75. Planche XXVII A.

Traits distinctifs. Impossible à confondre avec une autre espèce dans l'est du Canada. (Bec, figure 47, p. 28).

Indications sur le terrain. La poitrine jaune très apparente et un coUier noir bien tranché sont des marques sûres. Au vol, les plumes extérieures blanches de la queue et la façon singulière de voler sont de bonnes indications. Le siflBement clair et prolongé de l'étoumeau des prés est caractéristique.

Nid. Sur le sol; construit avec des herbes sèches; le nid est ordinairement en forme de four.

Habitai. L'est de l'Amérique du Nord jusqu'aux confins du territoire cultivé.

La voix claire de l'étourneau des prés est souvent la première indication de la venue du printemps. Il arrive en même temps, quelquefois même avant le merle et le rouge-gorge, et fréquente les pâturages élevés; on entend alors de très loin, du sommet d'un arbre isolé ou d'un poteau de clôture, ses accents doux et sonores.

Valeur économique. L'étourneau des prés est l'un des oiseaux les plus utiles au cultivateur. Comme il se tient près du sol, il s'attaque à la plupart des pires ennemis de la moisson. Son alimentation est répartie comme suit : 75 pour cent d'insectes, 12 pour cent de graines de mauvaises herbes, et 13 pour cent de céréalee, presque tout recueilli à la fin de l'automne et au début du printemps, évidemment, en raison de la pénurie d'insectes à ces époques. Cet oiseau mérite tout à fait d'être protégé.

Genre — Icterus. Loriots des vergers.

506. Le Loriot (ou l'Oriole) des vergers, (orchard obiole). Icterus spurius. L, 7-32. Un petit étourneau ressemblant au loriot de Baltimore (planche XXVII B), l'orangé de cet oiseau étant remplacé par un brun de phoque; sa queue est noire. La femelle est d'un vert terne et uniforme. Le jeune mâle est comme la femelle mais il a la gorge noire.

Traits distinctifs. La coloration brun de phoque et noire du mâle se reconnaît immédiatement. La femelle a une certaine ressemblance avec la femelle du tangara, mais elle est plus petite et d'une forme plus délicate, et son bec est fin, pointu, et non denté. (Comparer les figures 48 et 53, p. 28).

Indications sur le terrain. Couleur, taille et chant à peu près semblables à ceux du loriot de Baltimore, mais la voix est plus riche, et il possède certains traits qui lui sont propres.

Nid. Composé d'herbes vertes et suspendu à ime enfourchure d'arbre. C'est une jolie construction mais pas aussi bien finie ni aussi profonde que le nid du loriot de Baltimore.

Habitat. C'est une espèce plus méridionale que le loriot de Baltimore; elle apparaît régulièrement au Canada sur les rives du lac Erié et parfois au nord jusqu'à l'extrémité sud du lac Huron.

Le loriot des vergers ne se rencontre communément que le long des frontières sud de l'Ontario et ses mœurs sont absolument les mêmes que celles du loriot de Baltimore.

Sous-genre — Yphantes. Loriot de Baltimore.

507. Le Loriot (ou l'Oriole) de Baltimore, (baltimobe obiole). Icterus galbula. L, 7-53. Planche XXVII B.

Traits distinctifs. Coloration.

Indications sur le terrain. Ses taches éclatantes d'orange doré et sa riche voix de contralto sont des marques d'identification certaines. Cette espèce ne peut être confondue qu'avec des individus d'un autre habitat.

Nid. Son nid est l'une des curiosités de la gent ailée. Il a la forme d'un sac tissé avec des plantes fibreuses, du duvet végétal, des crins et des ficelles, le tout artistement enlacé et suspendu à l'extrémité d'une longue branche incUnée vers la terre. Avec son bec pointu comme une alène la femelle enfonce un filament dans la paroi du nid, puis, l'ayant saisi par en dedans, le tire et l'enlace solidement pour faire un travail serré, et recommence ainsi avec un autre filament jusqu'à ce que le nid une fois terminé se trouve tellement bien tricoté, tissé et feutré que malgré qu'il soit balancé à l'extrémité d'une longue branche flexible au milieu des tempêtes des quatre saisons, il demeure intact pendant plusieurs années.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord en allant au nord jusqu'aux limites des régions bien habitées.

Le loriot de Baltimore fréquente de préférence les régions découvertes, parsemées de bosquets avec ça et là, de grands ormes isolés. Le nom de cet

oiseau lui vient de son magnifique plumage orangé et noir, couleurs officielles de lord Baltimore sous le patronage duquel l'Etat de Maryland fut d'abord colonisé et en l'honneur duquel les premiers colons ont nommé cet oiseau.

Valeur économique. La nourriture de ce loriot se compose surtout d'insectes qui sont par ordre de quantité: chenilles, taupins, dont on connaît les larves pestilentielles, hannetons et sauterelles. Il capture très peu de coléoptères rapineurs. Il consomme peu de matière végétale Cet oiseau occupe donc une place très importante comme destructeur d'insectes. On l'a quelquefois accusé de gâter les fruits et aussi de piquer le raisin pour en extraire le jus. Ce n'est pas de ce qu'il en extrait que l'on se plaint mais c'est de la quantité de vigne qu'il gâte car il va d'une grappe à l'autre piquant partout le raisin tout en en consommant très peu. Cette habitude semble cependant être purement locale et peut n'être qu'individuelle; elle n'a d'ailleurs que peu d'importance sauf dans un pays de vigne. Au Canada, le loriot de Baltimore s'en va peu après la mi-août et avant que la saison des fruits à l'automne soit avancée, de sorte que les raisins sont ordinairement trop verts pour leur faire envie. Par conséquent, bien qu'on ne puisse pas entièrement l'exonérer des accusations portées contre lui, les dégâts causés par le loriot au Canada ont été certainement très exagérés. Les services rendus par cet oiseau sont constants et importants; quant au mal qu'il peut faire, ce n'est que par moments et c'est peu de chose.

Genre — Euphagus. Mainates couleur de rouille.

509. Le Mainate couleur de rouille, (rustt blackbiro, rustt orackle) . Euphagus carolinus. L, 9-55. A peu près de la taille d'un étoumeau à ailes rouges, mais tout noir avec reflets verdâtres et des yeux couleur de paille. A l'automne, les plumes sont largement bordées d'un ton rouilleux, plus pâle sur la couronne et sur la tête. La femelle est im oiseau presque uniformément gris foncé avec des traces de marques rouilleuses au printemps, beaucoup plus étendues chez les deux sexes à l'automne, alors qu'elles forment une calotte rougeâtre et une ligne sourcilière bien caractérisée.

Traits distincti/s. Taille petite relativement à celle du mainate bronzé, la seule autre espèce aux yeux clairs; couleur noire ou teinte rouilleuse uniforme passant à une ligne pâle au-dessus de l'œil; les yeux sont d'un jaune paille.

Indications sur le terrain. La taille, la coloration et les yeux jaune paille.

Nid. Sur des conifères ou sur le sol; se compose d'herbes ou de mousse.

Habitat. L'est et le nord de l'Amérique du Nord; couve ordinairement juste au nord des régions cultivées au Canada.

Le mainate couleur de rouille se présente chez nous en grand nombre au printemps et à l'automne; il est mêlé pour une large part aux grandes troupes d'étourneaux que l'on aperçoit aux abords des champs et des marais. Le nom anglais de «Orackle» qui est ordinairement appliqué aux deux étourneaux aux yeux jaunes (presque blancs) provient sans doute de leur cri aigre et pétillant.

Genre — Quiscalus. Quiscales.

511. Le Mainate bronzé.(cRow blackbibd, bbonzed grackle). Quiacalxts quiscula. L, 12. Planche XXVIII A.

Traits distinctifs. Forte taille, partout d'un noir iridescent; les yeux jaune paille.

Indications sur le terrain. Le corps tout noir, les yeux jaune paiUe et là taille sont de bonnes indications. Quand on l'aperçoit au vol, la longue queue du mâle est tout étalée avec les côtés tournés en haut de façon à former la lettre fU ». C'est un trait bien caractéristique qui se dessine très nettement sur le ciel au printemps, mais est moins visible ou même absent à l'automne.

Nid. Ordinairement par groupes sur des conifères; le nid est de structure grossière et composé d'herbe et de boue.

Habitat. Toute la zone tempérée de l'Amérique du Nord à l'est des Montagnes Rocheuses. Le mainate bronzé occupe la section canadienne de l'habitat et empiète sur celui du mainate pourpre, au sud de nos frontières.

SOUS-ESPÈCES. Il y a trois sous-espèces. Le mainate bronzé, Q. q. œTieus, est l'oiseau canadien. L'oiseau type, le mainate pourpre, est un oiseau plus méridional qui n'a pas encore été capturé au Canada, bien qu'il devrait se trouver sur nos frontières méridionales; on le reconnaît aux plumes du dos qui présentent une iridescence pourprée en demi-cercle, au lieu d'un ton uniforme de cuivre métallique. La troisième sous-espèce apparaît en Floride.

Le mainate bronzé est un oiseau grégaire et se plaît à nicher en compagnie de ses congénères. Il niche de préférence dans les conifères et s'installe souvent dans les haies décoratives des jardins. Avec ses couleurs métalliques et ses yeux jaunes, c'est un oiseau magnifique et d'un éclat frappant. Il se pavane sur le gazon avec une affection comique et des gestes bizarres pendant qu'il laisse entendre ses accents plutôt discordants.

Valeur économique. Pendant qu'il habite le Canada, les insectes constituent le 29.7 pour cent de sa nourriture et les matières végétales, le 70.3 pour cent. Les insectes comprennent certaines espèces qui vivent de proie mais pas en grand nombre. La matière végétale comprend environ 48 pour cent de grain et de fruits d'arbres forestiers et graines de mauvaises herbes. Une bonne partie du grain consiste en déchets et les fruits cultivés ne comptent que pour le 2.9 pour cent. D'une façon générale, l'influence du mainate bronzé est bienfaisante mais il ne faudrait pas trop en laisser le nombre s'accroître. C'est un implacable destructeur de nids et comme tel il ne fait pas bon l'avoir autour de la maison si l'on désire avoir des espèces plus attrayantes.

FAMILLE FRINGILLIDiE. MOINEAUX, LINOTTES, PINSONS, OU BRUANTS.

Description générale. Telle que représentée au Canada, cette famille est généralement facile à reconnaître. Elle se compose de petits oiseaux — il n'y a guère d'espèce canadienne de plus de 8i pouces de longueur — avec bec conique non échancré, se prêtant bien au cassage des graines et l'ouverture de la bouche ordinairement tournée en dessous (figures 50, 51, 52, p. 28). Ce dernier trait n'est pas développé au même degré chez toutes les espèces et certains étoumeaux d'Amérique, ainsi que nous l'avons déjà dit (p. 176) le possèdent d'une façon prononcée; mais ils ont d'autres marques dictinctives qui permettent de les différencier d'avec les moineaux.

Traits distinctifs. C'est au bec qu'on les reconnaît le mieux; celui du serin domestique est bien nettement du type passereau. Les oiseaux qu'on est le plus porté à confondre avec ceux de cette famille sont le goglu (figure 46, p. 28) et l'étoumeau ordinaire (p. 177) de la famille précédente, et les tangaras, de la famille suivante. On peut facilement différencier ceux-ci par leurs couleurs éclatantes {voir à chacun des titres). Les tangaras ont des échancrures aux bords tranchants et, à la pointe, des mandibules ce qui les rend faciles à reconnaître (figure 53, p. 28). Dans un groupe de fringUUdés, les becs-croisés, les pointes du bec se croisent (figure 52. p. 28); dans un autre, les gros-becs, le bec est très gros et très robuste (figure 50, p. 28).

Les passereaux (sparrows) constituent la plus grande et la plus importante famille des percheurs et c'est probablement la plus importante famille d'oiseaux du monde entier. On les rencontre partout sauf en Australie; ils sont représentés dans tous les habitats, dans les marais humides, plateaux herbeux et épaisses forêts comme dans les plaines sèches et les régions sablonneuses. Les termes: Moineau, Linotte, Pinson, et Bruant sont à peu près synonymes et s'appliquent à diverses espèces sans égard à leurs rapports mutuels. Le nom de Passereau (sparrow) a par conséquent une

acception très vaste et peut s'appliquer à beaucoup d'espèces différentes en importance ou en valeur. Il est fâcheux que certaine espèce introduite au pays ait été cause de la mauvaise réputation attribuée à toute une vaste famille qui comprend beaucoup de magnifiques et de précieux oiseaux, dont quelques-uns nous charment par leur chant délicieux. Le caractère le plus typique de cette famille dans l'esprit populaire est une coloration gris terre uniforme, mais elle comprend aussi des oiseaux au plus éclatant plumage et au lieu du simple pépiement du moineau auquel on s'attend d'ordinaire, on entend parfois le chant le plus agréable. On peut diviser cette famille en espèce terrestre, espèce des arbres, migrateurs d'hiver et grosbecs. Pour l'observateur superficiel, les oiseaux de la première espèce sont d'apparence terne, mais si on les examine de près, ils présentent souvent de magnifiques harmonies de couleur. L'espèce des arbres est souvent très brillamment colorée. Les migrateurs d'hiver présentent ordinairement beaucoup de rouge terne. Les gros-becs que l'on reconnaît tout de suite à leur gros bec robuste (figure 50, p. 28) sont vivement colorés. Il ne s'agit pas ici d'une subdivision scientifique, mais ces oiseaux sont tellement diflBciles à distinguer par l'amateur que toute classification pouvant lui servir ne sera pas sans utilité.

Gêner — Hesperiphona .

514. Le Gros-bec à couronne noire, (evening grobbeak). Hesperiphona ve»pertina. h, 8. C'est un des plus gros passereaux avec un très grand et puissant bec qui est typique chez les gros-becs (figure 50, p. 28). Sa coloration est par larges masses d'un jaune intense avec les ailes, la queue et la couronne noires et une bande blanche en travers de l'aile. La femelle est toute semblable, mais de couleur plus terne avec des tons cendrés sur tout le corps.

Traits distinctifs. La taille, le bec, et la forte quantité de jaune. La femelle garde assez de jaune mêlé à la couleur cendrée pour être facilement reconnue. Le jaune ou vertjaimâtre du bec fait reconnaître tous les plumages. Pour la comparaison de la femelle avec le gros-bec des pins, voir cette dernière espèce.

Indications sur le terrain. La taille et la coloration jaune. Comme c'est un hdte de nos hivers seulement, on ne peut pas le confondre avec d'autres oiseaux.

Nid. Sur les arbres; nid fait de petites ramilles, garni d'écorce, de poils et de radicelles. Le nid a rarement été vu.

Habitat. Le centre et l'ouest de l'Amérique du Nord; au sud le long des montagnes. Il est migrateur vers l'Est, mais de façon irrégulière.

SOUS-ESPÈCES. Le gros-bec à couronne noire comprend une sous-espèce de l'Est, et une autre de l'Ouest; c'est la première, la forme tjrpe, qui seule se rencontre dans l'est du Canada. Les localités où ce gros-bec de l'&t niche et couve n'ont pas encore été déterminées avec exactitude.

Cet oiseau est seulemerit un migrateur irrégulier en hiver, dans l'est du Canada. Il s'écoule quelquefois des années sans qu'on voie cet oiseau et puis, tout à coup, il se montre partout. Les causes de ses apparitions irrégulières n'ont pas été expliquées de façon définitive. Est-ce l'absence de nourriture qui a tenu ces oiseaux éloignés de leurs stations d'hiver, ou bien sont-ils attirés vers d'autres régions par une abondance inaccoutumée d'aliments? C'est ce que l'on ne peut dire. La nourriture est probablement la cause déterminante.

Valeur économique. Le gros-bec à couronne noire, qui ne vient qu'en hiver, ne peut faire que très peu de dommage. Sa nourriture de prédilection, c'est la graine de l'érable du Manitoba, qui demeure pendue aux branches de cet arbre, ou encore le fruit du frêne sauvage. Le fait que l'érable du Manitoba a, dans ces dernières années, été planté en quantité dans

toutes les parties du Canada, peut avoir influé sur les habitudes migratrices de cet oiseau. Presque tout fruit sec lui est bon et il aime à retirer les pépins des vieilles pommes pourries qui pendent aux arbres en hiver. On l'accuse d'endommager les arbres en arrachant les bourgeons; c'est un peu vrai, mais cela ne saurait être la source de dégâts appréciables.

Geme—Pinicola. Gros-becs.

515. Le Gros-bec des pins, (fine grosbeak). Pinicola enudeator. L, 9-08. Planche XXVIII B.

Traits distinctifs. A s'en rapporter aux descriptions, on pourrait confondre les femelles des gros-becs des pins avec celles des gros-becs à couronne noire, car elles sont toutes d'un gris étendu de jaune; mais le jaune chez le gros-bec des pins est plus foncé, surtout sur la tête et le croupion, d'un jaune citron plutôt que clair et qui recouvre la coloration du corps au lieu d'avoir l'air de se laisser deviner en dessous. Le bec foncé de l'espèce est également distinctif .

Indications sur le terrain. La taille, le bec foncé du gros-bec et la coloration rouge des mâles adultes. La plupart des oiseaux qui visitent le Canada ont la livrée terne des femelles, de là vient que l'effet général est celui d'une bande de gros oiseaux, couleur ardoise mate, passant à un jaune chaud sur la tête et le croupion, vue sous une lumière favorable et accompagnée à l'occasion de quelques individus rougeâtres. Les notes ordinaires de cet oiseau sont d'une faiblesse et d'une finesse ridicules pour im gros oiseau, bien qu'on lui connaisse aussi un sifflement clair et retentissant.

Nid. Sur les arbres conifères; fait de ramilles et de radicelles.

Habitat. En tant qu'espèce, son territoire se borne aux régions du nord de l'hémisphère boréal. Le gros-bec des pins du Canada couve dans les forêts de conifères du Nord, à l'ouest du fleuve Mackenzie; ses migrations vers les régions colonisées n'ont lieu qu'en hiver.

SOUS-ESPÈCES. Il y en a plusieurs au Canada, l'individu de l'E^t, le gros-bec des pins du Canada — Pinicola enucleator lencura — étant le seul qui puisse figurer dans le cadre du présent ouvrage.

Ces oiseaux sont des hôtes irréguliers venant du Nord en hiver. Leur présence chez nous ne peut que rarement être prévue, bien qu'ils puissent apparaître pendant l'hiver dans n'importe quelle localité de l'est du Canada. Ils fréquentent les arbres conifères, mais ont aussi beaucoup de goût pour les petits fruits du frêne sauvage, du sorbier et aussi du sumac.

Valeur économique. Comme le gros-bec des pins passe l'été dans les forêts du Nord et ne visite qu'en hiver les régions colonisées, les dégâts qu'il peut causer se réduisent à fort peu de chose. Il mange du fruit sauvage qu'on laisse perdre et qui pend aux arbres, si bien que son influence économique est absolument négligeable. On l'a accusé de détruire les graines des fruits, mais le mal qu'il fait ainsi est minime. Il y a toutes les meilleures raisons du monde pour protéger cette espèce qu'on ne peut accuser de rien de sérieux.

Genre — Carpodacus. Pinsons pourprés.

517. Le Pinson pourpré, l'oiseau rotjoe. (purple finch). Carpodacus purpwreus. L, 6-22. Planche XXIX A.

Traits distinctifs. lia, taille et la coloration générale du mâle sont distinctives. La femelle a des raies d'un brun oUve, mais l'uniformité générale de la teinte oUve dans cette coloration et l'abondance des raies en dessous sont tout à fait caractéristiques. Le bec est plutôt plus gros pour la taille de l'oiseau que chez les autres espèces, le gros-bec excepté.

Indications sur le terrain. La taille, la coloration générale; parfois une ressemblance entre ce pinson et le petit gros-bec des pins, et un chant très frappant; telles sont les meilleures indications sur le terrain.

Nid. Dans les arbres conifères; nid fait de brindilles, d'herbes et de radicelles.

Habitat. En tant qu'espèce le pinson pourpré occupe toute l'Amérique, du Mexique au Canada. Dans l'est du Csmada, il va au nord jusqu à l'extrême limite de la colonisation établie. Le long des confins méridionaux c'est un hôte régulier d'hiver qui couve là moins souvent que plus au nord.

SOUS-ESPÈCES. Le pinson pourpré est représenté par deux sous-espèces; l'individu de l'est du Canada, le pinson pourpré de l'est, est le type de l'espèce.

Le pinson pourpré, malgré son nom, n'est pas du tout pourpré; la couleur «magenta» (rose violacé) décrirait mieux sa coloration. C'est un de nos meilleurs chanteurs et on le met parfois en cage pour cette raison. Comme ses congénères, le gros-bec des pins et les becs-croisés d'Amérique, une fois en captivité il perd le beau rouge de son plumage et revêt un jaune vermeil si particulier et caractéristique que des oiseaux qui ont réussi à s'envoler de la cage se reconnaissent à première vue. Le chant est une suite continue et claire de sons mélodieux comme ceux que module le fameux viro gris-olive, mais d'une exécution plus rapide. Le jeune mâle, en automne, chante presque aussi bien que l'adulte.

Valeur économique. Le pinson pourpré se nourrit surtout de bourgeons et de fruits. Le nombre de fruits qu'il mange dans l'est du Canada est insignifiant vu que cette espèce d'oiseaux n'est pas nombreuse en été dans les localités où l'on cultive les arbres fruitiers. Cet oiseau quitte les confins méridionaux et se rend dans les parages moins cultivés dans la saison de la couvaison. Les fruits qu'il prend sont principalement ceux que l'homme a dédaignés et laissé perdre, des fruits sauvages dont il est friand comme ceux du frênç sauvage et du sorbier. Le procès qu'on lui fait à cause des bourgeons qu'il mange est plus sérieux, mais u'a pas été jusqu'ici appuyé par autre chose que des affirmations générales et non par le résultat d'un examen de l'estomac des oiseaux. Il se peut que, parfois, le pinson pourpré fasse des dégâts considérables en certaines localités, en picotant les bourgeons à fruits de l'année suivante ; mais il reste à prouver qu'il fait assez de tort de cette façon pour nuire à la récolte des fruits.

Genre — Passer. Moineau domestique d'Europe.

520. Le Moineau domestique, (house sparrow). Passer hostilis. L, 6-50. Planche XXIX B.

Traits distinctifs. La bavette noire du mâle est distinctive. Les femelles ont une légère indication de la couleur olive et pourraient se prendre pour la femelle du pinson pourpré, n'était-ce qu'elles n'ont pas de raies en dessous. La femelle, ou les plumages d'automne du goglu, font un peu penser à ce plumage, mais les raies très prononcées en dessus et la couleur jaune générale sont tout à fait caractéristiques du gpglu. Un peu d'attention donnée à l'espèce dans nos rues et dans nos cours de fermes suffira à empêcher qui que ce soit de prendre cette espèce pour aucune autre.

Indications sur le terrain. Les notes caractéristiques et le gazouillement du moineau domestique seront toujours la meilleure indication sur le terrain pour le reconnaître.

Habitat. A l'origine son territoire comprenait toute l'Europe et la plus grande partie de l'Asie. Aujourd'hui il est dans toute l'Amérique du Nord jusqu'aux confins des parties colonisées.

Cet oiseau n'est pas originaire d'Amérique, mais c'est un des produits les moins désirables qu'on ait importés d'Europe. Malgré son habitude bien connue de manger du grain il fut introduit en Amérique en qualité de destructeur de chenilles. En effet, à l'instar de la plupart des oiseaux qui quelquefois mangent des chenilles, le moineau en mange, mais à cet égard il n'approche pas de la capacité des espèces qu'il a évincées. Comme c'est un oiseau des villes et des cours de fermes, son activité se donne carrière sur-

tout dans les localités où il y a abondance de nourriture pour les non-insectivores, c'est-à-dire de déchets de cuisines, de grains qu'on laisse perdre, etc. En automne il se livre à des excursions à la campagne et visite les champs en grandes bandes, surtout après les moissons quand il reste beaucoup de grain perdu par terre; quelquefois il arrive avant la moisson et alors il cause de grands dégâts. Son régime d'alimentation est donc nuisible, ou ne l'est pas suivant les circonstances, si bien que dans un règlement de compte, c'est en faveur de l'oiseau que le bilan s'établirait. Les trois autres principaux griefs qu'on fait valoir contre le moineau domestique sont les suivants : il évince des espèces plus utiles que la sienne; il salit les alentours des maisons; on le suspecte de propager les maladies des oiseaux de basse-cour.

Les moineaux domestiques chassent les autres oiseaux de trois façons : en monopolisant les provisions alimentaires; en s'emparant des places pour leurs nids; par leurs mœurs querelleuses et batailleuses. Pendant le temps de la couvaison, quand les petits reçoivent leur becquée, les moineaux et d'autres espèces se font concurrence pour la nourriture à donner à leurs petits, c'est-à-dire pour les mêmes insectes (les petits de tous les passereaux demandent des insectes, bien que ceux de l'espèce présente ne soient pas longtemps purement insectivores). Jusqu'ici peut-être les moineaux pourraient passer pour être aussi utiles que les individus qu'ils évincent, mais la plupart des oiseaux évincés sont de perpétuels chasseurs d'insectes, tandis que le moineau ne l'est que temporairement. Aussitôt que les devoirs de la couvaison sont finis ils retournent aux déchets et aux matières qu'on laisse perdre et leur importance baisse d'autant, tandis que les oiseaux évincés continuent à rendre des services pendant toute la saison. Les moineaux domestiques restent avec nous pendant tout l'hiver, ne montrant aucune disposition à émigrer, aussi sont-ils sur le terrain dès les premiers jours du printemps et, lorsque arrivent nos hôtes d'été, oiseaux originaires du pays (presque tous plus ou moins migrateurs, soit comme espèces soit comme individus) ils trouvent déjà prises toutes les meilleures places pour y mettre leurs nids. La difficulté qu'on trouve à écarter les moineaux des nichoirs est la meilleure preuve de l'état de choses en question. Ils sont querelleurs, en outre, et quoique, une fois établies, la plupart des espèces natives soient très capables de résister aux agressions, ils n'aiment pas le perpétuel état de guerre où les fait vivre le voisinage du moineau anglais. Il est bien plus facile de l'éviter que de le combattre. De là vient que peu d'oiseaux d'autre espèce se soucient de vivre dans leur voisinage. Les nids sont grands, massifs, des amas malpropres de paille et d'herbe, et l'habitude qu'ont ces oiseaux de boucher les tuyaux de gouttières, les rend très désagréables. Pour ajouter aux inconvénients provenant des nids des oiseaux domestiques, la réunion de ces oiseaux en nombres considérables, pendant toute l'année, dans des coins abrités sous des corniches et des porches, entraîne des accumulations d'ordures qui irritent les habitants des maisons. De nos jours un des importants problèmes de l'architecture consiste à imaginer des détails satisfaisants et qui ne fourniront aucun abri aux moineaux dont les saletés défigurent les moulures les plus soignées et finissent par désagréger les matériaux dont l'édifice est composé. Le dernier grief, celui de colporter les maladies, n'est pas le moindre de ceux qu'on fait à cette espèce. Le fait de picoter familièrement avec les poules et celui de voleter en liberté d'une basse-cour à l'autre donnent à ces moineaux toute facilité pour être des colporteurs de maladies. La chose, il est vrai, n'a pas

encore été absolument démontrée, mais qu'elle soit possible et même probable, cela est assez évident. C'est une circonstance bien instructive que les dindes sont de nos jours sujettes aux ravages de certains boutons qui se sont propagés rapidement dans notre pays, alors que dans certaines îles côtières du Massachusetts, d'où le moineau anglais est absent, le dindon s'élève aussi facilement qu'autrefois.

Il n'est pas douteux que l'introduction en Amérique du moineau domestique a été une erreur. Il était déjà connu dans son pays d'origine comme une espèce peu recommandable, et nullement propre à l'usage auquel on le destinait en l'important en Amérique. Dans ce pays, éloigné de tout ce qui pouvait enrayer ses défauts et le tenir en dépendance, il a multiplié au delà de toute. raison et, si ses mœurs les plus critiquables ont empiré, ses moins mauvais côtés ne se sont guère perfectionnés. Quoi qu'il en soit, le moineau domestique est ici pour y rester. On a légiféré contre lui, de grosses sommes ont été dépensées pour le tenir en échec, rien n'y a fait Des mesures locales ont été prises pour en réduite le nombre, de temps à autre, mais elles n'ont servi qu'à attirer du dehors de nouvelles hordes quand l'effet de ces mesures s'est épuisé. De constants efforts maintiendront le nombre de ces oiseaux en de certaines limites, mais ces efforts devront s'étendre à tout le continent si l'on veut en finir avec cette malfaisante engeance. Des pièges, du poison, une destruction systématique des nids seront les meilleurs moyens d'en venir à bout. L'effet du poison est certain, mais il faut faire attention de ne s'en servir que dans les saisons et les lieux où aucune autre espèce ne puisse avoir accès. Les pièges fait de fils de fer et toujours en place, prendront un grand nombre de ces oiseaux à la fois et donneront pleine satisfaction. Un bon modèle de ces pièges a été décrit par la Commission biologique des Etats-Unis, dans le Farmers' Bulletin n° 493.

Genre — Loxia. Becs-croisés.

521. Le Bec-croisé d'Amérique, (crossbill). Loxia eurvirostra. L, 6-19. C'est un passereau de taille moyenne avec le proloneement des deux bouts du bec qui s'entrecroisent quand le bec se ferme (figure 52, p. 28). Le mâle d'un rouge terne, plus brillant au croupion; les femelles et les jeunes sont semblables avec le rouge remplacé par du verdâtre ou du jaune. Pas de barres sur les ailes.

Traits distinctifs. Ce bec entre-croisé est distinctif de cet oiseau, l'absence de la barre blanche sur l'aile indique l'espèce.

Indications sur le terrain. C'est un petit oiseau d'hiver qui arrive souvent en grandes bandes; quelques individus font voir une coloration rouge. Les notes de sa voix sont à peu près semblables à celles des chardonnerets. Habitudes de grimper à la façon des perroquets.

Nid. Ordinairement dans les arbres conifères; nid fait de brindilles et d'herbes, garni de mousse et de radicelles.

Habitat. Les forêts de conifères dans les deux hémisphères. Le bec croisé d'Amérique couve au nord des lieux colonisés et très populeux, au sud des montagnes, à l'Est et à l'Ouest. Sa présence est irrégulière en hiver dans le sud du Canada.

SOUS-ESPÈCES, lie bec-croisé d'Amérique est ime sous-espèce du bec-croisé, une espèce de l'ancien comme du nouveau monde, et porte le nom en trois mots de Loxia eurvirostra minor.

Les becs-croisés sont également des oiseaux qui descendent irrégulièrement du nord vers le sud du Canada, en hiver, reviennent d'habitude pendant plusieurs saisons successives, et puis ne reparaissent plus de bien des années.

Valeur économique. Cette espèce se nourrit presque entièrement de graines de conifères: pins, sapins du Canada, et cèdres; des baies de la douce-amère grimpante et aussi des pépins de pommes pourries qui pendent aux arbres. La vitesse et l'adresse avec lesquelles ces graines sont retirées des cônes de pins nous feraient croire que le bec-croisé est nécessaire pour ce genre d'opération jusqu'au jour où l'on découvre que l'espèce au bec normal peut faire la même chose avec la même facilité.

522. Le Bec-croisé à ailes blanches, (white-winged crossbill). Loxia leucoptera. L, 6-05. Semblable à l'espèce précédente, mais avec des barres blanches sur les ailes.

Traits distinctifs. D'une coloration peut-être un peu plus brillante que le bec-croisé d'Amérique, mais avec des modifications considérables de teinte et de nuance. Les barres blanches de l'aile et le bec croisé sont toujours distinctifs.

Cet oiseau est si semblable au précédent par ses mœurs et par ses visites qu'aucune discussion du sujet n'est nécessaire.

Genre — Acanthis. Sizerins.

Description générale. Ce sont de petits passereaux au bec court et aiguisé; une couronne avec calotte d'un cramoisi mat, une tache d'un noir di£Fus sur le menton; le dos et les flancs ont des raies brunes, cendrées et blanches. Les mâles adultes ont la poitrine d'un rose pâle, le croupion plus ou moins teinté de rose; une idée de cette teinte se montre en d'autres plumages.

Traits distinctifs. La petite calotte cramoisie est toujours distinctive.

Nid. Dans des buissons plutôt bas: nid fait d'herbes garni de poils, de peau de lapin blanc ou de renard, de plumes ou de duvet végétal.

Habitat. Régions circompolaires et arctiques pour la couvaison, émigrant vers le Sud assez irrégulièrement en hiver.

Il y a dans l'est du Canada deux espèces de sizerins lesquelles se divisent en cinq sous-espèces, toutes si pareilles les unes aux autres qu'il faut une expérience toute spéciale pour les différencier avec exactitude. La ligne de démarcation des espèces est très subtile, les sous-espèces se mélangent et, comme il y a des modifications considérables quant aux individus et quant à l'âge, c'est seulement par une attention donnée aux petits détails qu'on peut les distinguer.

Les traits distinctifs sont donnés plutôt comme des indications que comme des différenciations définitives.

Valeur économique. Voir le sizerin à tête rouge.

527. Le Sizerin de Homemann. (hornemann's rbdpoll). Acanthis homemanni. L, 5. Ce sont des sizerins de couleur claire, avec un croupion blanc ou rose et sans tache. Les adultes ont des plumes dont les bords sont clairs si bien qu'un oiseau typique ressemble à un sizerin ordinaire vu à travers un voile blanc.

Traits distinctifs. Le croupion sans tache est le caractère le plus constant et le plus facile à reconnaître.

Habitat. Les régions arctiques et sous-arctiques de l'hémisphère boréal. Le sizerio du Groenland couve dans l'Europe arctique, le Groenland et peut-être dans l'Amérique voisine. Le sizerin blanc couve dans l'Amérique arctique, de l'Ungava aux parties adjacentes de l'Asie.

SOUS-ESPÈCES. Le sizerin de Homemann comprend deux sous-espèces en Amérique: un individu de bonne taille, le sizeriu du Groenland, l'individu type; et le sizerin blanc^ A. h. exUipes. Ils se distinguent très facilement l'un de l'autre par la taiUe, le premier ayant une aile de 3 pouces -37 et le second de 3 seulement.

Par leurs mœurs générales ces oiseaux se rapprochent tant de l'espèce suivante, qui est d'ailleurs beaucoup plus commune, qu'une discussion spéciale n'est pas nécessaire. Cette espèce est en général si rare dans les districts colonisés que toute identification des individus doit se faire avec des grandes précautions. Pendant certains hivers cette espèce arrive en nombres plus ou moins grands, avec de grandes bandes de sizerins ordinaires, mais il n'y a aucune régularité dans leurs visites.

528. Le Sizerin à tête rouge, (redpoll unnet). Acanthù linaria. L, 5-5-5. C'est un sizerin plutôt foncé, avec un croupion plus ou moins fortement rayé et imperceptiblement lustré de blanc.

Traits dwUnctifs. Le croupion rayé est le trait le plus facilement reconnaissable.

Habitat. Le nord de l'hémisphère boréal. Le sizerin commun couve partout dans les régions du nord du continent américain; dans les régions du sud, il couve dans l'est jusqu'au golfe du Saint-Laurent. Le sizerin de Holbœll couve en Amérique dans les îles arctiques de l'Ouest, et le grand sizerin couve dans le Groenland.

SOUS-ESPÈCES. L'espèce comprend trois sous-espèces: le sizerin commun, Acanthis linaria linaria^ qui est le plus commun de fait comme de nom; le sizerin de Holbœll, A. l. hoWœlli, individu un peu plus grand; et le grand sizerin, A. l. roslrata, le plus grand de l'espèce. Il y a de petites différences, visibles à l'œil du connaisseur, dans les becs et les détails de la coloration, mais à tout prendre, la taille est le meilleur critérium, bien qu'il ne faille pas trop s'y fier, car il se fait parfois des mélanges entre les sous-espèces. L'aile du sizerin commun devrait être de 2 pouces ■ 9j celui du Holbœll, de 3 pouces, avec un bec légèrement plus long, et celui du grand sizenn de 3 pouces -5, avec im bec plus court et plus gros. Cependant, quand on identifie des sizerins, il conviendrait de se rappeler que le sizerin commun est le seul qu'on ait quelque chance de rencontrer; aucune autre caractérisation ne devrait se faire qui ne fût pas appuyée de l'opinion d'une autorité.

Avec plus ou moins de régularité nos champs d'hiver et nos terrains abandonnés sont envahis par d'immenses bandes de petits moineaux qui se nourrissent des bouts de mauvaise herbe qui émergent de la neige, ou qui perchent sur les arbres un peu bas et dans les buissons d'alentours. De cette foule s'élève un gazouillement continu sortant de ces petits gosiers, non pas qu'un seul de ces oiseaux produise un chant, au sens propre du mot, mais tous ensemble ils font une musique en sourdine qui est certainement agréable à entendre. Les corps arrondis duvetés et couverts de plumes, la petite calotte richement cramoisie, et parfois quelque rayon rose parti de ces poitrines et du croupion, disent assez que ce sont des sizerins. Ces petits êtres sont apprivoisés et sans méfiance; si celui qui les observe se fait discret, ils pourront d'aventure se poser autour de lui, même sur lui, avec autant de sans-gêne que s'il était une bûche ou quelque partie inanimée du paysage. Ils demeurent dans la contrée jusqu'à l'heure printanière du départ; alors ils disparaissent jusqu'au retour de l'hiver. Leurs migrations hivernales sont irrégulières et très changeantes.

Valeur économique. Comme ils arrivent en grand nombre, qu'ils cherchent avidement les bouts des mauvaises herbes qui percent la neige, les sizerins doivent être accueillis avec joie par les cultivateurs, non seulement à cause de leurs gentilles manières mais surtout pour le bien qu'ils font en détruisant les semences d'ivraie. Il est impossible de parcourir le terrain où ces oiseaux ont pâturé et de l'examiner de près sans être frappé de la quantité de bon travail qu'ils y ont fait. Leurs traces se voient partout sur la neige et tous les bouts d'herbes semble avoir été examinés au microscope. Vu leur nombre, et qu'ils viennent dans les plus grands froids, il est évident que leur présence doit avoir une influence destructive des mauvaises herbes de la saison suivante.

Genre — A stragalinus. Chardonnerets.

529. Le Chardonneret jaune, (amebicangoldfinch). Astraçalinustristis. L, 5- 10. Planche XXX A.

Traits distinctifs. En été, le mâle avec son corps jaune qui contraste fortement avec le noir des ailes, de la queue et de la calotte est extrêmement caractéristique. En hiver les couleurs sont moins marquées et distinctives, mais il y a toujours un soupçon de jaune vers le cou, la tête et le dos, sinon ailleurs; les ailes et la queue restent absolument noires quoique avec plus ou moins de bordures blanches ou chamois sur les barres de l'aile.

Indications sur le terrain. Par leurs mœurs, leur manière d'être et la quahté générale de leurs notes les chardonnerets d'hiver ressemblent aux chardonnerets des pins ou aux becs-croisés. On peut les distinguer des premiers par l'absence de raies, et des autres par l'absence de coloration rouge, plus claire et du croupion blanc.

Nid. Fait d'herbes, de duvet végétal, et garni de ce même duvet.

Habitat. En tant qu'espèce, tous les Etats-Unis et le sud du Canada, jusqu'aux limites de la colonisation. Le chardonneret de l'Est va à l'Ouest jusqu'au Manitoba inclusivement.

SOUS-ESPÈCES. Le chardonneret jaune comprend trois sous-espèces reconnues, dont une seule, le chardonneret de l'Est, l'individu type, se rencontre dans l'est du Canada.

C'est un des oiseaux d'été les plus gais et qui, parfois, reste en hiver dans les parties les plus méridionales du Canada. C'est un grand amateur du chardon blanc duveté et des graines de pissenlit; on peut souvent le voir picotant le duvet, coupant la partie qui mûrit et laissant la partie la plus légère s'envoler avec le vent. Son chant est aussi agréable que son apparence, quand il est posé sur quelque élévation isolée et chante: ((swit-swittchewit-tchevnt-tchemt)} ou qu'il s'envole dans l'air avec une bande joyeuse qui répète son npertchic-o-piey). Le chardonneret jaune, quoique apparenté à l'oiseau du même nom dans l'ancien monde, est une espèce bien différente qui fut dénommée comme les premiers colons avaient coutume de le faire pour beaucoup d'oiseaux, c'est-à-dire d'après des ressemblances réelles ou imaginaires avec les individus qu'on avait connus dans la mèrepatrie.

Valeur économique. C'est un oiseau qui n'a aucune mauvaise habitude et qui en a plusieurs de bonnes. Les semences des mauvaises herbes sont sa nourriture principale, mais il touche rarement au grain. Si les moineaux domestiques ou anglais n'en ont pas épuisé prématurément le stock, les graines du tournesol sont le meilleur moyen d'attirer les chardonnerets, et si l'on met de ces graines le long des palissades de derrière la maison, ces oiseaux y seront en permanence pendant l'automne et l'hiver. Ils prennent aussi plus ou moins d'insectes et un peu de fruit, des espèces plutôt sauvages car on ne s'est jamais plaint qu'ils touchassent aux variétés cultivées.

Gêner — Spinus. Tarins.

533. Le Chardonneret des pins, (fine siskin). Spinus pimis. L, 5. Ce sont de petits oiseaux, pareils aux chardonnerets, à raies d'un brun olive parfois sur un fond blanc mat, quelquefois légèrement teinté de jaune; plus clair en dessous et avec une tache jaune citron et les ailes légèrement nuancées de cette couleur.

Traits distinctifs. Rayures générales et tache jaune étendue sur l'aile.

Indications sur le terrain. Mœurs et rayures générales, pareilles à celles du chardonneret.

Nid. Dans les arbres conifères; nid fait de ramilles et de radicelles, garni de duvet végétal.

Habitat. Les forêts de conifères du nord, à travers tout le continent; émigré vers les régions colonisées en hiver, et y couve par endroits.

C'est un hôte d'hiver des parages méridionaux du Canada et niche ordinairement dans Québec et les provinces maritimes. Il affectionne les arbres conifères et leur perpétuelle verdure.

Valeur économique. Comme il ne visite qu'en hiver le Canada colonisé et qu'il a un goût proiioncé pour les fruits des conifères, c'est plutôt une espèce neutre ne faisa*nt peut-être aucun bien, mais à coup sûr aucun dommage.

Genre — Pledrophenax. Plectrophanes des neiges.

534. Le Plectrophane des neiges, l'oisead blanc, (snow buntinq). PUctrophenax nivalis. L, 6-88. Planche XXX B.

Traita distinctifs. Le violent contraste du blanc et du noir avec la bordure rouilleuse des plumes, surtout sur la tête, le dos et la bande pectorale. Pendant l'hiver les bordures rouiUeuses disparaissent peu à peu, et le plumage noir et blanc de la couvaison succède sans mue. Le motif général de la coloration du plectrophane ne se trouve chez aucun autre oiseau du Canada.

Indications sur le terrain. Ce sont des moineaux vivant en troupe sur le sol et montrant de grandes parties de blanc sur leurs ailes noires quand ils volent.

Nid. Sur le sol dans la mousse, nid fait d'herbe, de radicelles, garni de mousse, de plumes et de poils.

Habitat. Les régions circompolaires, arctiques. Au Canada, ils couvent depuis la limite des terres stériles dans la direction du nord, d'un bout à l'autre du continent.

SOUS-ESPÈCES. Bien que le plectrophane comprenne plusieurs sous-espèces, on ne rencontre dans l'est du Canada que le type de l'espèce, le plectrophane commun.

Ces oiseaux sont les hôtes d'hiver du sud du Canada, se nourrissant de têtes de mauvaises herbes émergeant de la neige dans les champs de commune propriété et perchant rarement sur les arbres. Une troupe d'oiseaux s'abat sur une neige tachetée de ces têtes d'herbes et la traverse en faisant son petit travail, l'arrière-garde s'élevant de temps à autre comme une bourrasque de neige pour prendre les devants; la chose se répète jusqu'à ce que le champ entier soit parcouru.

Genre — Calcarius. Plectrophanes.

536. Le Plectrophane de Laponie. (lapland lonqspub). Calcarius lapponicus. L, 6 •25. C'est un moineau d'hiver, vivant en troupe et fréquentant les champs de commune propriété. Les mâles, brun foncé en dessus fortement rayé de chamois jusqu'à la couronne de la tête, avec un col brun rougeâtre en travers de l'arriôre-cou; les joues, la gorge et la bavette sont noires. Blanc, en dessous. Les femelles et les jeunes sont semblables, mais le noir de la face et de la gorge est remplacé par un nuage de brun et de chamois, ou bien il ne se montre que vaguement sur les plumes irrégulièrement dispersées. L'ongle du doigt postérieur est très allongé comme dans l'alouette ordinaire (fig. 44, p. 27).

Traits distinctifs. Par ses mœurs ce plectrophane pourrait être pris pour le plectrophane des neiges mais le dos fortement rayé, l'absence de blanc sur l'aile et la griffe de derrière allongée sont des traits distinctifs. L'absence de touffe aux oreilles, de jaune à la gorge, le bec de moineau feront distinguer ce plectrophane de l'alouette ordinaire. Une forte taille, l'habitude de se tenir au sol, et sa venue en hiver en troupe feront distinguer le plectrophane de Laponie de tout autre moineau de même coloration.

Indications sur le terrain. L'absence d'amas blanc sur les ailes fera distinguer le plectrophane de Laponie de celui des neiçes, et l'absence de touffes aux oreilles et de jaune à la gorge le distinguera de l'alouette ordmaire, oiseaux avec lesquels on est exposé à l'état vivant.

Habitat. C'est une espèce circompolaire qui ne descend vers les régions colonisées qu'en hiver. En Amérique il couve sous les hautes latitudes partout dans ce continent.

SOUS-ESPÈCES. Dans l'Est on ne rencontre jamais qu'une sous-espèce de ce plectrophane de Laponie, celui de l'Est, l'individu type.

Semblable par ses mœurs au plectrophane des neiges il accompagne souvent des bandes de ces oiseaux et d'alouettes ordinaires.

Genre — Poœcetes. Pinson à ailes haies.

540. Le Pinson à ailes baies, (vespeb spabbow). Poœcetes gramineus. L, 5-75. Planche XXXI A, Moineau du sol, de couleur terne, délicatement rayé de teintes brunes, en dessus; en dessous, du blanc, avec des raies vaguement indiquées sur les flancs, en travers de la poitrine, et sur les côtés de la gorge. Les épaules sont d'un brun rougeâtre.

Traits distinctifs. Ce pinson peut se distmguer des autres pinsons de couleur terreuse par le brun-rouge des couvertures supérieures de l'aile ou des épaules, et par le blanc sur les plumes extérieures de la queue.

Indications sw le terrain. Le pinson à ailes baies peut facilement être confondu avec le pinson chanteur, à l'état vivant, mais l'absence de la tache pectorale causée par la ré«mion des raies, et la présence des plumes blanches extérieures de la queue, qui se voient quand l'oiseau vole, sont des marques distinctives. Le pinson niveroUe, oiseau d'un gris uniformément foncé, est la seule autre espèce ayant une marque caudale de ce genre, qu'on puisse comparer au pinson à ailes baies.

Nid. Dans l'herbe sur le sol; nid fait d'herbages, de radicelles, de poils, et d'herbes plus délicates à l'intérieur.

Habitat. En tant qu'espèce cet oiseau habite toute la partie tempérée de l'Amérique du Nord. Il couve partout où on le rencontre au Canada.

SOUS-ESPÈCES. Bien qu'on reconnaisse des sous-espèces de l'Est et de l'Ouest de ce pinson, celui de l'Est, l'individu type, se rencontre seul dans l'est du Canada.

Le pinson à ailes baies peut se comparer au pinson chanteur par ses mœurs, son chant et son apparence générale. Il est moins un oiseau des buissons, toutefois, et d'habitude il fréquente la lisière des champs ou les endroits qui oiïrent un abri, comme le voisinage des fossés ou des routes. Son chant ressemble à celui du pinson chanteur, mais une oreille exercée ne s'y trompera pas et saura l'en distinguer.

Valeur économique. C'est un des plus utiles d'entre tous les passereaux. Il cherche sa nourriture au loin dans les champs, plus loin que la plupart des moineaux ordinaires d'été et prend une plus grande quantité d'insectes et de grandes quantités de semences de mauvaises herbes. On trouve du grain dans son estomac, mais la chose s'explique par le fait que c'est du grain perdu avec l'éteule ou le long du chemin. Le pinson à ailes baies mérite donc d'être protégé de toutes les façons.

Genre — Passerculus. Pinsons des prés.

541. Le Pinson d'Ipswich. (ipswich sparbow). Passerculus priTtceps. L, 6-25. Ressemble à un gros et très pâle pinson des prés (voir l'espèce suivante) .

Traits distinctifs. Il se dintmgue du pinson des prés par une plus grande taille, une coloration claire et l'absence de la tache jaune en avant de l'œil. En automne, le jaune à la courbure de l'aUe est complètement absent. Il se distingue du pinson à ailes baies par une coloration claire, l'absence de rouge sur les épaules, et, au printemps, par du jaune à la courbure de l'aile et en avant de Pœil. Il se distingue du pinson chanteur par sa couleur claire et, au printemps, par du jaune, comme ci-dessus.

Indications sur le terrain. Un pinson très pâle, à peu près de la taille du pinson à ailes baies.

Ce pinson a un habitat restreint et isolé. La seule place où il couve c'est l'île du Sable, à environ 60 milles au sud de Cap Breton. En hiver il émigré et descend la côte de l'Atlantique sans jamais aller loin dans l'intérieur. Il a peu de valeur économique.

542. Le Pinson des prés, (savannah spabrow). Passerculus sandwichensis' L, 5-68. C'est un assez petit pinson rayé, en dessus, de brun, de gris cendré et de teintes intermédiaires. En dessous, blanc avec des raies d'un brun tranché sur la poitrine, sur les flancs et, en certains cas, sur la gorge. Du jaune sur la courbure de l'aile et une tache Ml avant de l'oeil. Les oiseaux de l'automne sont lavés d'une teinte chamois, et les marques sont aussi plus légères et plus étendues.

TraiU digtinctifs. Le pinson des prés peut se distin^er du pinson chanteur par les taches jaunes en avant de l'œil et sur la courbure de l'aile, et par l'absence de ces raies jointes ensemble qui forment une tache au milieu de la poitrine du pinson chanteur. Il peut se distinguer d'autres pinsons apparentés, des groupes du pinson des sauterelles et du Pataerherbulxis, par les raies bien tranchées sur un fond blanc en dessous.

Indications sur le terrain, lie pinson des prés peut se reconnaître stir le terrain par la ligne jaune au-dessus de l'œil et par les notes de sa voix. Son chant est une fine modulation, à la façon des insectes et dit: €tMp-tetp-tou-ri-i--t-i-i-i-t<)u», les premières notes à peine assez claires pour être entendues, et le tout lancé avec une vigueur qui porte les sons très loin et si fortement qu'on se demande si ces sons viennent de très près ou de très loin. Cela ressemble au chant tout pareil du pinson des sauterelles, mais celui-ci omet la note finale.

Nid. Sur le sol; nid fait d'herbes et garni de matières plus délicates.

Habitat. L'Amérique, du nord des rivages arctiques. Le pinson des prés de l'Est, P. t. savonna, occupe 1 est de l'Amérique du Nord à l'ouest jusqu'aux prairies, où il est remplacé par le pinson des prés de l'Ouest.

SOUS-ESPÈCES. Notre individu, le pinson des prés de l'Est, P. ». smanna, est une sous-espèce dont la forme type se rencontre dans les lies Aléoutiennes. Il y a plusieurs autres races géographiques mais les différences entre elles sont trop légères pour être f amihères au pubhc.

C'est un oiseau soit des prés humides, des terrains vagues et délaissés, où l'herbe croît en touffes fortes et grossières, et où l'eau est presque à la surface, soit encore des terrains sablonneux et stériles où l'herbe et les mauvaises herbes croissent en touffes éparses, Ce pinson court là comme ferait une souris, et puis s'enlève d'un rapide coup d'aile, souvent avant même qu'on ait pu le bien observer. C'est un oiseau petit, intéressant mais de si minime apparence que le plus souvent l'observateur d'occasion ne le remarque pas.

Valeur économique. En sus de grandes quantités de graines de mauvaises herbes, le pinson des prés consomme plus d'insect«8 que la plupart des passereaux et plus d'escarbots qu'aucun autre de son espèce. Les insectes saisis comprennent un grand nombre de charançons et d'autres espèces nuisibles. Bien que ce pinson habite des endroits incultes il fréquente aussi des champs cultivés, et cela assez souvent pour faire de lui un aide actif du cultivateur.

Genre — Ammodramus. Pinson des sauterelles.

546. Le Pinson des sauterelles, (orasshopfersparrow). Ammodramus savannarum. L, 5 ■ 38. C'est un petit pinson qui vit beaucoup dans l'herbe. Le dos est marqué de fines et courtes raies d'un chamois brun, cendré et clair, d'un dessin indéterminé; blanc mat en dessous, lavé en travers de la poitrine, d'un chamois clair qui se fane sur les côtés de la gorge. 'Tache jaune en avant de l'œil; les couvertures supérieures de l'aile et la courbure de l'aile sont jaunes ou jaunâtres.

Traits disiinclifa. Les couvertures supérieures de l'aile sont jaunâtres et distinctives de l'espèce. La poitrine sans raie et sans tache le fera distinguer de la plupart des autres petits pinsons herbicoles.

Indications sur le terrain. Cette espèce peut être distinguée de la plupart des autres petits pinsons par sa poitrine sans raie et vaguement colorée de chamois. Son chant rappelle la dernière partie de celui du pinson des prés, moins la syllabe finale, et finit peu à peu en €6«-6z-iz-iz-z-z-z» .

Nid. Sur le sol; nid fait d'herbes et avec un toit arqué.

Habitat. Depuis les Etats-Unis jusque dans l'Amérique du Sud; il traverse réguhèrement la frontière canadienne dans le voisinage du lac Erié, et seulement en cet endroit.

SO US-ESPÈCES. Le pinson des sauterelles de l'Est est une sous-espèce, A . s. australis. La forme type se rencontre en dehors des limites du présent oiseau. Une autre espèce se trouve dans l'Ouest.

Ce pinson doit se chercher dans les prairies herbeuses en même temps qu'on y cherche le goglu et l'étourneau des prés; mais son habitat se borne décidément à certains lieux.

Valeur économique. C'est un pinson rare, de minime valeur économique et en tout cas ne causant aucun dommage.

Genre — Passerherbulus. Pinson à queue aiguë.

547. Le Pinson de Henslow. (henslow's spabkow). Passerherbulus henslom. L, 5. C'est un très petit pinson herbicole. La nuque et le bas du cou sont d'un olive jaunâtre; le dos est vinacé, chacune de ces deux couleurs est marquée de courtes lignes de brun. En dessous du blanc finement rayé de brun foncé en travers de la poitrine et sur les flancs. Bec gros pour la taille de l'oiseau, les plumes et la queue sont pointues.

Traits distinctifs. La couleur olive et la vinacée sont les couleurs de fond des parties supérieures; la poitrine a de fines raies.

Indications sur le terrain. C'est un petit oiseau qui court dans l'herbe et qu'il est très difficile de faire s'envoler. Il s'élève d'im vol rapide, bas, en zig-zag et se laisse rechoir dans l'herbe avec une soudaineté inattendue. Le meilleur moyen de l'identifier à l'état vivant c'est d'écouter ses notes, les deux sons si-slik très pénétrants d'un si petit volume que d'en être presque difiicile à entendre même de très près, et cependant, assez prononcés pour avoir une force considérable de portée.

Nid. Sur le sol; nid fait d'herbes et extraordinairement bien caché.

Habitat. Le pinson de Henslow de l'Est se rencontre dans l'est du Canada seulement dans le sud de l'Ontario. Une autre sous-espèce se trouve dans l'Ouest.

SOUS-ESPÈCE. La forme de ce pinson de l'Est c'est le pinson de Henslow de l'Est qui est la sous-espèce type de la race.

Il peut arriver qu'on se trouve au milieu même d'une colonie de pinsons de Henslow sans qu'on s'en doute, pour la raison qu'on les voit rarement, à moins que leurs notes n'attirent l'attention. Les prés herbeux dont on laisse perdre l'herbe sont leurs séjours de prédilection.

548. Le Pinson de Leconte. (leconte's spabkow). Passerherhulus lecontei. L, 5. C'est un très petit pinson herbicole, habile à se jouer de vous. En dessus, couronne brun foncé avec raie médiane d'un chamois clair, la nuque est vinacée avec raies gris chamois, le dos brun foncé avec raies d'un chamois clair bien tranchées. En dessous, blanc lavé d'ocre sur la poitrine, la gorge et les joues.

Traits distinctifs. lie contraste de la raie médiane d'un chamois clair avec la nuque vinacée et le dos brun foncé.

Nid. Sur le sol; nid fait d'herbes fines.

Habitat. Le centre de l'Amérique du Nord. C'est un oiseau des prairies qui ne se rencontre qu'accidentellement en dedans du territoire dont s'occupe le présent ouvrage.

Cette espèce n'a été signalée qu'une seule fois dans l'est du Canada, à Toronto. A cause de ses habitudes toutes pareilles à celles des souris, ce pinson est difficile à trouver ou à reconnaître, si on le trouve; il peut donc être plus commun qu'on ne croit.

549.1. Le Pinson à queue aiguë, (nelson'ssharp-tailed sparrow). Passerherbulus nelsoni. L, 5-9. Un petit pinson herbicole. En dessus, la ligne médiane de la couronne, d'un bleu ardoisé avec bordure brun foncé, et ligne d'ocre au-dessus de l'œil. Une bande vaguement ardoisée et olive en travers de la nuque et des épaules. Dos à raies bien tranchées d'un brun ardent et chamois pâle lavé d'un ton ardoisé clair. En dessous du blanc avec poitrine de couleur ocre qui s'étend plus ou moins aux joues, aux flancs, et pâle sur la gorge. La poitrine est quelquefois marquée de raies indistinctes et plus foncées; les flancs le sont toujours.

Traits distinctifs. La raie médiane de la couronne est de couleur ardoisée; de longues raies sur le dos de même couleur.

Indications sur le terrain. La coloration générale de couleur chamois ou jaune foncé: en dessous; la ligne jaune au-dessus de l'œil et les raies un peu vagues sur la poitrine.

Nid. Sur le sol; nid fait d'herbes délicates.

Habitat. L'est de l'Amérique, surtout au nord des Etats-Unis et au sud du Canada. La forme type est limitée aux prairies et l'autre à la côte de l'Atlantique.

SOUS-ESPÈCES. Le pinson à queue aiguë comprend deux sous-espèces: la forme type, le pinson à queue aiguë, race de la Prairie; et le pinson à queue aiguë d'Acadie, P. n. sxÂvirgalus, qui est une race de l'extrême E^t. Le pinson d'Acadie se cantonne dans les marécages salins de la côte orientale de l'île du Prince-Edouard et au-dessous du golfe Saint-Laurent. Sa f>oitrine et sa gorge sont plus claires, couleur chamois plutôt que d'ocre, il est distinctement quoique faiblement rayé sur la poitrine. La coloration du dos est plus effacée et plus étendue; la ligne médiane de teinte ardoisée est plus large et fait moins contraste avec la brune. On ne court guère le risque de les confondre car les races peuvent être réparties géographiquement avec beaucoup de certitude. Le pinson à queue aiguë ne se rencontre que par occasion et par accident dans la région des grands lacs, tandis que le pinson d'Acadie est en réalité confiné dans le voisinage de l'eau salée.

Les pinsons à queue aiguë sont des oiseaux de marécages, courant dans les herbes, s'y cachant et refusant de s'envoler jusqu'à ce qu'ils y soient forcés.

Genre — Chondestes. Pinsons ordinaires.

552. Le Pinson ordinaire, (lark spabrow). Chondestes grammactis. L, 6-25. C'est un pinson d'apparence frappante et portant des marques bien visibles. En dessus, rayé de brun et de brun chamois, en dessous blanc avec flancs chamois. Couronne brun chÂtain avec ligne médiane visible et pâle. Les couvertures des oreilles sont brun châtain en violent contraste avec la face blanche; puis, trois lignes noires bien tranchées, l'une en travers de l'autre, une autre depuis la mandibule inférieure jusqu'aux couvertures de l'oreille; ime dernière le long des côtés de la gorge. Les plumes extérieures de la queue, les extrémités de toutes les autres, sauf de celles du miheu, sont blanches.

Traits disiinctifs. Les couvertures des oreilles d'un brun rougeàtre brillant, contrastant avec la face noire et blanche sont des caractères très distinctifs.

Indications sur le terrain. La tête et la face fortement marquées et la forte quantité de blanc à la queue sont des indications faciles à reconnaître.

Nid. Sur des arbres plutôt bas et dans les buissons; nid fait d'herbes et garni d'herbes plus fines, de radicelles et de poils.

Habitat. De la vallée du Mississippi vers l'Ouest. Le pinson ordinaire de l'Est, la forme tyjje, s'étend depuis les grandes plaines à l'Est et au Nord jusque dans le sud de l'Ontario. Une autre sous-espèce se rencontre dans l'Ouest.

SOUS-ESPÈCE. La sous-espèce de l'Est de cet oiseau est le pinson ordinaire de l'Est, la forme tjrpe de l'espèce.

Le pinson ordinaire est rare dans l'est du Canada. Il faut l'aller chercher dans les terrains à broussailles incultes et le long des lisières boisées des champs.

Genre — Zonotrichia. Gros Pinsons des bois.

553. Le Pinson de Harris. (harris' sparrow). Zonotrichia querula. L, 7-50. Gros pinson rayé de brun et de brun cendré en dessous; blanc, en dessus. La couronne, la face, la gorge et le front entièrement noirs, et passant à l'état de raies sur les flancs.

Traits distinctifs. Chez les adultes, la face est noire comme si elle avait été trempée dans de l'encre qui se serait répandue sur la couronne et la gorge.

Nid. Sur le sol; au pied d'un bouleau nain; nid fait d'herbes et rarement découvert.

Habitat. Les régions des prairies, en Amérique; au nord jusqu'aux confins des terres stériles.

Cet oiseau peut être plus commun qu'on ne croit dans l'ouest de l'Ontario, près de la frontière du Manitoba, mais c'est à coup sûr la seule région où l'on puisse rechercher cette espèce. On a signalé un de ces pinsons à London, Ontario, mais ce n'a été, naturellement, qu'accidentellement.

554. Le Pinson à couronne blanche, (white-cbowned sparrow). Zonottichia leucophrys. L, 6-88. Planche XXXI B.

Traits distinctifs. Le seul qu'on puisse probablement confondre avec le pinson à gorge blanche, l'espèce suivante, et il est possible de l'en distinguer, sous guelque plumage que ce soit, par l'absence de la tache jaune en avant de l'œil et, chez l'oiseau adulte, par la gorge d'un gris presque uniforme au lieu de la gorge très blanche de cette espèce.

Indications sur le terrain. La couronne blanche et l'absence de blanc à la gorge ou de la tache jaune en avant de l'œil. A l'état vivant le dos a une couleur plutôt grise que rougeâtre.

Nid. Sur le sol ou dans les buissons un peu bas; nid fait d'herbe et de petites fibres végétales, de radicelles, etc.

Habitat. L'Amérique du Nord à partir de la limite des arbres dans la direction du Sud. Notre pinson à couronne blanche de l'Est, le type de l'espèce, s'étend vers les provinces des prairies de l'Ouest, où sa place est prise par une sous-espèce, le pinson de Gambel, Z. ». gamheli.

SOUS-ESPÈCES. Quoique trois sous-espèces de cette espèce soient reconnues au Canada, une seule, le pinson à couronne blanche de l'Est, la forme type, se rencontre dans l'Est.

C'est l'un des plus beaux pinsons. Lors même qu'il manque de couleurs très brillantes, sa couronne noire et blanche, en contraste frappant avec le gris de la gorge et du cou, lui donne un air de distinction. Son chant aussi est mélodieux, vu qu'il a cette limpidité qui distingue le chant de son proche parent le pinson à gorge blanche; malheureusement on ne l'entend surtout à son avantage que dans les parages du nord où a lieu sa couvaison.

Valeur économique. Bien qu'il ne séjourne que pendant deux semaines, au printemps et en automne, dans les régions cultivées, il y fait cependant un utile travail. Les semences de mauvaises herbes forment une partie considérable de ses aliments, la renouée et le chiendent y jouant le principal rôle. Les insectes ne constituent qu'une faible partie de sa nourriture.

558. Le Pinson à gorge blanche, le sifpleub. (white-throated sparrow) . Zonotrichia albicollis. L, 6-74. Planche XXXII A.

Traits distinctifs. Quand il revêt sa Uvrée de l'âge adulte il est facile de le confondre avec le pinson à couronne blanche, précédemment mentionné, mais sa gorge absolument blanche, et la tache jaune en avant de l'œil sont distinctives. Les jeunes oiseaux peuvent être pris pour des pinsons de marais, mais la tache jaune et la coloration plus rouge les feront distinguer toujours l'un de l'autre.

Indications sur le terrain. La gorge blanche, les lores jaunes, et le dos rougeâtre au lieu de grisâtre, feront facilement distinguer les adultes d'avec les pinsons à couronne blanche. Les jeunes sont tm peu plus difficiles à identifier et à distinguer de plusieurs autres espèces, mais au cas où ni la tache lorale jaune, ni la gorge vaguement blanche oue suggère parfois le pinson des marais, ne seraient reconnaissables, le dos beaucoup plus rouge suffira ordinairement à l'identification des pinsons à gorge blanche.

Nid. Sur le sol ou dans des buissons peu élevés; nid fait d'herbes grossières, de radicelles et de mousse, garni d'herbes plus fines.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord jusqu'à la limite des arbres au nord. Il couve partout où on le trouve au Canada sauf dans les régions les plus méridionales.

Nous avons ici le plus fameux chanteur des forêts du Nord. Quand il chante de son mieux, sa voix est limpide, flûtée, lentement mesurée pour siffler ce qu'on a cru pouvoir rendre par les mots : « Hard-times-can-a-da-can-ada-can-a-day> , ou bien « Poor-Bill-Pea-body-Pea-bo-dy-Pea-body ». Le pinson à gorge blanche est un oiseau des broussailles; les fourrés embroussaillés, les buissons de ronces, en tas tout près des champs, constituent sa demeure favorite. Dans la plupart des régions cultivées du Canada, cet oiseau n'est qu'un oiseau de passage, et son chant se fait rarement entendre. En automne quand les jeunes oiseaux s'envolent vers le sud, leurs notes se font entendre en des sons adoucis et abrégés.

Valeur économique. Le pinson à gorge blanche est un oiseau de beaucoup de valeur. Il a de l'importance comme destructeur de semences de mauvaises herbes, surtout de renouée ; il consomme force insectes et un peu de fruits sauvages. Comme cette espèce arrive en nombre considérable dans les régions fortement cultivées, au commencement de l'automne, son influence sur la masse des semences de la saison suivante ne peut être que très prononcée.

Genre — Spizella. Petits Pinsons des bois.

559. Le Pinson de montagne. (tr£E sfarrow). Spizella morUieola. L, 6-36. Planche XXXII B.

Traits distinctifs. Ressemble beaucoup au petit pinson à couronne rousse et au pinson des champs mais est plus gros, le bec jaime, à pointe noire, au lieu d'être noir comme chez le précédent ou couleur cannelle comme chez le dernier, et avec une tache foncée à moitié cachée au milieu de la poitrine.

Indications sur le terrain. Calotte brun rouge, barres blanches des ailes en évidence; gorge gris cendré, et tache foncée au miUeu de la poitrine sans tache et uniformément colorée.

Nid. Sur le sol ou tout près; nid fait d'herbes, de radicelles et de poils.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord. C!ouve dans l'extrême nord par delà des limites de la civilisation; hiverne dans le nord des Etatfi-Unis.

SOUS-ESPÈCES. Les sous-espèces de l'Est et de l'Ouest du pinson de montagne se rencontrent au Canada. La première est la forme type et la seule qui se trouve dans la région dont s'occupe le présent ouvrage.

Dans la foule de pinsons qui se donnent rendez-vous au sein des bouquets d'arbrisseaux, en automne, ou qui y reviennent de bonne heure au printemps, on est sûr de trouver le pinson de montagne. Dans les parties méridionales du Dominion, il y reste quelquefois tout l'hiver mais ailleurs il passe en migrateur. C'est un petit oiseau très propre, dont le modeste chant, au début du printemps, est fort bien accueilli après le long silence de l'hiver.

Valeur économique. Ce pinson est précieux parce qu'il détruit beaucoup de semences de mauvaises herbes et qu'il paraît n'avoir aucune mauvaise habitude.

560. Le Petit Pinson à couronne rousse, (chippino sparrow). Spizella pastenna. L, 5-37. Planche XXXIII A.

Traits distinctifs. C'est un oiseau bien connu, à distin^er par la taille du pinson des marais et du pinson de montagne, qui eux aussi, comme Im, ont lue calotte rouge; on le distinguera aussi d'eux et du pinson des champs par son bec noir et par la raie noire en travers de l'œil. Les jeunes ont la tête rayée et ressemblent extrêmement au pinson couleur d'argile, oiseau de l'Ouest qui, à l'occasion peut être confondu avec eux dans l'extrême ouest de l'Ontario. Le pinson à couronne rôtisse, cependant, a un croupion couleur d'ardoise au heu d'être d'un olive chamois.

Indications sur le terrain. C'est un petit oiseau, mince avec une calotte rouge, son chant prolongé, traînant, n'est qu'une suite de gazouillements sans accent, qui se mêlent pour ne former qu'une trille unique, soutenue, fort caractéristique.

Nid. Dans les arbres ou dans les buissons; nid fait d'herbes, de radicelles, et de fibres nombreuses entrelacées avec de longs poils. La quantité de crin de cheval employé dans ce nid est l'origine d'un des noms populaires anglais de cet oiseau (Hair-Bird).

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord jusqu'au nord de la civilisation. Il couve au Canada partout où il se trouve.

SOUS-ESPÈCES, lie type du pinson à couronne rousse qui se rencontre dans l'est du Canada, c'est le pinson à couronne rousse de l'Est, l'individu type. Une autre sousespèce se rencontre dans l'Ouest.

Le petit pinson à couronne rousse est rarement éloigné du voisinage des habitations de la banlieue ou des villages, car il s'approche volontiers des maisons et fréquente les vergers, les arbres feuillus, la cour devant la maison et même le pas de la porte d'entrée. Il n'a pas peur de l'homme, mais, quoique ne l'évitant pas, il ne se fait pas remarquer de lui, par suite de ses moeurs paisibles et modestes.

Valeur économique. Le petit pinson à couronne rousse est un plus grand insectivore qu'aucun autre oiseau de la même famille. En réalité, pendant tout le mois de juin, le 93 pour cent de sa nourriture se compose d'insectes, dont une fraction minime, le 1 pour cent seulement, renferme des espèces utiles telles que les coléoptères carnassiers et les guêpes parasites. La moyenne de l'année est de 38 pour cent d'insectes, et pour les mois que le pinson passe au Canada la moyenne doit être beaucoup plus élevée. La matière végétable qu'il consomme se compose de petites semences de mauvaises herbes parmi lesquelles le panic sanguin, le bon-henri et la renouée prédominent. On se convaincra sans peine qu'un oiseau qui a des goûts si désirables et qui survient dans le voisinage immédiat d'un jardin est infiniment utile et mérite d'être protégé de toute façon.

561. Le Pinson couleur d'argile, (clay-coloured sparrow). Spizdla pollida. L, 5-20. C'est un petit pinson dont les parties de dessus sont rayées d'un chamois pâle et d'un brun foncé jusqu à la couronne, où se remarque une bande médiane blanchâtre. Un col un peu vague d'une couleur ardoisée étendue vers l'arrière-cou. Les dessous sont blancs, légèrement teintés de chamois sur les flancs.

Traits distinctifs. En raison de sa taille et de ses mœurs, cet oiseau ne saurait être confondu avec aucun autre pinson qu'avec celui à couronne rousse: mais le dos est plus pâle que chez ce dernier, plus couleur d'argile, et le croupion au lieu d'être vaguement ardoisé est quelque peu d'un oUve chamois.

Nid. Sur le sol ou dans les buissons; nid fait d'herbes et garni de poils.

Habitat. L'intérieur de l'Amérique. C'est un résident des prairies qui va au nord jusqu'aux limites des provinces des prairies et qui ne se rencontre que par accident dans l'est du Canada sauf peut-être dans le pays qui touche à la frontière du Manitoba.

C'est un oiseau de l'Ouest, qui se montre rarement dans les confins de l'ouest de la région dont s'occupe le présent ouvrage.

663. Le Pinson des champs, (field sparrow). Spizella pusilla. L, 6- 68. C'est un petit pinson de la même couleur, en général, que le pinson à couronne rousse, mais dont les couleurs sont atténuées, étendues et fondues ensemble. La couronne rouge est plus foncée et peu manifeste, la Ugne noire en travers de l'œil est absente. Le bec est couleur cannelle au lieu de noir.

Traits distinctifs. Les traits qui précèdent sufiBsent à distinguer l'oiseau.

Indications sur le terrain. Couronne rouge mat; absence de marques faciales autres qu'une pointe rouge aux extrémités des couvertures des oreilles; bec couleur cannelle. Son chant est le trait caractéristique le plus facile à reconnaître, et une fois connu il constitue le meilleur moyen d'identification.

Nid. Sur le sol ou dans des buissons peu élevés; nid fait d'herbes plutôt grossières, tiges d'herbe et radicelles, garni d'herbes plus délicates et de poils.

Habitat. L'est de l'Amérique; le Canada dans les parties les plus colonisées; un habitat cependant plutôt local que général mais un oiseau étrangement absent de certaines localités comprises dans son territoire.

SOUS-ESPÈCES. Le pinson des champs comprend deux sous-espèces: celle de l'Est et celle de l'Ouest; la première, la forme type, est la seule qui se rencontre dans l'est du Canada.

Le pinson des champs est un oiseau qui n'attire pas les regards et qui, quoique très commun, ressemble tant au pinson à couronne rousse avec son plumage habituel qu'on peut le confondre avec lui. C'est un oiseau des champs et des rangs de clôture, quoiqu'il ne soit ni timide ni extrêmement solitaire, il faut le chercher et l'écouter pour le trouver.

Valeur économique. Très semblable au pinson à couronne rousse par ses habitudes alimentaires; prenant quelques insectes utiles mais cependant pas en si grand nombre qu'il en devienne nuisible.

Genre — Junco. Pinsons niverolles.

567. Le Pinson niverolle. (junco). Junco heimalig. L, 6-27. Planche XXXIII B.

Traits distinctifs. Gris ardoisé foncé sur tout le dessus du corps et la poitrine, contrastant violemment avec les dessous blancs.

Indications sur le terrain. Ligne tranchée de la poitrine foncée contre les dessous blancs, et contre les plumes extérieures de la queue qui se montrent pendant le vol.

Nid. Sur le sol ou tout près; nid fait d'herbes, de mousse, de radicelles et garn d'herbes plus délicates et de longs poils.

Habitat. En tant qu'espèce, toute l'Amérique jusqu'à la limite des arbres. Le pinson niverolle couleur d'ardoise s'étend à l'ouest jusqu'à l'Alberta.

SOUS-ESPÈCES. Les pinsons niverolles comprennent plusieurs sous-espèces, dont une seule, le pinson niverolle ardoisé, la forme type, se rencontre dans l'est du Canada.

Le pinson niverolle avec sa poitrine noire, son bec de couleur claire, sa queue à bordure blanche est remarquable parmi les grandes bandes de pinsons qui sont de passage ou qui séjournent pendant le printemps et l'automne.

Valeur économique. L'influence du pinson niverolle en agriculture est presque entièrement bienfaisante. Pendant son séjour dans les parties les plus populeuses du pays il consomme de grandes quantités de semences de mauvaises herbes. Les insectes qu'il mange sont presque tous nuisibles. On ne peut pas lui en vouloir puisqu'il ne fait de mal ni aux récoltes ni aux fruits.

Genre — Melospiza. Pinsons chanteurs.

581. Le Pinson chanteur, le rossignol, (sonosfarbow). Mdotpiza mdodia. L, 6 • 30. Planche XXXIV A.

Traits distinctifs. Il ressemble plutôt au pinson à ailes baies par la taille et la coloration générale, mais les tons sont plus foncés et plus accusés; il lui manque les plumes blanches extérieures de la queue. Les raies de la poitrine sont aussi plus tranchées, d'un brun plus foncé, et réunies vers le miheu en une tache bien définie. L'absence de la bande jaune au-dessus de l'œil distingue le pinson chanteur du pinson des prés, et la poitrine aux raies tranchées le distingue de l'un quelconque des autres pinsons de taille et de mœurs analogues.

Indications sur le terrain. Poitrine à bandes tranchées et tache centrale. L'absence des plumes blanches extérieures de la queue empêchera qu'on confonde ce pinson avec son confrère à ailes baies; la queue plus longue, l'absence des lora jaunes, la voix et la tenue générale feront distinguer le pinson chanteur de celui des prés.

Nid. Sur le sol, plus rarement dans les buissons; nid fait d'herbes grossières, de radicelles, de feuilles mortes, de bandes d'écorce, etc., garni d'herbes délicates et quelquefois de longs poils.

Habitat. En tant qu'espèce, le pinson chanteur habite partout en Amérique jusqu'à la Umite des arbres. Notre individu de l'Est s'étend à l'Ouest jusqu'aux provinces centrales des prairies.

SOUS-ESPÈCES. Le pinson chanteur est une espèce qui habite un vaste territoire et qui comprend plusieurs sous-espèces, dont une vingtaine sont reconnues dans l'Amérique du Nord et plusieurs autres sont proposées. La plupart de ces sous-espèces sont des formes de l'Ouest, originaires des terres accidentées de la Côte du Pacifique où des colonies isolées et des conditions variées ont favorisé de nombreuses déviations du tj^je. Dans l'est du Canada, la forme reconnue est celle du pinson chanteur de l'Est, M. m. mdodia, la race type.

Il est difficile de se faire une idée juste et sans parti pris de la place qu'occupe le pinson chanteur dans l'orchestre ailé. Ce pot-pourri de gazouillements et de trilles donne une certaine durée à un chant qui offre à ceux qui l'écoutent avec plaisir une jovialité, une limpidité et une douceur qu'il est difficile de surpasser. Cet oiseau semble être partout à la fois. Il vit parmi les arbrisseaux qui entourent la maison, et il est l'un des hôtes habituels du jardin. Il fréquente les bosquets à la lisière des bois ou sur le bord des ruisselets. Les forêts profondes et les champs découverts sont les seules places d'où il est en général absent, mais quelquefois, là même, il nous surprend par une fanfare de notes limpides.

Valeur économique. Le nombre considérable de ces pinsons chanteurs leur donne une importance très grande aux yeux du cultivateur. Une analyse des aliments de cet oiseau fait voir que le 2 pour cent seulement est composé d'insectes utiles et que le 18 pour cent est formé par des insectes nuisibles. Le grain qu'on laisse perdre constitue le 4 pour cent et les semences de mauvaises herbes le 50 pour cent. Le reste est composé de fruits sauvages et d'autres matières sans importance. On peut voir par ce qui précède que le pinson chanteur a une valeur économique considérable. Des recherches à ce sujet ont montré qu'un quart d'once de semences de mauvaises herbes par jour est une évaluation assez exacte de la quantité consommée par un pinson mangeur de ces semences. Pendant les neuf mois que le pinson chanteur est parmi nous dans une localité moyenne de l'est du Canada, la consommation se monte à quatre livres et quart par individu, et par année. Si nous estimons qu'il peut y avoir 75 pinsons chanteurs par mille carré — chiffre qui est très loin d'être exagéré — nous arrivons à un total — pour les parties cultivées de l'Ontario— de plus de onze mille tonnes de ces semences détruites chaque année par cette espèce, à elle seule.

583. Le Pinson de Lincoln, (lincoln's sparrow). Melospizalincolni. L, 5.75. Ressemble au pinson chanteur mais avec une ceinture chamois en travers de la poitrine, laquelle est aussi parsemée de petites taches très fines.

Traits distinctifs. Les traits précédents distingueront le pinson de Lincoln de tous les autres avec lesquels U pourrait être confondu.

Indications sur le terrain. De bons yeux feront voir la poitrine vaguement chamois et les taches fines de l'oiseau. A cela près, on le distinguera avec peine, à l'état vivant, du pinson chanteur. Le dos est plutôt plus gris que le pinson chanteur, et de là résulte le soupçon qu'il pourrait s'agir du pinson de Lincoln, soupçon que viendraient confirmer d'autres caractères.

Nid. Semblable à celui du pinson chanteur, sur le sol.

Habitat. L'espèce est répandue par toute l'Amérique, couvant comme elle fait, dans les bois conifères du Nord.

SOUS-ESPÈCES. Les pinsons de Lincoln, soit ceux de l'Est soit ceux de l'extrême Ouest, peuvent être différenciés en deux espèces. Le type qui occupe le territoire ici mentionné est le pinson de Lincoln de l'Est, M. l. lincolni, la race type.

Bien qu'il soit rare, ce pinson est fort intéressant. Autant qu'aucun oiseau, il a élevé à la hauteur d'un art le talent de se cacher dans les broussailles. Dès qu'il est dérangé il sautille sur une branche, d'où il peut bien voir ce qui se passe; il regarde un instant l'intrus, et puis plonge dans l'enchevêtrement des broussailles, et puis .... ni vu ni connu ! La recherche la plus active ne donnera ensuite pas autre chose qu'une vue rapide d'une ombre brune qui disparaîtra dans le plus prochain tas de broussailles. Cette espèce se réduit à un hôte passager, migrateur à travers les parties colonisées du Canada, et se fait rare.

584. Le Pinson des marais, (swamf sparbow). MelospUa georgiana. L., 5-89 Très semblable au pinson chanteur, mais d'une coloration plus forte et moins fondue, et sans aucune raie ni marque distincte.

Traits distinctifs. Le pinson des marais est difiScile à distinguer de plusieurs autres formes de coloration et de taille analogues. On peut le distinguer du pmson chanteur, très facile à confondre avec lui, par la poitrine sans raie et, chez les oiseaux adultes, par la couronne rouge. Les jeimes oiseaux d'automne ressemblent fort aux jeunes pinsons à gorge blanche, mais ils n'ont pas la tache lorale vaguement jaune; ils ne sont pas non plus aussi uniformément rouges sur le dos, et ordinairement ils ont comme l'esquisse d'une barre cendrée en travers des épaules à la base du cou, une teinte cendrée à la couronne, et des Ugnes sourcUières qui manquent à cette espèce. Il peut se distinguer du pinson de montagne par l'absence de la tache foncée au milieu de la poitrine ou des barres blanches de l'aile.

Indications sur le terrain. Sa ressemblance avec le pinson chanteur mais sans les raies de la poitrine, l'absence de la tache jaune lorale du pinson à gorge blanche, ou des barres de l'aile du pinson de montagne. En été, quand le pinson de montagne n'est pas sur les lieux, la calotte rouge est distinctive.

Nid. Semblable à celui du pinson chanteur, sur le sol, quelquefois dans l'herbe.

Habitat. L'Amérique du Nord à l'est des prairies; il couve dans la plupart des parties inhabitées du Canada.

Comme l'indique son nom, ce pinson fréquente les terres basses et humides et les marais. Les autres herbes et les bords des marécages sont les parages qu'il affectionne. Vers la fin de l'automne il rejoint les grandes bandes de passereaux de toute sorte dans les buissons et sur les barrières entrecroisées où il se trouve alors dans un plus proche voisinage de l'homme.

Valeur économique. Le genre d'aliments que recherche le pinson des marais ne diffère pas grandement de celui des pinsons qui lui ressemblent. Comme il passe sa vie dans les terrains incultes, son alimentation est sans importance.

Genre — Passer ella . Pinsons fauves .

585. Le Pinson fauve, (pox spabbow). Passerella Uiaca. L, 7-26. C'est un assez gros pinson. En dessus il est d'un brun rougeâtre brillant, entièrement brun à la queue et au croupion, mais avec une teinte ardoisée mate visible à travers le rouge sur 1 arrière-cou et la couronne. En dessous, blanc fortement taché et avec des raies rouges comme le dos, sur les côtés de la gorge, en travers de la poitrine et sur les flancs. La gorge est presque dépourvue de marques et les taches tendent à se grouper sur la poitrine en une tache centrale.

Traita distinctifs. La taiUe plutôt grande et la coloration générale d'un rouge fauve brillant sont distinctives.

Indications sur le terrain. Coloration d'un rouge intense surtout sur le croupion et la queue. La grive soUtaire lui ressemble beaucoup quand elle vole, mais le haut du dos est plus olivacé.

Nid. Sur le sol ou sur des arbres peu élevés et dans les buissons; nid fait d'herbes grossières, garni d'herbes délicates, de poils, de mousse et de plumes.

Habitat. En tant qu'espèce le pinson fauve a pour territoire toute l'Amérique du Nord, au nord jusqu'à la limite des arbres. Le type canadien, le pinson fauve de l'Est, s'étend à l'ouest jusqu'au pied des Montagnes Rocheuses, où sa place est prise par plusieurs autres sous-espèces.

SOUS-ESPÈCES. Le pinson fauve est une espèce qui présente beaucoup de variétés et qui se prête à des formes nouvelles, aussi distingue-t-on plusieurs sous-espèces bien caractérisées. Celle qui se rencontre dans l'est du Canada, c'est le pinson fauve de l'Est, P. i. Uiaca, la race type.

Ce pinson ne demeure dans les parages civilisés que pendant quelques jours au printemps et en automne. Il lui arrive quelquefois, au printemps, de nous saluer d'une voix pleine et limpide que peu d'autres oiseaux sauraient égaler et qu'aucun, peut-être, ne serait capable de surpasser.

Valeur économique. Ce pinson ne séjourne que trop peu de temps au milieu de nous, et en trop petit nombre, pour y avoir beaucoup d'importance aux yeux du cultivateur. Il mange un peu plus de fruits que la majorité des pinsons, mais dans le temps de ses visites, il n'y a que peu de fruits cultivés à sa disposition. Quand à la partie de son alimentation faite d'insectes et de semences de mauvaises herbes, elle n'est pas de nature à alarmer qui que ce soit.

Genre — Pipilo. Pinsons aux yeux rouges.

587. Le Pinson aux yeux rouges, (towhee). Pipilo erythrophthalmus. L, 8-35. Chez le mâle tous les dessus sont d'un noir pur, y compris la queue, la tête, la gorge et la poitrine, où ce noir se détache en une ligne tranchée sur le blanc clair des dessous. Les flancs larges sont rougeâtres ou bais. Quelques bordures blanches des plumes qui servent au vol, et beaucoup de blanc sur les bords de la queue. La femelle est toute pareille mais chez elle le noir est remplacé par du brun rougeâtre.

Traits distinctifs. Par suite de sa grande taille, de sa longue queue et de sa remarquable coloration, ce pinson ne peut guère être pris pour aucun autre oiseau. Les jeunes oiseaux ne donnent pas beaucoup l'idée de ces couleurs distinctives, car cette coloration est vague, généralement rouilleuse, à peine rayée, et cela encore de façon interrompue; mais la longue queue, la taille et les contours généraux sont d'habitude suflBsants à faire reconnaître l'oiseau.

Indications sur le terrain. Si l'on voit bien la tête et le dos ou noirs ou bruns, les flancs rouges, cette espèce ne peut guère être prise pour une autre. Lorsque l'oiseau s'élance dans les dessous des buissons, le noir et le blanc si fortement accusés des ailes et de la queue du mâle, ou le brun rougeâtre et le blanc sur la queue de la femelle sont facilement reconnaissables.

Nid. Sur le sol ou tout près, nid fait de feuilles mortes, de bandes d'éeorce et garni d'herbes délicates.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord, depuis le Canada méridional jusqu'au golfe du Mexique. Il ne se rencontre au Canada que le long de la frontière méridionale et n'est commun que dans la région inférieure des grands lacs.

SOUS-ESPÈCES. Le pinson aux yeux rouges de l'est du Canada, P. e. erythrophthalmus, est le pinson aux yeux rouges de l'Est, le représentant tj^iique de la race.

Le pinson aux yeux rouges est un oiseau des broussailles et des lisières de bois, oïl sa note nChi-wi)) ou «Ti-wi)) est un son bien connu. Il aime à se percher au bout d'une branche isolée dans la broussaille et à faire entendre son petit cri limpide de ndik-iou-tchidoll, tchiddoll, tchiddolly>. S'il est dérangé il se laisse choir dans les broussailles du pied de l'arbre, sa livrée noire et blanche y brillant un instant, puis il disparaît dans l'enchevêtrement des plantes d'où il se laisse apercevoir et fait entendre son « Tchi-wi » habituel et inquisitif. Pour chercher sa nourriture il gratte la surface comme une poule, faisant voler les feuilles mortes tout autour de lui.

Genre — Cardinalis. Cardinaux.

693. Le Cardinal gros-bec. (cardinal). Cardinalis cardinalis. L, 8-25. C'est un grand pinson et un gros-bec typique. Le mâle est d'un rouge cardinalice brillant avec une pointe de noir autour de la base du bec et de la gorge. Les deux sexes ont une huppe très visible et aussi protubérante que celle du geai huppé. La femelle est d'un chamois ardent, comme coloration, presque blanche en dessous et d'un olive-chamois sur le dos; les ailes, la queue, et la huppe ayant presque la couleur rose du mâle. La face et la gorge noires du mâle sont vaguement indiquées.

Traits distinctifs. Impossible de le prendre pour autre chose que ce qu'il est. Le grosbec des pins peut faire penser au cardinal, mais le rouge n'est jamais si général ni si brillant, puis il n'a pas la huppe ni la marque noire si frappante de la face. Le tangara écarlate est d'un rouge aussi brillant, mais il n'a ni la huppe ni la marque faciale, puis les ailes et la queue sont noires.

Indications sur le terrain. La coloration rouge de tout l'oiseau, le jet de rouge ardent sur les ailes et la queue de la femelle; la huppe en saillie et le gros bec rouge dans les deux sexes.

Nid. Dans les buissons, nid fait de ramilles, de radicelles et bandes d'écorce, et garni d'herbes et de radicelles.

Habitat. Le cardinal, dans ses diverses sous-espèces, occupe un vaste territoire aux Etats-Unis; la forme type traverse la frontière canadienne, en général le long de l'extrémité ouest du lac Erié. Il se présente ou comme individus séparés ou en groupes isolés soit là soit dans des localités voisines. Le cardinal de l'Est, celui dont il est ici question, est l'individu type de l'espèce.

Le cardinal gros-bec n'habite pas, en général, partout au Canada, mais il est toujours à demeure là où on le rencontre. Sa coloration somptueuse et son sifflet retentissant lui donnent un charme de plus. Il peut paraître étrange que cet oiseau du Sud se rencontre parfois au Canada, mais dans quelques parages le long du lac Erié on le voit non seulement de façon régulière mais il y est même commun. Il conviendrait de le protéger de façon étroite et à cause de sa beauté et aussi pour d'autres raisons pratiques.

Valeur économique. Le cardinal se nourrit surtout de sauterelles, de cigales, de doryphores des pommes de terre, des hannetons de rosiers, des insectes de prunes et de cerises, des chenilles, des charançons, et d'autres fléaux destructeurs. En outre il mange les semences des mauvaises herbes en grand nombre et un peu de fruit sauvage. Il n'y a aucune preuve qu'il nuise aux variétés cultivées.

Genre — Zamelodia. Gros-becs.

595. Le Gros-bec à poitrine rose, (rose-breasted grosbeak). Zamelodia l udoviciana. L, 8 • 12. Planche XXXIV B.

Traits disiinctifs. Le mâle avec son dos noir et sa bavette rose ne peut se confondre avec aucun autre oiseau. La femelle est dans l'est du Canada le seul gros-bec à raies bien tranchées. Les jeunes mâles d'automne ressemblent beaucoup à la femelle, mais il y a une légère teinte rose qui apparaît au travers du chamois de la poitrine. Ils varient beâiucoup, mais on peut ordinairement apercevoir les indices des plumages plus accusés du printemps.

Indi/Mtions sur le terrain. Une vue complète de l'un ou de l'autre sexe avec la coloration caractéristique de chacun et du gros bec, est suffisamment distinctive. Le mâle au dos noir avec son croupion blanc et les barres blanches des ailes peut être reconnu au simple coup d'oeil, même quand il disparaît dans les broussailles. La femelle, si elle n'est pas nettement aperçue, peut être prise jMjur la femelle du pinson pourpré, qui est beaucoup plus petite, mais les dessous qui sont sans raie, la tête plus fortement marquée avec la Lgne bien manifeste au-dessus de l'œil, et les barres blanches des ailes qui ressortent plus distinctement, servent d'habitude à l'identifier.

Nid. Dans les buissons ou les arbres, entre 5 et 20 pieds au-dessus du sol; nid fait de fines ramilles, de tiges d'herbes et de radicelles.

Habitat. L'est de l'Amérique, au nord bien au delà de la colonisation. L'oiseau couve au Canada, partout où il se rencontre.

Le gros-bec à poitrine rose est un des plus beaux oiseaux et des meilleurs chanteurs. Il préfère les fourrés très touffus, séparés par des espaces dégagés et de grands arbres. Il fréquente les fourrés le long des rivières, les lisières de bois qui confinent à des terres défrichées, des palissades recouvertes de végétation et quelquefois des vergers.

Valeur économique. Si le nombre des gros-becs à poitrine rose pouvait se multiplier beaucoup dans les fermes, le fléau des doryphores des pommes de terre ne tarderait pas à disparaître. Cet oiseau est un des rares spécimens de son espèce qui mange les vers blanc et qui les prend soit

quand ils sont adultes, soit à l'état de larves. Un dixième du contenu des estomacs examinés se composait de ces vers blancs de pommes de terre, et la dite espèce est tout aussi active contre d'autres insectes non moins pernicieux. Il pourrait être difficile d'augmenter le nombre des gros-becs à poitrine rose, mais il pourrait l'être moins de conserver ceux que nous avons, de les protéger contre une destruction qui peut s'éviter, et de voir à ce que de bons coins à nid soient ménagés dans ces endroits de la ferme ou du bois dont on ne tire aucun parti. Quand on se met en train d'exécuter des projets de bonnes cultures et d'élimination de places perdues, il faudrait avoir soin de laisser subsister de petites plantations d'arbrisseaux où pourraient s'aller réfugier ces oiseaux qui, privés de ces lieux de refuge, seraient condamnés à disparaître. La conservation de ces oiseaux ferait plus que compenser les pertes minimes qu'ils pourraient occasionner.

Genre — Guiraca. Gros-becs bleus.

597. Le Gros-bec bleu, (blue gro8Beak). Guiraca cœndea. L, 7. C'est un petit gros-bec de la même coloration que le gros pinson indigo, mais pas tout à fait aussi brillant, et avec des barres d'un brun châtain sur l'aile et sur l'épaule.

Traits distinciifs. Les plumages, dans les changements qui dépendent des saisons et du sexe, se conforment tout à fait à ceux du gros pmson indigo dont on peut distinguer notre gros-bec bleu par la taille et le bec. Dans im plumage mêlé il peut ressembler au rouge-gorge bleu, même quant à la poitrine rougeâtre, mais le bec est absolument différent de celui de ce dernier (voir figure 50, p. 28).

Indications sur le terrain. Les traits qui précèdent pourront tenir heu de ces indications mais le gros-bec bleu est trop rare au Canada pour qu'on puisse se fier seulement à la vue pour l'identifier.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord, au nord il s'arrête d'habitude bien arant la frontière canadienne.

SOUS-ESPÈCE. La sous-espèce du gros-bec bleu qu'on peut espérer voir au Canada c'est le type de l'est, le gros-bec bleu de l'Est, la race type de l'espèce.

Les cas que l'on a cités de la présence de cet oiseau au Canada sont trop isolés pour qu'on puisse parler de lui autrement que comme un vagabond accidentel et rare. Il ne faut espérer le rencontrer que dans les régions méridionales.

Genre — Passerina. Passerines.

598. Le Pinson indigo, la passbrine bleue, (indigo bunting). Passerina cyanea. L, 5-59. C'est un pinson plutôt petit; le mâle d'un bleu brillant par tout le corps, la femelle presque uniformément d'un chamois romlleux avec, par occasion, de vagues soupçons du bleu propre au mâle, légèrement blanchâtre en dessous avec de vagues raies assez indistinctes. Les oiseaux d'automne font voir des phases intermédiaires entre la coloration susdite, ou un rouge rouilleux plus accentué.

Traits distinctifs. Le pinson indigo est notre seul oiseau tout bleu. Le rouge-gorge bleu, qui est le seul qui puisse lui être comparé, a une poitrine rougeâtre. La couleur uniforme, presque invariablement d'une couleur rouille mate, de la femelle et des jeunes oiseaux les distingue d'autres espèces.

Indications sur le terrain. La couleur absolument bleue du mâle, et celle uniformément rougeâtre des femelles et des jeunes oiseaux.

Nid. Généralement à la fourchure des branches d'un buisson, à 2 ou 3 pieds au-dessus du sol, nid fait d'herbes, de feuilles mortes, de bandes d'écorce, et garni d'herbes déhcates, de radicelles et de longs poils.

Habitat. L'Aménque du Nord, à l'est des plaines et au nord assez loin à l'intérieur du Canada.

Le pinson indigo fréquente habituellement des terrains de broussailles recouverts d'une végétation qu'on laisse perdre, ou que le feu a consumée, ou que des abatis ont réduits en clairières. Son chant est agréable.

Valeur économique. Nos renseignements au sujet des aliments du pinson indigo sont incomplets. Il est hors de doute que ses mœurs alimentaires sont ceux de sa famille, et on lui fait honneur des grands services qu'il rend en détruisant les larves de lépidoptères à queue brune sur les arbres. Cet oiseau a autant de droit que d'autres de son espèce à être protégé.

Genre — Spiza . « Dickdssel » .

604. Le "Dickcissel". (dickcissel). Spiza Americana. L, 6. Le dos a des raies brun foncé et chamois rougeâtre qui se changent en un rouge mat sur les couvertures des ailes; l'arrière cou est ardoisé jusqu'à la couronne où il est fortement teinté de jaune; les joues sont grises avec la ligne sourcilière d'un jaune pur; blanc en dessous; la poitrine d'un jaune pur et la gorge avec une tache noire ou bavette de contour très tranchée.

Traits distinciifs. La poitrine jaune, la gorge noire, qui fait songer à l'étoumeau des prés, sont distinctives.

Habitat. L'est de l'Amérique, surtout dans les parties de l'intérieur et du centre. Dans l'est du Canada, assez irréguUèrement au delà de nos frontières dans le sud-ouest de l'Ontario.

Cette superbe espèce d'oiseau des champs découverts est rare au Canada. Quelques-uns y sont parus pendant un petit nombre d'années consécutives à l'extrémité ouest du lac Erié, puis ont disparu pour revenir quelques années plus tard.

FAMILLE — TANGAHIDjB. TANGAKAS.

Description générale. Ce sont des oiseaux aux couleurs brillantes avec un bec qui ressemble à celui des pinsons mais légèrement allongé et avec un culmen uniformément recourbé. Le bord tranchant de la mandibule supérieure est dentelé et échancré quoique chez quelques espèces ces marques sont trop petites pour être vues à moins d'une extrême attention, (figure 53, p. 28).

Traits distinctifs. En sus des caractères précités du bec, l'espèce de l'est du Canada peut être facilement reconnue à sa couleur. Les mâles du printemps sont des oiseaux d'une brillante coloration rouge, les femelles et les oiseaux de l'automne sont d'un jaune ou d'un vert ardent sans marques ni détails bien tranchés et avec peu de variété dans la coloration sauf dans les amas uniformes des ailes et de la queue. Les mâles du printemps ne peuvent secomparer qu'avec le cardinal au point de vue de la couleur; les oiseaux d'automne et les femelles qu'avec les orioles femelles, mais l'absence de huppe chez les tangaras les distinguera facilement d'avec le cardinal, et les caractères du bec les distingueront et du cardinal ou des orioles.

Les tangaras constituent une famille essentiellement américaine qui atteint son plus haut développement sous les tropiques et n'est parfaitement représentée que par une seule espèce dans l'est du Canada.

En tant que famille les tangaras sont si étroitement alliés aux pinsons que l'on ne coimaît pas encore le status de certaines espèces qui dépassent cet habitat.

Genre — Piranga. Tangaras.

608. Le Tangara écarlate. (scarlet tanacder). Piranga erythromtlas. L, 7-25. Planche XXXV A.

Traits distinctifs. A part l'espèce suivante, le tangara vermillon, le tangara écarlate ne peut se comparer qu'au cardinal, mais il est facilement reconnaissable à son manque de huppe, son bec plus léger et plus long, au noir de ses ailes et de sa queue. Le vert uniforme de la femelle est distinctif , et il n'^ à peu près égalé que chez un petit nombre de fauvettes et d'orioles. Le mâle d'automne est pareil à la femelle, mais avec des aUee et la queue noires.

Indications sur le terrain. Brillante couleur écarlate, avec les ailes et la queue noires chez le mâle, la coloration verte uniforme et la taille chez d'autres plumages.

Nid. D'habitude près de l'extrémité d'une branche, à environ 20 pieds au-dessus du sol : nid fait de feuilles, de bandes d'écorce, etc.

Habitat. L'est de l'Ainérique, au nord jusque vers la limite des endroits eolonisée.

Le tangara écarlate fait voir de remarquables changements de plumage selon la saison et le sexe. Au printemps les sexes sont si complètement différents l'un de l'autre qu'on s'étonne qu'ils soient de la même espèce, et en été l'écarlate étincelant du mâle prend peu à peu le vert mat de sa compagne.

Le tangara écarlate est un oiseau des terrains plantés de bois clairsemés où des arbres puissants croissent avec des broussailles légères à l'entour, mais au printemps l'oiseau visite à l'occasion les vergers. Quand il a'rrive, au printemps, le tangara écarlate attire facilement les regards, mais à mesure que les arbres se revêtent de leurs feuilles l'oiseau ne se laisse apercevoir qu'avec bien des précautions, et si ce n'était sa note si distinctive ntcMp-tchur )) , qui attire les regards de son côté, il serait très difficile de le découvrir. Son chant est gai, rythmique et assez bien soutenu, un peu comme celui du rouge-gorge, mais plus lié et pas tout à fait aussi limpide.

Valeur économique. La nourriture du tangara écarlate se compose surtout d'insectes et de fruits. Les insectes sont partout des espèces forestières et il importe aux forestiers et aux cultivateurs d'arbres fruitiers de détruire ces insectes. Le fruit qu'ils attaquent est surtout sauvage, en réalité la plupart des oiseaux préfèrent les espèces sauvages aux cultivées, et quand les premières sont abondantes les autres sont rarement attaquées. Le tangara écarlate ne leur cause aucun dommage sérieux.

610. Le Tangara vermillon, (summeb tanageb). Piranga rubra. L, 7-50. Très pareil au tangara écarlate, mais avec la queue rouge au lieu de noire, avec les ailes d'un brun mat bordées et teintées de rouge; les femelles se comportent comme coloration au regard du mâle, comme font celles du tangara écarlate.

Traits dislinctifs. Les ailes et la queue diffèrent de celles du tangara écarlate, le rouge est plus rosé, moins brillant et plus clair en dessous que sur le dos. La femelle a des tons vert d'orange très chaud, et d'une bien différente nuance que les verts froids de la femelle apparentée du tangara écarlate. Elle ressemble d'assez près à la femelle du loriot de Baltimore, mais la coloration uniforme du dos et des ailes sans aucune marque et le bec du tangara rendront la distinction facile.

Habitat. Le sud-est des Etats-Unis et le nord jusqu'à la latitude du Ohio méridional. On l'a signalé au Canada près de la frontière du sud le long des rives inférieures des grands lacs, ainsi qu'au Nouveau-Brunswick et dans la Nouvelle-Ecosse.

Le tangara vermillon est un traînard d'occasion dans le Canada, à partir du sud, le long des rives inférieures des grands lacs, ainsi que dans la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick.

FAMILLE — HIKUNDINID.œ. HIRONDELLES.

Description générale. Ce sont pour la plupart de petits oiseaux, à ailes longues et pointues; pieds petits et faibles, impropres à la marche; tête aplatie et bec très court et très large (figure 54, p. 28).

Traits dislinctifs. Ressemblent superficiellement aux engoulevents, mais beaucoup plus petits et d'un différent type de coloration. Risquent plutôt d'être confondues avec le martinet des cheminées qu'avec aucune autre espèce, mais sans les épines de l'extrémité des pennes de la queue.

C'est une famille répandue dans le monde entier, de mœurs aériennes, descendant rarement sur le sol sauf pour y chercher de quoi bâtir leur nid. Leurs pieds sont faibles el ne sont bons qu'à se poser sur de petites branches, des fils télégraphiques ou de semblables perchoirs. Elles saisissent leur nourriture au vol et on les voit souvent glisser au-dessus des étangs et en sillonner la surface tout en s'abreuvant. Ce sont d'habiles bâtisseurs de

nids; elles construisent une remarquable variété de formes depuis des structures en cou de bouteille faites de boue pétrie jusqu'à des trous en tunnel sous des bancs de terre.

Valeur économiqite. Les insectes ailés constituent presque toute l'alimentation des hirondelles. Volant haut ou bas dans l'air, selon que leur gibier les y invite, les hirondelles attaquent maint insecte ailé qui autrement ne serait pas inquiété. Au-dessus des champs de céréales, autour des granges, où il se trouve peu d'oiseaux insectivores, les hirondelles s'assemblent et prêtent un secours efficace au cultivateur. Leur malpropreté est quelquefois désagréable quand elles nichent en grand nombre sous les gouttières des maisons. Il est bien, en pareil cas, de leur procurer des endroits favorables où elles puissent nicher dans les bâtiments de la ferme où elles se rassembleront sans causer de désagréments, car une compagnie d'hirondelles autour de la cour d'une ferme est d'un grand avantage pour le fermier. •

Genre — Progne. Hirondelles.

611. L'Hirondelle pourprée, (purple mabtin). Progne subis. L, 8. Planche XXXV B.

Traits distinctifs. C'est la plus grande de nos hirondelles. La taiUe et la coloration noir bleu irisée du mâle devrait suffire pour distinguer les espèces.

Indications sur le terrain. La taille, la couleur, le vol, presque pareil à celui du faucon, et la Toix sont des indications parfaites.

Nid. A l'origine, dans le creux d'un arbre. Dans l'état civilisé, des nichoirs artificiels pour oiseaux, des cavités sous les corniches des maisons, etc. Ce sont des nlcheuses sociables et qui préfèrent bâtir parmi des compagnies de leur espèce.

Habitat. L'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. Une sous-espèce occidentale occupe la côte du Pacifique. L'espèce orientale — qui est la race type — fréquente la plupart des établissements agricoles de l'est du Canada.

SOUS-ESPÈCE. La sous-espèce de l'hirondelle pourprée qui se rencontre dans l'est du Canada est celle de l'hirondelle pourprée de l'Est P. s. subis, la forme type.

Pendant le jour ces oiseaux se répandent dans la contrée, revenant à de fréquents intervalles, avec de la nourriture pour leurs petits. Le soir ils reviennent tous à la maison qu'ils occupent et s'y mettent à l'abri pour la nuit. Les petits restent très longtemps dans le nid et même après la première sortie en l'air les parents et les jeunes reviennent ensemble au nid. Les hirondelles pourprées sont domestiques et sociables et se saluent mutuellement par des gazouillis et un babillage de bienvenue. Chaque hirondelle s'intéresse aux affaires des autres et il se fait un continuel échange de visites entre voisins. Elles se disputent bien rarement entre elles mais se liguent contre l'ennemi commun qui n'est autre que le moineau anglais. Une colonie d'hirondelles peut fort bien maintenir ses positions contre cette engeance, lorsqu'elles se sont bien installées. Une maisonnette pour cette hirondelle devrait renfermer plusieurs chambres de 8 pouces sur 8, à l'abri du mauvais temps et des courants d'air tout autour sauf à la porte qui devrait avoir 2 pouces de diamètre et être à 1 pouce et demi au-dessus du plancher. La dite maisonnette devrait être à 15 ou 20 pieds au-dessus du sol, placée en plein air et de façon à pouvoir se descendre pour être nettoyée.

Il y a des faits qui prouvent que l'hirondelle pourprée se fait plus rare. D'anciennes colonies se démembrent de temps en temps et il ne s'en crée que peu de nouvelles pour les remplacer. Les hirondelles pourprées reviennent à leurs quartiers d'été de très bonne heure au printemps et parfois

elles souffrent beaucoup des gels tardifs et des pluies froides qui arrêtent le vol des insectes et privent l'oiseau de la grande et régulière quantité de nourriture qui lui est si nécessaire.

Valeur économique. L'hirondelle pourprée, comme les autres hirondelles, est un oiseau qui n'a pas de mauvaises habitudes et qui en a tant de bonnes qu'on devrait tout tenter pour en multiplier le nombre.

Genre — Petrochelidon. Hirondelle à front blanc.

612. L'Hirondelle à front blanc, (cliffswallow). Petrochelidon lunifrott*. L, 6-01. Semblable par la coloration générale à l'hirondelle des granges (planche XXXVI A) mais différente dans les détails et sans la queue longue et grandement fourchue.

Trotte distinctijs. La gorge de couleur plus riche et d'un brun plus rougeâtre que celle de l'hirondelle des granges; la couleur brune, qui s'étend en »ine bande étroite en travers de la partie de derrière du cou et avec une tache noire au milieu de la gorge inférieure au lieu d'une barre noire brisée en travers de la poitrine. Le front qui est d'un blanc crémeux au lieu de rougeâtre fait un contraste frappant. Les dessous sont d'un blanc terne. La queue est presque carrée.

Indications sur le terrain. Le front blanc et le croupion rougeâtre sont les meilleures indications. La queue carrée la distinguera de toutes les hirondelles des granges, sauf des toutes jeunes qui n'ont pas encore la fourche.

Nid. Le nid typique est fait entièrement de terre gâchée portée en petites boules dans le bec et sur les pieds. La terre est mélangée avec delà salive et apphquée boule à boule contre le mur sous les chéneaux de quelque bâtiment. Le nid est d'abord une tablette construite sur le mur, puis façonné en soucoupe, puis en tasse, et sous l'une ou l'autre de ces formes il est regardé comme achevé. Dans les meilleurs exemples de ces nids les côtés sont continués jusqu'à ce que le nid prenne la forme d'une bouteille avec son cou recourbé et dirigé vers 1 extérieur.

Habitat. L'Amérique. Dans l'est du Canada jusqu'au nord des parages civilisés.

SOUS-ESPÈCE. La sous-espèce de l'hirondelle au front blanc qui occupe la plus grande partie de l'Amérique du Nord et tout le Canada, c'est l'hirondelle au front blanc de l'Est, P. l. linufrons, la forme typique de l'espèce.

Cette hirondelle habitait à l'origine les falaises, comme l'indique son nom anglais, mais au sein de la civilisation elle fait maintenant son nid presque toujours dans des granges et autres bâtiments. Les groupements sont plutôt distribués par localités vu que les différentes colonies d'hirondelles nichent bien souvent dans des fermes fort éloignées les unes des autres.

Oenre — Hirundo. Hirondelle des granges,

613. L'Hirondelle des granges, (bahn swallow). Hirundo erythrogastra. L, 6 • 95. Planche XXXVI A.

Trotte distinctifa. Une barre noire brisée en travers de la poitrine, au-dessous de la gorge rouçeâtre; croupion noir et, chez l'adulte, queue longue et fourchue, tels sont les traits distmctifs de l'espèce.

Indications sur le terrain. Teintes brun rougeâtre en dessous et croupion noir sont des indications sûres: en outre, chez l'adulte la queue longue et fourchue, et chez les tout jeunes le blanc dans la queue.

Nid. lie nid est loin de ressembler à la belle architecture de celui que bâtit l'hirondelle à front blanc. Il est surtout fait de boue mélangée avec des herbes, garni d'herbes et de plumes, et planté sur un support comme une poutre ou une traverse; mais souvent la plus petite projection sera utilisée comme un point d'appui pour y bâtir. Il arrive que des cultivateurs, pour attirer ces oiseaux et les engager à faire leurs nids là où on les verra volontiers, leur fournissent de petits supports pour leurs nids tout à côté et sous les chéneaux de leurs granges, où en dedans là où ils seront protégés sans causer aucun dommage.

Habitat. L'Amérique. Probablement ne va pas aussi au nord que les espèces précédentes.

C'est l'hirondelle qui d'habitude niche dans les granges et les annexes de la maison de ferme. Non seulement elle bâtit son nid sous les chéneaux mais elle pénètre dans le bâtiment et se loge à l'intérieur. Sa longue «queue d'hirondelle» en fait peut-être la plus gracieuse de toutes les hirondelles canadiennes.

Genre — Iridoprocne. Hirondelle bicolore.

614. L'Hirondelle bicolore, (tree swALLOw). Iridoprocne bicolor. L, 5-90. Planche XXXVI B.

Traits distinctifs. Le noir uniforme avec des reflets d'acier très prononcés dans les dessus, la blancheur immaculée des dessous sont bien distinctifs.

Indications sur le terrain. La blancheur parfaite, sans marque aucune des parties de dessous, constitue une indication facilement reconnaissable sur le terrain. Chez les Jeunes oiseaux le noir des dessus est remplacé par du brun mat et un soupçon de brun étendu sur les côtés de la poitrine, mais tout cela ne forme jamais une bande continue en travers de la poitrine comme chez l'hirondelle de rivage.

Nid. Se fait dans les trous laissés par les pics, dans des couches mortes, dans des arbres creux ou dans des nichoirs. Le nid est garni d'herbes et de plimies.

Habitat. L'Amérique, dans le nord jusque vers la limite des bois.

Bien qu'ordinairement elle profite des trous de pics, dans les souches mortes au-dessus de l'eau, l'hirondelle bicolore se laisse facilement aller à nicher dans des boîtes dans un jardin. La beauté de sa brillante irisation et la grâce de son vol vaut largement la peine qu'on prendra de leur préparer un abri, même si sa présence n'était pas à elle seule une importante protection contre les insectes dans le jardin. La permanence de l'espèce est menacée par la rareté toujours plus grande des places favorables à sa nidification, à moins qu'un effort ne soit tenté pour créer des nids artificiels.

Genre — Riparia. Hirondelles de rivage.

616. L'Hirondelle de rivage, (bane swallow). Riparia riparia. L, 6-20. Planche XXXVII A.

Traits distinctifs. Un brun mat au heu d'ime coloration irisée du dos; les dessous blancs avec une bande pectorale distincte et noire sont des traits de ce genre. La bande est toujours pleine et complète et le blanc très pur. La bande pectorale complète fera distinguer l'hirondelle de rivage de la jeune hirondelle bicolore, et aussi de l'hirondelle à ailes hérissées chez laquelle le blanc n'est pas pur et chez qui la poitrine et la gorge sont imiformément étendues d'un brun cendré.

Indications sur le terrain. Les dessous blancs sont traversés par une barre foncée très visible. C'est la meilleure indication sur le terrain.

Nid. Presque tout le monde a vu combien vite les côtés en vue d'une excavation de sable ou de gravier sont creusés de petits trous à nids par les hirondelles. Trop souvent les petits gamins fouillent ces trous et en font sortir les oiseaux. C'est là une action à la fois dangereuse pour l'enfant, parce que l'excavation peut s'effondrer, et méchante en ellemême parce que c'est un coup droit porté à l'existence d'un des meilleurs amis du fermier.

Genre — Stelgidopteryx. Hirondelle à ailes hérissées.

617. L'Hirondelle à ailes hérissées, (rough-winged swallow). Stelgidopteryx serripennis. L, 5 -75. Très semblable à l'hirondelle de rivage par la coloration générale mais avec la poitrine et la gorge teintées d'un brun cendré pâle au lieu d'être traversées par une bande brune bien tranchée.

Traits distinctifs. La susdite différence, jointe à l'absence de beaucoup de blanc pur en dessous et d'un blanc quelconque sur la gorge, est très indicative. Les oiseaux de croissance achevée ont la petite membrane externe des primaires extérieures convertie en une série de petits crochets presque imperceptibles à l'oeil nu mais que le doigt peut sentir quand on le passe le long du bord jusqu'à la pointe. Sur les jeunes oiseaux cela ne se voit pas bien, quelquefois pas du tout, et les différentes étapes de ce développement se font remarquer. On remarque la chose en quelque degré chez tous les spécimens du printemps.

Indications sur le terrain. La meilleure indication de ce genre pour distinguer l'hirondelle à ailes hérissées de l'hirondelle de rivage c'est la poitnne uruformément étendue de la même teinte au heu de la poitrine blanche avec une large barre noire. Quand on porte son attention sur une compagnie un peu mêlée d'oiseaux, l'hirondelle à ailes hérissées peut être ordinairement distinguée grâce à son dos un peu plus rouge ou de couleur rouille qui ressort beaucoup plus dans la vie ordinaire que dans la main.

Nid. A cet égard cette hirondelle ressemble à celle de rivage mais elle est plus solitaire et peut être plus disposée à nicher dans les crevasses de roches superposées, de falaises ou de bâtisses.

Habitat. L'Amérique. A partir du nord à travers la frontière canadienne jusqu'à la région inférieure des grands lacs.

Les hirondelles à ailes hérissées appartiennent à une espèce très dispersée dans le monde; elles montrent toute la forme spéciale de l'aile qu'on ne peut expliquer dans l'état actuel de nos connaissances.

FAMILLE BOMBYCILLID.<B. JASEURS.

Les jaseurs sont des oiseaux extraordinaires, répandues à travers les parties septentrionales des deux mondes. Ils sont représentés en Amérique par deux espèces si bien caractérisées pour la forme et la couleur et si pareilles l'une de l'autre que toute description ici est inutile. Ils offrent très peu de variations par rapport soit aux saisons soit aux sexes, et la planche XXXVII B comme la figure 55, page 29, les désigne très distinctement. Les tuyaux des secondaires et quelquefois ceux de la queue s'élargissent vers les bouts en des appendices de brillantes couleurs qui ressemblent à des morceaux de cire à cacheter.

Genre — Bombydlla. Jaseurs.

618. Le Jaseur de Bohème, (bohbmian waxwing). BombyciUa garrvla. L, 8. Il est presque tout à fait semblable par la forme et la couleur au jaseur du cèdre, mais plus grand; les secondaires ont à leurs ejctrémités im peu de blanc; la plupart des primaires ont du blanc ou du jaune, ou l'un et l'autre; il y a aussi une petite barre à l'aile. Les couvertures sous-caudales sont marron et l'abdomen est grisâtre sans être étendu de jaune.

Traits distinctijs. Aucun autre de ces traits n'est nécessaire; le jaseur du cèdre est la seule espèce avec laquelle on pourrait le confondre.

Indications sur le terrain. Leurs figures proprettes et leurs crêtes si frappantes font reconnaître les jaseurs. Le blanc ou le jaune sur les aUes, le marron des couvertures souscaudales sont les indications les plus déterminantes sur le terrain.

Nid. Sur les arbres, composé de ramilles, de racines, de mousse, etc.

Habitat. Les sections boréales de l'hémisphère nord. En Amérique, couve dans l'extrême nord, au nord-ouest de la baie d'Hudson, et visite les districts colonisés en hiver, mais irréguhèrement.

Leurs mœurs irrégulières et migratoires en hiver ont fait donner à ces oiseaux le nom de « bohémiens » lequel, en ce sens , est synonyme de « errants » . Ce sont des oiseaux du nord-ouest, mais qui descendent à l'occasion dans les régions cultivées du Canada oriental, en hiver, comme fait le gros-bec à couronne noire. Ils sont trop rares pour avoir aucune valeur économique. Leur nourriture favorite se compose des fruits desséchés qui restent pendus aux arbres pendant l'hiver.

619. Le Jaseur du cèdre, (cedar waxwing). Bombycilla cedrorum. L, 7-19. Planche XXXVII B.

Traits distinctijs. Avec l'aide de la gravure le jaseur du cèdre ne peut guère être confondu avec aucune autre espèce sauf avec le jaseur de Bohème. Pour les traits distinctifs voir cette espèce. Ce jaseur-là est le seul qu'on rencontre dans l'est du Canada, en été, et qu'on peut probablement rencontrer en hiver dans les districts méridionaux.

Indications sur le Urrain. La fonne et le port gracieux ainsi que la huppe droite si apparente sont des indications faciles à reconnaître. La voix, un sifflement aigu, est caractéristique et vite reconnue. Voir la précédente espèce.

Nid. Souvent placé sur des arbres fruitiers ou ombreux, c'est un assemblage massif de morceaux d'écorce, de feuilles, d'herbes, de ramilles, de petites racines, de mousse etc., garni de matières plus fines de même nature.

Habitat. L'Amérique, au nord dans le Canada jusqu'aux limites des régions cultivées et même par delà.

Le jaseur du cèdre est un des oiseaux qui fréquentent nos vergers. Il niche en été dans les arbres fruitiers et n'est que trop connu dans le voisinage des cerises à maturité précoce. En hiver il recherche les diverses espèces de vieux fruits desséchés qui pendent aux branches. La coloration est tendre, harmonieuse avec tout juste assez de contraste de couleurs pour lui donner du caractère. Le tissu bizarrement lisse et soyeux du plumage semble être cause que les plumes sont pour ainsi dire collées, l'une à l'autre et jamais en désordre. La façon dont les tuyaux des secondaires et quelquefois les plumes de la queue se terminent comme des bouts de cire à cacheter rouge, façon commune à ce jaseur et à celui de Bohème, est unique en son genre, parmi les oiseaux d'Amérique et donne à ces deux individus un cachet de plus d'individualité.

Valeur économique. Environ le treize pour cent de leurs aliments est formé d'insectes nuisibles, le reste se compose en majeure partie de fruits. Ces fruits sont surtout d'espèce sauvage et sans valeur économique; c'est même un fait que la plupart des oiseaux préfèrent de beaucoup les fruits sauvages aux fruits cultivés. Néanmoins, quand les cerises précoces mûrissent avant les cerises sauvages le dommage que les jaseurs peuvent faire est considérable. La même quantité de ce fruit répartie sur un grand nombre d'arbres plus tardifs pourrait passer inaperçue, mais lorsque le dommage se concentre sur la partie la plus précoce et la plus précieuse de la récolte, la perte se fait vivement sentir. La protection du fruit précoce contre les dégâts causés par cette espèce d'oiseau et quelques autres de même moeurs est une affaire qui a demandé une attention considérable. Quant à tuer à coups de fusil tous les oiseaux qui visitent le verger, ce serait évidemment une solution du problème, mais qui ne laisserait pas d'être piteuse. La protection du fruit ne serait qu'incomplète et devrait se répéter à chaque saison; car tant qu'il reste de ces oiseaux dans le voisinage, leur multiplication annuelle viendrait annuler les résultats des entreprises précédentes. En outre, le village entier serait privé de l'utile secours d'un certain nombre d'espèces à la seule fin de protéger une quantité donnée de fruits. Un filet qu'on étendrait sur le fruit reviendrait d'ordinaire à meilleur marché que la fusillade en question. Comme les oiseaux préfèrent le fruit sauvage au fruit cultivé mûr de bonne heure, des arbres à fruits sauvages plantés dans des coins inutilisés et le long des palissades donneraient une protection à bon marché. Le mûrier russe et le sorbier, plus tard le cassis, l'alisier, le framboisier, le sumac, l'aune, la vigne sauvage, la douce-amère, la morelle noire, la sjanphorine, le sureau, sont tous des fruits sauvages qui rempliront l'office voulu.

FAMILLE LANIID^. GEIÈCHES, PIES-GRIÈCHES.

Description générale. Les pies-grièches sont des oiseaux du genre passereau, de taille moyenne et de caractère rapace. On les reconnaît facilement à leur bec qui est distinctement crochu à l'extrémité et pourvu d'une entaille et d'ime dent près du bout de la mandibule supérieure (figure 56, p. 29). Les deux espèces qui se rencontrent au Canada sont très semblables par la coloration et ne diffèrent que par de menus détails seulement (planche XXXVIII A).

Les pies-grièches sont d'intéressants exemples d'oiseaux du genre passereau vivant de graines et d'insectes et faits pour une vie de rapaces. Les vrais rapaces, les éperviers, etc., qui font leur proie d'être plus élevés qu'eux dans l'échelle animale, ont des pieds puissants avec lesquels ils tiennent leur proie tandis qu'ils la déchiquettent. Les pies-grièches n'ont pas ces membres faits pour saisir et tenir, car leurs pieds ne sont pas plus forts que ceux d'un moineau ou d'un merle de même taille. De là vient qu'elles saisissent leur proie avec leur bec et que pour la tenir tout en la mangeant, elles ont pris l'habitude de l'empaler sur de fortes épines; c'est cette habitude qui leur a fait donner le nom d'oiseaux-bouchers. Les piesgrièches sont hardies, courageuses et montrent autant d'audace et de savoirfaire, toute proportion gardée, qu'aucun des véritables oiseaux de proie. C'est une famille très nombreuse et fort répandue. Un seul genre est représenté en Amérique et il y en a deux espèces dans l'Amérique du Nord.

Genre — Lanius. Pies-grièches.

621. La Ple-grièche boréale, (nobthern bhbiki;). Lanius borealia. L, 10-32. Elle est semblable à la pie-grièche migratrice (planche XXXVIII A) mais est plus grande et avec une série de lignes fines, ondulées ou vermiculées vaguement marquées en trarers des dessous.

Traits distinctifs. La coloration générale et le bec encoche feront reconnaître la pie-grièche. La taille et les vermiculures bien marquées en dessous la caractériseront comme étant la pie-grièche boréale.

Indications sur le terrain. Le contraste très accusé du noir et du blanc sur les ailes et la queue, les dessus gris et la bande noire en travers de l'œil. Toute pie-grièche aperçue dans l'est du Canada en hiver, d'octobre à mars, appartiendra à cette espèce.

Nid. Dans les arbres im peu bas ou dans les buissons; nids faits de branchettes, d'herbes, etc.

Habitat. L'Amérique du Nord; l'oiseau couvant au delà de la colonisation et à travers le continent, au sud en hiver.

La pie-grièche boréale est la plus hardie et la plus vigoureuse des deux espèces. Elle couve dans le nord et ne se rencontre que dans les régions cultivées, en hiver, oïl elle suit les bandes de sizerins à tête rouge, etc. Elle a montré quelque disposition à pénétrer dans les villes et les villages à la poursuite du moineau domestique ou anglais, intention qu'il conviendrait d'encourager de toute façon. Des souris et des oiseaux desséchés, petits cadavres, sont quelquefois trouvés cloués à des épines, à des clôtures de fils de fer barbelés, ou pendus à la fourche étroite de deux branchettes; ce sont ordinairement des victimes de cette espèce.

Valeur économique. Bien que de sa nature elle soit rapace à tous crins, la pie-grièche boréale ne peut cependant point être regardée comme faisant beaucoup de dommage. Elle n'est pas suffisamment commune dans ces petits centres nouveaux pour être un facteur important dans la vie des oiseaux des champs. Elle attrape beaucoup de souris et il est probable que la guerre qu'elle leur fait ainsi qu'au moineau anglais fera pardonner ses entreprises sur les oiseaux mangeurs de grains.

622. La Pie-grièche migratrice à croupion blanc. (LcaoERHEAD shrikb). Lanius ludovidanus. L, 9. Planche XXXVIII A.

Traits distinctifs. Cette espèce ne peut guère être confondue qu'avec la pie-grièche boréale, et elle est beaucoup plus petite que cette dernière. L'oiseau adulte n'a pas les fines vermiculures de la poitrine et, chez les toutes jeunes, elles ne sont qu'à peine indiquées. C'est, au Canada, un oiseau d'été et non d'hiver.

Indications sur le terrain. Le blanc clair et le gris pâle du plumage de leur corpe, les ailes noires et la queue fortement marquée de blanc, enfin, la bande noire sur la face, sont particuliers aux pies-grièches. Toute pie-grièche d'été au sein des régions cultivées sera de cette espèce.

Nid. Fait de morceaux d'écorce, de ramiUes, de fibres végétales, et garni de laine et de plumes bien ajustées.

Habitat. En tant qu'espèce, l'Amérique du Nord, jusqu'à la limite des terres cultivées, au nord. La pie-grièche migratrice occupe l'est de l'Amérique du Nord, au nord des Etats du golfe du Mexique et à l'ouest jusqu'aux provinces des prairies.

SOUS-ESPÈCES. La pie-grièche migratrice, comme bien d'autres espèces dont le territoire est très vaste, développe différents caractères selon les localités des parties du territoire où elle vit, chaque partie donnant lieu à une sous-espèce reconnue. La piegrièche de l'est du Canada, est la pie-grièche migratrice: Lanius ludovicianus migrans qu'on distinguera de la sous-espèce typ^ des Etats-Unis du Sud, appelée pie-grièche au croupion blanc de l'Ouest, par de légères différences de couleur et de proportions seulement.

La pie-grièche migratrice est un oiseau des pâturages et des coteaux découverts et broussailleux. Les arbres appelés stramoines, émondés et tondus par le bétail jusqu'à en devenir ramassés et repoussants sont les endroits favoris que l'oiseau recherche pour y nicher, et dans ce voisinage on peut ordinairement l'apercevoir sur quelque observatoire haut placé, comme la pointe d'un plançon mort ou un fil de télégraphe, qui scrute d'un œil perçant la contrée environnante. L'empalement de sa proie n'est pas une habitude aussi fortement développée dans cette espèce que dans la précédente, probablement parce qu'elle est plus insectivore et qu'elle peut manier ses plus petites victimes sans les empaler. En tout cas on ne voit que très rarement des restes plantés sur des épines dans les retraites où cette espèce est commune et où l'on s'attendrait à trouver beaucoup de traces de cette coutume. Le chant de la pie-grièche migratrice est mélodieux et agréable, mais son cri d'appel est dur et discordant.

Valeur économique. Les habitudes de cette pie-grièche par rapport aux aliments sont semblables à celles de la pie-grièche boréale avec la seule différence qu'on peut attendre d'un oiseau plus petit et plus faible, d'un oiseau d'été plutôt que d'hiver. C'est ainsi que nous trouvons qu'elle prend moins d'oiseaux et de mammifères et plus d'insectes; quand la saison des insectes bat son plein on voit même qu'ils constituent presque toute la nourriture de la pie-grièche. Au commencement de l'été, des quantités d'escarbots sont mangés, qu'ils soient utiles ou nuisibles, il s'en mange autant des uns que des autres. Plus tard ce sont les sauterelles et les criquets qui forment une grande proportion de la nourriture, mais une forte quantité de chenilles, dont plusieurs sont velues, des larves, des guêpes, des araignées et d'autres formes d'insectes servent de nourriture à la piegrièche. L'ahmentation de cet oiseau, pendant l'année, rend service, selon la Commission biologique des Etats-Unis, dans la proportion de 4 à 1.

FAMILLE VIRKONID^. VIREOS.

Description générale. Des oiseaux petits, pareils aux fauvettes, avec du vert et du blanc comme coloration, et plus ou moins de jaune en masses délicatement étendues, et sans marques bien distinctes. Le bec est visiblement encoche et recourbé à son bout, comme celui de la pie-grièche (figure 56, p. 29) mais de proportions beaucoup plus petites et plus légères.

Traits distinctifs. Les vireos peuvent facilement être pris pour des fauvettes auxquelles ils ressemblent par le port, la taille et la coloration générale. Toutefois, leur bec est plus gros, plus fortement arqué au sommet, plus élevé eu égard à sa largeur et plus

visiblement recourbé et encoche au bout. La fauvette à poitrine jaune a un bec qui pourrait répondre à cette description dans ses grandes lignes, mais il n'est pas recourbé et n'a rien qui ressemble à une encoche à son extrémité.

Indications sur le terrain. En sus des marques spécifiques qui constituent le meilleur guide pour reconnaître l'espèce, les vireos peuvent se reconnaître à leurs habitudes d'oiseaux chanteurs et à leurs mouvements plus lents et plus paresseux, quand ils vous regardent fixement de dessous les feuilles et grappoUent nonchalamment sur les branches et les ramilles.

Les vireos forment une petite famille spéciale à l'Amérique. Il y en a trois genres au Canada, représentés par six espèces.

Valeur économique. Au point de vue économique, les vireos peuvent être traités dans le même paragraphe car ils ont les mêmes habitudes quant à leur ahmentation. Celle-ci se compose pour le 91 pour cent d'insectes et de fruits qui restent sur les arbres et qui appartiennent presque tous aux variétés sauvages. Les insectes poursuivis sont parmi les plus nuisibles, et comprennent les cicindèles et autres espèces apparentées qu'aucun autre oiseau que les vigilants vireos, à la vue perçante, ne recherche généralement. Les vireos sont parmi nos oiseaux les plus utiles.

Genres — Vireosylva, Lanivireo et Vireo. Vireos.

624. Le Vireo aux yeux rouges, (red-eted vibeo). Vireosylva olivacea. L' 6-23. Planche XXXVIII B.

Traits distinctifs. Ce vireo peut être distingué des autres vireos grâce à sa taille plus grande, à l'absence de jaune, au gris restreint à la couronne, et à la ligne blanche du sourcil bordée de noir soit au-dessus ou au-dessous. L'iris est rouge, mais ceci ne peut se remarquer que vu de très près.

Indications sur le terrain. Les marques sur la face de ce vireo constituent la meilleure indication sur le terrain. Le sourcil blanc bordé de noir et la ligne inférieure en travers de l'œil peuvent ordinairement se voir quand l'oiseau braque ses yeux à travers le feuillage sur l'importun visiteur.

Nid. Suspendu après la fourche d'une petite branche de 5 à 15 pieds au dessus du sol, ce nid ou cette coupe suspendue, et tressée avec des morceaux d'écorce, des fibres de bois mort, du papier, du duvet végétal ou de l'écorce de bouleau garni de matières fines.

Habitat. L'Amérique du Nord jusqu'à la limite des arbres.

Le vireo aux yeux rouges est un des hôtes les plus familliers de nos bocages et de nos bois. Son chant, répétition agrémentée de petites variations de la même phrase, avec des pauses entre-deux, et continuées ad libitum, peut être entendu au sommet des arbres à peu près partout au Canada, et a valu à cette espèce le nom d'oiseau prêcheur.

626. Le Vireo de Philadelphie, (philadelphia vireo). Vireosylva philadelphica. L, 4-75. Presque tout à fait semblable comme coloration au vireo gris-olive (planche XXXIX A) mais d'un jaune plus complètement diSus sur la poitrine, les flancs et en dessous.

Traits distinctifs. Le vireo de Philadelphie peut toujours être distingué du vireo gris oUve par la longueur de la première des plumes primaires. Dans cette espèce-ci elle est presque aussi longue que la seconde, tandis que chez le vireo gris olive elle est réduite à un état rudimentaire et n'a qu'à peine trois quarts de pouce de long.

Indications sur le terrain. A l'état vivant ce vireo ressemble au vireo gris olive avec une poitrine et les dessous exceptionnellement jaunes.

Nid. Suspendu à une branche qui est à environ 8 pieds au-dessus du sol; ce nid est fait de fibres et d'écorce de bouleau.

Habitat. L'Amérique orientale. Ce vireo couve au sein d'un territoire qui est plus boréal que celui du vireo gris olive; il n'est que migrateur dans la plupart des régions colonisées du Canada.

Ce vireo est généralement assez rare et trop peu remarquable pour être souvent aperçu et reconnu par l'observateur ordinaire.

627. Le Vireo gris olive, (wakbung vibbo). Vireotylva gilva. L, 5-80. Planche XXXIX A.

Traits distinetifs. Sa coloration uniforme sans marque spéciale et sa petite taille distingueront ce vireo de tout autre sauf du vireo de Philadelphie. L'absence de couleur jaune répandue sur le devant et les dessous servira ordinairement de marque indicatrice. Mais la preuve déterminante de l'espèce sera l'état rudimentaire de la première qui est à peine longue de trois quarts de pouce au heu d'être d'un pouce trois quarts.

Indications sur le terrain. Les dessous d'un blanc presque pur au lieu de la diffusion jaune du vireo de Philadelphie constituent la meilleure façon de les distinguer l'un de l'autre, de même que la petite taille et la coloration terne uniforme font distinguer le présent vireo de tous les autres.

Nid. Suspendu dans la fourche d'une petite branche à une hauteur de 15 à 50 pieds au-dessus du sol; le nid est fait de bandes d'écorce très fines et de fibres végétales.

Habitat. En tant qu'espèce ce vireo occupe toute l'Amérique tempérée; le vireo oriental s'étend à l'ouest jusqu'aux provinces des prairies.

SOUS-ESPÈCES. Le vireo gris olive forme deux sous-espèces: celle de l'Est et celle de l'Ouest. Le vireo gris olive de l'Est, V. g. gilva, le type de l'espèce, est le seul qu'on rencontre dans l'Est du Canada.

Le vireo gris olive, caché dans les sommets feuillus d'un arbre est plus souvent entendu que vu. Son chant est très différent de celui du vireo aux yeux rouges, puisqu'il est continu et non composé de phrases entrecoupées.

628. Le Vireo à front Jaune, (tellow-thboated vikbo). Lanivireo fiavifronê. L, 5 • 95. La tête, les joues et le dos sont verdâtres; le croupion et la queue couleur d'ardoise; la poitrine et la gorge jatme clair; les dessous blancs; les ailes ont deux barres blanches distinctes.

Traits distinetifs. La poitrine jaune claire et la gorge de cette espèce sont distinctives. Le vireo à tête bleue et le vireo aux yeux blancs sont les seuls autres vireos avec des barres blanches. Dans le premier de ces deux les barres sont blanches conmie sur la poitrine; dans le second les barres sont jaunAtres. Comme coloration, le vireo à front jaune est très semblable à la fauvette des pins, mais il y a beaucoup moins de blanc dans les dessous de cette dernière espèce, le jaune se répandant pour en couvrir la plus grande partie au lieu de s'arrêter presque brusquement à la ligne de la poitrine.

Indications sur le terrain. La gorge et la poitrine d'un jaune brillant sont parfaitement reconnaissables et empêchent qu'on prenne ce vireo pour aucun autre vireo mdigène. La voix, semblable à celle du vireo aux yeux rouges, mais avec des phrases qui se suivent moins rapidement, à 2 ou 3 secondes d'intervalle au lieu d'une par seconde, le fera distinguer d'autres oiseaux de sa famille ou de celles des fauvettes.

Nid. Dans un nid fait de bandes d'écorce, de fibres végétales, l'oiseau est suspendu à une branche fourchue, à une hauteur de 10 à 80 pieds au-dessus du sol. Le md est garni d'herbes déUcates et couvert à l'intérieur de lichens, de toiles d'araignées, etc.

Habitat. L'Est de l'Amérique du Nord. Ce vireo n'est commun dans l'est du Canada que dans les parties méridionales de la région inférieure des grands lacs.

C'est un oiseau des pays boisés et des vergers. A part son chant caractéristique cet oiseau fait entendre bien des sons bizarres, et il a une gamme assez étendue.

629. Le Vireo à tête bleue. (solitary vireo, bltte-headed vireo). Lanivireo solitarius. L, 5-61. Dos verdâtre tirant sur un bleu cendré sur la tête et sur les portions contiguës des joues; une tache lorale blanche et un anneau blanc autour de l'œil; tous les dessous sont blancs avec du jaune disséminé sur les flancs; les ailes avec deux barres blanchâtres.

Traits distinetifs. La tête bleu cendré avec des lores blancs très marqués comme l'anneau autour de l'œil sont distinetifs.

Indications sur le terrain. La tête bleuâtre avec l'anneau blanc autour de l'œil, les lores bien visibles, et la gorge d'un blanc pur sont des indications très en évidence.

Nid. Dans un nid fait de fibres ligneuses, de bandes d'écorce, d'aiguilles de pin, de duvet végétal, l'oiseau est suspendu entre les fourches d'une petite branche à une hauteur de 5 à 10 pieds au-dessus du sol.

Habitat. En tant qu'espèce le vireo à tête bleue se trouve dans toute l'étendue des Etats-Unis et du Canada boréal jusqu'aux Umites extrêmes de la colonisation. Le vireo à tête bleue, représentant de l'espèce à l'Est, va jusqu'au centre de l'Alberta à l'Ouest.

SOUS-ESPÈCE. Le vireo solitaire forme plusieurs sous-espèces, dont une seule, le vireo à tête bleue, L. s. solitarius, la forme type, se rencontre dans l'est du Canada.

C'est un joli petit vireo et un habitant ordinaire des terres boisées et des vergers pendant les migrations. Le chant est semblable à celui du vireo aux yeux rouges, mais une oreille exercée saura saisir la différence.

631. Le Vireo aux yeux blancs, (white-eted vieeo). Vireo çriseus. L, 5-27. C'est un petit vireo comme le vireo gris olive, mais d'un vert beaucoup plus riche sur le dos, et avec une marque lorale et un anneau oculaire jaunes; l'iris est blanc. La gorge et les dessous presque d'un blanc pur; jaune foncé sur les flancs; les ailes ont deux barres jaunâtres.

Traits distinctifs. Iris blanc, anneau oculaire et marque lorale jaimes, jaune foncé sur les flancs, poitrine et abdomen blancs.

Indications sur le terrain. Cette espèce est trop rare dans le Canada et trop semblable à d'autres espèces pour qu'on puisse en parler après ne l'avoir vue que de loin.

Nid. Généralement semblable à celui du vireo aux yeux rouges.

Habitat. Tous les individus de cette espèce sont du midi. Le vireo aux yeux blancs qui est de l'Est se rencontre dans les Etats-Unis de l'Est, au nord des Etats de New- York et de Massachusetts, et n'est qu'accidentellement rencontré au Canada.

SOUS-ESPÈCES. Le vireo aux yeux blancs est représenté par plusieurs sousespèces, l'individu type, le vireo aux yeux blancs du Nord V. g. griseus étant le seul qui se rencontre au Canada.

C'est un oiseau du Sud noté pour sa voix remarquable. Il n'est ques-* tion de cette espèce dans notre travail que sur la foi de quelques signalements rassemblés le long des frontières méridionales du Canada.

FAMILLE — MNIOTILTID.œ. FAUVETTES DES BOIS.

Description générale. Ce sont de petits oiseaux, une seule espèce canadienne ayant plus de 6 pouces -28, et quelques-unes seulement dépassent 6 pouces -TS. Ce sont généralement^des oiseaux aux couleurs voyantes des régions boisées et on les voit perchés au sommet des arbres, lors même qu'il en est quelques-uns qui habitent à terre et dans l'herbe. Ils sont, en tant que famille, difficiles à définir, et les genres peuvent être plus facilement reconnus à leurs becs (figures 57, 58, et 59, p. 29) bien qu'il faille ime connaissance très grande de l'espèce pour en reconnaître les caractères génériques.

Indications sur le terrain. On ne peut donner aucune de ces indications-là s'appliquant à toute la famille. Toutefois, avec quelque expérience de la chose, leur petite taille, leurs couleurs vives, leurs mouvements animés sont vite reconnaissables. On pourra très probablement les confondre avec les vireos.

Nid. Les habitudes de cette famille par rapport au nid qu'elle se fait sont assez variées : quelquefois c'est sur les arbres, depuis le bas près du sol jusqu'au sommet des arbres les plus élevés; d'autres fois c'est sur le sol ou dans l'herbe ou encore dans les trous de troncs morts, etc.

Habitat. La plupart des fauvettes couvent dans les forêts de sapin du Nord^ au delà des hmites de la colonisation générale. Quelques-unes font leur nid dans les régions plus cultivées, d'autres n'hésitent pas à franchir la frontière internationale. Tous ces oiseaux sont migrateurs et passent l'hiver, selon l'espèce, depuis le nord des Etats-Unis jusqu'au sud le long du fleuve des Amazones, dans l'Amérique du Sud.

Les fauvettes des bois forment une nombreuse famille particulière aux deux Amériques. De fait elles partagent cet honneur — celui du nom-

bre — avec les moineaux. Les fauvettes font les délices de l'amateur ornithologiste. Elles sont si petites que peu de gens, si ce n'est les plus passionnés pour cette étude, les aperçoivent jamais; mais elles sont en même temps si nombreuses et de couleurs si brillantes, que, rien qu'à les apercevoir, le commençant voit s'ouvrir devant lui tout un monde nouveau, d'un grand intérêt. Les sexes sont d'habitude dissemblables et le plumage change beaucoup avec les saisons. Ce fait, compliqué encore par le grand nombre des espèces, rend presque sans espoir pour le commençant la tâche de les identifier toutes. Cela n'est cependant pas aussi difficile qu'il y paraît d'abord. Les mâles du prijitemps portent ordinairement des marques distinctes, et comme beaucoup d'entre eux portent des noms descriptifs, il devient relativement aisé de les différencier. Comme, d'autre part, les femelles et les oiseaux d'automne gardent des traces des marques caractéristiques des mâles du printemps, la difficulté est réellement moindre qu'on ne s'y attendait d'ordinaire. Sans doute, des spécimens embarrassants se rencontrent pour intriguer un peu les connaisseurs, mais il s'agit d'ordinaire d'une alternative entre deux espèces qu'on finit par éclaircir en donnant plus d'attention à un ou à plusieurs petits détails. Quand on s'applique à l'étude des fauvettes, l'observateur est averti qu'il devra d'abord se familiariser avec les mâles printaniers. Dès que les mâles de l'espèce commune sont connus, chose relativement aisée, grâce à des formes très caractérisées, la plupart des femelles sont reconnues sans trop de peine, vu qu'elles portent des vestiges atténués du dessin vivement coloré de leur conjoint. En automne la plupart des jeunes oiseaux ressemblent assez parfaitement aux femelles pour rendre la reconnaissance assez peu difficile. Il n'y a donc, relativement que peu de plumages, à part les mâles printaniers, qu'il faille apprendre à connaître individuellement. Les fauvettes canadiennes représentent douze genres dont sept sont représentés par une seule espèce. Le genre Dendroica a seize espèces, le Vermivora cinq, et trois autres sont représentés chacun par trois espèces. Les détails génériques des plus importants de ces genres seront élucidés sous des titres particuliers.

Bien qu'on les dénomme «Modulateurs» (Warblers) leur chant ne devrait guère être honoré de ce titre. A peu d'exceptions près ces chants ne sont que d'insignifiantes petites notes sans grande continuité, mais comme ils servent souvent à distinguer les espèces, quiconque s'applique à cette étude est invité à y apporter une attention soutenue car, lorsque commencent les grandes migrations des fauvettes, la présence d'une espèce nouvelle ou rare est souvent révélée par une seule modulation peu connue qui détourne l'attention qui se portait sur la masse vers la fauvette qui risquait de passer inaperçue.

Valeur économique. Les fauvettes sont éminemment insectivores. Quelques-unes prennent plus ou moins de grain et un peu de fruit qui est presque toujours sauvage, et aucune plainte ne s'est jamais élevée contre aucun membre de cette famille. Leur action est donc, en somme, assez bienfaisante. Elles atteignent toutes les sortes d'habitat des insectes, depuis l'aisselle des feuilles les plus élevées jusqu'aux brins d'herbe sur le sol; et comme ces oiseaux sont petits, ils se contentent des insectes et des œufs de ces insectes qui sont de trop peu d'importance ou trop bien cachés pour attirer l'attention d'oiseaux bien plus gros.

Genre — Mniotilta. Fauvette grimpeuse.

636. La Fauvette noire et blanche, (black and whitb wahbleb). Mniotilta varia. L. 5 • 30. Planche XXXIX B. Le plumage varie peu.

Traits distinctijs. C'est une fauvette noire et blanche qui se glisse autour des trous et des branches comme un pivert. En automne les couleurs du jeune oiseau sont semblables à celles de l'adulte mais légèrement voilées avec une petite dissémination de chamois et moins de noir sur la gorge. Au printemps on ne peut la confondre qu'avec la fauvette rayée, mais la raie blanche médiane sur la couronne, au lieu d'être toute noire, peut la distinguer de cette espèce.

Indications sur le terrain. Son habitude de ramper, sa forte coloration noir et blanc avec la raie médiane sur la couronne. En automne c'est la seule fauvette toute noire et blanche qu'on rencontre dans le Canada oriental.

Nid. Sur le sol au pied d'un tronc, d'une bûche, ou d'une grosse pierre dans un nid fait de bandes d'écorce, d'herbes, etc., garni de radic^es et de longs poils.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord; couve dans presque tout le Canada au nord bien au delà de la partie colonisée.

C'est une des fauvettes qui arrivent le plus tôt au printemps et une de celles qu'il est le plus facile d'identifier en tout temps, vu qu'elle a toujours des marques bien reconnaissables et qu'il y a peu de différence dans la coloration soit saisonnière soit sexuelle.

Genre — Protonotaria. Fauvette dorée.

637. La Fauvette protonotaire, (prothonotary wabbler). Protonotaria citrea. L, 5-50. C'est une fauvette jaune d'or, un chrome riche et brillant ou doré sur la tête et sur presque tous les dessous, avec ailes, croupion et queue grisâtres. Il y a peu de variation de plumage.

Traits distinctifs. C'est la seule fauvette avec une intense couleur d'or sur la tête, le cou et la poitrine, sans barres sur les aUes. La fauvette des pins et la fauvette de Wilson ont une couronne verte ou noire; la fauvette jaune n'a ni les ailes ni la queue grises, elle est jaune citron plutôt qu'orange ou or.

Indications sur le terrain. La fauvette protonotaire est une espèce trop rare au Canada pour la signaler d'après des spécimens vivants.

Nid. Dans un trou d'une souche ou d'un tronc d'arbre; son nid est fait de radicelles de fines ramilles, de mousse, de duvet végétal ou de plumes.

Habitat. Le vallée du Mississipi; au nord à peine jusqu'à la frontière canadienne, qu'elle passe accidentellement dans la région inférieure des grands lacs.

Cet oiseau n'est compris dans la liste canadienne que par suite de quelques rencontres qu'on en a faites dans la région inférieure des grands lacs. C'est un oiseau des terrains submergés et des buissons qu'entourent des eaux stagnantes.

Genres — Helmitheros, Vermivora et Compsothlypis. Fauvettes vermivores.

Le genre Vermivora est un groupe de petites fauvettes de charpente délicate et chez lesquelles les caractères suivants sont très facilement discernés. Le bec est petit, très pointu, presque pareil à une épine, et la ligne du culmen est droite ou presque concave plutôt que convexe ou légèrement arquée (figure 57, p. 29). Les queues sont fortement colorées et sans taches blanches.

639. La Fauvette vermivore. (worm-eating warbler). Helmitheros vermivorus. L, 5-51. Ohve mat en dessus; la tête chamois avec des lignes brun foncé, qui forment un contrtiste marqué, en travers de l'œil et de la couronne en bordure. Peu de variété dans le pliimage.

Traits distinctifs. C'est la seule fauvette avec cette marque distinctive foncée et chamois à la tête. Le bec est plutôt massif pour une fauvette de cette espèce.

Indications sur le terrain. Oiseau trop rare au Canada, pour qu'on puisse se fier à un simple coup d'œil pour l'identifier.

Nid. Sur le sol; nid de radicelles, de feuilles et d'écorce. '

Habitat. L'est des Etats-Unis; un seul signalement mentionné au Canada, dans le sud de l'Ontario.

C'est un oiseau des plateaux boisés ou des taillis marécageux; se nourrit près du sol.

641. La Fauvette aux ailes bleues, (blue-winqed warbleh). Vermivora pintu. L, 4-80. C'est une fauvette verte avec un front jaune, la gorge, la poitrine et les dessous de la même couleur; une ligne noire fine en travers de l'œil, les aUes et la queue gris bleu. Deux barres blanches aux ailes, la femelle semblable mais plus terne. Peu de variété dans le plumage.

Traits distinctifs. La face et les dessous jaune clair, avec une raie noire à l'œil, les ailes gris bleu avec barres blanches, tout cela est distinctif . i

Indications sur le terrain. Cet oiseau est trop rare au Canada pour qu'on puisse se fier à des indications de ce genre pour l'identifier.

Nid. D'ordinaire sur le sol au miUeu ou tout près des secondes récoltes dans un nid d'écorce et de feuilles garni de fines bandes d'écorce et de vrilles, solidement entourées de feuilles.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord; s'arrête réguhèrement au sud de la frontière canadienne et ne la traversant qu'accidentellement dans le sud de l'Ontario.

Bien qu'elle n'ait été prise qu'une seule fois au Canada, c'est une très intéressante espèce car elle s'accouple avec l'espèce suivante, la fauvette aux ailes dorées, procréant des sujets hybrides déconcertants qui furent longtemps regardés comme des espèces séparées sous les noms de fauvettes de Lawrence et de Brewstcr.

642. La Fauvette aux ailes dorées, (golden-winged wakbler). Vermivora chrysoptera. L, 5-10. C'est une fauvette gris bleu; le mâle a du blanc ou du gris très clair en dessous, qui devient foncé sur les flancs, avec bonnet jaune et plaque de même couleur sur l'aile; joues et gorge noires. La femelle est semblable au mâle, mais un peu moins brillante et les surfaces noires sont représentées par du gris foncé. Il y a peu de variation dans le plumage selon l'âge et la saison.

Traits distinctifs. Son corps gris bleu, la tache jaune de l'aile, la gorge et les taches noires autour de l'œil sont distinctives.

Indications sur le terrain. Les indications susdites sont facilement reconnaissables chez l'oiseau en vie. La gorge noire rappelle un peu la mésange à tête noire mais les autres marques suffisent tout à fait à l'en distinguer.

Nid. Sur le sol ou dans les champs à buissons ou de seconde récolte; c'est un nid assez pareil à celui de la fauvette aux ailes bleues.

Habitat. L'est des Etats-Unis; elle traverse nos frontières réguhèrement dans le sud de l'Ontario le long du lac Erié et dans l'angle inférieur du lac Huron.

Cet oiseau est ordinairement trouvé dans les terres incultes chargées d'arbrisseaux ou le long des lisières buissonneuses des forêts. On ne peut s'attendre à le voir que dans l'Ontario méridional.

645. La Fauvette de Nashville. (naseville warbler). Vermivora rubrieajnlla. L, 4-77. C'est une fauvette jaune et verte avec une tête grisâtre et une tache marron plus ou moins dissimulée sur la couronne. Le sexe, la saison et l'âge font varier les plumages seulement quant à l'intensité du jaime et à la quantité de couleur marron sur le bonnet. Chez les femelles le bonnet peut être entièrement dissimulé par les bords gris des plumes, et même il peut être tout à fait absent.

Traits distinctifs. C'est le vert indistinct au-dessus, et le jaune de tous les dessous jusqu'à la queue, mais surtout brillant sur la gorge et la poitrine; la tête et les joues ou grises ou grisâtres sont encore les traits distinctifs. Cette tête grisâtre et le derrière du cou peuvent n'être pas bien marqués, mais on les voit toujours comme formant une légère

différenciation d'avec le vert du dos. Quand elle est présente la couronne marron (non point orange-rougeâtre comme chez la fauvette à couronne orangée) est un caractère spécifique qui ne peut pas tromper.

Indications sur le terrain. Les dessous d'un jaune brillant, sans raie, tête et joues grises.

Nid. Sur le sol dans des terrains en partie défrichés ou des pâturages boisés; dans des nids faits d'herbes et de mousse, garnis d'herbes plus fines et de fines radicelles.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord. Au Canada, dans le nord au delà des régions colonisées. La fauvette de Nasnville, de l'Est, s'étend à l'ouest jusque vers les montagnes.

SOUS-ESPÈCES. La fauvette de Nash ville comprend celle de l'Est, qui est la forme typique, V. r. rubricapiUa, et celle de l'extrême Ouest qui s'appelle la fauvette de Calaveras.

Cette fauvette se rencontrera surtout dans les plantations d'arbustes et dans les haies qui bordent les chemins de campagne.

646. La Fauvette à couronne orangée, (oeanoe-crowned warbleh). Vermivora celata. L, 5. C'est une fauvette d'une jaune mat, gris vert, plutôt jaune en dessous, avec une tache orange-rougeâtre dissimulée sur la couronne. Très peu de différence sexuelle. Les toutes jeunes n'ont pas la tache sur la couronne et l'éclat du jaune des dessous est ramené presque à la couleur du dos.

Traits distinctifs. Cette fauvette est semblable à celle de Nashville, mais sans le gris ou le grisâtre sur la tête. La tache sur la couronne, quand elle existe, est encore plus dissimulée que celle de la fauvette de Nashville; elle est même tout à fait cachée jusqu'à ce que les plumes soient séparées pour laisser voir la couleur de leurs bases. La gorge jaune est plus terne <jue dans la fauvette de Nashville. L'oiseau très jeune est presque d'un vert grisâtre uniforme avec de vagues soupçons cendrés et assez semblable à la très jeune fauvette du Tennessee, mais sans la ligne claire et vague du sourcil; elle est plus uniformément colorée et sans indication quelconque de blanc dans les dessous.

Indications sur le terrain. Pareille à une fauvette de Nashville de couleurs très ternes, ou à une jeune fauvette du Tennessee sans la Ugne vague du sourcil.

Nid. Sur le sol ou tout près, nid fait de feuilles et d'herbes fines.

Habitat. Le centre et l'ouest de l'Amérique. Celle à couronne orangée de l'intérieur couve depuis l'Alaska jusqu'au Manitoba et n'est que migratrice à travers le Canada oriental.

SOUS-ESPÈCES. L'espèce comprend trois sous-espèces. La fauvette à couronne orangée de l'Intérieur V. c. celata — la forme type — avance à l'ouest jusqu'aux montagnes.

C'est une des plus rares parmi les fauvettes particulières au Canada oriental. Il ne suffit pas de l'avoir simplement aperçue pour en garantir la présence dans le Canada oriental.

647. La Fauvette du Tennessee. (Tennessee warbler). Vermivora veregrina. L, 5. Le dos du mâle est vert; les dessous sont presque d'un blanc pur. La tête et l'arrière du cou d'un gris cendré, disséminé sur les joues. La ligne du sourcil est blanche avec une apparence de ligne noire en travers de l'œil. Chez les femelles et les toutes jeunes fauvettes le gris de. la tête et de l'arrière-cou est remplacé par le vert du dos qui s'étend

glus ou moins en un jaune mat ou un jaune verdâtre sur la poitrine et les desssous. La gne sourcilière est toujours visible comme une coloration plus claire du vert..

Traits distinctijs. La coloration générale verte et blanche, et la hgne claire du sourcil sont les meilleurs de ces traits dans tout plumage.

Indications sur le terrain. La coloration générale comme ci-dessus, avec la Ugne claire du sourcil et sans les barres blanches de l'aile, les taches à la queue ou la tache blanchâtre à la base des primaires de la fauvette bleue à gorge noire.

Nid. Dans la mousse sur le sol parmi la végétation petite et compacte des conifères; le nid fait d'herbes ténues, de radicelles et de longs poils.

Habitat. L'est de l'Amérique, probablement jusque vers la limite nord des forêts. D'habitude cet oiseau est rarement migrateur à travers nos régions colonisées, mais il est commun dans nombre de localités.

Cette fauvette est plutôt rare dans presque toutes les parties du Canada oriental. Dans le temps de la migration on la trouve vers le sommet des arbres.

648. La Fauvette d'Amérique, (parula warbler). Compsothlypiê americana. L, 4-73. Les dessus et les côtés de la face et du cou sont bleus, un bleu presque brillant, avec du jaune étendu sur le milieu du dos. Les dessous sont blancs, la gorge et la poitrine jaune clair avec une bande vaguement noire (ou noir bleuâtre) et rougeâtre en travers de la poitrine. Les femelles et les tout jeunes oiseaux sont plus ternes, sans la bande pectorale, et avec le jaime plus ou moins disséminé sur tous les dessus, mais très foncé au milieu du dos. Des barres blanches sur les ailes dans tous les plumages.

Traits distinetifs. Le dos bleu, ou pur ou mélangé de jaune; les barres des ailes, la poitrine et la gorge jaunes sont toujours distinetifs.

Indications sur le terrain. Voir le numéro précédent.

Nid. Dans des touffes pendantes d'usnée (barbe de vieillard) ou d'autres lichena pendants.

Habitat. Principalement l'est de l'Amérique. La fauvette d'Amérique du Nord occupe le nord de ce territoire particulier, jusqu'aux limites de la colonisation actuelle; elle ne couve pas dans la région des grands lacs mférieurs.

SOUS-ESPÈCES. La fauvette d'Amérique comprend deux sous-espèces: celle du Nord et celle du Sud. L'individu canadien, la fauvette du Nord, (Northern Parula) C. a. usneœ, est ainsi nommé d'après le hchen dans lequel il bâtit son nid.

Genre — Dendroica. Fauvettes des régions boisées.

Le genre Dendroica est composé de fauvettes d'une charpente plus robuste que celle du genre Vermivora. Le bec est plus long et le culmen sensiblement plus arqué (figure 58, p. 29). La queue, Sauf celle de la fauvette jaune, a beaucoup de blanc.

65(X La Fauvette du cap May. (cape mat warbleb). Dendroica igrina. L, 5. Le mâle: la gorge, la poitrine et presque tous les dessous jaune brillant rayé de noir au bas de la gorge, de la poitrine et des flancs. Une tache marron au milieu de la joue se détache fortement sur le jaune. Le sommet de la tête d'un noir qui continue sous forme de taches allongées sur le vert jaune du dos. Le croupion est jaune et l'aile a une grande tache blanche. La femelle: les dessus gris olive; les dessous d'un blanc sale réchauffé par du jaune répandu en travers de la poitrine, laquelle est vaguement rayée de jaune foncé. Le croupion est jaunâtre et la tache blanche de l'aile est remplacée par des barres vaguement distinctes. Les jeunes: semblables aux oiseaux de printemps, mais moins brillants; le mâle n'a pas les joues marron. Les femelles: gris ohve uniforme et terne, légèrement jaune au croupion; un blanc terne légèrement olive en dessous, vaguement rayé de ligneg tendres et foncées, et quelques vagues touches d'olive jaunâtre sur la poitrine et les flancs .

Traits distinetifs. Les mâles sont reconnaissables à leurs couleurs tigrées d'un jaune rayé de noir. Les femelles adultes laissent voir assez du dessin propre au mâle pour qu'on puisse les reconnaître. Les jeunes femelles sont plus difficiles à reconnaître. Toutefois, toutes font voir au moins assez de jaune dans les parties internes des plumes sur les côtés du cou juste derrière les oreilles. Cette légère teinte se montre quelquefois, chez l'oiseau vivant, quand il tourne la tête, mais si l'oiseau est dans la main, il faut séparer les plumes pour apercevoir cette teinte.

Indications sur le terrain. Les adultes et les tout jeunes mâles sont faciles à distinguer. Les toutes jeunes femelles f>euvent se reconnaître à la raie très fine et obscure de la poitrine

âui ressort sur im fond légèrement chamois, gris olive clair, ou encore à la tache jaune, issimulée sur les côtés du cou, comme c'est décrit plus haut.

Nid. Sur les branches basses des i)etits arbres dans les pâturages ou les terrains boisés; le nid est en partie suspendu et fait de ramilles et d'herbes réunies ensemble par des fils d'araignée et garni avec du crin de cheval.

Habitat. L'est de l'Amérique, à l'ouest jusqu'aux prairies, au nord jusqu'au delà des régions colonisées.

Cette fauvette est une des plus belles; elle est considérée ordinairement comme rare, mais devenue plus commune selon les localités. C'est une espèce qui aime le sommet des arbres dans les régions boisées, mais qu'on voit souvent dans les vergers et dans les arbres feuillus.

652. La Fauvette jaune, (tbllow warbleb). Dendroica œsliva. L, 6-10. Planche XL A.

Traits dislirwtifs. La fauvette jaune peut facilement être confondue avec quelques autres espèces. Sa queue, avec du jaune sur les barbes intérieures des plumes, la fera distinguer de toutes les autres espèces uniformément jaunes ou vertes.

Indications sur le terrain. Le jaune brillant égal et uniforme des oiseaux de printemps ne peut pas tromper. Quelques femelles ternes sont plus vertes que jaunes, mais les ailes à bords verts, la queue jaune, les contrastes dus à l'absence de couleur, la taille et les mouvements de l'oiseau sont facilement reconnaissables.

Nid. Il est placé dans une fourche droite de branches, dans les buissons et les petits arbres; il est fait de fibres délicates et d'une bonne quantité de duvet végétal; garni avec ce même duvet et quelquefois de longs poUs.

La fauvette jaune est une des rares espèces qui parfois refusent de couver des œufs d'étoumeau. Au lieu de jeter dehors l'oeuf intrus, elle bâtit un nouveau nid au-dessus de l'ancien qu'elle ensevelit avec tout son contenu, y compris, souvent, quelques-uns de ses propres œufs dans les fondements de la nouvelle construction, au sein de laquelle une nouvelle série d'œufs est déposée.

Habitat. Presque toute l'Amérique du Nord. La fauvette jaune de l'Est habite tout le Canada, à 1 exception du versant du Pacifique.

SOUS-ESPÈCES. La fauvette jaune comprend quatre sous-espèces; la fauvette jaune de l'Est, D. œstiva, qui occupe la plus grande partie du Canada, est le type de l'espèce.

Cette fauvette est la couveuse la plus commune dans le sud du Canada. Elle partage avec le chardonneret le nom populaire de «Canari sauvage», mais l'absence de noir la fera reconnaître au premier coup d'oeil. On la rencontre dans les lieux buissonneux en pleine campagne ou le long des cours d'eau et sur le bord des marais. C'est une visiteuse habituelle des jardins où son petit chant jovial fait plaisir à entendre. En automne la fauvette jaune est une des premières espèces à partir. Un peu après le mois de juillet elle disparaît, et vers la mi-août il ne reste plus que quelques traînards. Elle part avant que maint observateur ait commencé à penser aux migrations d'automne, c'est ainsi que le détail de ses mouvements d'automne est difficile à suivre.

654. La Fauvette bleue à gorge noire, (black-throated bltte waebleb). Dendroica cœrulescens. L, 5-28. Planche XL B.

Traits distinctifs. Le mâle, dont le nom est si descriptif et qui est fortement caractérisé, est très facile à reconnaître. La femelle, cependant, l'est beaucoup moins, surtout en automne; elle peut ressembler soit au jeune oiseau du Tennessee, soit à la fauvette rayée de l'automne, soit à la fauvette à poitrine baie. Le dos rayé et les barres de l'aile, cependant, des deux dernières sont absentes. EUe est plus foncée et plus vert-grisâtre que l'oiseau du Tennessee, en dessus, et plus chamois en dessous. Une tache blanche ou claire, indistincte et en partie dissimulée à la base des primaires fait toujours reconnaître les femelles de cette espèce.

Indications sur le terrain. Le mâle est facile à distinguer. La femelle sous quelque plumage que ce soit peut ordinairement être distinguée de toutes les fauvettes de couleur uniforme vert mat, grâce à une tache parfois très vague et claire à la base des primaires, tache qui se voit bien plus à l'état vivant qu'on ne s'y attendrait.

Hahitat. L'est de l'Amérique du Nord, couvant dans le nord, mais au sud des régions colonisées.

SOUS-ESPÈCES. La fauvette bleue à gorge noire comprend deux sous-espèces dont une seule se trouve au Canada, la forme typique D. c. cœrulescens, la fauvette à gorge noire du Nord, quoique parfois, des spécimens se rapprochent beaucoup de la variété méridionale, la fauvette de Cairn D. c. caimsi, par le fait qu'ils ont comme un soupçon de taches noires sur le dos.

655. La Fauvette à croupion jaune, (myktle warbler). Dendroica coronata. L, 5-65. Planche XLI A.

Traits distinctifs. C'est une espèce très facilement reconnaissable. Tous les plumages ont au moins des soupçons du jaune de la couronne, du croupion et des marques latérales. Les tout jeunes sont principalement brun rouilleux en dessus, et ont plus ou moins d'une nuance de cette même couleur en travers de la poitrine avec des raies très faiblement indiquées.

Indications sur le terrain. Le croupion jaune est toujours distinct et voyant, formant l'indication la plus visible siu- le terrain. Sa présence et les marques de même couleur du flanc et de la couronne toujours présentes quoique parfois indistinctes, en automne, constituent des guides sûrs pour l'identification à l'état vivant.

Nid. Dans les arbres conifères entre 5 et 10 pieds au-dessus du sol; le nid est fait de fibres végétales et garni d'herbages.

Habitat. Presque toute l'Amérique du Nord jusqu'à la limite des arbres. Eile couve juste au delà de la colonisation populeuse.

C'est une fauvette qui arrive de bonne heure au printemps et qui est la dernière à repartir en automne. Parfois, en cette dernière saison, les lieux buissonneux, les bords des routes, et les clôtures que la végétation recouvre, sont pleins de fauvettes à croupion jaune, chacune montrant, comme elle s'envole, son croupion bien reconnaissable en preuve de son identité.

657. La Fauvette à tête cendrée, (magnolia warbl^b). Dendroica magnolia. L, 5 12. Planche XLIB.

Traits distinctifs. La poitrine d'un jaune voyant et les dessous fortement rayés de noir, les joues noires, les dessus grisâtres sont parfaitement reconnaissables au printemps. Les oiseaux d'automne ont des restes bien reconnaissables du pluma^ adulte, mais les marques de la poitrine sont absentes et celles des flancs sont tr^ amoindries. La tête et les joues sont uniformément grisâtres et le dos est grisâtre et ombré de vert jusqu'au croupion qui est étendu de jaune.

Indications sur le terrain. Le jaime en dessous et au croupion fera distinguer la fauvette à tête cendrée de toutes les autres sauf de la fauvette du Cap May. La poitrine jaune de cette dernière est nettement et plus uniformément rayée de noir et elle a la tache marron à l'oreille. Un examen très attentif de la fauvette à tête cendrée, dans son plumage d'automne, fait toujours apercevoir une barre vague, cendrée en travers du haut de Ta poitrine. La queue est aussi un bon moyen d'identification. Les marques blanches si caractéristiques de la queue se trouvent en arrière de la pointe et sont assez étendues, donnant quand on les regarde de dessous l'impression d'ime queue blanche avec une large bande de noir.

Nid. Est placé sur les arbres conifères à une hauteur de 3 à 6 pieds au-dessus du sol; il est fait de ramilles fines, de tiges de feuilles et garni de radicelles ressemblant à des poils.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord, dans le nord jusqu'à la limite des arbres; elle couve surtout au nord des régions cultivées.

Cette fauvette est une des plus belles de son espèce; quand la- migration a lieu, elle se loge dans les arbres feuillus et dans les vergers où ses belles couleurs se marient de façon charmante aux arbres en fleurs.

658. La Fauvette bleue, (cerulean warbuer). Dendroiea cendea. L, 4-50. Le mâle: bleu de ciel et blanc. En dessus, tout bleu avec de fines marques noires sur le dos et sur les côtés de la couronne. Au-dessous, blanc pur avec une bande pectorale bleue et des raies bleues aux flancs; les barres des ailes sont blanches. La femelle: en dessus, un bleu verdâtre uniformément terne; blanc en dessous, plus ou moins taché de quelques soupçons de vert et de jaune. Les tout jeunes sont semblables, mais plus jaunes partout.

Traits distinctifs. Le mâle ne peut donner lieu à aucune erreur. D'autres plumages ont une teinte bleuâtre singuhère au heu d'olive ou de jaunâtre; le vert des dessus est tout à fait caractéristique. Le tout jeune avec ses dessous verdâtres et jaunâtres est assez semblable à la jeune fauvette du Tennessee, puisqu'il a la même raie au sourcil, mais ses barres blanches à l'aile et les taches à la queue l'en distingueront assez.

Indications sur le terrain. Le bleu de l'adulte et l'éclat bleuâtre d'autres plumages. Autrement il ressemble à la jeune fauvette du Tennessee, mais avec les barres de l'aile et le blanc sur la queue.

Nid. Dans un arbre, entre 20 et 60 pieds au-dessus du sol; im nid fait de fibres fines liées avec des toiles d'araignées, garni de bandes de fibres d'écorce et de quelques lichens à la surface extérieure.

Habitat. L'est des Etats-Unis, sauf la côte, au nord le long du lac Erié jusqu'à un peu au delà de la frontière canadienne.

Cette fauvette est trop rare au Canada pour qu'on puisse s'attendre à la rencontrer sauf dans une région limitée du sud de l'Ontario.

659. La Fauvette de Pensylvanie. (chestntit-sided waebler). Dendroica pensylvanica. L, 5-14. Le mâle: couronne jaune; dos noir et gris, en raies, étendu d'un vert jaunâtre; en dessous du blanc avec des bandes marron le long des flancs, deux barres aux ailes, ou blanches ou jaunâtres. Les jeunes: en dessus un vert jaunâtre presque uniforme; en dessous du blanc, les joues sont grises; ordinairement avec des soupçons de cette couleur marron que le mâle a aux flancs.

Traits distinetifs. Une attention superficielle apportée à la description qui précède pourrait faire confondre cette espèce avec la fauvette à poitrine baie, mais la gorge blanche est distinctive. Les oiseaux de printemps avec leur bonnet jaune, leurs flancs marron et leurs dessous blancs; et les oiseaux d'automne blancs en dessous, vert-jaunâtre en dessus, et avec les barres jaunâtres aux ailes sont facilement reconnaissables.

Indications sur le terrain. Les parties de dessous blanches et le vert singulièrement citron des dessus sont des indications excellentes même dans les plumages où les marques caractéristiques ne se laissent pas voir.

Nid. Dans les buissons à quelques trois pieds au-dessus du sol; nid fait de bandes d'écorce, de tiges de feuilles, etc., garni de vrilles et de radicelles.

^ < Habitat. L'est de l'Amérique du Nord, à l'ouest jusqu'aux provinces des prairies, au nord au delà des Umites de la colonisation. Les nids sont dans les locaUtés où on la trouve dans l'est du Canada, sauf dans la partie d'extrême sud.

La fauvette de Pensylvanie est ordinairement trouvée dans les lieux buissonneux et secs, dans les secondes récoltes et dans les arbustes à framboises.

660. La Fauvette à poitrine baie, (bay-breabted warbleb). Dendroica casta^ nea. L, 5-63. Le mâle: fînement rayé d'ocre-olive mat et de noir en dessus; les dessous sont blancs; le haut de la tête, la gorge, l'avant-cou et les flancs sont de couleur baie (marron rougeâtre); le front et les joues sont noirs; il y a une tache d'ocre pâle sur le côté du cou. La femelle a toutes ces marques caractéristiques très propres à la faire facilement reconnaître, quoique voilées et vaguement indiquées. Les oiseaux d'automne, toutefois, sont absolument différents; en dessus un vert-jaunâtre vaguement rayé de noir, en dessous un blanc plus ou moins teinté d'un vert-jaunâtre ou chamois; la couleur baie des côtés est souvent indiquée par un rouge un peu plus chaud ou par des plumes individuelles entièrement colorées.

Traits distinctifs. Les oiseaux de printemps sont bien faciles à distinguer. Les individus d'automne ressemblent à la fauvette rayée de façon si étroite que souvent on ne peut les en distinguer qu'avec peine, même quand on en tient dans la main. La fauvette à poitrine baie a presque toujours une certaine quantité d'ocre de tons très chauds sur les flancs, ce que n'a pas la fauvette rayée, et les couvertures sous-caudales sont crème au Ueu d'un blanc pur. La présence de barres aux ailes fera distinguer ces deux espèces de toute autre fauvette simplement verte.

Indications sur le terrain. Le mâle adulte est reconnaissable à la couleur. La femelle de printemps fait toujours voir assez de sa poitrine baie pour qu'on la reconnaisse. Les oiseaux d'automne adultes ont aussi d'ordinaire une trace de bai sur les flancs et les chauds tons ocreux de ces parties peuvent d'ordinaire se voir sur les jeunes. Mais lorsque ces caractères manquent pour distinguer l'espèce, une attention marquée fera voir que la couleur de la poitrine est parfaitement uniforme, et avec des yeux perçants ou des verres grossissants on apercevra d'ordinaire des raies vaguement foncées qui se montrent sur les côtés de la poitrine de la fauvette rayée. Aucune de ces indications, cependant, ne se verra sinon dans les circonstances les plus favorables, mais dans les troupes mélangées on peut habituellement dire la proportion de chaque espèce avec passablement d'exactitude.

Nid. Dans des arbres conifères, de 5 à 20 pieds au-dessus du sol, dans un nid fait d'herbes et de plantes fibreuses, garni avec du duvet de ces plantes et de longs poils.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord, à l'ouest jusqu'à l'autre côté des prairies; au nord jusqu'à la limite des forêts. EUe couve au delà des régions habituellement cultivées.

La fauvette à poitrine baie pendant la migration du printemps préfère les broussailles dans les localités sablonneuses, et le bord des chemins, etc. cependant elle se risque près des maisons dans les arbres feuillus et les vergers. La ressemblance entre la fauvette à poitrine baie et la fauvette rayée d'automne, oiseau d'un plumage complet tout à fait différent, est un des phénomènes très intéressants de la coloration des oiseaux. Les plumages d'automne de ces deux oiseaux n'étaient jadis nullement distingués l'un de l'autre, mais confondus sous le nom de fauvette d'automne.

661. La Fauvette rayée, (black-poll warbler). Dendroica slriata. h, 5-56. Le mâle: raies noires et blanches avec une couronne entièrement noire; des lignes fines de noir et de blanc sur le dos; les dessous tout blancs avec du noir, depuis la base du bec jusqu'aux côtés du cou, qui se divise en raies sur les flancs; joues blanches. La femelle, les dessus verdâtres; le blanc des dessous est étendu de vert sur la gorge et la poitrine mais avec suffisamment de raies noires, plus ou moins visibles, pour qu'on reconnaisse l'oiseau comme étant la femelle du précédent. Les oiseaux d'automne ne peuvent presque pas se distinguer de la fauvette à poitrine baie {voir ci-dessus).

Traits distinctifs. Les mÂles de printemps avec leurs marques blanches et noires très distinctes ne peuvent être confondus qu'avec le grimpereau blanc et noir, mais leurs habitudes n'étant pas grimpantes, et leur couronne qui est entièrement noire, au lieu d'avoir une large raie médiane blanche, les feront aisément distin^er. La rayure de la femelle est bien distinctive. Les oiseaux d'autonme peuvent se distinguer de la fauvette à poitrine baie par l'absence de couleur ocreuse, baie ou chamois sur les flancs et par les couvertures sous-caudales absolument blanches.

Indications sur le terrain. La fauvette rayée se montre sous trois différents plumages: le mâle est noir et blanc; la femelle est verdâtre; les dessous sont blancs et plus ou moins rayés de noir; les oiseaux d'automne, comme les fauvettes à poitrine baie avec de vagues raies, visibles seulement pour des yeux perçante ou avec de bonnes loupes, se montrent dans les flancs jaunâtres.

Nid. Généralement dans les sapins à 6 pieds environ au-dessus du sol; nid fait de branchettes, de mousses, de radicelles etc., garni d'herbes fines et de vriUes.

Habitat. Presque le même que celui des espèces précédentes.

La fauvette rayée est une des dernières de cette famille à arriver au printemps, d'habitude après que la plupart des autres bandes migratrices sont parties au nord.

662. La Fauvette de Blackbum. (buackbubnian warbler). Dendroica fusca. L, 5 •25. Planche XLII A. Les parties de dessus oui sont noires, et l'orangé éclatant de la gorge, sont des marques distmctee dans le cas du mâle adulte. Chez la femelle la couleur orange de la gorge, quoique indistincte, est cependant reconnaissable. Les jeunes en automne sont comme la femelle adulte, lors même que les jeunes femelles aient des couleurs plus ternes, la gorge et la poitrine ayant retenu, seules, une coloration jacone assez vague.

Traits distinctifs. Les mâles adultes et de l'automne sont absolument reconnaissables, sans erreur possible. Les femelles de l'automne peuvent être confondues avec les fauvettes raj'ées et les fauvettes à poitrine baie de l'automne, mais le jaune plus clair de la gorge, l'absence de teinte grisâtre en dessous, et les couvertures sombres de l'oreille avec la ligne chamois des sourcils sont des traits distinctifs caractéristiques.

Indications sur le terrain. Le brillant orangé, ou le jaune à tons chauds bornés à la ^orge et à la poitrine et la raie jaune-oranajé ou chamois des sourcils, en contraste avec les joues foncées, constituent les meilleures indications sur le terrain.

Nid. Dans les sapins, de 10 à 14 pieds au^essus du sol. Nid fait de fines branchettes et d'herbes, garni d'herbes et de vrilles.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord, à l'ouest des provinces des prairies; elle couve surtout au nord des localités populeuses.

Le mâle de la fauvette de Blackbum possède ce plumage brillant qu'on attribue communément au climat des tropiques plutôt qu'à celui de nos contrées plus froides. L'espèce s'associe avec beaucoup d'autres fauvettes au sommet des arbres de forêts ou de vergers.

667. La Fauvette à poitrine noire, (black-throated green warbleb). Dendroica virens. L, 5-10. Planche XLII B.

Traits distinctifs. C'est une fauvette verdâtre avec des joues d'un jaune brillant et en contraste marqué avec le noir de la gorge et de la poitrine. Chez les femelles et les jeunes le noir est presque absent ou seulement indiqué par de vagues diffusions de noir, parfois interrompues, mais surtout plus fortes sur la poitrine. Chez les jeunes femelles le noir se réduit à de petits nuages ternes sur les côtés de la poitrine et des flancs. Dans tous les plumages les dessous sont blancs, le dos et la couronne sont clairs, même verts. Le jaune brillant prédomine sur les joues.

Indications sur le terrain. Pour les tout jeunes, le dos vert, les joues jaunes, et les dessous blancs. Pour les adultes, la gorge et la poitrine noires contrastant avec la face jaune et les dessous blancs.

Nid. Sur les sapins entre 5 et 30 pieds au-dessus du sol, un nid fait de petites branchettes et de mousse, garni de radicelles, d'herbes ténues et de vrilles.

Habitat. L'Amérique du Nord, à l'ouest jusqu'aux montagnes. La couvaison a lieu dans l'est du Canada, partout où le cèdre ou les halliers toujours verts se rencontrent sauf dans les régions très méridionales.

C'est un oiseau très frappant, ami des arbustes toujours verts et chétifs, mais aussi des vergers et de la sommité des arbres à feuilles décidues.

670. La Fauvette de Kirtland. (kirtland's warbler). Dendroica kirtlandi. L, 5-75. Gris bleu en dessus fortement rayé de noir sur le dos, et finement rayé sur la couronne. Tous les dessous, sauf sous la queue, sont jaune pâle avec des raies noires sur les côtés de la poitrine et sur les flancs. Les femelles et les tout jeunes sont semblables mais plus ternes, les raies de la poitrine sont brisées et forment des taches.

Traits distinctifs. La fauvette de Kirtland ressemble à la fauvette du Canada, mais elle est plus grande; le jaune est plus pâle et les raies noires sont siu: les flancs et ne servent pas à simuler un collier suspendu aux oreilles, comme dans cette espèce; en outre, le dos est marqué de noir au heu d'être gris clair. La seule autre fauvette qui pourrait être confondue avec celle-là, c'est la fauvette à tête cendrée, mais le noir ne traverse pas la poitrine comme c'est le cas pour les fauvettes à tête cendrée adultes, et il n'y a ni jaune ni vert sur le dos ou siu- le croupion.

Indications sur le terrain. Cette espèce est trop rare pour qu'on accepte l'identification sur une simple vue.

Nid. Sur le sol au pied d'un chêne; nid fait d'écorce tendre, de bandes fibreuses végétales, d'herbe, et garni d'herbes ténues, d'aiguilles de pias et de poils.

Habitat. Pendant l'hiver, aux îles Bahama. La seule station connue pour la couvaison se trouve dans une région limitée des plaines de pin gris (jack-pine) dans la partie nord de la péninsule inférieure de l'Etat de Michigan. Cette espèce n'a encore été prise que deux fois au Canada, et chaque fois ce fut dans la région des grands lacs inférieurs. Son nid doit être cherché dans la péninsule Bruce de l'Ontario et autour des grands lacs à l 'ouest de la région du lac Supérieur.

En hiver cette espèce est confinée en dedans d'un habitat insulaire de l'océan et constitue un exemple des difficultés que rencontre une multiplication anormale d'une espèce indigène. Il est évident que nous n'aurons jamais, dans le nord, une plus grande quantité de fauvettes de Kirtland que ne peuvent en nourrir en hiver les îles Bahama.

671. La Fauvette des pins, (fine warbler). Dendroica vigorsi. L, 5-52. C'est une fauvette d'un vert mat, le vert se changeant en jaune mat sur la gorge et la . poitrine avec des ailes et la queue grises ou brunes, et d'indistinctes barres aux ailes. Quand le plumage est le plus beau, le jaune de la gorge et de la poitrine devient rarement assez brillant. Peu de changement soit en raison du sexe ou de la saison.

Traits distinctifs. Très semblable au vireo à front jaune, mais de couleur plus verte et avec le jaune des dessous plus foncé et plus étendu. L'abdomen blanc n'attire pas les regards. Le bec est léger, pareil à celui de la fauvette au lieu d'être fort, crochu et du type vireo. Cette fauvette peut se distinguer de la fauvette jaune par sa couleur plus terne et par le contraste entre ses ailes, la queue et le corps. Son goût pour les pins fait à tout le moins deviner son identité.

Indications sur le terrain. C'est une fauvette d'un vert mat, jaune sur la poitrine avec des ailes d'un brun grisâtre, des barres blanches aux ailes. Les spécimens canadiens ont d'habitude une apparence sale et crottée. On la trouve presque toujours dans les pins.

Nid. Dans les pins, de 10 à 80 pieds au-dessus du sol; nid fait de bandes d'écorce, de feuilles, de fibres végétales.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord, à l'ouest jusqu'aux prairies et au nord jusqu'aux hmites des bois de pins; la couvaison, au Canada, se fait surtout au delà de la colonisation.

La préférence marquée pour les pins que manifeste cette fauvette est frappante. On la trouve rarement, peutnêtre même jamais, loin de ces arbres; elle est par conséquent exposée à avoir son plumage plus ou moins sali par la poix, ce qui lui donne un air terne et usé. Il est rare de trouver chez nous des oiseaux de cette espèce qui soient propres et brillants.

672. La Fauvette à couronne rousse, (palm warbler). Dendroica palmarum. L, 5-25. C'est une fauvette de couleur mate ou verdâtre. Le mâle: tous les dessous sont brillants ou étendus de jaune; la calotte est marron rougeâtre. La poitrine et les flancs sont rayés plus ou moins de brun rougeâtre, et une ligne jaune aux sourcils contraste avec les joues foncées et la calotte rouge. Les femelles sont pareilles mais leur couleur est plus pâle. Les tout jeunes et les oiseaux d'automne sont brun grisâtre en dessus, chamois en dessous avec des raies pâles, presque blanches sur la gorge et étendues d'un jaune assez distinct qui devient très pur sur les couvertures caudales. Dans tous les plumages il y a une tache au croupion d'im jaune fondu dans la couleur générale.

Traits distinctifs. Les dessous jaunes et la calotte rouge ne peuvent prêter à aucune erreur chez les oiseaux du printemps. En automne les dessous vaguement rayés, le dos brun et les couvertures sous-caudales sont bien distinctifs.

Indications sur le terrain. Les mouvements habituels et saccadés de la queue, pareils à ceux de la maubèche, feront distinguer cette fauvette de toutes les autres avec des dessous jaunes, sauf de celle dite fdes près ». Le jaune brillant restreint aux couvertures souscaudales, la gorge clair et la poitrine vaguement rayée de chamois des jeunes oiseaux permettront de distinguer cette espèce d'autres formes qui peuvent lui être comparées.

Nid. Sur le sol, ou tout près, dans un terrain marécageux, ou dans des mousses stériles; un nid fait d'herbes grossières, garni de plumes appropriées.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord, vers l'ouest, jusqu'aux prairies et au nord jusqu'à la Umite des forêts; couvant la plupart du temps au delà des limites de la civilisation. La fauvette jaune à couronne rousse a un habitat de l'est, et va vers l'ouest jusqu'à la frontière est de l'Ontario. La fauvette à couronne rousse de l'intérieur occupe le reste du Canada oriental.

SOUS-ESPÈCES. La fauvette à couronne rousse comprend deux sous-espèces, la forme typique: la fauvette à couronne rousse de l'intérieur, Dendroica palmarum palmarum, «lui se distingue de la suivante par le plumage printanier de l'oiseau adulte; et la fauvette j aime à couronne rousse, Dendroica palmarum hypochrysea qui se distingue par la moindre quantité de jaune et le moindre éclat brillant des dessous, qui sont légèrement teintés de grisâtre. Toutefois les deux formes sont trop semblables pour qu'on puisse les distinguer sans un spécimen de chaque sous-espèce pour faire la comparaison.

C'est un oiseau qui vit habituellement à terre. Au temps de la migration il faut le chercher dans des terrains bas, à végétation chétive, sablonneux et d'aucun usage; au temps de la couvaison, dans les marécages moussus.

673. La Fauvette des prés, (prairie warbler). Dendroica discolor. L, 4-75. C'est une fauvette verte et jaune. La gorge, les joues et tous les dessous du mâle sont d'un jaune brillant; ime Ugne noire en travers de l'oeil, un coin noir au-dessous des couvertures des oreilles, et une succession de lignes noires le long des côtés de la poitrine et des flancs. Le miheu du dos a une selle de taches rougeâtres. La femelle est semblable, mais quelquefois elle n'a pas du tout ou presque pas cette couleur rougeâtre sur le dos. Les tout jeunes sont pareils, mais les couleurs sont atténuées et voilfes, les dessous sont jaunes, brillantes, sur la poitrine et les Ugnes noires de la face, des côtés de la poitrine et des flancs ne sont qu'indiquées.

Traits distinctifs. Les marques faciales fines et noires tout à côté d'un jaune brillant, leur prolongement très accentué le long des flancs, et les taches rougeâtres du dos sont les traits qui distinguent le mieux les adultes. Chez les jeunes oiseaux, les dessous sont surtout brillants sur la poitrine plutôt que sur la gorge ou ailleurs et les barres simplement indiquées sur les côtés au lieu de l'être au miheu de la poitrine constituent les meilleurs moyens de reconnaître cette fauvette.

Indications sur le terrain. Elle est trop rare au Canada pour être distinguée à la simple vue, à moins que l'observateur n'ait acquis une grande expérience du sujet.

Nid. Dans les bmssons de ronces, le nid est fait de fibres végétales et de duvet v^étal, garni de radicelles et de longs poils.

Habitat. L'est des Etats-Unis, rarement au nord. L'oiseau est peut-être régulièrement en certaines places au delà de la frontière canadienne dans la région inférieure des grands lacs.

La fauvette des prés préfère les terrains abandonnés, secs, et sablonneux, où de seconde végétation. D'après les données qu'on a touchant sa présence au Canada, il faudrait la chercher quand elle niche dans le voisinage de l'extrémité inférieure du lac Huron.

Genre Seiunis — Fauvettes hochequeues.

Les oiseaux du genre Seiurus ressemblent plus à des grives qu'à des fauvettes, comme on l'indique par les noms populaires de «grive couronnée» et de «grive des ruisseaux » qu'on leur donne quelquefois. Mais ce sont, en réalité, de véritables fauvettes de mœurs forestières; oiseaux du sol qui marchent au lieu de sautiller; de taille plutôt grande pour des fauvettes; de couleur brune ou d'un olive foncé en dessus, les dessous blancs avec la poitrine fortement rayée. Toute proportion gardée, les becs sont semblables à ceux des fauvettes (figure 59, p. 29). On peut les prendre pour des grives, soit qu'on les voie en liberté ou dans la main; mais en faisant attention aux caractères spécifiques, on pourra les distinguer facilement.

674. La Grive couronnée, (ovenbird). Seiurus aurocapilliis. L, 6' 17. Planche XLIIIA.

Traits distinctifs. La tache qui simule une couronne d'un or mat en partie cachée, bordée de brun, servira toujours à déterminer l'espèce.

Indications sur le terrain. Bien que très semblable à la grive, il n'est paa du tout probable que cette fauvette puisse être prise pour une grive. La gorge d'un blanc pur, comme son avant-cou, les dessous où ne se voit que peu ou point du tout d'autre couleur, enfin des raies plutôt que des taches d'un si frappant contraste sur la poitrine rendent la distinction très facile.

Nid. Sur le sol dans une construction massive d'herbes grossières, de pétioles, de feuilles et de radicelles; recouvert de feuilles avec une entrée sur un côté, comme un four, d'où lui vient son nom anglais.

Habitat. Les parties boisées de l'Amérique du Nord, à l'est des Montagnes Rocheuses, au nord par delà les localités colonisées. La couvaison se fait au Canada partout où se rencontre cet oiseau.

C'est un oiseau des régions boisées, ordinairement commun partout où des arbres d'accès facile se trouvent mêlés à ceux plus serrés d'une forêt. Son chant habituel Titche-titche-titche, d'abord un peu sourd et finissant très fort est un son bien connu dans les forêts et qu'on n'oublie pas.

675. La Grive des ruisseaux, (northern wateb-thrush). Seiurus novéboracensis. L, 6-04. D'un brun olive foncé en dessus, d'un blanc jaimâtre finement strié de raies foncées en dessous; des Ugnes séparées sur la gorge, la poitrine et les flancs. Une ligne fondue, couleur chamois, au-dessus de l'œil, et une autre fine, accentuée et foncée en travers de l'oeil.

Traits distinctifs. Facile à distinguer de la grive couronnée grâce aux rayures plus

fines, plus uniformes, plus foncées, et aux dessous jaunâtres, grâce aussi à l'absence de la

• tache qui forme la couronne. Cette grive peut se distinguer de la grive des ruisseaux de

la Lomsiane par la ligne chamois au heu de blanche au-dessus de l'œil, par les dessous

jaunâtres au lieu de chamois ou crème et par la présence de taches sur la gorge.

Indications sur le terrain. Les grives des ruisseaux peuvent être recoimues dans la vie ordinaire par les coups saccadés, habituels de la queue quand elles marchent ou se tiennent debout, mouvements très semblables à ceux de la maubèche tachetée commune. Ces deux grives des ruisseaux peuvent être distinguées par la différence des détails de coloration donnés plus haut.

Nid. Sur un banc de mousse ou dans les racines d'un arbre déterré, habituellement près ou au-dessus de quelque eau; dans un nid garni de mousse de vrilles et de fines radicelles.

Habitat. Dans le nord de l'Amérique du Nord jusqu'aux limites de la colonisation. Couve au Canada partout où on la rencontre dans les régions les plus méridionales. •"<

SOUS-ESPÈCES. La grive comprend deux sous-espèces: une de l'Est et l'autre de l'Ouest. La grive de l'Est, C. n. noveboracensis, forme typique, occupe un territoire vers l'ouest jusqu'à l'Ontario méridional, où elle se mêle avec la grive des ruisseaux de Grinnell, S. n. notabilis qui occupe la contrée vers l'ouest.

Le domaine favori de la grive des ruisseaux est dans les marécages du cèdre.

676. La Grive de la Louisiane, (lootsiana water-thrush). Seiurus motaciUa. L, 6-28. D'un brun olive foncé en dessus, d'un blanc, en dessous, finement rayé de li^es brisées noires bien tranchées, allant du haut du cou à la poitrine et aux flancs. Une bgne blanche, très tranchée au-dessus de l'œil et une ligne assez fine d'un noir fondu en travers.

Traits distinclifs. Facile à distinguer de la grive couronnée par l'absence de la raie colorée formant couronne; très semblable à la gnve des ruisseaux, mais s'en distinguant

Ear sa taille un peu plus grande, par des dessous chamois plutôt que jaunâtres, et par la lancheur des marques de la face.

là Indications sur le terrain. La grive des ruisseaux de la Louisiane a l'habitude des saccades de la queue dont la çrive des ruisseaux est coutumière, et ne peut se distinguer de celle-ci, dans la vie ordinaire qu'en faisant attention aux différences notées ci-dessus. Nid. Semblable à celui de la grive des ruisseaux.

Habitat. L'est des Etats-Unis et ne se montrant au Canada que dans le sud-ouest de l'Ontario.

Cette grive est très semblable à la grive des ruisseaux par ses habitudes aussi bien que par la couleur et la forme. C'est cependant un oiseau d'un habitat plus méridional que l'autre et qui n'est que rarement aperçu au Canada.

Genres — Oporornis, Geothlypis et Icteria. Fauvettes terrestres.

Les fauvettes dites du sol sont plutôt plus grandes que les fauvettes des bois mais beaucoup plus petites que les fauvettes hochequeues et avec de grosses pattes et de courtes ailes. Leur coloration est généralement verte et d'un jaune brillant. Elles habitent des buissons plutôt bas et sont rarement vues fort au-dessus du sol.

677. La Fauvette du Kentucky. (kentuckt warbleb). Oporornis formosu». L, 5-40. Verdâtre en dessus; tous les dessous sont jaune clair; le front est noir et devient plus clair au milieu de la couronne: Ugne sourcilière Jaune brillant encerclant l'oeil. Une tache noire bien tranchée s'étend de la base du bec entourant les lores et la plupart des couvertures auriculaires, jusqu'au côté du cou. La femelle et les oiseaux de l'automne sont semblables mais plus ternes, la marque noire de la face étant plus ou moins voilée quoique toujours visible.

Traits distinctifs. De coloration très semblable à celle de la fauvette des prés, mais le noir ne laissant qu'une étroite ligne sourciUère en avant de l'œil au heu d'une joue presque tout* jaune et sans les raies latérales. Assez semblable à la fauvette canaidienne mais avec le dos verdâtre au heu de gris et sans marque quelconque sur la poitrine.

Indications sur le terrain. Trop rare au Canada pour qu'on puisse la recoimaltre à première vue dans la vie ordinaire.

Nid. Sur le sol ou tout près, dans un nid massif fait de branchettes et de radicelles bien enveloppées de plusieurs épaisseurs de feuilles et garni de fines radicelles.

Habitat. L'est des Etats-Unis et n'atteignant pas la frontière canadienne à moins que l'oiseau ne soit un traînard par accident.

Cette espèce n'a été prise au Canada que dans très peu d'occasions. On ne peut raisonnablement s'attendre à la trouver que dans les sections les plus méridionales de la région des grands lacs inférieurs.

678. La Fauvette du Connecticut. (connecticut warbler). Oporornis agilis. L, 5-40. C'est une fauvette verdâtre. Le mâle est, en dessous, d'un jaune claire de citron, la face et la gorge jusqu'au haut de la poitrine, d'un gris bleuâtre uniforme avec un joli cercle blanc autour des yeux. La femelle est semblable mais d'un gris plus pâle. Chez les tout jeunes le gris est remplacé par une teinte chamois plus claire de la coloration du dos.

Traits distinctifs. Cette espèce ressemble tellement à la fauvette de Philadelphie que parfois il est diflBcile de les distinguer l'une de l'autre. Les mâles adultes qui ont un cercle très visible autour des yeux, la gorge et la poitrine parfaitement uniformes, sont assez faciles à reconnaître. Les femelles se reconnaissent par le cercle autour des yeux et par le fait qu'au sommet de la tête l'olive du dos est fortement étendu, et qu'il n'y a pas de gris clair. Les tout jeunes, quand ils ont le cercle autour des yeux, sont d'habitude bien reconnaissables, bien que les fauvettes de Philadelphie du même âge en ont comme une apparence. Quand le cercle autour des yeux ne fournit pas de preuve concluante, la différence de couleur de la gorge et de la poitrine, un oUve chamois au lieu d'un jaune pur uniformément clair et gris dans les dessous, est un bon guide.

Indications sur le terrain. La gorge uniformément grise et le cercle blanc autour de l'œil chez les adultes et, chez les tout jeunes, la gorge ohve chamois et le cercle chamois autour de l'œil. Cette fauvette et celle de Philadelphie marchent au heu de sautiller.

Nid. Sur le sol et formé d'herbe sèche.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord à l'ouest des Alléghanies. Elle paraît couver sur la Umite de la colonisation, au Canada, mais nous manquons de renseignements positifs. Ses migrations ne sont réguhères que dans des localités le long des rives du lac Erié et du lac Ontario.

La fauvette du Connecticut est une des plus rares parmi les fauvettes d'habitudes régulières. Elle arrive tard au printemps et vit tellement isolée qu'on la voit rarement en automne. Nous n'avons pas assez de faits précis à cet égard pour dire si le champ de sa migration est purement local, ou si on n'y a pas assez fait attention. Il convient d'aller chercher cet oiseau tout près du sol dans des broussailles perdues.

679. La Fauvette de Philadelphie, (mourning warbler). Oporornis phUadelphia. L, 5-63. C'est une fauvette verdâtre. Le mâle a les dessous jaune citron; toute la tête, le cou et la poitrine et la gorge gris bleuâtre avec taches à demi cachées sur la poitrine et la gorge, où l'imagination voit quelque ressemblance avec du crêpe, d'où son nom anglais de fauvette en deuil. La femelle est pareille, mais le gris est plus clair et sans les marques de crêpe sur la poitrine, ressemblent ainsi au mâle de la fauvette du Connecticut. Les tout jeunes ont le gris de la couronne remplacé par la couleur verte du corps et le jaune des dessous s'étend du cou à la poitrine légèrement modifié par des teintes plus claires et grisâtres.

Traits distinctifs. La fauvette de Philadelphie peut, d'ordinaire, se distinguer par le crêpe sur la poitrine ou par un soupçon de la chose, par la couleur grise de la couronne et l'absence du cercle autour des yeux, quoique les jeunes aient quelquefois et très vaguement les dits cercles. Voir les espèces précédentes.

Indications sur le terrain. Le crêpe noir de la poitrine, l'absence du cercle autour des yeux chez les adultes, et chez les tout jeunes, l'absence de distinction tranchée entre la poitrine, la gorge et les dessous jaunes.

Nid. Sur le sol ou tout près, nid fait de bandes d'écorce et d'autres matières fibreuses et garni de poils.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord surtout à l'ouest des Alléghanies. EUe couve le long des frontières nord de la colonisation à l'ouest à travers les parties boisées des provinces des prairies.

Cette fauvette est une des plus tardives à arriver au printemps et une des plus tôt reparties, en automne, traversant le pays avant que des observateurs aient guetté les fauvettes migratrices, et par conséquent qui filent sans être observées. C'est dans la seconde moitié d'août qu'il faut guetter ces fauvettes de Philadelphie. Dès le premier jour de septembre elles sont presque toutes parties.

681. La Fauvette trichas. (itABYLAND tellow-throat). Geothlypis trichas. L, 5-33. Planche XLIII B.

Traits distinctifs. Le mâle adulte avec son masque noir est facilement reconnaissable et n'exige pas d'être autrement caractérisé. Les jeunes mâles montrent suffisamment d'indices du masque en question pour être vite reconnus. Les femelles adultes et les toutes jeunes sont très semblables. On peut les reconnaître à leur coloration uniforme en dessus, leur gorge d'un jaune ardent, leurs dessous blanc chamois lavés d'un jaune plus foncé sur les flancs, et les couvertures sous-caudales jaunâtres. On les confondra

très probablement avec les fauvettes de Philadelphie ou du Connecticut, mais la séparation tranchée entre les couleurs de la gorge et celles des joues, le brillant de la gorge et la teinte jaune généralement plus chaude servira à les distinguer. On les a confondues avec la fauvette de Nashville et la fauvette du Tennessee, mais on pourrait facilement arriver à les distinguer grâce à la tête et à la couronne gris clair plutôt que chamois ou d'un olive vermeil chez l'oiseau de Nashville et à la pwitrine presque blanche au heu de jaune très distinct chez la fauvette du Tennessee.

Indications sur le terrain. En sus de la coloration, l'habitat marécageux, les habitudes clandestines et les mouvements caractéristiques de la fauvette trichas deviennent vite familiers à l'observateur. Sa note grondeuse, qui rappelle celle du roitelet, est aisément reconnaissable.

Nid. Sur le sol ou tout près, il est massif, fait de bandes d'écorce d'herbage grossier, de feuilles mortes, garni d'herbes fines, de vrilles et de radicelles.

Habitat. Dans l'Amérique du Nord, au nord, jusqu'aux limites de la colonisation. La fauvette trichas du Nord, notre sous-espèce canadienne de l'Est, qui est la forme tjTpe, couve dans l'ouest jusqu'aux prairies, et au sud jusqu'en Virginie, étant remplacée dans les deux directions par d'autres sous-espèces.

SOUS-ESPÈCES. La fauvette trichas comprend plusieurs sous-espèces dont une seule, la fauvette trichas du Nord, G. t. trichas, la forme type, se rencontre dans l'est du Canada.

Les lieux spécialement fréquentés par la fauvette trichas sont les marécages humides où le pâturin est long et épais. Elle considère le voisinage immédiat de son nid comme sa propriété particulière et s'indigne avec colère qu'on ose mettre le pied chez elle. Le chant ordinaire de cette fauvette trichas est caractéristique des prairies humides. On l'a traduit poétiquement dans les sons "Witcheri-witcheri-mtcheri" , qui se rapprochent tout à fait de la réalité phonétique.

683. La Fauvette à poitrine jaune, (tellow-breasted chat). Icteria virens. L, 7-44. C'est la plus grande de cette famille et la moins semblable aux fauvettes. Tous les dessus et les joues sont verts, les lores sont noirs, bordés en dessus et en dessous de blanc; de la gorge à la poitrine, jaune clair; les dessous sont blancs; le bec relativement plus court et plus gros que celui des autres fauvettes.

Traits distinctifs. Sa taille suffit à faire distinguer cette fauvette en tout temps, mais ses couleurs ne sont pas moins caractéristiques.

Indications sur le terrain. Sa grande taille, l'avant-corps jaune clair, lores noirs bordés en dessus et dessous de blanc, sont des indications frappantes.

Nid. Dans une fourche de branches près du sol, md plutôt massif d'herbes grossières, de feuilles et de bandes d'écorce, garni d'herbes plus fines.

Habitat. L'est des Etats-Unis et de l'autre côté de la frontière canadienne dans l'Ontario méridional le long du lac Erié.

Cette fauvette fréquente les fourrés épais et les terrains perdus et embroussaillés; elle arrive et s'en va sans être vue mais on l'entend fort bien. C'est un oiseau rare au Canada et qu'on trouve ordinairement dans le comté d'Essex (Ontario) seulement le long des rives du lac Erié.

Genres — Wilsonia et Setophaga. Fauvettes muscivores.

Ce sont de petites fauvettes, presque toujours de couleur jaune. Le bec est légèrement aplati ou élargi à la base, et fait penser à celui des gobe-mouches; il a des poils bien développés autour de la bouche. A cet égard ces fauvettes ressemblent à celle dite à queue rousse, mais pas de façon si excessive. La fauvette à queue rousse, cependant, n'a que peu ou point de tout de jaune clair et peut être facilement reconnue.

684. La Fauvette mitrée. (hooded warbler). Wilsonia citrina. L, 5 -67. Le mâle: vert en dessus et jaune brillant en dessous: toute la tête et le cou sont noirs avec un masque jaune brillant de forme semblable à celui tout noir de la fauvette trichas. La femelle n'a pas de noir, sauf une tache un peu vague derrière la tête et le masque jaune passe délicatement à la teinte jaune de la gorge et des parties de dessous.

Traits distinctifs. Le mâle adulte de cette espèce est trop bien précisé pour prêter à aucune confusion. La face jaune de la femelle avec la couronne foncée de derrière est aussi facilement reconnaissable.

La fauvette mitrée est comprise dans cette liste sur la foi de quelques relations canadiennes dans la région du lac Erié du sud de l'Ontario.

685. La Fauvette de Wilson. (black-capped warbleh). WUaonia jnmlla. L, 5. C'est une petite fauvette verte. Le mâle est d'un jaune brillant partout en dessous, avec un capuchon d'un noir bien tranché sur la couronne. Les sexes se ressemblent mais quelques femelles manquent tout à fait du capuchon; chez d'autres il existe mais moins parfait que chez les adultes.

Traits distinctifs. Le capuchon noir et la coloration entièrement verte et jaune sont distinctifs des adultes et des jeunes mâles. Quand le capuchon est absent la ligne sourcilière vaguement jaune est caractéristique.

Indications sur le terrain. La petite taille, le corps entier d'un jaune et vert brillants, avec le capuchon noir, ou seulement des traces de ce capuchon, ou la ligne sourcilière jaune si le capuchon mangue.

Nid. Sur le sol; nid fait presque en entier d'herbages fins et garni de quelques poils; nid très concave et soUde pour une fauvette.

Habitat. L'Amérique du Nord. Le sous-espèce dite fauvette de Wilson se rencontre au Canada, s'étend à l'ouest vers la région centrale des prairies, et couve à partir de la colonisation dans le nord jusqu'à la limite des forêts.

SOUS-ESPÈCES. Les fauvettes de Wilson se répartissent en trois sous-espèces qui toutes se rencontrent au Canada, bien qu'une seule, la fauvette de Wilson, Wilsonia pusilla pusilla, la forme type, se rencontre dans l'Est.

C'est une très jolie petite fauvette qui ordinairement se rencontre près des saules ou d'autres arbres semblables et dans les buissons près de l'eau.

686. La Fauvette du Canada, (canada warbler). Wilsonia canadensis. 11,5 ■ 61. Le mâle: en dessus d'un gris uniforme légèrement marqué de noir sur la couroime; tous les dessous sont d'un jaune brillant, sauf les couvertures sous-caudales qui sont blanches, la Ugne prélorale et le cercle autour des yeux qui sont jaunes; les lores noirs se prolongent le long des côtés du cou et forment un coUier d'étroites raies en travers du haut de la poitrine laissant la gorge d'un jaune clair. La femelle est pareille, mais le collier et le cou sont atténués, quoique assez fortement marqués pour maintenir le caractère très reconnaissable de l'espèce. Les tout jeunes ressemblent à la femelle, mais le collier est presque effacé et ne se montre que sous forme de nuages vagues, disséminés et fragmentaires.

Traits distinctifs. Le gris uniforme en dessus sans marques, et le jaune dessous avec le coUier noir et ses marques ou bien tranchées ou vagues ou seulement suggérées.

Indications sur le terrain. Voir les traits distinctifs.

Nid. Sur les bancs de mousse, ou sous des racines" nid fait de bandes d'écorce et de menus morceaux de bois mort enveloppés dans des feuilles, et garni de fines radicelles.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord, vers l'ouest près du pied des coUines et vers le nord, jusqu'à la Umite des gros arbres; couvant par occasion et seulement dans certaine» locaUtés du sud du Canada, sauf dans les parties les plus méridionales, et toujours vers le nord à partir de la lisière des régions colonisées.

C'est une fauvette gaie et vive avec quelque penchant à attraper les mouches. Son habitat typique est semblable à celui de la fauvette de Wilson, mais on la trouve plus souvent en haut des arbres.

687. La Fauvette à queue rousse, (auerican bedstart). Setophaga rutieilla. L, 5-41. Planche XLIV A.

Traits distinctifs. C'est un oiseau tout à fait caractéristique sous tous ses plumages. Aucune autre fauvette n'a quoi que ce soit qui ressemble à cette combinaison de rougeorange et de noir, la première de ces couleurs faisant place chez la femelle à des plaques analogues jaunes ou blanches sur la queue et les ailes. Les tout jeunes ont un peu de jaune répandu sur la poitrine et n'ont pas la tacheture de l'aile, mais celle de la queue y est toujours. Quelques jeimes mâles, au printemps, ressemblent à des femelles, mais avec les taches irrégulières du parfait plumage mâle paraissent sur la gorge.

Indications sur le terrain. La couleur est la marque dùtinctive la plus facile à remarquer, mais même une silhouette noire permet de voir distinctement et de rendre familière à l'observateur la façon dont la longue queue est jetée de droite et de gauche.

Nid. Dans la fourche de deux branches d'un jeune arbre; nid fait de fines bandes d'écorce, de fibres, de duvet végétal avec vrilles et radicelles, et presque toujours recouvert extérieurement de bandes d'écorce argentée.

Habitat. Le nord de l'Amérique du Nord jusqu'à la Umite des grands arbres. Sa couvaison a lieu au Canada où l'on trouve la fauvette en question.

L'éclat brillant d'une fauvette à queue rousse dont le riche plumage se détache sur le vert sombre des arbres est une perpétuelle source de plaisir pour les yeux de l'observateur même le plus blasé, un spectacle qui ne perd jamais de son charme. Les mouvements si vifs de cet oiseau, son voltigement incessant, le déploiement de ses ailes et de sa queue témoignent d'une vivacité qui n'appartient qu'à peu d'autres espèces. Ainsi que cela est arrivé à d'autres oiseaux d'Amérique, le terme de Redstart fut donné à cette fauvette par les premiers colons en souvenir d'un oiseau de l'ancien monde qui ne lui ressemblait cependant que de loin.

FAMILLE — MOTACILLIDiE. HOCHEQUKUES ET PIPIT8.

Genre — A nthus. Pipits.

Il n'y a qu'une seule espèce de cette famille dans l'est du Canada, et pour les caractères de cette famille, le lecteur doit s'en rapporter à la description suivante de la dite espèce.

697. La Farlouse d'Amérique, (american pipit). Anthus rubescens. L, 6-38. C'est un oiseau couleur de terre et qui affectionne le sol; le bec est tout à fait celui des fauvettes; la griffe de derrière est allongée comme celle du plectrophane et de l'alouette ordinaire (figure 60, p. 29, comparez avec figure 44, p. 27). Le mâle adulte du printemps est gnsâtre en dessus, d'un gris très pur sur la tête, qui devient légèrement olive au croupion; le dos est vaguement bicarré de plumes noirâtres au centre; rose chamois en dessous avec de fines raies d'un gns brunâtre éparses sur la poitrine et qui tendent à former un coUier en travers de la poitrine et à se prolonger le long des côtés; les ailes sont bnmes avec des plumes d'un brun fané sur les bordb. Les oiseaux de l'autoome et les femelles du printemps sont d'un oUve mat légèrement pommelé en dessus, d'un blanc chamois en dessous avec des taches répandues plus ou moins rassemblées et qui descendant sur les côtés de la gorge se prolongent en travers de la poitrine et le long des flancs.

Traits distinclifs. Le joli bec de la fauvette ajouté à la longue griffe de derrière le pied sont des traits distinctifs. Les seuls autres oiseaux ayant paireille griffe sont l'alouette ordinaire et le plectrophane de Laponie, mais la griffe de l'un et le bec de moineau de l'autre (figure 51, p. 28) rendent la différenciation facile.

Indication sur le terrain. C'est un oiseau de couleur terreuse qu'on voit en plein air dans les parties colonisées du Canada au printemps et en automne, souvent par grandes bandes dispersées, comme le plectrophane des neiges et l'alouette ordinaire. La coloration uniforme, son habitude constante de baisser sa queue, et la blancheur frappante des plumes extérieures de la queue sont de bonnes indications.

Nid. Sur le sol, nid composé d'herbages.

Habitat. L'Amérique du Nord; elle couve dans les hautes latitudes au delà de la limite des forêts.

C'est un oiseau migrateur au printemps et vers la fin de l'automne, qui se rencontre quelquefois en grandes bandes, qui trouve sa nourriture dans les prés, dans les champs cultivés, ou sur des hauteurs sèches et sablonneuses, aussi sur les rivages. Dans les terres où il couve il a la coutume de l'alouette de monter et de chanter à des grandes hauteurs dans l'air, puis de redescendre par une chute perpendiculaire, comme celle d'une pierre.

Valeur économique. Arrivant, comme elle fait, alors que les champs sont dénudés et s'en retournant après les moissons, la farlouse doit se contenter des graines d'herbages et des insectes soit du printemps soit de l'automne. Son rôle est donc utile.

FAMILLE MIMIDiE. MOQUEURS ET MERLES.

La faculté d'imitation de l'oiseau moqueur, d'où est venu le nom même de la famille, a beaucoup de représentants dans le Canada. Cette famille d'oiseaux est particulièrement propre à l'Amérique et, comme c'est le cas de bien des subdivisions de l'ordre des passereaux, très difficile à distinguer en un language autre que purement technique. Ce sont des oiseaux plutôt grands. Le merle-chat ou grive de la Caroline et la grive polyglotte ont des teintes uniformes gris de pierre et la grive rousse est d'un brun rougeâtre brillant en dessus avec des dessous fortement tachés de blanc ou de jaune crème et une queue extraordinairement longue et abondante. Ces oiseaux sont tous d'excellents moqueurs et savent varier leur chant par des imitations de tous les sons qu'ils entendent autour d'eux, y compris les chants ou les cris d'autres oiseaux; ils sont même capables de produire de tels effets en ce genre qu'on a pu dire qu'ils n'étaient égalés que rarement par les plus célèbres chanteurs de l'ancien ou du nouveau monde. L'une quelconque de ces espèces suffit à contredire de façon complète et écrasante l'assertion qu'il n'y a pas d'oiseau chanteur en Amérique.

Genre — Mimus. Oiseau moqueur.

703. La Grive polyglotte, l'oiseau moqueur, le merle moqueur, (mockingbird). Mimus polyglottos. L, 10-50. Elle ressemble à un merle-chat mais sans la calotte noire ni le rouge sous la queue; les dessous sont presque blancs et il y a considérablement de blanc dans l'aile et dans la queue.

Traits distinciifs. Les caractères susdits serviront à distinguer la grive polyglotte du merle-chat ou grive de la Caroline. Elle ressemble de très près aux pies-grièches par la coloration, mais elle n'a pas la tache noire si visible en travers des yeux.

Indications sur le terrain. La couleur grise assez générale, et les taches blanches sur l'aile et la queue avec l'absence du masque noir de la face.

Nid. Dans les fourrés de branches grossières et de tiges herbacées, nid garni de radicelles et de bouts de coton.

Habitat. Les Etats-Unis du sud et au nord jusqu'au Canada, à l'extrémité ouest du lac Erié. C'est la seule localité où cette espèce ait pris pied de façon permanente au Canada. On a vu quelques couples y passer l'été en ces dix dernières années.

SOUS-ESPÈCES. La grive polyglotte forme deux groupes, celui du sud-est et celui du sud-ouest; le premier, c'est la grive polyglotte commune, la race type de l'espèce la seule sous-espèce qu'on puisse s'attendre à trouver au Canada.

Cette espèce est rare au Canada. Elle ressemble beaucoup à la grive de la Caroline et presque tout ce qui est dit de cette dernière s'applique avec encore plus de force à la grive polyglotte, qui n'est, à bien des égards, qu'une grive de la Caroline plus célébrée et qui est probablement le plus fameux chanteur natif de l'Amérique.

Genre — Dumetella. Grive de la Caroline.

704. La Grive de la Caroline, le merle-chat, (catbird). Dumetella carolinensis. L, 8-94. Planche XLIV B. (Figure 62, p. 30.)

Traits distinciifs. Cet oiseau d'un gris uniforme ne peut être confondu qu'avec la grive polyglotte; la calotte noire, les couvertures rouges sous-caudales, l'absence de blanc sur l'aile, sur la queue, ou en dessous, sont autant de traits distinctifs.

Indications sur le terrain. Couleur grise uniforme; calotte noire et notes d'appel, tout spécialement le tmiaou » du chat qui a fait donner à l'oiseau son nom anglais.

Nid. Dans les fourrés ou dans les buissons à feuillage épais; nid fait de branchettes, d'herbes, de feuilles et garni de radicelles.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord; au Canada en y comprenant la plupart des régions plus peuplées.

Quoique inférieure à la grive polyglotte, la grive de la Caroline, par ses meilleurs représentants, occupe un rang élevé comme oiseau chanteur, lors même que l'excellence de ses talents varie beaucoup selon l'individu. Sa note d'appel, qui ressemble au miaulement du chat, et que l'oiseau émet dans le buisson tandis qu'il examine avec curiosité l'intrus qui envahit son domaine, est bien connue de la plupart de ceux qui fréquentent la campagne et, fait bizarre, a provoqué la critique d'une psychologie dévoyée.

Cet oiseau hante les fourrés et, comme pour bien d'autres espèces qui fréquentent des habitats analogues, où l'observation très serrée peut se faire d'objets dangereux, sans trop de risque pour l'observateur caché, la curiosité de cette grive est bien aiguisée. Perchée sur quelque haute ramille qui émerge du fourré, on la voit en plein soleil, la queue basse et le corps penché sur la branche, qui lance tous les sons variés d'un véritable pot pourri. Les phrases mélodieuses se succèdent rapidement et des fragments de tous les chants d'oiseaux du voisinage sont entre-mêlés de sons plus durs et mécaniques que la dite grive exécute avec autant de brio que les sons les plus mélodieux. La grive de la Caroline est un voisin tout à fait désirable.

Valeur économique. La grive de la Caroline se nourrit surtout des fruits de la saison dont un tiers peut-être peuvent passer pour fruits cultivés; mais elle prend aussi beaucoup d'insectes. Les fruits sont petits, des variétés molles, et il est très rare qu'un dommage sensible en résulte.

Genre — Toxostoma. Grives rousses.

705. La Grive rousse, (bbgwnthbasheb). Toxostoma rufum. L, 11-42. Planche XLV A. (Figure 62, p. 30.)

Traits distinctifs. La grive rousse, avec son dos brun rouge, sa poitrine à raies bien tranchées, a toute l'apparence extérieure d'une grive, mais sa forte taille, l'incarnat de sa couleur brune et sa longue queue sont fort distinctifs.

Indications sur le terrain. Son dos brun rouge brillant, sa poitrine à raies tranchées, sa longue queue, son maintien et ses mœurs en général.

Nid. Dans des fourrés ou sur le sol; nids faits de ramilles, de radicelles grossières et de feuilles, garnis de fines radicelles.

Habitat. L'est des Etats-Unis, le sud du Canada, sauf la côte de l'Atlantique, au nord les régions de la colonisation la plus dense.

La grive rousse est probablement le meilleur oiseau chanteur ordinaire du Canada, de l'Ontario à l'ouest.

Son chant, très semblable à celui de la grive chanteuse d'Europe, est une succession de phrases comme celles de la grive de la Caroline, mais sans les fausses notes accidentelles, un timbre plus doux et plus moelleux. Les notes sont très rapprochées et se prolongent pendant plusieurs minutes, parfois avec une grande variété. 'Thoreau les a représentées comme disant: (.(drop-it-drop-it-cover-it-up-cover-it-up-pull-it-up-pullit-upy). La répétition de chaque variation est une -des singularités du chant de la grive rousse, au moyen de laquelle on peut la distinguer de la grive de la Caroline.

C'est aussi un oiseau des fourrés, qui habite les bosquets, les buissons dans les prés, les lisières de forêts et des clôtures. La grive rousse aime plus l'isolement que celle de la Caroline, elle se laisse aussi moins facilement attirer près des habitations.

Valeur économique. C'est tout à fait un oiseau utile, car plus de la moitié de sa nourriture se compose d'insectes nuisibles, de scarabées, de chenilles, de sauterelles, etc. Le reste est composé surtout de fruits dont une petite partie est formée de fruits cultivés, surtout de framboises. En somme il fait peu de mal et beaucoup de bien.

Page 1