‹ Les oiseaux de l'est du CanadaChapitre 44 sur 47 · FAMILLE — TROGLODYTID^. TROGLODYTES, ROITELETS · texte numérisé non relu

FAMILLE — TROGLODYTID^. TROGLODYTES, ROITELETS

Les roitelets sont de petits oiseaux bruns qui vivent tous près du sol. Quoique de taille minime ils sont très actifs et, à moins qu'ils ne couvent ou ne dorment, ils se tiennent rarement tranquilles. On peut les reconnaître à leur petite taille, à leur brune couleur, à leur petite queue ramassée, souvent rejetée sur le dos, leurs manières agitées, entrant dans les plus épais buissons ou en ressortant plutôt à la façon des souris qu'à celle des oiseaux. Les roitelets constituent une nombreuse famille bien distribuée dans le monde mais mieux représentée dans le nouveau monde que dans l'ancien. Leur habitat varie entre des marécages inondés et des plateaux très secs ou entre des fourrés en pays ouvert et des forêts épaisses et profondes. Ce nom de Troglodytes, qui veut dire habitants des cavernes, vient de leur habitude de loger leurs nids dans des trous.

Genre — Thryothorus. Roitelet de la Caroline et autres.

718. Roitelet de la Caroline, (carolina wren). Thryothorus ludovidanus. L, 5-50. Le plus gros de nos roitelets et le plus rouge; le dos se rapprochant du rouge de la grive rousse, d'une teinte plus claire mais visiblement chaude dans les dessous.

Traits distinctifs. La taille, l'incarnat relatif du dos, et la ligne sourcilière parfaitement claire, sont distinctifs de cette espèce.

Indications sur le terrain. Les traits susdits constituent les plus sûres indications sur le terrain. Le roitelet des marais à long bec a une ligne sourcilière toute semblable, mais la taille, la couleur générale et l'habitat empêcheront qu'on ne les confonde l'un avec l'autre.

Nid. Dans des trous d'arbre, de tronc d'arbre, dans des creux et des lézardes de mur; nid fait d'herbages, de plumes, de feuilles, etc., garni d'herbes délicates, de longs poils, etc.

Habitat. L'est des Etats-Unis, au nord de façon intermittente au Canada dans la section de l'ouest du lac Erié. Pendant nombre d'années l'espèce était fort commune à la pointe Pelée et dans l'île Pelée, mais depuis 1913 elle semble être devenue plus rare.

SOUS-ESPÈCES. Des trois sous-espèces du roitelet de la Caroline, une seule, le roitelet du nord de la Caroline, la race type, peut se rencontrer au Canada.

Le roitelet de la CaroUne est le plus beau chanteur de son espèce, son chant n'est ni prolongé ni long, mais il a une qualité flûtée de douceur et de frappante beauté. L'espèce est rare au Canada, et son chant n'est entendu de façon régulière ou par occasion que dans peu de localités.

Valeur économique. Trop rare au Canada pour y avoir aucune influence économique.

Genre — Thryomanes. Roitelet de Bewick et atdres.

719. Le Roitelet de Bewick. (bewick's wren). Thryomanee leieicki. L, 5. Semblable au troglodyte œdon, mais plus blanc en dessous, avec une queue plus longue, plus grande et évidemment grisâtre. Il a une légère ligne sourcilière.

Traits distinctifs. Les signes caractéristiques données plus haut serviront à identifier l'espèce.

Indicationg sur le terrain. C'est un troglods^te aédon avec une longue queue et un chant fort et pareil à celui du moineau.

Nid. Tout semblable à celui du troglodyte aédon.

Habitat. L'est des Etats-Unis et sans aller jusqu'à la frontière du Canada, sauf comme vagabond dans le sud de l'Ontario.

SOUS-ESPÈCE. L'individu de l'est du Canada n'est qu» le roitelet de Bewick de l'Est, la race type de l'espèce.

Ce roitelet n'est qu'un rare visiteur venant du sud, et n'a été que bien rarement signalé dans l'est du Canada. Il conviendrait de n'en faire mention que sur des témoignages absolument dignes de confiance.

Valeur économique. Espèce trop rare au Canada pour y être d'aucun intérêt économique.

Genre — Troglodytes. Troglodyte aédon.

721. Le Troglodyte aédon. (house wren). Troglodyte œdon. L, 5. Planche XLVB.

Traits distinctifs. C'est le roitelet le plus commim dans le sud du Canada. Le dos d'un brun Ugneux uniforme, la gorge et la poitrine teintées d'un brun clair; les dessous presque blancs, et les raies restreintes aux flancs, le distingueront des autres roitelets mdigènes.

Indicalions sur le terrain. Les dessous clairs et la queue plus longue le distingueront du troglodyte d'hiver, et la couleur brune uniforme du dos, tout autant que l'habitat, les distinguera tous deux du troglodyte des marais.

Nid. Dans un trou d'arbre, ou une botte & oiseau, ou dans des places analogues; nid fait de branchettes, garni d'herbes et de plumes, etc. Le troglodyte aédon se mettra volontiers dans toute espèce de boite à moineau avantageusement placée. Le moineau anglais peut être tenu à distance en faisant très petit le trou de l'entrée de la botte; un trou fait avec ime tarière d'un pouce suflBt à laisser passer le troglodyte et à évincer tout à fait les moineaux.

Habitat. Comme espèce, le troglodyte est partout aux Etats-Unis et au Canada, au nord jusqu'aux Umites des parties colonisées. L'individu de l'Est, oui est l'individu type, le troglodyte aédon de l'Est, habite les contrées à l'est des grands lacs.

SOUS-ESPÈCES. Le troglodyte aédon comprend deux sous-espèces: celle de l'Est et celle de l'Ouest; celle de l'Est constitue la forme type.

Le troglodyte aédon est un oiseau tout à fait attrayant dans un jardin; il se faufile partout, sur ou sous tout ce qui se rencontre; pas de fissure, pas de lézarde dans une palissade qui n'attire son petit bec investigateur; c'est à peine si une tige de feuille n'a pas été soigneusement inspectée une fois pour les insectes qui s'y trouvent. On l'a accusé de percer et de détruire les œufs d'autres espèces qui nichent dans son voisinage immédiat; il n'est pas douteux que cela n'arrive parfois, mais le dommage ainsi causé vient probablement d'une habitude particulière à tel troglodyte et n'est peut-être pas suflSsant pour justifier des mesures préventives contre l'espèce entière.

Valeur économique. Comme la nourriture du troglodyte aédon se compose presque entièrement d'insectes, il n'y a rien à lui reprocher à cet égard. Sa taille minime l'oblige à ne s'occuper que d'insectes minuscules qui échappent à l'attention de plus gros oiseaux, et c'est ainsi que le troglodjrte se rend maître d'animalcules nuisibles avant qu'ils soient de taille à causer du dommage ou à attirer d'autres oiseaux.

Genre — Nannus. Troglodyte d'hiver.

'7'22. Le Troglodyte d'hiver, (winteb wren). Nannus hiemalis. L, 4-06. De structure et de coloration absolument typique du troglodyte. Il ressemble beaucoup au troglodyte aédon, mais est plus petit et plus foncé en dessous, aussi plus ou moins finement rayé en travers de l'abdomen.

Traits distinctifa. Les raies qui couvrent les dessous sont distinctives de cette espèce.

Indications sur le terrain. C'est un petit troglodyte très foncé, avec une queue courte; on le trouve dans les forêts épaisses.

Nid. Dans les racines d'un arbre, ou dans un tas de broussailles, ou encore dans le flanc d'une bûche moussue: nid fait de petites branchettes et de mousse, garni de plumes.

Habitat. En qualité d'espèce il est partout dans l'Amérique du Nord jusqu'à la limite des arbres; il couve partout au Canada dans les bois de conifères, sauf dans les parties plus méridionales.

SOUS-ESPÈCES. Le troglodyte d'hiver, distribué à travers presque tout le continent, comprend un bon nombre de races que distingue la géographie, ou de sous-espèces dont l'individu type, le troglodyte d'hiver de l'Est est le seul qui rentre dans nos limites géographiques.

Cet oiseau qui n'est que migrateur dans le plupart des régions plus méridionales du Canada, couve ordinairement dans les forêts profondes et froides. Son chant, qui ressemble assez par sa verve et son caractère à celui du troglodyte aédon pour qu'on reconnaisse leur affinité, est cependant d'une qualité plus sonore et plus riche, d'un ton plus pur. Entendu dans le silence de la paisible forêt, ce chant a la beauté sauvage des bois qu'aucune espèce indigène ne possède.

Valeur économique. Cet oiseau étant un hôte habituel des contrées boisées ne s'approche de l'homme que de loin en loin, mais son action, autant qu'on en peut parler, est tout à fait utile.

Genres — Cistothorus et Telmatodytes.

724. Le Roitelet de marais au bec court, (short-billed marsh wren). Cisiothorv^ stellaris. L, 4. Très semblable au roitelet des marais à long bec, mais plus petit et plus finement rayé.

Traits distinctifa. Les deux roitelets de marais sont les seuls roitelets indigènes dans le Canada qui aient des raies très tranchées en dessus. Le roitelet à bec court est le seul qui ait une couronne rayée.

Indications sur le terrain. C'est un petit roitelet de marais avec une faible teinte incarnate, peut-être même point du tout, dans sa coloration brune et avec une tête rayée. Les sons qu'il lance sont très différents de ceux du roitelet à long bec, avec lequel on risquera probablement de le confondre.

Nid. Sur le sol humide, un nid qui est une bqule d'herbe verte tressée près du sommet de bouquets d'herbes, avec un trou circulaire sur le côté comme entrée du nid.

Habitat. L'est des Etats-Unis jusque dans le Canada, à l'est tout le long du lac Erié, et dans la contrée environnante, mais l'oiseau est plus commun dans les provinces des prairies.

Le roitelet des marais à bec court occupe un territoire plutôt local et peu régulier; une année il se trouvera dans telle localité et n'y sera plus l'an d'après; on sait peu de chose de son habitat. Il fréquente les marécages humides, herbeux plutôt que des marécages submergés, et se réunit d'habitude à d'autres pour former de petites colonies.

725. Le Troglodyte de marais, le roitelet de marais a long bec. (lono- BiLLED MARSH wren). Telmatodytes palustris. L, 5-2. C'est un roitelet d'une riche coloration avec un manteau presque noir qui tombe de l'arrière-cou sur les épaules où il est rayé de blanc; tout le reste est brun roueeâtre en dessus, d'un blanc crème en dessous avec les flancs lavés de la même couleur que le dos.

Traits distinctifs. La variété et les couleurs du dos distingueront les deux roitelets de marais de tous les autres; la couleur informe de la couronne ou n'ayant seulement qu'ime raie médiane d'im bnm étendu, au lieu de plusieurs courtes et fines raies, le distingueront du roitelet à bec court.

Indications sur le terrain. La localité qu'il fréquente — marécages couverts d'eau, de roseaux et de massettes — suffit d'habitude à l'identifier, mais la couronne foncée en contraste avec la légère ligne sourcilière est toujours ime preuve spécifique.

Nid. Est placé près du sommet des roseaux ou des joncs dans de vastes terrains marécageux et humides; c'est une boule de feuilles mortes de massettes, d'herbages ou de roseaux. Très différente de bien d'autres hôtes des marécages cette espèce n'est pas attirée par des marais de petite dimension. Un étang marécageux de quelques yards de large attire l'étoumeau rouge et jjeut-être un ou deux râles, mais le roitelet de marais à long bec exige une vaste étendue. Un trait intéressant du roitelet de marais c'est son habitude de construire plusieurs faux nids à côté de celui qu'il occupe. L'usage auquel servent ces nids n'est pas connu, mais on en a vu parfois huit ou neuf qu'on pouvait avec raison attribuer au travail d'un seul couple.

Habitat. En tant qu'espèce c'est les Etats-Unis et le Canada méridional. Notre roitelet des marais de l'Est, le tj^pe de la sous-espèce, se rencontre à l'ouest de la région des grands lacs.

SOUS-ESPÈCES. Le roitelet de marais à long bec comprend plusieurs sous-espèces; le roitelet de marais de l'Est, le seul individu auquel nous nous intéressions directement dans l'est du Canada, constitue la forme typique de l'espèce.

Les vastes étangs marécageux et les marais pleins de massettes agitées par le vent ou de roseaux sont les lieux fréquentés par ce roitelet.

FAMILLE — CERTHIIDJS. GRIMPEBBAUX.

Le nom du seul grimpereau de l'est du Canada, le grimpereau brun, décrit parfaitement cet oiseau. C'est un petit oiseau brun qui rampe ou grimpe à la façon des pics sur les troncs et les plus grosses branches des arbres de forêts. Il est plus petit qu'aucun pic du Canada et son bec relativement long, léger, délicatement appointé et en forme de faucille (fig. 64, p. 30) est très propre à extraire les menus insectes et leurs œufs des étroites cavités mais non à découper le bois, même le plus mou, ou l'écorce pour les atteindre. La queue est plutôt longue et raide, et les griffes sont très longues et bien recourbées.

Genre — Certhia. Grimpereaux.

726. Le Grimpereau d'Amérique, (browk creeper). Certhia familiaris. L, 5-66. XLVI A.

Traits distinctifs. Les raies brunes et blanches, où ne ressort aucun dessin; le bec finement délicat, en forme de faucille et les longues plumes raides de la queue, usées au bout, sont des marques distinctives de l'espèce et facilement reconnaissables.

Indications sur le terrain. C'est notre seul petit oiseau brun avec les habitudes prononcées d'un grimpereau.

Nid. Derrière l'écorce à demi-détachée des arbres, nid fait de branchettes, de bandes d'écorce, de menus morceaux de bois mort, de mousse, etc.

Habitat. En tant qu'espèce qui occupe la plus grande partie de l'hémisphère nord, on le trouve dans l'est de l'hémisphère boréal. Dans l'est de l'Amérique du Nord, le grimpereau de l'Est est la sous-espèce indigène; au Canada, il va vers l'ouest jusqu'aux provmces des prairies et vers le Nord au delà des limites de la colonisation.

SOUS-ESPÈCES. Le grimpereau brun se rencontre dans l'ancien monde aussi; bien que dans le nouveau. L'espèce se divise en plusieurs sous-espèces, en Amérique,, dont une seule, le grimpereau brun de l'Est, Certhia familiaris americana, se rencontre; dans l'est du Canada.

Pressé étroitement contre le tronc d'un arbre de la forêt, le grimpereau bnm peut être aperçu grimpant en spirale le long du tronc perpendiculaire

et retirant avec ardeur quelque insecte de chaque fissure et de chaque lézarde. Arrivé à cette partie de l'arbre où les branches commencent à s'amincir et l'écorce à devenir lisse il se laisse choir à la base d'un arbre voisin et recommence son travail ascensionnel, toujours se dépêchant, jamais ne s'arrêtant, empUssant son estomac de petits escarbots, de larves et d'œufs d'insectes. L'adresse avec laquelle cet oiseau peut s'accrocher à des surfaces lisses est remarquable. L'auteur a vu un jour un grimpereau brun grimper le côté poli d'une bibliothèque en noyer noir, et le faire sans plus d'inquiétude que si cela eût été l'écorce la plus rugueuse d'un chêne des bois.

Valeur économique. Le grimpereau brun est purement insectivore et l'attention continuelle et microscopique qu'il donne au moindre tout petit trou dans une écorce rugueuse ne s'explique que par la présence du fléau d'innombrables insectes. La majeure partie de son activité se dépense dans les bois, mais comme ce petit oiseau se montre souvent dans les vergers et sur des arbres feuillus ou servant à embellir les alentours des villes et des maisons, l'espèce a certainement une très grande et très heureuse influence.

FAMILLE SITTIDiE. SITTELLES.

Les sittelles sont de petits oiseaux semblables aux pics quant aux mœurs générales, mais leurs doigts sont du type ordinaire de ceux des passereaux, les trois doigts de devant et un doigt de derrière au lieu des deux doigts antérieurs et postérieurs caractéristiques des pics. Le bec est assez semblable à celui du pic comme contour, mais sans la pointe en forme de ciseau ; il forme un léger angle avec la tête, ce qui lui donne l'air retroussé (fig. 65, p. 30, comparez avec fig. 41, p. 27). Les couleurs de cette espèce sont caractéristiques. Le nom anglais de «Nuthatch» vient de leur habitude de faire entrer de force des noisettes, ou quelque aliment dur, dans des fentes, et de les ébrécher jusqu'à ce qu'elles soient dedans. Bien que ces oiseaux soient capables de creuser le bois ou l'écorce ils n'emploient pas cette force à faire des trous profonds dans les arbres, mais ils se contentent d'éhminer les parcelles écailleuses qui se détachent de l'écoroe et de fouiller les cavités et les jointures.

Genre — Sitta. Sittelles.

727. La Sittelle de la Caroline, (cabolina nuthatch). Sitta carolinensis. L, 6-07. Planche XLVI B.

Traits distinctifs. Au moyen de la gravure et de la description de la famille cette espèce ne peut être confondue qu'avec la sittelle du Canada. C'est, toutefois, un plus gros oiseau, et bien qu'il y ait du marron sur le bas-ventre et sur les couvertures souscaudales, et même quelquefois cette couleur légèrement lavée sur les flancs, la poitrine et presque tous les dessous sont d'un blanc pur au lieu d'être uniformément étendus d'une couleur brun rouge ou rouilleuse. Les côtés de la face sont tout à fait blancs au lieu d'avoir les couvertures de l'oreille noires et les raies sourcilières parfaitement noires.

Indications sur le terrain. Le dos d'un gris bleu uniforme et la couronne noire caractérisent les sittelles: la pureté du blanc en dessus et l'absence de la ligne blanche sourcilière distinguent la sittelle de la Caroline de celle du Canada.

Nid. Dans un trou d'arbre ou dans quelque cavité naturelle; nid fait de plumes, de feuilles, etc.

Habitat. En tant qu'espèce, la sittelle de la Caroline habite toutes les parties tempérées de l'Amérique du Nord. Notre sous-espèce de l'Est, la sittelle de la Caroline, le type de l'espèce, avance à l'ouest jusqu'aux provinces des prairies au Canada, et au nord jusqu'aux limites des grandes forêts.

SOUS-ESPÈCES. La sittelle de la Caroline comprend géographiquement plusieurs races dont une seule, la sittelle à poitrine blanche, la forme typique, se rencontre dans l'est du Canada.

Le talent qu'ont les sittelles de monter et de grimper aux arbres est merveilleux. Elles voyagent en haut, en bas, en avant, en arrière, perpendiculairement ou horizontalement, se cramponnant en dessous des branches comme des mouches au plafond, et avec une aise toute semblable. Leur cri d'appel est un rauque ((coin coin »; elles voyagent souvent en couples et en petits groupes de compagnie avec les mésanges et les grimpereaux.

Valeur économique. C'est un des oiseaux les plus utiles. Bien qu'il soit très attaché aux arbres forestiers il fréquente souvent les vergers et les arbres au riche feuillage, et en qualité de membre de la susdite compagnie qui inspecte d'un oeil microscopique toutes les parties des troncs d'arbres, à la recherche des insectes, il consomme de grandes quantités de ces animalcules pernicieux, soit à l'état adulte ou d'œufs ou de larves.

728. La Sittelle du Canada. (RED-BREAfiTEo mrrHATCH). SiUa canadensU. L, 4-62. Semblable à la sittelle de la Caroline (planche XL VI B), mais plus petite et avec les dessous lavés de brun rougeâtre; les couvertures des oreilles sont noires avec ime raie blanche sourciUère.

Traits distinciifa. La taille et les différences de couleur en dessus dintingueront cette espèce de tout autre oiseau.

Indicalions sur le terrain. C'est une sittelle évidenmient plus petite que l'espèce précédente et avec ime ligne blanche sourcilière très marquée; tous les dessous sont visiblement rougeâtres.

Nid. Dans un trou d'arbre ou de souche; nid fait avec des herbes.

Habitat. La couvaison a lieu plus au nord que celle de la sittelle précédente. E3]e est migratrice dans la plupart des parties cultivées du Canada. Son territoire comprend presque toute l'Amérique du Nord et au nord, jusqu'à la limite des arbres.

C'est un oiseau un peu plus actif que le précédent et plus pressé de fourrager à l'extrémité des branches. A cela près ses habitudes sont tout à fait les mêmes.

FAMILLE — PARID.S!. MÉSANGES.

Les mésanges sont des oiseaux répandus sur un vaste territoire dans l'hémisphère nord, et aussi connus des habitants de l'Europe que de nousmêmes. Ce sont de petits oiseaux avec un bec plutôt court, mais relativement très arqué (fig. 66, p. 30). Leur plumage a certains caractères facilement reconnaissables.

Genre — Bœolophus. Mésanges huppées.

731. La Mésange huppée. (ïxrrTED titmouse). Bœolo-phus bicolor. L, 6. La plus grande de nos mésanges et qui n'a pas la coloration caractéristique des mésanges à tête noire. En dessus, une couleur uniforme gris-pierre; en dessous, blanc légèrement lavé de brun rougeâtre sur les flancs. Une huppe bien distincte d'un bleu de geai.

Traits distinctifs. lie gris uni et la coloration sans marque quelconque, avec une huppe assez frappante, ce sont là des traits distinctifs et des indications sur le terrain auxquels on ne peut pas se tromper. Son cri ordinaire, fort et distinct: iPiliU-pittle pitile » est très caractéristique mais ressemble beaucoup à l'une des phrases du loriot des vergers.

Nid. Dans de vieux trous de pics, dans les trous d'arbres, etc.; nid fait de feuilles, de mousse, de bandes d'écorce, de plumes, etc.

Habitat. Le sud et l'est des Etats-Unis, au nord, jusqu'aux frontières du Canada dans la région inférieure des grands lacs.

Les seules mentions canadiennes faites de cette mésange huppée sont les deux de Pointe Pelée au sud de l'Ontario, dans la contrée à l'ouest du lac Erié. Cet oiseau est assez commun du côté Michigan de la rivière Détroit et même dans la grosse île au miheu du courant; on le trouverait probablement aussi du côté canadien de la rivière quoique, jusqu'ici, il n'y ait été fait aucune mention de sa présence.

Genre — Penthestes. Mésanges â tête noire.

735. La Mésange à tête noire, (black-capped chickadee). Penthestes atricapUeus. L, 6-27. Planche XLVII A.

Traits distinctifs. Cette espèce ne peut guère être confondue, dans l'est du Canada qu'avec la mésange du Canada, mais c'est une espèce bien plus commune et plus largement distribuée.

Indications sur le terrain. Tout dans cette mésange â tête noire peut servir d'indication sur le terrain. Sa forme: un paquet tout rond de plumes avec une queue et presque pas de cou, la vivacité de ses allures, son penchant à se renverser la tête en bas tandis qu'elle inspecte le bout des branches, ses couleurs, une calotte noire et la gorge de même, des joues blanches, un dos d'un gris tendre, enfin son cri: Tchick-a-di-die, qui prononce si distinctement son nom; tout en un mot, annonce et proclame immédiatement son espèce.

Nid. Dans de vieux troncs d'arbre, ou dans des trous d'arbre, etc.; nid fait de mousse, d'herbes, de plumes et de duvet végétal.

Habitat. En tant qu'espèce eue s'étend du centre, environ, des Etats-Unis jiuqu'à la limite des bois, au nord. La mésange à tête noire se rencontre à partir du sud de la frontière canadienne vers le nord, s'étendant à l'ouest vers les provinces des prairies où sa place est occupée par des sous-espèces apparentées.

SOUS-ESPÈCES. A l'instar d'autres espèces très nombreuses et répandues au loin, la mésange à tête noire, sous l'influence de conditions variées dans ce continent est représentée dans l'Amérique du Nord, au point de vue géographique, par diverses races ou sous-espèces faciles à reconnaître. Dans l'est du Canada il n'y en a qu'une seule forme, le type de l'espèce, la mésange de l'Est. Au sud on trouve la mésange de la Caroline, P. carolinensis, espèce étroitement apparentée quoique distincte et qu'on peut considérer comme accidentelle dans la région inférieure des grands lacs et qui a passé dans le Michigan par dessus la frontière toute voisine. Les distinctions spécifiques cependant, sont trop subtiles pour pouvoir être exactement définies ici, et on ne peut en parler que sur la vue de spécimens.

De tous les oiseaux des champs ou des bois la mésange est le plus gai et le plus joyeux. La mésange est souvent le centre d'une petite société d'espèces mélangées de fa'uvettes, de vireos, de roitelets, de sittelles, et parfois d'un pic duveté et d'un grimpereau d'Amérique. Quand les migrateurs sont partis pour l'hiver, les plus robustes restent en arrière ensemble jusqu'à ce que la couvaison du printemps ait dispersé cette aimable petite société. La mésange a un autre cri composé de seulement deux notes d'un registre naturel assez élevé, clair et qui ressemble à un coup de siflBet. La première note est prolongée, la seconde plus courte est de deux tons plus bas et a été traduite en anglais comme nSpring's hère. »

Valeur économique. Peu d'oiseaux sont plus utiles aux hommes que la mésange. Bien que petite elle est constamment au travail et, comme elle passe tout l'hiver parmi nous, son travail continue toute l'année. Les insectes sont tous très minuscules dans les tout premiers temps, aussi le petit oiseau qui dévore d'un seul coup tout un paquet d'oeufs peut être aussi utile à l'agriculture qu'un plus gros oiseau qui fait son repas d'une ou de deux grosses chenilles ou d'insectes adultes, mais qui fait fi des plus minimes. Les habitudes fouilleuses de la mésange et de ses compagnons: la sittelle et le grimpereau, et leur inspection diligente des plus petites fentes, où beaucoup d'insectes se cachent ou passent l'hiver, rendent leurs services inappréciables au cultivateur, surtout en hiver quand les ennemis des insectes sont rares. La masse d'insectes pris de la sorte pendant l'année par ces oiseaux doit être très grande. Ces petits oiseaux si actifs exigent des quantités relativement considérables de nourriture pour résister à un froid intense, et la petitesse de leur gibier nécessite l'absorption d'innombrables individus.

La nourriture de la mésange est de 68 pour cent animale et de 32 pour cent végétale. La première sorte comprend des œufs, des larves, des chrysalides, de petits insectes, beaucoup de charançons et quelques-uns des pires fléaux de nos vergers et de nos récoltes. La nourriture végétale est surtout composée de petites semences et de fruits sauvages. On ne s'est jamais plaint que ces oiseaux fissent du tort aux fruits cultivés. Les mésanges peuvent être facilement attirées autour de nos fermes en hiver, et en les cajolant un peu elles deviendront assez apprivoisées pour se poser sur la personne et manger dans sa main. Un morceau de graisse attaché à un tronc d'arbre ne manque jamais de les attirer et nous assure de leurs visites répétées.

740. La Mésange du Canada, (brown-headed chickadee). Penihestes hudsonicus. L, 5-12. Semblable à la mésanee à tête noire mais de couleur plus terne et foncée; calotte brun grisâtre d'à peu près la même couleur que le dos; tache à la gorge visible mais voilée; les flancs teintés de brun rougeâtre.

Traits dùtinctifs. La calotte et le dos bninâtres, la coloration générale plus terne et avec moins de contraste.

Indications sur le terrain. Une mésange très foncée avec une coloration étendue et d'un dessin manquant de précision. Le cri caractéristique de €lchik-a-di* est rauque, mais, à cela près, semblable à celui de la mésange ordinaire.

Nid. Dans des trous d'arbres ou de souche; nid fait de mousse et feutré de poils.

Habitat. L'Amérique du Nord à partir des régions colonisées jusqu'à la limite des forêts.

SOUS-ESPÈCES. La mésange du Canada est représentée par deux sous-espèces dans l'est du Canada. La forme tyiie, la mésange de la baie d'Hudson, s'étend jusqu'au centre de l'Ontario; à l'est de cette région elle est remplacée par la mésange acadienne P. h. littoralis qui n'en diffère que légèrement par la taille et la couleur.

La mésange du Canada est si semblable de mœurs à la mésange à tête noire qu'une description plus longue ne serait guère qu'une répétition.

famille — sylviid.e. fauvettes, roitelets et gobe-mouches db

l'ancien monde.

C'est une famille de l'ancien monde représentée en Amérique par un petit nombre d'espèces. De celles-là, les fauvettes de l'ancien monde, qu'il ne faut pas confondre avec nos fauvettes des bois, ne se montrent pas dans l'est du Canada; les roitelets sont représentés par deux sous-espèces, et les gobe-mouches par une seule.

Sous-famille — Regulinse. Roitelets.

Description générale. Les roitelets sont les plus petits des oiseaux canadiens, le coUbri excepté. Ils ressemblent au troglodyte par leur petit corps tout rond, mais encore plus aux mésanges par leurs mœurs et leurs actions. Leurs couleurs sont d'un olive verdâtre mat, plus clair en dessous, et ils ont à la couronne de petites taches brillantes de rouçe, d'orange ou de jaune. Le bec est petit et droit semblable, quoique moins gros, à celui de la mésange {voir fig. 67, p. 31).

Trait» distinctifs. Les roitelets pourraient être pris pour quelques-unes des fauvettes de couleur mate et uniforme, mais comme tous les plumages des roitelets, sauf ceux de la femelle et du tout jeune roitelet à couronne rubis, ont des taches brillantes à la couronne, cette circonstance préviendra généralement une confusion de ce genre que la taille seule, d'ailleurs, suffirait à prévenir.

Indications sur le terrain. Coloration verdâtre et mate, agitation pareille à celle des mésanges, habitude de se suspendre, la tête en bas, à des branchettes pendantes, telles sont les indications caractéristiques. Leurs petits cris: ttsi4si4si» deviennent bientôt familiers et sont facilement recounaissables.

Genre — Regulus. Roitelets.

748. Le Roitelet huppé, (golden-crowned kinglet). Regulus satrapa. L, 4 07. Planche XLVII B.

Traits dislinctifs. Les roitelets, si semblables les uns aux autres par la coloration générale, peuvent être facilement distingués par leurs couronnes. Le roitelet huppé a une ligne noire au-dessus de l'œil laquelle n'existe pas chez le roitelet à couronne rubis, et la tache à la couronne est orange et jaime chez le mâle, ou simplement jaune chez la femelle au lieu de rouge rubis ou olive uniforme comme chez le roitelet à couronne lubis.

Indications sur le terrain. La couleur de la couronne et les sourcils de couleur claire sont les meilleures indications sur le terrain, mais, vu la petitesse de l'oiseau, il faut parfois une très grande somme de patience pour distinguer ces indications quand l'oiseau est sans cesse en mouvement à une hauteur considérable dans les grands sapins.

Nid. En générale parmi les conifères. Nid suspendu, fait de mousse verte avec de fines bandes intérieures d'écorce tendre, de minces radicelles noires et de plumes.

Habitat. En tant qu'espèce, c'est l'Amérique du Nord. Le roitelet huppé de l'Est habite un territoire qui s'étend à l'Ouest jusque près des montagnes; l'oiseau couve dans la zone des conifères.

SOUS-ESPÈCES. Le roitelet huppé comprend deux sous-espèces: une de l'Est et une de l'Ouest. Celle de l'Est, qui est la forme type, est la seule qui se rencontre dans l'Est du Canada.

On se trouve souvent environné d'une grande multitude de ces petits oiseaux qui voltigent autour d'un épais feuillage pour y entrer ou s'en échapper, s'élancer çà et là, sans s'inquiéter de la présence d'un intrus, et de mouvements si rapides qu'il est difficile de remarquer les caractères spécifiques de ces oiseaux. Les uns se suspendent la tête en bas, à une touffe de branchettes, les autres sont tout à leur travail sur les branches et les ramilles, échangeant avec d'autres leur cri aigu de tsi-tsi4si.

Le roitelet huppé reste au Canada presque tout l'hiver, quelquefois même l'hiver entier. Il aime les arbres toujours verts et souvent hante les conifères qui ornent les alentours des villes et des maisons. Il n'a peur de rien, est très confiant, mais ne s'apprivoise pas comme fait la mésange.

Valeur économique. Les roitelets sont tellement insectivores qu'on peut à bon droit les considérer comme très utiles. Ils sont petits, il est vrai, mais leur quantité, quand ils se trouvent là, supplée à ce qui manque à leur taille; ce qui a été dit des mésanges, à cet égard, s'applique également aux roitelets.

749. Le Roitelet à couronne rubis, (buby-crowned kinqlet). Regulus calendula. L, 4-41. Planche XLVII B.

Traits distinctifs. Le roitelet à couronne rubis peut probablement être pris pour les espèces précédentes seulement, mais l'absence de raies noires sur la tête est toujours distinctive.

Indications sur le terrain, Eu égard à la rapidité des mouvements de troupes d'oiseaux si vifs et à l'ombre épaisse que projettent des conifères très rapprochés, il est parfois difficile de saisir les marques distmctives de la tête des roitelets. On remarquera, cependant, que le roitelet à couronne rubis a l'habitude d'agiter ses ailes, à l'occasion, par quelques courts et rapides mouvements vibratoires, pendant certains repos momentanés et sautillant de droite et de gauche mais sans voler. Tout cela évoquera souvent chez l'observateur l'idée de la susdite espèce, bien que cela ne puisse cependant pas être regardé comme une preuve d'identité.

Nid. Dans les conifères; nid fait de mousse et de fines bandes d'écorce proprement entrelacées, et garni de plumes; le nid est ordinairement à moitié suspendu.

Habitat. Le nord de l'Amérique du Nord. Dans l'est du Canada la couvaison se fait dans le nord au delà de la région colonisée, et plus au nord que le roitelet huppé.

SOUS-ESPÈCES. Le roitelet à couronne rubis comprend trois sous-espèces dont une seule, celle de l'Est, la forme type, se rencontre dans l'est du Canada.

Cette espèce ressemble tant au roitelet huppé qu'il n'y a pas lieu d'en étudier davantage ni les mœurs ni la valeur économique. Le chant du roitelet à couronne rubis est, toutefois, une des surprises de la nature. Il est fort, clair, de plein gosier et peut s'entendre à une distance surprenante; il porte aussi loin que celui du pinson pourpré. Quand on l'entend pour la première fois on l'attribue presque toujours à l'un des pinsons qu'on sait être les meilleurs chanteurs plutôt qu'à ce minuscule oiselet.

Sous-famille — Polioptilinse. Gobe-mouches.

C'est une petite famille composée d'un seul genre et particulière à l'Amérique. La couleur est un bleu-cendré tendre avec du blanc. Le bec est d'une fauvette, à la surface, mais la première primaire de l'aile est petite et presque abortive, étant de plus de la moitié moins longue que sa voisine, comme c'est le cas chez le vireo gris-olive. Il n'y a qu'une seule espèce de cet oiseau au Canada.

Genre — Polioptila. Gobe-mouches.

751. Le Gobe-mouches gris-bleu, (blue-ghey gnatcatcher). Polioptila eœrulea. L, 4-05. Les dessus sont d'un gris bleu uniforme; les ailes foncées, la queue noire, les plumes blanches du dehors de la queue; les dessous et la face tout blancs. Le mAle a une Ugne noire en travers du front et au-dessus de l'oeil.

Traits dislinctifs. La petite taille, la coloration uniforme bleu et blanc et la très courte plume primaire de l'aile, tout cela est distinctif .

Indications sur le terrain. Les couleurs d'un petit oiseau qui habite les plus hautes branches d'arbres très élevés, sont habituellement malaisées à distinguer, cependant les contours, la longue et étroite queue balancée comme celle de la fauvette à queue rousse, et ses notes caractéristiques, plutôt rauques, sont d'excellentes indications.

Nid. Fait de vrilles, de fines bandes d'écorce, d'herbes déUcates, solidement entrelacées et recouvertes à l'extérieur de fils d'araignée et de lichens. Il a la forme d'une cheminée, haut avec côtés tout droits. C'est un des plus beaux nids d'oiseau américain.

Habitat. Le sud-est des Etats-Unis allant au nord jusqu'à la frontière canadienne le long du lac Erié et la rivière Détroit.

SOUS-ESPÈCES. La sous-espèce de l'Est, le gobe-mouches de l'Est, est la forme type. Une sous-espèce de l'ouest se rencontre dans les Etats-Unis du sud-ouest.

C'est un oiseau des forêts de grands arbres, où il habite à l'ordinaire et fait son nid parmi les cimes des arbres. Conmie on ne le trouve de façon réguUère que dans le sud de l'Ontario, le long des rives de l'ouest du lac Erié, et qu'on ne l'a rencontré ailleurs que par occasion au Canada, il faut le considérer comme un oiseau rare dans ce pays.

Valeur économique. Trop rare au Canada pour pouvoir être envisagé à ce point de vue.

FAMILLE TURDIDiE. GRIVES ET OISEAUX APPARENTÉS.

C'est ici un groupe presque cosmopolite systématiquement séparé, non sans difficulté, de la dernière famille mentionnée, lors même que les individus décrits dans les pages qui suivent sont assez fortement marqués pour être facilement reconnaissables. Dans l'est du Canada il n'y a qu'une seule sous-famille qui soit représentée.

Sous-famille — Turdinse. Les Grives vraies.

La plupart des grives canadiennes sont faciles à reconnaître comme telles. Au point de vue systématique elles sont clairement indiquées par

le nombre des primaires et par leurs pieds squameux. Comme ces détails sont plutôt difficiles à distinguer pour un amateur, il sera peut-être plus facile de différencier ces oiseaux au moyen d'autres caractères plus frappants et qui s'appliquent aux représentants de ce groupe dans l'est du Canada. Dans ce but, on peut distinguer d'un côté les grives proprement dites, et de l'autre le merle d'Amérique, le rouge-gorge bleu et le traquet motteux, ce dernier très rare et les deux autres si bien caractérisés que d'être aisément reconnus. Les grives proprement dites sont des oiseaux de taille moyenne, bruns en dessus et blancs en dessous, avec la poitrine plus ou moins tachée, sauf une espèce, la grive de Wilson, où elle est très visiblement tachée. Tout oiseau canadien de cette description, entre 6-25 et 8 pouces • 30 de long, avec la première primaire très petite et amoindrie, appartient à ce groupe. Les grives sont toutes des oiseaux qui se tiennent au sol et habituellement plus ou moins solitaires. Leur principale nourriture se compose d'insectes et de fruits tendres. Les espèces des contrées boisées sont de minime importance immédiate, bien que leur influence soit bienfaisante. Toutes les grives de ce groupe sont d'aimables chanteurs.

Genre — Hylocichla. Grives des bois.

765. La Grive des bois, (wood thbush). Hylocichla musldina. L, 8-29. Planche XL VIII A.

Traits diatinctifs. Cette grive est facilement reconnue pour telle, bien qu'elle ait un peu la couleur générale de la grive rousse. La courte queue, le bec tout droit, l'œil foncé au lieu de clair, sont de bons traits distinctif s. Elle peut se distinguer des autres membres de l'espèce par sa plus grande taille, la blancheur absolue de la poitrine, la délimitation plus tranchée des taches rondes et par la teinte jaimâtre plutôt que rougeâtre ou d'oUve du dos, teinte très brillante sur la tête.

Indications sur le terrain. Les taches bien tranchées sur une poitrine toute blanche, la teinte basanée du dos, sont les meilleures indications sur le terrain.

Nid. Sur de jeunes arbres à environ 8 pieds au-dessus du sol; nid fait de feuilles, de radicelles, de fines ramilles, de tiges d'herbes sohdement entrelacées, et garni de boue et de fines radicelles.

Habitat. L'est de l'Amérique du Nord; du nord au sud de l'Ontario; se trouve par occasion ou de passage dans les régions voisines. La grive des bois est un oiseau des contrées boisées plutôt méridionales; elle est commune au Canada seulement dans les parties plus méridionales.

La grive des bois est un oiseau des contrées boisées plutôt méridionales; elle est commune au Canada seulement dans les parties plus méridionales.

756. La Grive de Wilson. (wilson's thbubh, veery). Hylocichla ftiseescena. L, 7-52. Planche XLVIII B.

Traits distinctifs. Chez cette grive le brun est presque aussi basané que chez les grives des bois mais le dos est de couleur uniforme et nullement plus brillant sur la tête et la queue qu'il ne l'est ailleurs. Les taches de la poitrine se réduisent à une vague série de taches plus foncées sur les côtés du cou et sur une région teintée en travers de la poitrine supérieure.

Indications sur le terrain. La coloration imiforme, claire du dos et la couleur claire pour ainsi dire saupoudrée, des taches de la poitrine.

Nid. Sur le sol ou tout auprès; nid fait de bandes d'écorce, de radicelles, de feuilles enveloppées d'autres feuilles, et garni de radicelles.

Habitat. Le nord de l'Amérique du Nord jusqu'aux limites de la colonisation.

SOUS-ESPÈCES. Au Canada, la grive de Wilson est représentée par deux sousespèces, la présente qui est la forme type et la grive des saiiles qui habite l'ouest, avançant vers l'est jusqu'au Manitoba et ne se rencontrant que par occasion dans l'est du Canada.

La grive de Wilson occupe un vaste territoire dans les régions colonisées. Au delà du territoire occupé par la grive des bois et où les autres grives ne sont pas nombreuses, cette espèce est commune, et les notes qu'elle lance, semblables à celles des cloches, tombant en cassades, au coucher du soleil, dans les sombres buissons, sont très agréables à entendre.

757. La Grive d'Alice, (alice'sthrush ou gret-cheeked thbush). HylocUMa cdicia. L, 7-58. Planche XLIX A.

Traits distinctifs. Tout en étant une espèce distincte, cette grive ressemble tellement à la suivante — la grive de Swainson — qu'il est assez difficile de l'en distinguer. Toutes deux peuvent être distinguées d'avec d'autres grives par leur dos d'un olive foncé uniforme et par leur poitrine fortement mouchetée de taches fondues ensemble par places et n'en faisant qu'une. Chez la grive d'Alice les côtés de la face et les taches de la poitrine sont parsemés d'im gris terne et froid au lieu de l'être d'un chamois de tons chauds.

Indications sur te terrain. La poitrine fortement tachetée, le dos et la queue uniformément colorés feront distinguer cette grive d'avec toutes les autres, sauf de la grive de Swainson. L'absence de tons chamois sur le côté de la face, la différenciera de cette espèce, bien que, sur le terrain, ce soit seulement dans les plus favorables conditions que ce caractère pourra être discerné avec certitude; aussi bien, des spécimens aperçus dans l'obscurité des bois ou à la faveur d'instants très passagers, consacrés à ces observations, resteront non identifiés.

Habitat. Le nord de l'Amérique du Nord; la couvaison se fait surtout au Canada à partir des régions colonisées dans le direction du nord.

SOUS-ESPÈCES. La grive d'Alice comprend deux races au point de vue géographique: celle d'Alice, le type, et la grive de Bicknell H. A. bicknelli. Cette dernière, au Canada, se trouve reléguée dans les provinces maritimes au-dessous du golfe du Saint- Laurent, mais l'habitat des deux formes, dans l'est du Canada, n'est pas bien précisé.

758a. La Grive de Swainson. (ouve-backed thhush). Hylocichla usttdala. L, 7 17. Planche XLIX A.

Traits distinctifs. Le dos uniformément coloré sans différence de couleur soit sur la tête soit sur la queue, et la poitrine fortement mouchetée de taches distingueront cette grive de toutes les autres sauf de la grive d'Alice. La nuance chamois au heu d'un gris froid dans les joues, la différenciera de cette dernière espèce.

Indications sur le terrain. Le dos et la poitrine caractérisés comme ci-dessus. La coloration faciale qui la distingue d'avec celle d'Alice ne peut être aperçue que dans les circonstances les plus favorables et il y a bien des individus qu'on n'a jamais pu identifier.

Nid. Dans les buissons ou sur de petits arbres à environ 4 pieds au-dessus du sol; nid fait d'herbes grossières, de mousse, de radicelles, de feuilles et d'écorce; garni de radicelles et d'herbe.

Habitat. En tant qu'espèce, toute l'Amérique du Nord; la couvaison a heu principalement au Canada, depuis les limites des régions cultivées dans la direction du Nord. La grive de Swainson existe dans UOuest jusqu'aux Montagnes Rocheuses.

SOUS-ESPÈCES. La grive à dos olive, dite de Swainson, comprend deux sousespèces. La race type, sous le nom de grive au dos brun rougeâtre est im oiseau de la côte du Pacifique. La grive de l'Est, dite à dos oUve ou de Swainson, H. u. swainsoni, est la seule de son espèce dans l'est du Canada.

Au printemps et à l'automne, les bois peu épais sont envahis par d'innombrables grives de couleur uniforme, à poitrine tachetée, qui vont à leur couvée ou en reviennent. Elles sont plutôt circonspectes et la proportion numérique de chaque espèce peut en général se supputer.

759. La Grive solitaire. (HERMrrTHEUSH). Hylocichla guttata. L, 7-17. Planche XLIX B.

Traits distinctifs. Très semblables aux deux dernières, mais la queue brun rougeâtre fait contraste avec le brun ohve du dos.

Indications sur le terrain, lie dos brun, la poitrine d'im blanc tacheté la fait reconnaître comme une grive. La coloration rougeâtre de la queue, qui contraste avec le dos olive, sert à identifier l'espèce.

Nid. Sur le sol, nid fait de mousse, d'herbes grossières et de feuilles, garni de radicelles et d'aiguiUes de pin.

Habitat. En tant qu'espèce, c'est tout le nord de l'Amérique du Nord. La grive solitaire de l'Est va vers l'Ouest jusque près des montagnes et vers le Nord jusqu'à la limite des arbres; elle couve d'habitude tout juste au delà les régions cultivées, mais assez irrégulièrement près de nos limites méridionales.

SOVS-ESPÈCES. La grive solitaire, représentée en Amérique par six sous-espèces authentiques, est un oiseau qui se plie facilement aux circonstances. La forme typique est une race de l'Alaska. Le Canada de l'Est n'a qu'une seule sous-espèce, la grive solitaire de l'Est, H. g. paUasi.

La grive solitaire est un de nos plus fameux chanteurs. Malheureusement il est ordinairement muet quand il traverse le sud du Canada; il ne se fait entendre à son avantage que dans les bois de conifères du Nord.

Genre — Planesticus. Merles d'Amérique.

761. Le Merle d'Amérique. (amehican robin). Planesticus migratorius. L, 10. Planche L A.

Traits distinctifs. Le merle est un oiseau trop parfaitement caractérisé et connu pour demander une description spéciale.

Indications sur le terrain. Le merle est aisément reconnu, par ceux qui connaissent l'espèce, même à de grandes distances quand aucune couleur n'est visible, et cela grâce à sa silhouette, à sa façon de se tenir et aussi de voler.

Nid. Fréquemment sur des arbres fruitiers ou très feuillus; près des maisons, nid fait d'herbes grossières, de feuilles, de radicelles, etc., avec une séparation intérieure faite de boue; garni d'herbes fines.

Habitat. C'est dans toute l'Amérique du Nord que se rencontre cette espèce et vers le nord jusqu'à la hmite des forêts. Le merle de l'Est habite partout au Canada coïncidemment avec celui de l'Ouest sur la côte du Pacifique.

SOUS-ESPÈCE. Le merle comprend trois sous-espèces desquelles celui de l'Est, l'individu type, est le seul représentant dans l'est du Canada.

Le merle a plus que tout autre oiseau des relations étroites avec l'homme. Sa voix joviale annonce le printemps. Son chant est le premier à se faire entendre le matin, et le dernier, vers le soir; en automne quand il a dépouillé le sorbier de ses dernières baies et qu'il a disparu, on sait que l'hiver est aux portes. Bien qu'il soit appelé d'après le fameux oiseau de l'ancien monde, il ne ressemble que de très loin au rouge-gorge d'Angleterre. Les seuls points de ressemblance entre eux sont la poitrine rouge et les mœurs familières.

Le pire ennemi des merles c'est probablement le chat domestique. Comme ils nichent à des endroits très accessibles, les jeunes merles sont exposés à bien des dangers; ils quittent souvent le nid avant d'être capables de se défendre tout seuls, et sont ainsi la proie du chat. La poitrine tachetée du jeune merle montre qu'il descend d'un ancêtre tacheté et qu'il est apparenté aux grives de l'espèce précédente. De fait, les jeunes de la plupart des oiseaux de cette famille ont la poitrine tachetée.

Valeur économique. Bien que le merle soit un aide très utile au cultivateur, son goût pour les fruits lui occasionne parfois des désagréments de la part du cultivateur qui élève des arbres fruitiers. Le 42 pour cent de sa nourriture fait de cet oiseau un insectivore, le reste se compose de baies et d'autres petits fruits tendres dont un peu plus du 4 pour cent consiste en du fruit cultivé.

Genre — Œnanthe. Troquet motteux.

765. Le Traquet motteux. (whbatear). Œnanthe œnanthe. L, 7-01. Oiseau qui ressemble à la farlouse, gris clair en dessus, blanc dessous, un chamois aux tons chauds à la gorge; un ruban noir en travers de l'oeil et un croupion blanc. La femelle et le tout jeune sont semblables, mais plus ternes et d'un chamois plus uniforme.

Traits distinctifs. Le croupion blanc très large et visible avec la coloration générale indiquée plus haut sont caractéristiques.

Indications sur le terrain. Avec son croupion blanc si évident l'oiseau ressemble à une farlouse partiellement albinos.

SOUS-ESPÈCES. La sous-espèce du traquet motteux qui se rencontre dans l'est, du Canada, c'est le traquet du Groenland, 0. o. leucorhoa.

Nous avons ici un oiseau européen qui se rencontre assez régulièrement dans le Groenland et peut-être aussi dans les régions voisines du Nouveau- Québec, mais seulement par occasion ou accidentellement ailleurs au Canada.

Genre — Sialia. Rouges-gorges bleus.

766. Le Rouge-gorge bleu, (bluebird). Sialia sialis. L, 7-01. Planche L B.

Traits distinctes. C'est le seul oiseau parmi les espèces canadiennes qui soit complètement bleu avec une |x>itrine rouge&tre. L'oiseau indigo est bleu mais il lui manque la poitrine rouge. Les femelles et les tout jeunes sont plus ternes de couleur et les poitrines des jeunes oiseaux sont tachetées de brun, mais tous ont le dos d'un bleu très caractéristique.

Indications sur le terrain. La brillante coloration bleue du dos et le rouge terreux de la poitrine.

Nid. Dans des arbres creux, ou sur des poteaux ou des souches, aussi dans les maisons à oiseaux : nid fait d'herbes.

Habitat. L'est de l'Amériçiue du Nord, à l'ouest jusqu'aux provinces des prairies, et au nord, presque jusqu'aux limites de la colonisation.

SOUS-ESPÈCES. La sous-espèce de rouge-gorge bleu qui se rencontre au Canada c'est la race t3T)e, le rouge-gorge bleu de l'&t.

L'oiseau bleu arrive aux premiers jours du printemps en même temps que le merle et l'étourneau des prés. C'est un oiseau plein de confiance, construisant son nid dans les creux de vieux pommiers, dans les trous des poteaux de clôtures, dans les nichoirs, ou dans les nids abandonnés des pics. Son caractère c'est d'être essentiellement un oiseau de verger et, pour peu qu'il y soit encouragé, il construira son nid dans les maisonnettes à oiseaux d'un jardin où ses jolies manières, ses susurrements aimables et sa brillante coloration le feront regarder comme une précieuse acquisition.

Valeur économique. Le rouge-gorge bleu se nourrit surtout d'insectes et par conséquent se trouve être infiniment utile. Les semences d'herbes forment une partie importante de sa nourriture; il mange aussi du fruit tendre, mais, en fait, d'aucun fruit cultivé. De tout cela il résulte que l'oiseau bleu peut être considéré à juste titre comme éminemment utile.

Page 1