GREAT BLUE HERON
Adultes 39. Plumes de l'occiput allongées dont deux très longues ; celles des scapulaires et du bas du cou également très longues et lancéolés. Parties supérieures d'un bleu ardoisé ou gris bleuâtre, avec les Scapulaires d'un gris perle foncé et les primaires noires; cou d'un gris Pourpré, rayé sur la ligne médiane de noir,
de blanc et de brun roux, blanchissant sur le menton, les joues et la tête ; occiput et côtés de la couronne noirs ; plumes du bas du cou et dessous du corps noirs, rayé de blanc : région annale blanche: plumes des jambes et bord de l'aile d'un brun roux; iris jaune ; bec jaunâtre, noircissant su: le Jessus de la mandibule supérieure; lorums bleuâtre ; pieds noirâtt.s, Longueur 42 00 - 50.00 ; ailes 17.90-19 85: lee 4 39-6.25; t: ses 6.00-8.00. La © est plus petite que le 3.
Les jeunes sont à un gris bleuât:e, avec tout le dessus de la tête et la nuque noirâties, je on et la gorge blancs. Ils sont dépourvues de plumes allongées à l'occiput, à la poitrine et sur les scapulaires.
Le Héron bleu se rencontre dans toute l'Amérique septentrionale, depuis les régions arctiques, excepté l'extrême nord, jusque dans les Antilles et le nord de l'Amérique du Sud; il niche sur presque toute cette étendue, dans les localités qui lui conviennent. KFn hiver, il émigre dans les Etats-Unis.
Il n'est pas rare sur les grèves près de Québec, surtout à l'automne; on le trouve fréquemment à cette époque sur ce:'es de Maizerets, de la côte de Beaupré, de St-Joachim, de 1'île d'Orléans et dans beaucoup d’autres endroits de la province. Il est également commun à Montréal d'après M. Wiutle. Mais M. Comeau dit qu'il est rare à Godbout, et le Dr Schmitt le mentionne aussi comme rare À An. ticosti.
Ce Héron est connu chez nous, de même qu'aux Etats- Unis, sous le nom vulgaire de Grue.
Le Héron bleu niche sur de grands arbres en société des oiseaux de son espèce et même d'espèces différentes, s’il s’en rencontrent. Chaque couple se construit un gros nid d'environ un pied d'épaisseur, avec de petites branches, et des herbes de différentes sortes. Sa ponte est de trois à six œufs, d'un bleu verdâtre uniforme. Ils mesurent 2.50X 1.50. La ponte a lieu à la fin de mai ou en juin.
Les arbres sur lesquels nichent les Hérons sont presque toujours situés au milieu de marais solitaires: ces oi- Seaux trouvent dans ces lieux déserts, non seulement une sécurité presque entière, mais encore ils y rencontrent de de la nourriture, dans les pe-its poissons, les grenouilles et autres petits animaux qui vivent dans ces endroits marécageux. Cependant il y a des héronnières qui sont situées
dans des localités plus sèches, comme il se rencontre aussi quelques Hérons qui nichent à terre et isolément. Dans les contrées dénudés d'arbres il font leurs nids sur les rochers.
Audubon qui a eu occasion de voir plusieurs héronnières dans les Carolines, là où les Hérons de toutes sortes sont extrêmement nombreux ainsi qu’en Floride, du moins au temps où il vivait, s'exprime ainsi :
“ Représentez-vous une étendue de quelques cents âcres couverte d'énormes cyprès dont les troncs s'élèvent à une hauteur d'environ cinquante pieds avant d'y pousser des rameaux, et qui croissent au milieu des eaux boueuses et infectes ; leur cime large et touffues s’entrelacent et semblent vouloir isoler les cieux de la terre. À travers cette sombre voute pénètre à peine un rayon de soleil ; dans cet endroit fangeux gisent de vieux troncs d'arbres qui disparaissent sous les lichens et les herbes qui s’entrelacent, puis dans les lieux plus profonds s'épanouissent des nymplacés et autres plantes aquatiques. On voit aussi des batraciens et le serpent mocassin qui se glisse dans le marais comme pour se dérober à votre vue ; des centaines de tortues effrayées se laissent choir de dessus les troncs d'arbres flottants comme si elles étaient tuées au fusil, et des alligators au regard perfide se laissent également choir dans ce marais fangeux. L'air est imprégné de miasmes putrides, au milieu desquelles s’agitent et bourdonnent des milliers de moustiques et autres insectes. Le croassement des grenouilles, les cris rauques des Anhingas et ceux des Hérons, font une musique digne d’une scène de ce genre. Enfoncé dans la boue jusqu'aux Senoux, vous déchargez votre fiusil sur un des nombreux oiseaux qui nichent au-dessus de votre tête, et aussitôt des cris assourdissants se font entendre, de telle sorte que si Vous avez un compagnon À vos côtés vous ne pouvez l'entendre parler.
Les oiseaux effrayés fuient et s'entre-croisent dans une confusion indescriptible ; les jeunes également effrayés cherchent un asile plus sûr, ils perderit l'équilibre et viennent tomber dans le marais infect, faisant, de leur poids, jaillir l'eau fétide en même temps qu’une pluie de feuilles
détachées des arbres tombent aussi dans l'eau et vous ne demandez qu’à fuir (1) ”.
Si le Héron bleu n’est pas molesté il revient chaque année faire sa ponte au même endroit.
Le Héron bleu est excessivement farouche et défiant, il voit et entend à des distances considérables et, à moins de circonstances favorables, il est très difficile de l’approcher. Hors le temps de la ponte il se tient isolé de ses semblables. 11 peut manger À toute heure du jour ; à cette fin, il parcourt lentement le bord des eaux etsi doucement qu'on ne l'entend même pas ; parfois il s'arrête, allonge le cou et semble inspecter les environs : s’il waperçoit rien qui puisse l’effrayer il replie son long cou entre ses deux ailes, puis le corps supporté sur une seule jambe, il attend patiemment qu’un poisson ou une grenouille se montre à la surface de l’eau ; il demeurera dans cette posture un temps très long si rien n'attire son attention.
Il se nourrit de poissons, de grenouilles, de lézards, de couleuvres, de petits oiseaux, et même de musaraignes, de campagnols et de jeunes rats.
Genre HERODIAS, Boie.
Ailes moins de dix sept pouces de longueur; plumes des scapulaires très allongées, dépassant même de beaucoup l'extrémité de la queue, à l'époque des amours ; tête dépourvue de plumes allongées.
Herodias egretta, (GMEL.) CAB. 196.
L’Egrette blanche d'Amérique.
AMERICAN EGRET.
Adultes 39. Plumes des scapulaires, pendant la saison de la ponte, très allongées et disposées en faisceaux, dépassant de beaucoup l'extrémité de :a queue ; plumage entièrement blanc en toutes saisons ; bec, lorums et iris, jaunes ; jambes et pieds noirs. Longueur 37.00 - 41.00 : aïles 14.10 - 16.80 ; bec 4.20-4.90. La 9 est un peu moins longue. Les jeunes sont semblables, mais ils sont dépourvus de plumes effilées.
L’Egrette blanche où grand Héron blanc habite les régions tropicales et tempérées de l'Amérique ; elle niche
(1) Audubon, Birds of N. A. Vol. III. P. 90.
dans toute l'Amérique du Sud et au nord jusqu’à la Virginie, le sud de l'Illinois et la Californie; en hiver, elle se voi’ depuis le sud de la Californie et le golfe du Mexique en allant vers le sud.
Sa nourriture est la même que celle des précédents.
Une Egrette blanche a été remarquée par M. Comeau à Godbout en 1882. Deux de ces oiseaux ont été vus ici ; dont un fut tué, à l’automne de 1889 à Beauharnois, et un autre a été abattu dans l'été de 1891 à l’île aux Noix, dans la rivière Richelieu, à quarante miles au sud-ouest de Montréal (Hrntle).
Elle niche le plus souvent à l'extrémité des grands cyprès qui croissent au milieu des marécages ; mais quelque fois aussi elle place son nid sur les branches inférieures des arbres ou dans les buissons, à peu de distance de l’eau et pond de trois à cinq œufs d’un vert bleuâtre uniforme. Ils mesurent 2.20 X 1.50. La ponte a lieu vers la mi-avril.
Cet oiseau était autrefois très commun et nichait en quantité sur les énormes rochers de la Floride, mais le massacre que l'on en a fait pour se procurer ces beaux faisceaux de plumes d’un blanc si pur, pour en orner les cha-
peaux des dames, l'ont fait en grande partie disparaître de ces lieux.
Genre FLORIDA, Baird.
Bec delié, très aigu ; ailes moins de onze pouces de longueur, Chez les adultes, tête avec des plumes allongées et décomposées ; celles des scapulaires et du bas du cou allongées et linéaires lancéolées ; couleur bleue ou blanche ou toutes deux sur le même individu.
Florida cærulea, (LINx.) BAIRD, 200, Le petit Héron bleu.
LITTLE BLUE HEPON,
Adultes 49. Plumage d'un bleu ardoise foncé, avec la tête et le cou de couleur marron où roux pourpré ; bec et lorums bleus; iris jaune ; jambes et pieds noirs, Longueur 20.00 - 29.50 ; ailes 9-00 - 10 60 ; bec 2.70 - 3.30.
Les jeunes sont ordinairement d'un blanc pur, avec les pennes alaires les plus longues terminées de gris bleuâtre foncé.
Le petit Héron bleu habite l'est des Etats-Unis, depuis le New-Jersey et l'Illinois, au sud jusque dans l'Amérique
centrale, les Antilles, la Guyane et la Colombie, à l'ouest jusqu’au Kansas et au Nébraska.
On m'a apporté, en octobre 1881, un jeune oisean de cette espèce qui était venu se faire tuer sur les bords du St-Laurent. Ce spécimen, qui fait partie de la collection d’un amateur de Québec, est le seul cas que je connaisse de sa présence chez nous.
Il niche souvent en grand nombre dans les arbres ou arbustes au-dessus des marécages ; ses œufs, de deux à quatre, sont d’un vert bleuâtre uniforme. Ils mesurent 1 /901:25. La ponte a lieu dans la dernière partie d'avril où au contmencement de mai. Ilse nourrit presque entièrement de petits poissons et parfois de grenouilles et d'insectes.
Genre BUTORIDES, Blyth.
Ailes pas plus de huit pouces de longueur :° - plus long que les tarses ; jambes courtes; plumes de l'occiput al: $es et lancéolés, non décomposées ; sans blanc nulle part.
Butorides virescens, (LINN.) Bonar. 201 Le Héron vert.