GOLDEN EAGLE
Adultes 3 9. Plumage d'un brun foncé, avec de légers reflets Pourprés en dessus, plusclair sur la tête. le cou, les couvertures des ailes et les jambes, et plus foncé ou noirätre sur les ailes, la queue et le dessous ; les plumes de la tête et du cou, avec celle des jambes sont bordées de roux jaunâtre doré : queue blanche à la base : bec et iris brun: cire et pieds jaunes. Longueur du & 30.00 - 35.00 ; ailes 23.00 - 24 70 ; envergure 6 À 7 pieds : queue 14.00 - 15,00. Celle de la 9, 35.00 - 40 00; ailes 25:00 - 27.00 ; envergure 7 À 71; pieds ; queue 15 00 + 16 oo,
Les jeunes sont plus foncés que les adultes, avec la moitié ou même les trois quarts de la queue, depuis la base, blanche, le roux jaunâtre n'existe pas sur la tête, le cou et les jambes,
L'aigle doré est distribué dans tonte l'Amérique septentrionale, ainsi que dans le nord de l'ancien continent.
Il niche particulièrement dans les régions montagneuses de certains endroits des Etats-Unis et du Canada, et se montre plus commun dans les Montagnes Rocheuses et près des côtes du Pacifique que dans l’est,
L'Aigle doré n'est pas absolument rare dans notre province, et presque chaque automne j'ai occasion d'en voir quelques-uns qui sont tués non loin de Québec. M. Wintle le mentionne comme rare et de passage à Montréal, et M. Comeau dit qu'il n’est pas particulièrement rare à Godbout, qu’il en à tué trois, et qu'il sait que six ont été pris au piège ; de son côté, M. le Dr Schmitt le donne comme assez rare à Anticosti.
I niche sur le bord des rochers escarpés ou quelquefois sur de gros arbres, et on dit que, dans les montagnes de la Californie, où il se montre commun, il niche sur les arbres. Son nid, que l'on nomme aire, est très gros et se compose de petites et moyennes branches entre-croisées, auxquelles il ajoute des herbes desséchées. Sa ponte est de deux, quelquefois trois œufs blancs avec taches de brun roux et de lilac. Ils mesurent 2.90 X 2.50. La ponte a lieu en mai.
L'Aigle est renommé pour sa force et son audace, aussi ne vit-il que de grosses proies qu’il capture vivantes, et qui se composent de mammifères et d'oiseaux, tels que lièvres, jeunes chevreuils, agneaux, ratons, spermophiles, dindons,
passa canards, et autres -iseaux aquatiques et terrestres ; leur défaut il se nourrit de chair putréfiée. Cet oiseau est donc nuisible ici, mais dans l'ouest où les spermophiles et les lapins abondent, il a sans doute sou utilité puisqu'il en détruit un grand nombre,
On dit qu’il vit très vieux et on cite à l'appui de cette assertion des exemples de longévité remarquable.
Les histoires d’enlèvements d'enfants par des aigles, cités dans des auteurs européens, ont pris sans doute origine dans l'esprit trop fécond de certaines personnes, et il ne faudrait y croire qu'avec réserve, car je doute fort qu'un aigle puisse s'élever de terre avec un enfant d'un an, Il peut arriver cependant qu'un enfant de quelques mois, laissé sans surveillance, puisse être enlevé par un de ces rapaces affamés. D'ailleurs il y a plus d’un demi siècle que l’on ne mentionne plus de cas de cette nature, et les Aigles ici comme dans l’ancien continent ont encore le même naturel carnassier et sont aussi forts et aussi féroces aujourd’hui qu'ils l'étaient alors.
Genre HALILÆETUS, Savigny.
Bec fort ; ailes pointues et longues, très fortes : queue ronde, de douze rectrices ; terses nus dans leur moitié inférieure.
Haliæetus leucocephalus, (LIN\.) Bote, 352, L'aigle à tête blanche, BALD FAGIE.
Adultes 39. Plumage d'un brun noirâtre, avec les plumes plus ou moins marginées de blanchâtre ; tête, cou, queue et ses couvertures supérieures, entièrement blancs ; bec, cire, tarses et iris, jaunes. Longueur du 4 30.00-35.00: ailes 20,00 - 25.90 ; envergure sept pieds; queue 11.00-15.25. © 34.00 - 43 00: ailes 23 50-28.00; envergure sept à huit pieds; queue 12.50 - 16,00.
Les jeunes d'un an sont d’un noir presque uniforme, avec les pes blanches à la base, le blanc apparaissant çà et là à travers e noir; iris brun ; pieds jaunes,
Ceux de deux ans ont les parties supérieures mélangées de gris brun et de noirâtre, avec quelque peu de blanc : queue et parties inférieures mélangées de blanc.
Cet oiseau n’est adulte qu'à la troisième année,
L'Aigle à tête blanche habite toute l'Amérique du Nord, depuis le cercle arctique et le Labrador, au sud
jusqu'au Mexique. 11 niche sur toute cette étendue dans les endroits qui lui convient.
J'ai occasion assez souvent de voir, à l'automne surtout, quelques spécimens de cette espèce, tués non loin de Québec, mais ce sont en grande partie des jeunes, M. Wintle le mentionne comme rare et de passage à Montréal, et M. Comeau dit qu’il niche à Godbout, qu'il y est assez commun ; il arrive en mars, dit-il, et y demeure jusqu'en décembre et janvier; le Dr Schmitt le mentionne comme assez rare à Anticosti où il niche sur les arbres.
La $ place son nid, qui est très gros, À l'extrémité de grands arbres ou sur des rochers déserts, s'il ne se trouve pas d'arbres dans la localité et le construit avec les mêmes matériaux que celui du précédent; elle pond deux œufs blancs, rarement trois ; ils mesurent 2.75 X2.10.
Fig 13. Aigle à tête blanche.
L'Aigle à tête blanche se nourrit surtout de poissons, mais il donne aussi la chasse aux bandes d’oies, de bernaches, de canards et autres gibiers. Il se repaît également de cadavres d’aniinaux, lorsque la faim se fait sentir, et il poursuit quelquefois l'Aigle-Pêcheur pour s'emparer du poisson que ce dernier va chercher sous l'eau.
Lorsqu'il se rencontre dans l'intérieur, il se nourrit d’:gneaux, de faons, de jeunes pores, etc.
Audubon nous fait une peinture frappante des mœurs de l’Aigle à tête blanche, lorsqu'il se prépare à donner la chasse au Cygne, un de ses mets favoris :
“ La grande force, l'audace, 1. courage ct le sang froid de l'aigle À tête blanche, joints à la puissance de son vol sans rival, en font un *ype éminemment remarquable parmi ses frères, Si, À toutes ces qualités, s'unissaient quelques dispositions généreuses, il pourrait alors être vanté comme un modèle de noblesse, Et cependant le caractère féroce, dominateur, tyrannique, qu'il déploie le plus souvent di ns ses actions, est celui qui convenait le mieux à son état, et que le créateur, dans sa sagesse, À dû lui donner, pour Île mettre mieux À inême de remplir le rôle qu'il lui avait assigné,
‘ Pour vous donner une idée du naturel de cet oiseau, perimettez-moi, cher lecteur, de vous transporter sur le Mississipi. Laissez votre barque flotter doucement au courant des ondes, tandis qu'aux approches de l'hiver s’avancent. sur leurs ailes sifflantes, des bataillons d'oiseaux d’eau qui désertent les contrées du Nord, et cherchent une meilleure saison, sous des latitudes plus tempérées. Regardez : là, tout au bord du large fleuve, l'aigle, dans une attitude droite, est perché sur la dernière cime du plus haut des arbres, son œil étincelant d'un feu sombre, domi: + sur la vaste étendue : il écoute, et son orcille subtile est ouverte à chaque bruit lointain, et de temps À autre il jette un regard au-dessous sur la terre, de peur que même le pas léger du faon ne lui échappe. Sa femelle est perchée sur le rivage opposé, et si tout demeure tranquille et silencieux, elle l'avertit par un cri de patienter encore. A ce signal bien connu, le mâle ouvre en partie ses ailes immenses, incline légèrement son Corps en bas, et lui répond par vr autre cri qui ressemble à l'éclat de rire d’un maniaque ; puis il reprend son attitude droite, et de nouveau tout est redevenu silence. Canards de toute espèce, sarcelles, macreuses et autres, passent devant lui en troupes rapides et descendent le fleuve; mais l'aigle ne daigne pas y prendre garde, cela n'est pas digne de son attention, Tout à coup, comme le son rauque du clairon, la voix d’un cygne a retenti, distante encore, mais se rapprochant, Un cri perçant traverse le fleuve, c’est celui de la femelle, non moins attentive, non moins alerte que son mâle, Celui-ci se secoue violemment tout le corps, et de quelques coups de son bec aidé par l'action
des muscles de la peau, arrange en un instant son plumage. Maintenant le blanc voyageur est en vue ; son long cou de neige est tendu en avant, ses yeux sont sur le qui-vive, vigilants comme ceux de son ennemi ; ses larges ailes scmblent supporter difficilement le poids de son corps, bien qu'elles battent l'air incessamment il paraît si fatigué dans ses Mouvements, que même ses jambes sont étendues audessous de sa queue pour la seconder dans son vol, J1 approche néanmoins, il approche ; et l'aigle l'a marqué pour sa proie. Au moment où le cygne va dépasser le sombre couple, complètement préparé pour la chasse, s'élance le mâle en poussant un cri formidable ; le cygne l'entend, et
il résonne plus sinistre À son oreille que la détonation du fusil meurtrier.
“ C'est le moment d'apprécier toute la puissance dont l'aigle dis : il glisse au travers des airs semblable à l'étoile qui tombe, et, rapide comme l'éclair, il fond sur sa tremblante victime, qui, dans l’agonie du désespoir, essaie par diverses évolutions d'échapper à l'étreinte de ses serres. cruelles, Elle monte, fait des feintes et voudrait bien plonger dans le courant : mais l'aigle l'en empâche ; il sait depuis trop ta ue par ce strata..ème elle pourrait lui échapper, et il la force À rester sur ses ailes, en cher- Chant à la frapper au ventre. Bientôt tout espoir de salut abandonne le cygne ; déjà il se sent beaucoup affaibli, et sa vigueur défaille à la vue du courage et de l'énergie de son ennemi. Il tente un suprême effort, il va pour fuir. .. Mais l’aigle acharné, de ses serres le frappe en dessous au bord de l'aile, et le pressant avec une puissance irrésistible, le précipite obliquement sur le plus prochain rivage.
“Et c’est à présent, lecteur, que vous pouvez juger de la férocité de cet ennemi si redoutable aux habitants de l'air, alors que, triomphant sur sa proie, il peut enfin respirer À l'aise, De ses pieds puissants il foule son cadavre, il plonge son bec acéré au plus profond du cœur et des entrailles du cygne expirant; il rugit avec délices en savourant les dernières convultions de sa victime, affaissée maintenant sous ses incessants efforts pour lui faire sentir toutes les horreurs possibles de l'agonie. La femelle cependant est restée attentive à chaque mouvement du mâle,
et si elle ne l’a pas secondé dans la défaite du cygne, ce n'était pas faute de bon vouloir, mais uniquement parce qu’elle était bien assurée que la force et le courage de son seigneur et maître suffiraient amplement à un tel exploit. Maïntenant la voilà qui vole à la curée où il l'appelle ; et dès qu’elle est arrivée, ils fouillent ensemble la poitrine du malheureux cygne et se gorgent de son sang ” (1).