‹ Les oiseaux de passage, poésiesChapitre 17 sur 23 · A UNE BLANCHE · texte numérisé non relu

A UNE BLANCHE

Goyaves , ananas. Oh ! suis-moi , blanche femme , Afin que je te serve et te parle à genoux !

Qu'importe ma couleur, si je suis bon et doux , Et si le noir chez moi ne va pas jusqu'à l'âme !

Si tu veux , pour t'avoir coquillage et corail , Un oiseau-mouche , oiseau d'escarboucle et d'émail , J'irai dans la savane et près des tièdes lames , A l'heure où s'enfuirait le blanc le plus hardi *, Lorsque de tous côtés la chaleur de midi Enveloppe le corps , comme un manteau de flammes.

O blanche , tes cheveux sont d'un blond de maïs,

Et ta voix est semblable au chant des bengalis !

Si tu voulais m'aimer, ce serait douce chose !

Mais quoi ! tu fuis le noir, jeune fille au teint frais ;

258 UN NÈGRE A UNE BLANCHE

Oh ! plus heureux que moi , le gommier des forêts Sur son écorce brune a sa liane rose !

SONNET

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