EGBIT SUB UN ALBUM
Votre album aux cent noms est une cassolette , Où brûlent à la fois cent parfums précieux ; Un vaisseau pavoisé , qui déroule à nos yeux De tranchantes couleurs ; sa parure est complète.
262 SONNET
Comme il fait , l'élégant , une mine coquette ! Il étale aux regards ses vers capricieux ,
Emaillés, ciselés, simples ou radieux :
Que d'écrins on ouvrit pour faire sa toilette !
Ses bijoux variés n'éblouissent pas tous :
L'un a des feux plus Vifs , l'autre les a plus doux \
Ici , c'est un brillant qui cbatoie et rayonne ;
Là, c'est une étincelle, et plus loin un grain d'or; Cette pierre à côté n'est point taillée encor -, Mais tout cela groupé lui fait une couronne.
Adieu ma maison blanche , à l'ombre du noyer. — Làmabtine. —
les longues causeries,
L'hiver, où nous rêvions de printemps , de ciel bleu , La tête sur le marbre et les pieds dans le feu.
— LEfiODlLLON. —
Voilà Paris bien loin ! j'ai vu fuir tant de yjlles , Tant de bornes de pierre , et tant d'ormes ombreux , Et de hauts peupliers , rangés en longues files
Sur le chemin poudreux.
Déjà la Loire , au fond , dans les plaines désertes , Déroule ses replis 5 et le fleuve argenté Semble , à le voir de loin , avec ses îles vertes ,
Un serpent tacheté !
Et plus rien de Paris ! partout la solitude !
J'ai donc fui la maison que j'aime, où je trouvais
Dans les moindres objets une douce habitude ;
La maison , où j'avais Ma mère , mes amis ; leurs regards , leur sourire ; Où j'assemblais toujours, à l'intime foyer, Des âmes pour m'aimer, des voix pour me le dire ,
Des bras pour m'appuyer !
Tous ceux que j'ai quittés , que font-ils ? Oh ! sans doute , Souvent mon nom se mêle à leurs tristes discours -, Ils songent aux adieux , aux ennuis de la route , Ou bien comptent les jours !
Et , lorsque vient la nuit , pensifs et l'œil humide , Au foyer de famille ils retournent s'asseoir, En jetant un regard sur cette place vide , Dans le cercle du soir.
Et moi je vois toujours fuir des champs sur la rive , Des villes , où parfois on, suspend son chemin , Où les petits enfans , faisant la voix plaintive ,
Viennent tendre la main ; Des flots que le pécheur assouplit sous sa rame , Des bois où le soleil a peine à se glisser, Des villages déserts, où quelque pauvre femme
Vous regarde passer.
Notre père des deux, père de tout le monde , De vos petits enfans c'est vous qui prenez soin.
— Mme AMABLE TASTD. —
Que mon ange gardien me quitte et qu'il te suive ! — Paul Foucbeb. -—
Le soir parmi l'encens du chœur, Versez, mon ange tulélaire, Tous les parfums de votre cœur.
— HlPPOLÏTB LDCA8. —
ii H
La Vierge va là-haut s'écrier en colère :
Oh ! le vilain enfant , qui n'a pas prié Dieu !
Oublier ce bon Dieu , dont tout bonheur émane ! Nos prières , vois-tu , c'est son pain , c'est sa manne : Si l'une manque un jour, lorsqu'il les compte au ciel , Il est sombre et chagrin , comme toi , quand ta mère , Un matin , n'emplit pas autant qu'à l'ordinaire Ta tasse de lait et de miel .
Allons, ne pleure pas, je pardonne... sois sage... Apporte-moi la Bible , et viens voir chaque image : Là , Dieu fait l'univers ; les eaux , les bois, les champs ; Car il peut tout : d'un souffle il détruit Babylone ,
Il renverse les rois , si fiers de leur beau trône , Et punit les enfans, quand ils font les méchans.
Là , c'est Babel l'immense , et l'impie , et la vaine : .
Notre-Dame à côté n'eût semblé qu'une naine ;
Là , Samson , aussi fort qu'un troupeau d'éléphans ;
Là , Moïse au berceau , qu'on fait jeter dans l'onde , Parce que Pharaon , l'un des grands rois du monde , N'aimait pas les petits enfans.
Là, Jésus tout meurtri sort de sa tombe noire : Son sang coula long-temps sur son trône de gloire ; Et les anges pleuraient , descendaient ramasser, Chez les apôtres saints, dans les vieilles chaumières
De tous ses bons amis les pauvres , des prières , De l'amour, pour en faire un baume et le panser.
C'est le Dieu des enfans ; il leur dit , quand ils meurent : A vous , mes lis , mon ciel où les anges demeurent , Car vous êtes tout blancs et tout vêtus de lin , Car vous êtes sortis de mes cieux de délices Depuis si peu de temps , que vos âmes novices N'ont pas oublié le chemin!
Aime-le bien Jésus ; il te veille invisible , Te donne le sommeil pour ta nuit si paisible , Pour aujourd'hui la joie , et pour demain l'espoir. Toujours il songe à toi ; quapd tu sors à la brune
Tout tremblant , il t'allume et te suspend la lune , Pour ne pas te laisser sans lumière le soir.
Mais viens vite à la messe , aujourd'hui c'est Dimanche. Allons , enfant de chœur, va mettre l'aube blanche , La ceinture écarlate ; et qu'on soit diligent. Cours vêtir le camail de laine violette, Tu vas faire sonner la petite clochette , Tenir les burettes d'argent ;
Et puis l'enfant de chœur chantera les cantiques , Puis il balancera les encensoirs gothiques.
Pour sentir mes parfums , entendre mes accens , Le Seigneur est bien haut , dis-tu -, chante sans crainte ;
Rien ne se perd pour Dieu dans notre église sainte , Pas un alléluia, pas un parfum d'encens.
Les anges du Seigneur, qui nous veillent sans cesse , Se rangent sur Fautel , pendant qu'on dit la messe ;
Pour les porter à Dieu , comme un divin trésor, Ils prendront, mon enfant, tes psaumes sur leurs ailes , Et mettront ton encens , jusqu'aux moindres parcelles , Au fond de leurs encensoirs d'or.
Allons, la cloche sonne; il faut partir, c'est l'heure. Dieu te donne ton pain , ton soleil , ta demeure , Sans rien te demander que de l'aimer un peu ; Tiens, viens dans sa maison lui dire <; Merci père.
La Vierge s'écrîra , la Vierge qu'on révère : Béni soit cet enfant qui s'en va prier Dieu !
Partout un corbillard emmène an trépassé.
— AUGUSTB BARBIBB. —
Un cortège immense , formé de la cité entière , s'avançait lentement vers la tombe