‹ Les oiseaux de passage, poésiesChapitre 20 sur 23 · ROMANCE · texte numérisé non relu

ROMANCE

Adieu, la magique ville, Caprice de l'univers; Venise , flotte immobile , Venise , perle des mers !

Adieu , tes flots qui soupirent , Tes chants amoureux du soir, Et tes palais qui s'admirent Dans un onduleux miroir !

O toi , madone céleste , Que nous prions à genoux , Garde-moi pure et modeste

Ma Nice aux regards si doux.

Un mot , un désir de plaire , Flétrirait son cœur brûlant , Gomme une tache légère Peut salir ton voile blanc.

La nuit, sur l'onde assouplie, Nos sermens , faits par milliers , Unissaient leur harmonie Aux chansons des gondoliers ; Et j'aimais le bateau frêle Plus qu'un palais éclatant, Quand Venise calme et belle Dormait sur son lit flottant.

Adieu donc , ma ville reine , Ville au pavé de cristal ; Déjà la voile m'entraîne Loin de mon pays natal.

Venise , au loin , dans l'espace , Me semble à peine un vaisseau , Puis un cygne , et puis s'efface En plongeant son front dans l'eau.

LE PORTRAIT

A MADAME PALMYRE SÉGALAS.

Les portraits sont des traduction*.

— Frédéric Fayot. —

Le peintre ingénieux nous fait comprendra les pensées qui les animent.

— Dslbstiib. —

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