‹ Les oiseaux de passage, poésiesChapitre 5 sur 23 · L'ENFANT · texte numérisé non relu

L'ENFANT

Jean Dubreuil, mon président.

LE PRÉSIDENT

Votre âge?

l'enfant.

Treize ans.

LE PRÉSIDENT

Nîrez-vous bien votre vagabondage ?

Votre asile?

l'enfant.

Paris , un logis spacieux !

Mais sans parquet ciré , sans toit 5 c'est inutile : J'ai pour plancher, dans mon asile ,

Les pavés ; pour plafond , les cieux !

LE PRESIDENT

Avez-vous un état?

l'enfant.

Cent; je vends des programmes;

Je trace un chemin sec pour les pieds de vos femmes , Quand par un jour d'hiver les payés sont salis -, Un étranger vient-il voir notre ville reine ,

Je lui montre mon grand domaine ,

Et fais les honneurs de Paris.

Si quelque bal reluit, moi j'ouvre les portières ; Chaque femme arrivant svelte et fraîche aux lumières , Je la vois à la porte , avant ses beaux danseurs : Lorsque dans leur salon elle entre toute rose ,

Mes yeux leur ont pris quelque chose

De son sourire et de ses fleurs.

LE PRESIDENT

Mais votre mère , enfant ?

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